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FRAPPÉS A LYON AU MILIEU DU X« SIÈCLE

(Extrait du toine XII (nouvelle série) de la Revue numismatique,

1867, pp. 446-431.)

En publiant, raonée dernière, des Notes très intéressantes sur une découverte de monnaies di^ x*' siècle, faite à Villelle d'Anthon (Isère), M. Guigne a ramené l'attention des numismatistes sur une série de monuments fort importante, et, avec autant de réserve que de sagacité, nous a fourni de nouvelles lumières sur \\xxe question jusqu'à présent mal étudiée (1).

Je regrette d'avoir à le dire, M. Poey d'Avant a décrit les monnaies de Lyon de telle façon que, si Ton s'en tenait à son mode d'interprétation, elles pourraient demeurer longtemps incompréhensibles. Et cependant quand on reporte les yeux sur les dessins rangés dans les planches qui accompagnent son livre, on a peine à s'expliquer par quelle fatalité il a pris constamment le change au sujet de groupes de caractères qui offrent pourtant un ^ens très clair et très simple. Mais revenons au petit trésor de Villette.

M.* Guigne nous apprend qu'il se composait de 136 de- , niers, dont 115 pièces archiépiscopales de Vienne, 1 frappée à Limoges, avec le nom d'Eudes, 5 de Coiîrad le Pacifique, et 15 portant le nom de Lyon et celui d'un comte Hugues.

(1) Noies sur des deniers du X^ siècle aux noms de Sobon, archevêque de Vienne, de Conrad le Pacifique et de Hugues , comte de Lyon, trouvés à Villetted'Anthon. Lyon, 1866, in-8o.

DKMKRS UV COMTE HUGUES. 307

Les deniers de Vienne sont tous au même type.

Droit. + VIENNA. Au centre, un S.

Revers. + S. MAVRICI. Croix.

M. Guigne les attribue à l'archevêque Sobon (931-952) a non seulement à cause de la lettre S du champ, qui peut être considérée comme l'initiale de son nom, mais encore à raison de la contemporanéité de ce prélat avec le roi Conrad le Pacifique et le comte Hugues. » La dernière raison est certainement la meilleure, car la lettre S se voit sur des deniers de Rodolphe et de Henri frappés à Lyon, aussi bien que sur des monnaies de Mâcou. Mais nous ne pouvons pas apprécier les raisons tirées du style des monnaies viennoises, car le dessin donné par M. Guigne est extrêmement défectueux.

Les monnaies de Conrad ont déjà été décrites à diverses reprises, elles portent d'un côté + CONRADVX PI, et de l'autre un monogramme qui, suivant M. Guigne, <( peut être lu indifféremment Hugo ou Lugd. J'incline pour cette dernière lecture, ajoute-t-il, quoiqu'il ne soit pas sans exempk de rencontrer sur certains deniers un nom royal accompagné d*un nom de comte ou de prélat, parce qu'il me parait plus rationnel, et plus aussi dans Tordre général des faits, d'admettre, en cas de dotite, le nom du lieu de l'émission. »

Je ne crois pas qu'il soit possible d'hésiter. Sur tous les deniers semblables que j'ai pu voir (et il y a longtemps que je m'en occupe, car j'en ai dessiné un exemplaire chez les R. P. jésuites do Lyon, le 28 février 1841), le monogramme lugdunien est évident. M. Poey d'Avant a fait graver deux exemplaires des deniers de. Conrad {Mowi. féod., t. HI, pi. cxn, n^* 10 et 11) en tournant ce monogramme de travers, en sorte qu'il n*y distinguait plus rien, ce qui lui a fait dire : « Ces deux remarquables deniers n'ont certainement pas été frappés à Lyon, et rien n'indique l'officine dont ils sont sortis » (p. 75). Cet auteur n'avait pas les connaissances paléographiques indispensables pour traiter une pareille question, et il lui fallait une démonstration apportée par M. Blanchet, de Lausanne, pour lire sur la monnaie d'Orbe le monogramme du roi Conrad,

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