FRAPPÉS A LYON AU MILIEU DU X« SIÈCLE. 3H
L'étude des monnaies du moyen âgé qui abonde on petits faits curieux, est absolument inséparable de la recherche des textes. La numismatique de sentiment, c*e$t-à-dire celle qui repose sur des notions approximatives, puisées dans la vue plus ou moins fréquente des monnaies, et abstraction faite de la connaissance des langues, des institutions, des mœurs; cette sorte de classement instinctif qui prétendrait demeurer indépendant de la philologie et de Tépigraphie est d'avance condamné à la stérilité. C'est parce que j'ai vu avec un grand plaisir que M. Guigne appuie ses propositions numismatiques sur une lecture attentive des chartes que je m'empresse de signaler son opuscule à l'estime des antiquaires.
Mon ETE inédite dei Gran Maestri delV ordine di S. Giovan di Gerusàlemme in Bodi, dichiarate da P. Lambro Yenezia, 1365, et primo Supplemenlo, 1866, in- 2 planches gravées.
COMPTE RENDU
(Exirail du tome XIT (nouvelle série) de la Ufvne numismatique,
1867, pp. 466-467.)
Los lecteurs de la Revue connaissent en grande partie ce travail par le compte rendu que j'en ai donné en 18S9 (1 ) d aprës rédition publiée en grec à Athènes. M. Carlo Kunlz, auteur de la traduction italienne, y a joint une série de notes inléressanles, et les numismatistes lui sauront^ gré d'avoir misa leur disposition un mémoire qu'il était difficile de se procurer. Le supplément contient le commentaire détaillé de douze belles médailles parfaitement bien dessinées par M. Kuntz, dont on connaît le talent. Quoique quelques-unes de ces pièces soient frappées par des grands maîtres qui figurent dans le mémoire de M. de Vogiié {Rev. mm., 1865, p. 309), il n'en faudrait pas conclure que les deux publications font double emploi. Celles d'entre les figures comprises dans le supplément de M. Lambros qui ne sont pas complètement inédites, soit pour le type, soit pour la légende, reproduisent du moins des pièces qu'on ne connaissait que par d'anciens dessins très peu fidèles.
Voici la liste du supplément :
Gillat de Dieudonné de Gozon (1 346-1333).
Deux gillats de Jean Femandez de Heredia (1376-1396).
Gillat de Philibert de Naillac (1396-1421).
Tiers de gillat du même.
Deux aspres de Jean de Lastic (1437-1 4S4).
(1) p. 8." du présent volume.
MOiNNAïfcs INÉDITES DES f.R.-MAlTRES DE RHODES. 313
Trois aspres de Jacques de Milly (1454-f461).
Ducal d'or de Jean-Baptiste des Ursins (1467-1476).
Aspre du même.
Les giilals do J. F. de Heredia portent les légendes lOATl^S F€RDinAllDI et IOh€S F€RADI, pour Ferandi, ce qui montre bien qile le grand maître se nommait Jean Fernandez et non Fernando. Un des aspres de Jean de Lastîc présente le nom de famille écrit L€TIC. Cela peut tenir à une erreur (il y en a beaucoup dans les légendes de cette série) ou à un système d'abréviation ; mais c'est peut-être un indice de prononciation, car on sait à quel point TS qui précède une autre éonsonne avait de tendance à s'évanouir. Il faut dire toutefois que les membres actuels de la famille do Lastic prononcent cet S très distinctement. Il reste encore au sujet de ces monnaies un travail à faire pour retrouver lo nom des officiers monétaires qui est indiqué par une lettre initiale placée au-dessous de la figure agenouillée. C'est à Rhodes que cette recherche devrait être faite, et nous la signalons au zèle infatigable de M. Lambros.