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HISTOIRE DL JETON AL MOYEN AGE

glelerre. Est-ce par suite d'une confusion de coins fort difficile à expliquer que ces deux écus se trouvent réunis sur la pièce dont nous donnons le dessin (page 79, n® 5), ou bien notre jeton a-t-il été frappé au temps où Henri le Gras, roi de Navarre, promit sa fille Jeanne, âgée de deux ans, à un des fils d'Edouard d'Angleterre (1273)? Le style de la pièce ne nous permet pas de descendre jusqu'en 140^, époque du mariage d'Henri IV avec la fille de Charles le Mauvais.

Jeanne pouvait porter les armes parties de Navarre et de France^ puisque par sa mère Blanche d'Artois elle était petitenièce de saint Louis. Quant au jeton publié par MM. Rouyer et Hucher (sous le n° 35), et représentant, au revers d'un écu parti de France et de Navan^e, une grosse fleur de lis accostée des lettres ED, qui expriment le nom d'Edouard, il nous paraît avoir été fabriqué pour Isabelle de France, fille de Philippe le Bel. Cette princesse, née en 1292 et morte en 1357, épousa, le 23 janvier 1307, Edouard d'Angleterre. On connaît d'elle un sceau écartelé d'Angleterre, de France, de Navarre et de Champagne (1). C/est peut-être aussi à cette princesse qu'il faudrait attribuer notre pièce {n^ 3), si l'exemple des jetons de Jeanne de Bourgogne peut nous faire considérer comme insignifiante l'interversion des armes de Navarre et de France. En 1323 Isabelle de France se sépara du roi d'AngleteiTe qu'elle fit, deux ans plus tard, déposer et mettre à mort. . D'un autre côté, les armes de Caumont, d'azur à trois léopards (For, peuvent se trouver combinées avec celles du roi de France ou du roi de Navarre. C'est ainsi que la pièce gravée sous le n" 12, dans V Histoire du jeton, porte les armes de Châtillon au revers de celles de France, ce qui n'indique pas une alliance.

Il arrive souvent que plus on connaît de variétés de jetons d'une même époque, plus on s'aperçoit des difficultés que leur classification présente.

Nous avons dit que MM. Rouyer et Hucher reconnaissent le râteau comme signe de Yccurie, Nous le voyons au revers

(t; Trésor de numisni. Sceau.c ïleft tvis d'Anyleten^e, pi. V, ii« 3.

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d'une harpe sur un jeton du xni<? siècle (page 79, n* 4). Les armes des seigneurs d'Arpajon qui furent aussi vicomtes de Lauirec, sont de gueules u la harpe d'or. Mais il faut admettre encore que le râteau sert à caractériser les je ton s de la bergerie royale, car on le trouve réuni à un bélier sur un jeton très ancien (page 79, n® 3). Ce même type du bélier sans râteau, mais accompagné de deux cornes représentant probablement celles dont on se servait pour appeler les troupeaux, se rencontre sur un second jeton (page 79, n** 2) au revers duquel on lit rinscrii>tion banale de laton sui noume, La croix qui marque ce revers est tout à fait semblable à celle d*un jeton de la chambre aux deniers du roi Philippe (^page 79, n° 1), et nous croyons que ce prince est Philippe Illle Hardi. L'aspect de ces trois jetons esl fort antique ; nous ferons remarquer en outre que la croix cercelée appartient au milieu du xni« siècle. Elle existe, par exemple, sur un sceau d'Etienne de Poisvilliers appendu à une charte de 1249 (1). Ce synchronisme pourra peut-être aider à classer le jeton incertain gravé par M. Hucher sous le n" 149, et qui présente k la fois la croix cercelée et un écu qu'on peut attribuer aux maisons de Bourgogne, de Nevers, d'Eu et de Brienne, etc.

Les chapitres consacrés aux reines, aux princes du sang royal et à quelques autres seigneurs, tels que le duc de Bretagne, les comtes de Hainaut et de Saint-Pol et le sire de Craon. sont aussi riches qu'intéressants.

Cette classe de jetons offre souvent d'assez grandes diffit'ultés. 11 faut donner la plus complète attention au style des pièces. Ainsi le jeton dont nous placions la figure sous le n* 8 de la page 79 offre tant d'analogie, pour le type de ses deux faces, avec les monnaies frappées par Philippe d'Alençon en qualité de patriarche d'Aquilée (1381-1388), qu'on aurait pu l'attribuer à ce cardinal (2). Mais il est évident qu'en agis-

(1) Cartuiaire de Vahb. de S.-D. des Vaux de Cernaifi publ. par Merlet v\ Mouliê, 1858. Allas, pi. VU, n<» 10, décrit p. iSl, ii© 478.

[±) Ai-gelati, liaccoUa, t. I, p. U3, lab. XLI, n»2G: t. II, p. 115, lab. îll, uo 52. — Scbweilzer, Série délie mon. d'Aquileja, t. !, pi. à la p. 42.

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