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COMTESSE D'ANJOU ET DE PROVENCE

M. Lazari n& s'est pas bornée dans son intéressante monographie de la numismatique abruzzienne, à ranger au chapitre de Jeanne II les deniers frappés à Aquila. Il attribue encore à cette reine d'autres bolognini fabriqués h Guardiagrele ^ à Ortona, offrant les légendes : lOhA R€GinA; lOhANA. R€- GIA (1), et cela ne lui a pas donné à réfléchir. Il n'y aurait eu dans les Abruzzes yque la seule ville d' Aquila qui aurait eu la fantaisie de choisir pour le nom de la sœur de Ladislas une forme inconnue dans le reste de l'Italie, dans la province même; et celte orthographe bizarre reproduite dans les légendes de monnaies portant trois types différents (sans parler des variétés de coin) devrait être considérée comme un détail insignifiant. On pourrait, à la vérité, prétendre que la légende IVhAIlDA avait été adoptée afin d'imiter une monnaie d'Yolande qui ne nous est pas encore parvenue. Mais qui ne voit qu'un pareil système impliquerait l'existence du droit que les habitants d' Aquila ont eu de placer le nom de cette princesse sur leurs espèces à titre de roinç régente? Or si l'on ne conteste pas ce droit, quel argument pourrait-on faire valoir pour refuser à la mère de Louis III et de René les monnaies que Zardetti lui avait attribuées? Le silence gardé par M. Lazari sur ce sujet nous oblige à combattre des hypothèses que nous présentons ici sous forme de supposition. L'examen des documents diplomatiques que M. Zardetti n'avait pas eu à sa disposition replace la question dans son véritable jour et c'est parce que sa solution parait désormais véritablement assurée que je me permets de la présenter à nos lecteurs.

(i) Zecche degli Abruzzi, pi. IV, n« 40, et pi. V, n« 42.

n existe au musée de Saiat-Pétersbourg une cella d'argent frappée à Aquila dont la légende est IVhAIlA-'RCGIDA. pièce dont M. Lazari n'a pas donné la gravure (Die Reichehche Mûnzsammlung, 1843, *t. IX, p. [30, n» 220)«

Etude sur quelques monnaies en or et en argent de l époque mérovingienne portant le nom de la ville de Troyes, par Julien Gréau, membre résidant de la Société académique de l'Auhe. Troyes, 1867, in-8V 8 planches.

COMPTE RKNDLI.

( Exil-ail du lonic XIU (nouvelle s6rie) de la Rnue mimismalique,

1868, pp. I19-.i21 )

M. Gréau donne plus que ne promet le titre de son livre. D <a réuni aux pièces mérovingiennes qu'il s'était proposé de décrire quelques monnaies gauloises, des armes de bronze et de silex dont nous n'avons pas à nous occuper ici. Ses recherches sur les monnaies gauloises ont pour objet la classification des potins coulés de grand module; il distingue ceux qui ont été fabriqués par les Meldi, les Séhoncs, les Lingones, les Catalauni, les Parisii, les Tricasses.

« Il n'y a, dit-il, aucune incertitude pour la pièce des Sénones aux deux chèvres; on en connaît de semblables sur lesquelles on lit les quatre premières lettres d'Agedincum, AHl A, inscrites de droite à gauche, selon l'usage antique qui s'est perpétué dans quelques langues orientales. »

Certainement lorsque j'ai, dans la Revue de 1844, proposé l'attribution à Sens de la monnaie sur laquelle on voit une légende qui offre tant de rapport avec Y*A.^;Tfiv/.i^ de Ptolémée, j'étais- déterminé par une conviction à laquelle je suis heureux de voir M. Gréau se rallier. Mais tout en considérant encore cette attribution comme susceptible d'être maintenue, je dois faire observer que le nom abrégé tel qu'il l'est n'offre pas une certitude absolue. En effet, des vases de terre rouge découverts à Londres nous ont présenté l'estampille du potier Age-

ÉTLDt: SLIi DES MON.NAlliS MLKO VlNGIL.N.NtS. 333

dillus (AGEDILLI et AGEEDILLVS.F), et dans une inscription recueillie parmi les substructibns do la cathédrale^de Nantes, on remarque le nom AGEDOVIRVS [Mém, de la Soc. des antiq, de France^ t. XV,p.xxxv). AGED peut donc s'appliquer à un nom d'homme aussi biei\ qu'à un noni de lieu. Reste la provenance habituelle dont la constatation a une grande importance.

Une pièce de potin tout h fait analogue à celle des Sénones, quant au mode de fabrication, est attribuée aux Tricasses. Sur une de ses faces, on voit trois quadrup»»des fort imparfaitement dessinés', dans lesquels, dit M. Gréau, plusieurs écrivains veulent reconnaître des chats. Sont-ce des armes parlantes? ajoute-t-il. On comprend avec quelle réserve M. Gréau propose cette explication;! : Çn breton actuel, tri signifie trou, kaz signifie chat. Mais le breton n'est pas tout à fait la langue antique de nos pères, et d'ailleurs le nom des Tricasses, comme le fait très bien observer M. Gréau, ne saurait être séparé de celui des Baiocasses, des Viducasses, des Véliocasses, des Durocasses, etc., dans lesquels on ne saurait faire entrer le nom du chat. Si Ton ajoute à cela que l'antique préposition TRI aie sens àepar (Zeuss, Gra?nm. celt.j p. 610), on demeurera tout à fait en garde contre une conclusion trop hâtive. Cette remarque n'a pas pour effet de refuser le rapprochement, mais simplement de faire voir avec quelle précaution il faut l'envisager. S'il est vrai que les monnaies au type des trois animaux ne se trouvent pas dans le pays de Troyes, l'attribution proposée devient encore plus suspecte.

La première monnaie d'or que M. Gréau attribue à Troyes est un tiers de sou au nom de Justin, sur le revers duquel on lit les caractères AT qui désigneraient Augusta Trerorum. Puis vient le sou de Théodebert, marqué de la lettre T, monnaie qui, à la vérité, peut être classée à Toul. Enfin sont rangées diverses variétés de tiers de sou offrant les noms des monétaires Gennulfus, Audolenus, Mummolinus, Concossus, et des monnjiies d'argent avec les noms de Wiiiobcrtus cl Léo. Ces dernières pièces me rappellent que dans le trésor de Plassac (Gironde), acheté par M. de Lagrange, il se trouve

334 ÉTUDE SUR DES MONiNAlËS MÉROVlNGlEiNXËS.

un seul denier de Troyes, portant la légende TRICCAS CIVI. Quant aux tiers de sou qui remplissent toute la planche II, je puis faire remarquer qu'il en est au moins quatre (n""* 3, 6, 9, 17) .qui proviennent de la trouvaille faite entre Nevers et Autun par M. de Flasseliëre en 1856. Les notes précises que j'ai prises à cette époque ne me permettent pas d'en douter. M. Gréau nous rendrait un véritable service s'il continuait pour toute la Champagne lo travail qu'il a si bien inauguré par sa numismatique truyenne.

Essai sur les monnaies de Senlis, Mémoire posthume du D^ V01LX.EMIEI1, président du Comité archéologique de Senlis. Senlis, 1867, m-8% 6 plaqches.

COMPTE RENDU

(Extrait du tome Xlli (uouvellc flùriu) de la Revue numismaiiqMy

1868, pp. 121-121.)

Lorsque.notrc vénérable collaborateur mourut il y a deux ans, il laissait inachevée une monographie numismatique de Senlis sur le même plan que ses précédentes publications .consacrées àBeauvais (1858) et à Soissons (1863). Ses amis, M. Dupuis et M. Tabbé Magne, n^ont pas voulu qu'un travail intéressant fût perdu pour le public, et avec un soin pieux, ' dont on ne saurait trop les louer, ils ont terminé et imprimé le petit volume que nous annonçons ici.

La planche I" contient 14 pièces gauloises d*or, dont 13 n'ont de type distinct que d'un seul côté qui est concave. Ce type se compose d'un cheval aux membres désarticulés, sous lequel on voit un croissant, un globe, accompagnés d^un S ou de deux S. Ce sont les pièces que feu M. Hermand attribue aux Morins, et dont il a rempli la planche YII de sa mono** graphie intitulée : Numismatique gallo-belge (1864). On en a recueilli un assez grand nombre à Ledringhem. Mais M. Yoil^ lemier en avait déjà publié une trouvée dans les environs de Senlis, et en 1858 un cultivateur de Longueil-Sainte-Marie (Oise) découvrit un petit vase de.terre noire qui en contenait 33. Suivant M. VoîUemier, les S placés sous le cheval représenteraient le nom des Silvanectes. ïls pourraient, à la vérité, être aussi rapprochés du nom des Suessiones.

330 KSSiVl SL'H LES MONNAIES DE SENLIS.

Ensuite vient une planche contenant 13 pièces de cuivre sur lesquelles on lit le nom GIAMILOS* Les pièces 12 et 13 offrent sur chacune de leurs faces le nom de ce Giamillus (voy. la forme de ce nom dans une inscription de Grand, près Metz); elles sont d'un beau travail; puis sur d'autres pièces le nom ne suhsiste plus que d>i côté de la tète, dont le dessin s'altère progressivement, et au revers, au-dessus de Taiglo, on voit SIINV. M. Voillemier, qui avait déjà attribué aux Bellovaques les monnaies de cuivre au même type accompag-m» de la légende YLLYCCI (suivant lui, VeLLoVaCCI), n'hésite pas à voir dans le groupe SIINV {Senu) Téquivalent de SILVAN. Puisqu'on invoque souvent les provenances constatées par des trouvailles, il ne sera pas inutile de rappeler ici un fait déjà ^mentionné çsivluMevue (1863, p. 7t), à savoir la découverte à Sens de 200 petits bronzes semblables à ceux qui viennent d'être mentionnés. On peut en voir dans le Musée de la Société archéologique de cette ville une belle série. Or, il ne serait pas interdit de croire que SIINV, qu'il est difficile de ne pas lire SENV, ressemble tout autant à la première partie du nom des Sénones (1) que le SENAT VR d'une inscription du Puy ressemble à Senator, et que la légende DVM., inscrite sur un bel aureus de Vespasien avec ses fils ressemble à la première partie du nom de Domitien (Cohen, Moiimies imp.^ t. I, p. 335, n» 6).

Quinze tiers de sou d'or mérovingiens composent la troisième planche. On y lit les noms des monétaires Dommus, Ulmo, Ùrisolinus, Betto, Aldemarus, Leudelinus, Urso, Sigomarus, Rustius. Le nom de la ville est écrit d'abord SiLVA- NECTES, puis SILVANECTIS-

La numisnfiatique de la seconde race est représentée par un denier au monogramme altéré de Karolus entouré de la légende CPATI— lADIPEX {gratta Dei rex), divisée en deux groupes qui marchent en sens opposés; au revers, SILVA- NECTIS en deux lignes (x* siècle), et par deux variétés du

' (I) Voir 1 optiiioii riiijse ù ce sujet pur M. Eugène Uucher, Revue uumismy 1863, p. 308 et 309.

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