MONNAIE ROMAINE DE CHARLES !•' D'ANJOU
ques monn. de Charlemagne^ etc., frappées dans Rome, p, 73), Charles fut nommé encore une fois sénateur par Martin IV, en 1281. Le 26 décembre 1282, le pape écrivait au vicaire du roi de Sicile pour se plaindre de la fabrication de certaines monnaies dont la nature n'est malheureusement pas spécifiée : Fioravanti nous a conservé la lettre dont voici le début :
« Marlinus, etc., dilecto filio nobili viro Philippo de Caven. (Cavensi vel Cavensibus.) Regio in Urbe vicario salutem, etc.^ Grave, etc., ad audientiam nostram non sine grandi admiralîone pervenit, quod in civitate Romana divers» cuduntur, seu cudi dehent sive fabricari monetse, qus in civitate praefata eudi, seu fabricari non possunt nec dehent, absque liceûtia Sedis aposlolicae speciàli... y^{Codex epist.Mart, poit., fol. 39, an ni 2, Bibl. du Vatican.)
Quoiqu'il en soit, il demeure évident que, soit avant son arrivée à Rome, soit pendant son séjour à Naples, Charles d'Anjou se faisait représenter à Rome, et en qualité de sénateur, par un vicaire. C'est ce personnage qui doit être désigné dans la légende de la monnaie nouvellement trouvée. Si l'observation faite par M. Caucich sur l'orthographe KAROLVS n'avait pas son importance lorsqu'il s'agit de Rome (car en Provence aussi bien qu'à Naples et en Sicile cette forme est constante), on pourrait croire que le gros a été fabriqué après le départ de Charles pour l'Italie méridionale, et expliquer R.VICARIVS par regius vicarius; mais nous ne connaissons pas le dessin de la monnaie, nous ne pouvons juger ni de son style ni même de son module, et tout en la signalant aux numismatistes, nous devons nous abstenir de conclusions plus arrêtées. Seulement, le vicanus est un remplaçant qui pouvait suppléer le sénateur, mais non pas les Romains; il ne faudrait donc pas lire : « Romànorum vicarius, » ainsi qu'on Ta proposé.