PAU MM. JULES ROUYER ET EUGÈNE HUCHER
a quelques années (1). Il représente, au droit, une tête couronnée tournée à gauche, devant laquelle se lit le mot REX, et, au revers, une figure debout appuyée sur une lance ac- » compagnée du mot ALPHO. Ce jeton peut être attribué soit à Alphonse XI de Castille (1312-1330), soit à Alphonse IV d'Aragon (1327-1336).
MM. Rouyer et Hucher n'ont pas terminé leur ouvrage ; ils ont seulement donné les chapitres qui se rapportent aux personnages historiques les plus marquants; il leur reste donc encore à débrouiller, à interpréter une masse très considérable de jetons dont les légendes n'offrent pas un grand secours, et dont les types réclament de patientes études. Ils s'acquitteront de leur tâche à l'honneur de la science, nous en sommes certain.
Ce n'est qu'en rapprochant^ eu comparant un très grand nombre de variétés que l'on peut arriver h se rendre bien compte du sens même des légendes que les échanges de coins compliquent en outre fort souvent. Ainsi, nous indiquerons comme exemple le jeton dont nous rangeons le dessin sous le no 7 de la page 79. Sa légende DIEX VOVS GART BEAV S — demeurerait à peu près incompréhensible si Ton ne connaissait la variété avec la légende DIEX VOVS GART ROIS BIAVS SIRE.
Le jeton qui porte l'inscription CEST LA MALLE BEST (page 79, m 9) trouve un auxiliaire dans cet autre, sur lequel on lit : FVIES CEST LA MALE BESTE— CHEVAVCHIES LOVRS (page 79, n* 10.) Au xiv'' siècfe, les habitants de Toulouse croyaient qu'un monstre parcourait la nuit les rues de leur ville; on faisait de cet animal, de celte malle beste, comme on le nommait, une description effrayante. On frappa un jeton qui se vendait à l'hôtel de ville, sorte d'amulette destinée à protéger ceux qui la portaient. Nous avons autrefois rattaché au mythe toulousain les jetons en question (2). Il est néan-
(1) J. Lindsuy, Notices of remarkahle médiéval coins mvsUy unpuOlished. Cork, 1849, pi. 1, uo 1.
(2) Enajdopêdic du AVA'c siècle, t. 11, p. 668, livraison de juillet 1837.