‹ ŒuvresChapitre 140 sur 145 · DE LA COLLECTION DE M. C. J. DASSY · texte numérisé non relu

DE LA COLLECTION DE M. C. J. DASSY

M. Feuardent a aussi désiré et avec raison faire graver le denier d'un duc de Bretagne, émis à Quimperlé (n* 28) ; un admirable sou d'or de Charles d'Anjou, frère de saint Louis, Une des belles œuvres du xni° siècle (n° 29) ; un denier au type chartrain qu'il se réserve d'expliquer (n° 30); un joli denier de Gaucher de Châlillon avec le nom de Vatidemont, W€D€M"N (n*" 31) (1), émis par un tuteur pendant la minorité de son beau-fils.

La série de la troisième race coixtieot de belles pièces d'or à commencer par \écu de saint Louis, On s'est contenté de faire graver deux piéforts (pi. XXI, n°' 33 et 34), et le denii-écu ' d'or de François P' sur lequel ce prince est représenté à cheval. La même planche ofTre encore le Scudo Vénàissin dlnnocent X' frappé par le légat Camillo Panfili (n° 37), et enfin l'essai de Técu de Calonne, chef-d'œuvre de Droz, qui avait appartenu à Tiolier, graveur général des monnaies, et que M. Dassy avait acheté au mois de février 1841. C'est le seul exemplaire que connût Conbrouse qui n'en a pas donné la légende in extenso. Je me permettrai donc de la transcrire pour la commodité des amateurs : Favente Calonno reyni administratore, œrarii i^egii sitfnmo moderatore, ef/lf/iem, partem posticam, et circmnferentiam simid cudit /. P. Droz, anno 1786.

Sur la tranche on voit en relief, DOMINE SALVUM PAC REGEM (pi. XXI, 88). L'invention de Jean Pierre Droz consistait à frapper en même temps la face, le revers et la tranche (la variété ordinaire de l'écu portant les deux L croisés, est fabriquée par le même procédé).

C'est là une de ces pièces, si belles et si rares, tirées de la collection Tiolier, comme le franc de Charles X, cardinal de Bourbon, et de superbes piéforts de Louis XIII, que M. Dassy eut à peine le temps d'insérer dans son médaillier après son retour d'Italie, mais qui du moins l'avaient rendu bien joyeux pendant quelques mois. Elles vont encore faire des heureux.

(1) C'est une variété bieu tranchée du précieux denier publié dans la RsiuCf 1867, pL IJ, u°9, par M. Jules Laurent.

404 VENTE DE LA COLLECTIOiN DE M. C. J. DASSY.

Cependant, on le comprendra, ce n'est pas sans une certaine émotion que je verrai se disperser des monuments numismatiques qui m'ont aidé, il y a plus de quarante ans, dans mes premières études. Il existe, par exemple, dans la collection Dassy une suite d'or des Valois où l'on remarque la couronne et le florin-Georges^ et qui a fait partie d'un trésor déterré à Meaux, dans la cave de la Croix-dot^ un curieux échantillon d'hôtellerie du xiv* siècle, dont la porte étroite, l'escalier sombre et les chambres exiguës autant qu'obscures n'indiquaient pas un gran4 souci des voyageurs. En considérant ces pièces encore réunies comme au jour de la trouvaille, mille souvenirs intéressants traversent mon esprit; mais qui pourrait maintenant s'associer aux rêveries du dernier témoin survivant d'une découverte monétaire faite il y a près d'un demi-siècle!

Numismatique artésienne. Catalogue raisonné des monnaies du comté d'Artois faisant partie du cabinet monétaire d'Adolphe Dewismes, à Saint'Ome?\ 1866, grand in-8% 17 planches lithographiées, 1 carte.

COMPTR RENDU.

(Exlrôit du tome XIII (nouvelle série) de la ^erue numismatique,

1868, pp. 388-394.)

M. Dewismes a formé une collecUon de monnaies frappées dans le pays qu'il habite, et il en a publié le catalogirc en un volume de 400 pages. C*est assez dire que la collection est riche et que son possesseur Ta étudiée avec un gi'and soin.

M. Dewismes donne d'abord la description des médailles gauloises qu'il a réunies. Avec feu Hermand, il les divise en deux groupés, et il a raison de croire que les pièces qui portent un type sur les detix faces sont les plus anciennes. Les pièces iinifaces de la Gaule ne sauraient être assimilées aux monnaies de TAsie et de la Grèce, qui n'offrent qu'un seul type avec un carré creux au revers. Ces dernières sont le produit d'un procédé primitif de fabrication. Quant aux autres, elles résultent d'une dégénérescence dont il est facile de suivre les phases. Le système de classification adopté par l'auteur est donc bon; mais l'explication de quelques types est beaucoup moins satisfaisante. Il est bien difficile de reconnaître sur certaines petites pièces d'or des amas de pierres; et déclarer que ces amas sont druidiques, c'est se montrer bien hardi. Je me permettrai aussi de faire observer que le récit de la récolte du gui sacré tel qu'il est donné p. 14 et 15 eût gagné à se tenir plus près du texte de Pline (XVI, 95). La pi. I contient un beau dessin de

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' la monnaie d'argent si finement frappée qui porte les légendes

CARMANOS-COMIOS.

M. Dewismes est parvenu à se procurer trois rares tiers de

sou de Tépoque mérovingienne, deux desquels portent le nom de Boulogne et de Térouanne. Le troisième présente le nom AVDEMARVS, et au revers, AVDEM entre les bras d'une croix. L'attribution de ,cotte monnaie à Saint-Omer a été plus d'une fois discutée ; elle offre beaucoup de probabilités, car en supposant même qu'Audemarus soit un nom de monétaire, il reste tout à fait naturel de croire qu'il était plus commun à Sithiu que partout ailleurs; puisque là était la sépulture du saint qui devait donner plus tard son nom à la localité. Je dois dire que TétjTmologie proposée pour le nom de Térouanne, terra vana^ ne me paraît pas heureuse, car le nom actuel est une corruption de Tarvanna-Tarvenna. La monnaie méro\ingienne porte encore la légende TAROANNA (A^t\ nww., 1861, pi, XVII, n"* 9) identique à la forme donnée par Ptolémée, puisque l'articulation OA représente VA, comme dans les noms Gundoaldus, Ansoaldus, Vinoaldus, etc. (1).

La monnaie de Pépin, attribuée à Arras, bien qu'elle porte ARGRAT Cl V, continue à demeurer pour moi une monnaie de Strasbourg, Argentoratiim, La pièce que j'ai vue nous montre un G très bien formé. M. Dewismes pense qu'il est impossible que deux syllabes aient été omises au milieu d*un mot (2). Jtf ais pour admettre que ARRAT exprime Atrebates, il faut non seulement supprimer le G, mais introduire les deux articulations T et B ; car sur la monnaie des successeurs de Pépin on lit Atrebatis. Sur les deniers de Mayence le nom de la ville est écrit MAGO-CS, Magonciacus. L'abréviation est aussi intense.

(1) Linterprctation moderne des noms géographiques, comme Terra vann pour Térouanne, Bella via pour Blaye, Jovis ara pour Jouarre, appartient aux temps crépusculaires de larchéologic où Ton dissertait sur la quesUon de savoir si les Parisii devaient leur nom au culte d'Isis.

(2) ïl faut dire une syllabe, car la nasale pouvant ôtre écrite ou omise k volonté, G représente la syllabe GEN; mais ce n'est pas ainsi qu'on doit procéder. Arg est l'abrégé d'Argento^ et rat l'abrégé de ratum. De même que sur le denier de Gharlemagne frappé à Saintes (/îei'w^, 1858, pi. XIII, n" 45), SCO représente Sancto dans Sanctonis,

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