‹ ŒuvresChapitre 29 sur 145 · A LEP.ENDE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

A LEP.ENDE FRANÇAISE

(Extrait An BtilMin de la Société lUs Antiquaires de France pour 13S9. pp. tSR-tat. séancp dn tr. juin tR59.1

N'ayant pas assisté à la séance du 12 janvier dernier, c'est dans le ^w/Zeim seulement que j'ai pris connaissance de l'intéressante communication faite par notre sa,vant confrère M. Léopold Delisle. Il me semble que le sceau appartenant k M. Barabé mérite d'èlre étudié. L'inscription qui s'y lit n'est pas très intelligible au premier aperçu et il est permis, sans doute, d'en reprendre l'examen.

11 faut d'abord remarquer que les mots ne sont pas tous sé-

parés les uns des autres par des points ; cette observaUon est

i36 SCEAUX DU XUV SIÈCLE

fort importante comme on le Verra plus loin. On doit ensuite diviser la légende en deux parties ; la première contenant ces mots : GE ' SVI • VN • REI ' Kl • ICI ' VOS ' ARP {je suis un roi quiici vous harpe), et la seconde : ACEST * ORFEIVRE ' M ' ETEVIN • E {cet orfèvre maître Etevin est),

La première phrase est parfaitement construite. Le verbe harper est très connu :

Quant li bons est de bone vie, Adonc barpit si bien et cbante, Que las diables tous enchante, Si com David les encbantoit Quant pour le roi Saûl barpoit (i).

D est probable que l'orfèvre avait pris pour enseigne le roi J

David; et c'est au public que le roi s'adresse en disant vous

Acest n'indique pas du tout le datif; il faut le lire en un seuB^ mot : c'est le pronom démonstratif aqest, aquest, aquey,^ aquel, aqueste, en provençal, en limousin, en espagnol, aqw dans le provençal moderne. De même que, malgré Tabsenci dépeints, on ne lit pas en un seul mot GESVIVN, KlICI/il no faut pas s'astreindre à ne voir qu'un mot dans le groupe: METEVIN. Maître Etevin donne un sens clair. L'orfèvre limousin qui a exécuté le ciboire de Montmajour l'a signé Magitei^ Alpais. Etevin est une forme de Stephanus ; on sait que ce noi a produit Stevens, Esteban, Estiévène (2) et aussi Tève eiEtèvi le tombeau de Tève le duc, qui existait dans l'abbaye de SainLP Martial, est célèbre à Limoges. Sur un émail du xu® siècle pro« venant de l'abbaye de Grandmont près de la même ville, conservé aujourd'hui au musée de l'hôtel de Cluny, on If le nom du bienheureux Etève de Muret. C'est de Tève qu'es dérivé le diminuiii Thévenin ou Tévenin si commun en France

La lettre E qui termine la légende est un abrégé de es, ey est ; les jetons des xiu'' et xiv* siècles nous ont habitués à d( abréviations semblables pour le mot placé à la fin de leur

(1) Gautier de Ck)iosi, I. II, c. xiv.

(2) « Jehan quens de Nevers mourut le jour de Saiut-Eslievène. » Chrc attribuée () Baudouin d Avesnes. Hisfor, de France, t. XXI, p. 176 k.

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