A LÉGENDE FRANÇAISE
légendes. Le graveur s'arrête là où la place lui manque. Ainsi, on peut citer la légende du jeton de la malle beete^ qui offre les variantes BESTE, BEST, BES ; celle par laquelle le jeton déclare être de beau cuivre : Ge suide laton belj avec les trois variantes BEL. BE. B ; la légende DIEX ' VOVS ' GART " BEAV -S {beau sire); la légende lOIE * DESIR ' A" L'AMOV- REV • S (soit) ; la légende Ave Maria gratta plenaj offrant pour le dernier mot les variantes PLENA, PLEN, PLEI, PLE, PLI^ PL, PE, P, L On peut d'ailleurs citer un jeton dans la légende duquel : LOENGE • A DIEV ' AVANT ' TOVT * E, le verbe être est réduit à la seule lettre E.
La présence d'une légende française sur un ^ceau du xni* siècle gravé pour un particulier n'a rien qui doive étonner. Il n'en serait pas de même s'il s'agissait d'un sceau ecclésiastique. On lit bien : PASSAVANT LE MEILLOR. sur le contre-sceau de Thibaut VI de Champagne, gravé entre 1202 et 1234, puisque le comte ne prend pas, sur le sceau, le titre de roi de Navarre. Dans le cartulaire de l'abbaye des Vaux-de- Cemay on trouve des sceaux français fixés à des chartes de 1242, 1249, 1230, 1260, 1262, 1263, 1266, 1271, 1275, 1280, 1283, 1291. Le contre-sceau d'Isabelle, femme de Raoul de Fougères, porte : SOZ L'ESCV MVN PERE SVNT Ml SCRE {squs reçu de mon père sont mes secrets), et il nous est fourni par une charte de 12S3, appartenant aux archives de la Manche, titres de Savigny.
On conserve aux archives de l'Empire, le sceau de la commune de Compiègne, au revers duquel on lit : CE FV FAIT EN L'AN DE GRACE MCCLlili. On pourrait encore citer un sceau de 1275 portant le nom de Mathieu de Boie, et d'autres de 1293, qui offrent ces légendes : SCEL ROBIERT SENGNEVR DE WAVRIN ET DE LILERS, et CEST Ll SAIVS DE LE FRÂKE VILE DE MAVBVEGE.
Enfin j'ai l'honneur de faire passer sous les yeux de la Société la matrice d'un sceau très bien gravé, que la forme des caractères doit faire attribuer à la première moitié du xiu* siècle, et qui présente cette légende : S METRE GILE LE