‹ ŒuvresChapitre 3 sur 145 · CARLOMAN · texte numérisé non relu

CARLOMAN

Lectbuannl'S [monetarius].

CARLO en monogramme. Revers, LEVTBRA autour d'un 0. — Poids, IK',33. (PI. ni, n« 30.)

Maintenant qu'il est démontré par les découvertes des trois deniers décrits dans les notices suivantes que le type dé Carloman, anciennement connu, n'est pas le seul qu'ait adopté ce prince, on acceptera je pense sans difficulté l'attribution que nous proposons ici. Il nous semble que la place donnée à la lettre L indique bien qu'il faut lire CARLO et non pas CAROL. Le monogramme était déjà connu sur un denier de la collection de M. le comte de Clermont-Gallerande, pièce dont nous avons parlé à l'article du monétaire Audomundus. (Voy. Mev. Ntim.y 1839, pi. IV, n^ 22, .et Conbrouse, Atlas des monn. naL, pi. LVI, n" 9.)

Carloman a régné, à partir de la mort de Pépin, trois ans, deux mois et huit jours ; ses graveurs ont donc eu le temps de composer plusieurs centaines de types ; d'ailleurs les trois. autres deniers à la légende CARLOM , en deux lignes, sont frappés avec trois paires de coins différents.

Je lis sans hésitation le nom du monétaire LEUTBRANN VS, quoique le commencement de la légende ne soit pas marqué. Les noms formés avec la syllabe LEUT sont très communs : Leutalda, Leutbaldus, Leulberga, Leutbertus, Leutboldus, Leulburgia, Leuteramnus, Leutericus, Leutfridus, Leutgardus, Leutgarius, Leutgaudus, Leulgerus, Leutgisus, Leutgildis, Leulhadus, Leuthardus, Leulkarius, Leulherus, Leuthc-

ricus, Leulho, Leutîldis, Leutlindis,Leutmarus,Leulmundus, Leatoldus, Leutulfus, etc.

D'autre part, les noms terminés en BRANNUS, sont également bien connus : Childebrannus, Iladabrannus, Hildebrannus, Sigebrannus, Sebrannus, Wibrannus, Witbrannus. C'est une forme franque, et c'est pour celte raison que je Tadoplc quand il s'agit d'un monument exécuté au second tiers du vui" siècle.

Puis un D s'est substitué au second N, et l'on a écrit Liutbrandus, Gislebrandus, Hairbrandus, Hildebrandus, Ingcbrandus, Sigebrandus, Untbrandus.

Enfin le dialecte lombard changeant le B en P, on trouve Liutprandus, Ansprandus, Auprandus, Ildeprandus, Iselprandus. De même que Leutbertus est changé en Liculperlus, et Leutboldus en Liutpoldus.

Il résulte de tout cela que le nom du monétaire Leutbranmts, celui du 7iotarius de l'empereur Lothaire, Liutbrandus, et celui du célèbre roi des Lombards Luitprandus, ne sont que trois variantes d'un même thème, et présentent exactement la même signification.

Le nom de Leutbrannus, tracé en cercle comme ceux d'Odalricus, d'Adalbertus (1), ne donne prise à aucun doute, puisqu'il n'offre pas le moindre rapport de structure ayec un nom de lieu.

Sancti Amani [monasterium]. Saint- Aignan-tï Orléans.

N*»l. CARLOM en deux lignes. Revers, SCI ANIAI. Saint Aignan debout, nimbé, tourné à gauche et tenant une crosse.

— Poids, Uf',37. (PI. m, no 31.)

No2. Autres; mêmes légendes. Au-dessus de l'A de Carlom, cinq points sur deux lignes, posés trois et deux ; devant l'R, trois points en triangle; sous l'O, trois points en ligne.

— Poids, 1K%26.

(1) Schœpfliii, Alsaltn illusfr,y t. II, p. 797, n® 6. — Lelewel, Ntim, du M. A.^ pi. XVIT, n° 3.

nR CKNT DENIERS

Ces curieux deniers nous montrent encore, comme la monnaie de Chartres, une figure en pied sur un monument monétaire des Carlovingiens. Le beau sou d'or de Limoges et un tiers de sou d'Uzerche, représentent saint Martial avec le double caractère d'apôtre et d'évêque, tenant la croix et la crosse (1). Saint Chéron, dont la figure se voit, à ce que nous croyons, sur les deniers de Chartres, n'étant pas évèque, n'avait point droit & la crosse ; on lui a donné deux croix pour exprimer son apostolat et son martyre ;' saint Âîgnan, évêque, s'appuie sur une crosse ; on voit qu'un soin ingénieux présidait au choix de ces types.

Le monastère de Saint-Aignan est bien connu; il me suffira de rappeler le Prapceptum de Charlemagne pro Aurelianensî Sancli Aniani monasterio.

Une autre abbaye a été placée sous le vocable du saint évèque de Chartres; c'est le monasterium Sancti Aniani in Septimania, Saint-Chinian, près Saint-Pons ; mais au temps de Carloman il portait encore le nom de Saint-Laurent.

Il est curieux de retrouver la même abréviation dans la légende du denier de Carloman, frappé à Orléans, et dans celle d'un denier dû xif siècle, fabriqué à Saint-Aignan en Berri, CASTRVM SANCTI ANIAI (2).

Sakctjs Crv(.is [monasterium]. Sainte-Croix de Poitiers.

CARLOM en deux lignes. Revers, SCI CRVCIS, croix polencée, à pied fiché. — Poids, 1^,31, (PI. III, n« 32.)

Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit plus haut à l'article de Pépin touchant l'attribution de ce denier au célèbre monastère de Poitiers. A part les considérations chronologiques, l'argument tiré du type dos deniers d'argent méro> vingiens nous paraît décisif.

Il est assez difficile de s'expliquer comment Carloman a pu

(1) Revne numism., 1857, pi. XII, n» 1, et pi. XV, n" i.

(2) Revue numism., 1845, pi. XIX, n« 8.

battre monnaie en Aquitaine. Il est probable qu'aussitôt après la mort de Pépin quelques villes auront émis des deniers au nom de ses deux (ils avant même que le partage des royaumes ait été réalisé.

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