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SUR

LES FIBULES CRUCIFORMES

( Extrait du Bulletin de la Soci^ité des Antiquaires de Francp pour l8oS, pp. 40 ;-i6r>. sônncc «hi 17 nov. 1858.)

M. de Longpérier apporte, à Tappui de Topinion qu'il avail émise sur l'âge des fibules apportées à la Société par M. de Beaulieu dans la séance précédente, une collection de fibules de bronze appartenant au Musée ; il montre comment la forme des fibules en croix s'est altérée, et comment ces ornements ont pris sous les Mérovingiens une tournure qui rappelle la patte de nos épaulettes modernes (1).

La fibule cniciforme est bien celle dont les Romains faisaient usage à la fin du tv"" siècle et au commencement du v'-. A c(»l égard, M. de Longpérier montre un bel et curieux exemple do la manière dont cette fibule s'attachait. Il présente le moulage du magnifique diptyque d'ivoire conservé dans le trésor de la cathédrale de Monza, monument qui représente suivant les uns (îratien, Valentinien II et Justine, suivant d'autres Galla Placidia, Valentinien III et l'un des deux généraux rivaux Aëtius ou Bonifatius. Dans le premier cas le diptyque aurait été sculpté vers 380, dans le second cas avant 429. Les fibules cruciformes qui attachent le manteau des deux personnages

(1) Voy. LiudeQschiuit, Ueùer eine besondeve Gatluiuj von Gevandnadeln aux deutschen Grasbem d^s V und VI Jahrhunderts, pnhl. par la Société arcb. di^ Mayeuce, 1851, iD-4*», Ilfo livr. Voir aussi l'abbé Cochet, la Normandie souterraine, p. 19. 41. pï. xr, 11" 22: pi. XIII. n« 2t : pi. XV, n" 3: pi. WIÎ, ii" 2.

7i NOTK SUR LKS FIBULFS CRUCIFORMKS.

masculins se dressent sur leur épaule, le croisillon et la boule supérieure étant tournés en bas. La partie allongée est décorée des deux côtés de cet ornement découpé qui se remarque dans la fibule de M. de Beaulieu et qui avait paru à un membre de la Société être un détail propre au xi® siècle. M. de Longpérier montre que ce détail, bien caractérisé sur le diptyque (le Monza, se retrouve encore sur divers objets du v^ et du VI® siècle. C'est de ce même ornement que se compose la galerie découpée qui supporte le plateau d'or trouvé à Gourdon avec des monnaies des rois bourguignons Gondebaud et Sigismond.

La fibule présentée par M. de Beaulieu offre encore une partifcularité curieuse : le croisillon de droite se dévisse et permet de retirer Taiguille centrale de la gaîne où elle est engagée par le bas. Cette disposition se retrouve identiquement dans la fibule d'or recueillie dans le tombeau de Childéric à Tournay (1), objet antérieur h Tan 481.

Quant aux deux fibules d'or en forme de disques, communiquées également par M. de Beaulieu, elles sont aussi mérovingiennes. L'une, ornée de petits anneaux de filigrane, esl semblable à celle que M. Cochet a publiée dans sa Normandie souterraine, 2' éd., pi. XIII, n° 1, et l'autre, qui est décorée de verre roilge, offre l'analogie la plus frappante avec un bijou d'or mérovingien trouvé par le même antiquaire et figuré à la page 121 de la Normandie souterraine, première édition (2).

(1) Voy. Chifflet, Anastasis Childerici Régis, p. 182.

(2) Cf. Lindenschmit, mém. cit., p. 4.

Jules Rouyer et Edgène Hucher. Histoire du jeton nu ' moyen âge. Première partie, 1858, in-8**, 17 planches gravées par E. Hucher.

compte rendu.

(Extrait du tome IV (nouvelle série) de la Hniin nunuamatiqur^

18r)9, pp. 199-208.)

Il y a longtemps que Ton s'occupe en France do recueillir et de décrire les jetons. Toutefois l'étude de ces intéressants monuments est, comme celle de tous les autres, restée subor- ^ / donnée à Tétat des connaissances archéologiques ; c'est assez

' dire que le progrès a été lent. On est beaucoup trop porté à

accuser nos prédécesseurs d'avoir négligé ou méprisé les documents nationaux au profit d'une prétendue science de l'antiquité grecque et romaine que l'on se plaît à présenter comme parvenue à la perfection. Il y a là une grande erreur, qui tient à ce qu'on n'étudie pas assez les auteurs du xvif et du xvni* siècle, ou qu'on se met à un faux point de vue pour les , juger. Il suffirait de parcourir les anciens mémoires de l'Aca-

\ demie des inscriptions et belles-lettres pour se convaincre de

V la vérité de ce que nous avançons. Montfaucon, le fondateur

\ de notre archéologie nationale, a non seulement recueilli

1 dans ses Monuments de la monarchie française une précieuse

I collection d'œuvres du moyen âge, mais dans son Antiquité

I expliquée il a fait une largo part h la Gaule, et l'on peut re- 1 marquer même que les monnaies gauloises qu'il a publiées sont gravées bien plus fidèlement que ne le sont les as romains. Sans aucun doute les dessins du xvii* et du xvm'' siècle laissent beaucoup à désirer : alors on ne savait pas copier; mais la faiblesse s'étond à toutes les reproductions, et il est

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