DE LA MONNAIE FRANÇATSE
Irefacteurs; mais le duc de Savoie avait autorisé son monétaire à faire: « doblos consîmilos monete reg-îe in valore, pondère, in figuris et caraeteribus , ita tamen quod^ ponatur nomen ^domini comitis ubi mclius et consonantius videbitur magistro tailiatori .(1); » et cet entrepreneur avait usé de la permission au pied de la lettre en conservant tous les charattevps qui ne formaient pas le nom du roi de France.
Loris TT, BAWON HE Vavd.
7. LUD D SABAVDIA. Légende divisée on quatre parties par les bras d'une croix. Autour, + BnDICTV-.SITrNOJrtE:
DNI:nRI-DEI.
% PETRCORVJn. Toumelles surmontées d'une couronne fleurdelisée. — Gros. (PL XIII, no 7.)
M. Soret a publié un autre gros de Louis de Savoie sur lequel on voit PET C MONET; Pétri Caste/H moneta, monnaie de Pierre-Chastel, place forte du Bugey dans laquelle Amédée VI, comte de Savoie, a frappé monnaie quelques années après la mort de Louis II, baron de Vaud (1356 à 1389) (2), La nouvelle variété que M. Promis nous a fait connaître se rapproche bien plusi complètement du gros à la couronne do Philippe de Valois (1336), puisqu'on a disposé le nom delà localité de façon k calquer le mot FRANCORYM, et que les lournelles sont surmontées d'une couronne royale au lieu de cette combinaison de créneaux qui rappelle les gros do Guienne.
8. -f- PhlLI////S DI.LEX. Croix à bras égaux, avec fleur de lifi dans le second canton. Autour, + LVDOVIC:D,SABAVDIA:
DDS:UAVDI.
]^. -f PETR'CORVMîn. Grande fleur de lis au contre. Entourage composé do onze fleui's de lis. — Gros do billon. (Pl.Xm, n°8.)
(1) Promis, Monele dei renlidi Saroin, 1841, t. I, p. 9!.
(2) Rtnjue umnisîn., 1850, p. 133.
Cette contrefaçon du gros à la fleur de lis de Philippe de Valois a déjà été publiée en 1842 dans la Retmfi tiumhmatiq^iœ (1), et, k ce qu'il semble, sur le même exemplaire qu\a fait de nouveau dessiner M. Promis. Du moins la forme d flan* et la position relative des grènetis par rapport à cefla sont-elles les mêmes dans les deux figures. Mais M. Cartiec n'avait pas pu lire les légendes du gros d'une manière suffi
santé. Il voyait PhILIPVS REX et FRANCORVM là où il y r— i
PhlLI////S DI.LEX et PETR'CORV.M. MM. Soret et Rod. Blan
chet,* en publiant un autre gros de Louis H, seigneur de Vaud ont enregistré la leçon fournie par M. Cartier sans examine la gravure qui aurait fait naître des doutes dans leur esprit (2 M. Promis a fort bien reconnu que cotte monnaie off're, ai tour de la fleur de lis, le nom de Tofficine, Pierre-Chaste Quant à la légende du droit, il n'en dit rien, et cependant ol est faite pour exciter la curiosité. Lorsqu'on se reporte ai
coutumes monétaires du xiv® siècle, qu'on lit sur un gr tournois publié par Mader PhETRVS EPVSX (3) , sur u monnaie de Ferry IV de Lorraine PhIRICVS DVEX, on co prend que le monnayeur de Pierre-Chastel aura cherché u combinaison capable de tromper les gens qiii recevaient ^ produits pour de la monnaie royale. Il avait assez bien réu^ puisque cinq cents ans plus tard un numismatiste exercé est laissé prendre. Je serais tenté de croire que la lége PhILIISDI.LEX ou PhlLIYSDI.LEX (car les gravures publi nous laissent dans Tincertilude) a un sens religieux, etq faut y chercher une phrase comme Filium suum dilexit filium Jesiim dilexit. Je n'en puis dire davantage parce qu^ Je ]u'ai jamais eu la monnaie originale entre les mains; mais je renvoie au Nouveau Testament, où Ton trouvera en dix endroits des passages tels que : « Tu es filius meus dîlectus ; — mittam filium meum dilectum; — sic enim Deus dilexit mu/?-
{\) PI. XXIV, n« 4.
(2) Revue Mt/m/sm., 1830, p. 143. — Monn, des pays voisirut du Léman, 1851, p. 82.
(3) Kritische Beytr,, l. V, 1. I, n» H.
DE l\ MOXNAIR FRANÇAISE. 284
(lum, ut Filium suum daret; — sicut dilexit me Pater et ego dî- Jexi vos, etc. » ,
Le comte Aimon avait imité le double parisis de Philippe de Valois aux deux fleurs de lis superposées; le baron de A^aud a suivi Tcxemple de son parent. Voici la contrefaçon exécutée, soit à Nion, soit à Pierre-Chastel. Cette monnaie était fort probablement destinée à circuler dans le Lyonnais «t la Bourgogne.
9. + LVD[dovic]VS DE SA. Dans le champ, LU U.l. (quatre «caractères, dont deux fort altérés), et deux fleurs de lis posées ^n lignes verticales.
]^. DOM {Vaudi, tutoris?). Croix haussée et fleurdelisée. — «iiion. (Pl.XIII, n°9.)
Louis de Vaud fut tuteur du jeune Amédée VI, et la mon- :maie qu'il a fait calquer sur un gros delphinallui donne ce -litre dans la légende DOMINVS.VAVDI.TVTI (i).
Ile de Chio sous les Génois,
10. + pVX. lAnvea. QOV€m[rfcf« proteg]kl. Le doge de Ciênes, la tête ceinte d'une couronne fleurdelisée, assis de faco
sur un siège orné de protomes de lion. Il tient de la main droite un sceptre terminé par une fleur de lis , et de la gauche un globe crucîgère.
]^. -f CODRADUS.R€X.ROSnADOR Croix fleuronnée cantonnée de quatre fleurs de lis. — Gillat d'argent. (PI. XIV, n" 10.) Conservé à Copenhague.
Nous trouvons ici une copie presque servile du gillat de Robert, comte de Provence et roi de Sicile. La Maone de Chio ne se fafsait aucun scrupule de reproduire les fleurs de lis tant au droit qu'au revers de ses monnaies. Nous avons déjà montré dans cette Revue que Témir de Magnésie, Saroukhan (1309-1343), avait eu recours à la même supercherie (2).
(1) Promis, Monete dei reali di Savoia, t. U, pi. HI des seign. collât, j
(2) Revue numism., 1860, p. 59. — P. 449 du présent volume.
282 DE QUKLQLIES IMITATIONS
Ce fut en 1346 que le Génois Simon Vignoso s'empara de rUe de Chio à Taide d'une flotte armée par une association de négociants, ses compatriotes. L'année suivante, le gouvernement de Gènes l'autorisa à fabriquer des monnaies, à la condition de conserver les légendes DVX lANVENSIVM et CON- RAD VS IJEX. Du reste la Maone, ou compagnie dirigeante, pouvait choisir le type qui lui convenait lé mieux (1). Elle commença par s'emparer de celui du lis d'argent de la maison d'Anjou, univei*sellement recherché dans la Méditerranée^
H. + DVX.IAnVEnS.QVEJn DEVS.PTAGAT. Le dogo de Gênes assis de face sur un siège décoré de protomes do lion, tenant un sceptre surmonté d'une croix do la main droite, ot un globe crucigèrc de la gaucho.
^. + CVRADVS.REX.ROmAnORVm. Croix fleuronnée cantonnée de quatre fleurs de lis. — Gillat d'argent. (PI. XIV, n° H.)
Ici nous trouvons non seulement une légère modification dans les légendes, mais la trace d'un style plus récent. Enfin, le doge assis n'a plus ni la couronne ni le sceptre fleurdelisés. Sa tête cstcoifi'ée de ce haut bonnet fort semblable au chapeau italien du xv® siècle que Ton trouve plus distinct sur les deniers de Chio évidemment contemporains de ce gillat (2), ol même sur de grandes médailles de Louis XI. Cotte coiffure diffère beaucoup du como vénitien.
Radicati de Passkraxo.
12. + COMITES.REDICAT.COCO.E.PSII {Comiiv^ Badicntt\ Coconati et Passerant). Au ctaitro H couronné et accompagné d(» trois fleurs de lis.
lî. + SIT.NOMEN.DNI.BENEDITO. Croix évidéo dont les bras sont termines par quatre fleurs de lis. — Billon. (PI. XIV, nM2.)
(i) D. PromiJ», ho. /erra fit >^no dwanle il dommin dci Genovesi, i865. p. ITi. (2? Ihid., pi. l. no«7 à 9.