De officiis scholast., p
COLLÈGES DE L’üNIVERSITÉ.
quand on songe qu’au xive siècle le raisonnement en forme et l’argumentation avaient même envahi les classes de Grammaire; qu’on y disputait comme au cours de philosophie et qu’on y argumentait par Ergo et par Atqui sur l’accord du sujet et du verbe b
L’imitation des auteurs ou les devoirs écrits. — La Renaissance avait ramené les esprits à l’étude des auteurs, à la pratique de la langue; l'imitation échauffée par l’enthousiasme avait produit d'admirables pastiches chez des hommes nourris de l'antiquité; mais, comme les effets survivent d’ordinaire aux causes qui les ont fait naître, l’enthousiasme une fois tombé, les procédés seuls restèrent : Cicéron avait eu son culte parmi les savants, on lui donna des adorateurs dans les collèges; et quand l’enfant, à l'aide des livres élémentaires, comme le Nomenclator et le Janualis put assembler quelques mots, on le fit passer aux petites imitations; après avoir franchi les exercices des commençants (Exercitiola ex Vestibuli sentenliis 1 2), et une fois aguerri, il
1. Ego amat.... avail ses partisans, dit le P. Daniel ( Des études classiques dans la société chrétienne, p. 189).
2. Sur toute cette première partie des études, rien n'est plus instructif qu'une dissertation de J. Pastorius (professeur à Dantzig), intitulée : « De Juventutis instituendæ ratione diatribe (1652). Cette Dissertation fait partie d’un recueil de Th. Crenius, cité par M. Egger dans son Hellénisme en France. En voici le titre : « De Philologia, studiis liberalis doctrinæ, informatione et educa. tione litteraria generosorum adolescentum.... Tractatus G. Budæi, Campanellæ, J. Pastorii, Bosii, Schefferi et Bargæi, quos Th. Crenius collegit ac recensuit. (Lugduni in Batavis, 1696, in-4°).
LE LATIN DANS LA PREMIERE MOITIÉ DU XVIIe S. 47
pouvait suivre les conseils que Vossius donne dans son petit traité des études; ce qui nous paraît aujourd'hui minutieux était alors d’une importance capitale; et ni les maîtres, ni les élèves ne trouvaient indignes d’eux les préceptes suivants 1 :
« Ce n’est pas dans les mots que nous faisons consister l’imitation de Cicéron mais dans les grandes lignes de la phrase et dans la tournure générale du Discours. Aussi après avoir examiné la propriété des expressions, il faut s’attachera la construction de la période et passer en revue les différents genres du Développement (Narrations, Transitions, etc.). Il sera même utile de noter sur un cahier les formules les plus élégantes pour dire chaque chose, de manière à n’être jamais pris au dépourvu, ni taxé de pauvreté. »
Ces mêmes avis qui témoignent d’un attachement religieux à la belle prose de Cicéron, étaient ceux que les maîtres donnaient chaque jour à leurs élèves ; avant que Vossius ne les ait formulés, nous les trouvons déjà dans un curieux document que M. J. Quicherat2 nous a conservé, et qui date des dernières années du xvie siècle. Il s’agit d’un recueil des Harangues latines composées par les Rhétoriciens du collège de Sainte-Barbe pour les exercices littéraires de 1586 3 ; c’est le professeur Marcile qui a
1. G. Vossii et aliorum de sludiorum Ratione opuscula (in-12), Utrecht (1651).