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Harangue du Recteur Rose (p. 79, même édit

2. Ed. Richer, De optimo Academiæ statu (1603), cité par M. Jourdain dans l 'Histoire de l’Université de Paris.

PRÉAMBULE

France, sans être un érudit, n’était pas étranger à toute culture : il avait été nourri aux lettres grecques dès son enfance; il n’ignorait pas surtout que le plus solide appui d'un gouvernement qui se fonde, repose sur l’instruction. Aussi regardant l’Université « comme le séminaire où étaient nourris et élevés, et duquel on prenait ceux qui puis après servent en la maison de Dieu, sont appelés aux magistratures, aux gouvernements et aux autres charges publiques », il prit à cœur de restaurer cette grande institution altérée par le malheur des temps.

Après avoir fait rouvrir les cours suspendus depuis six ans et reçu le serment de fidélité du corps enseignant, il chargea l'archevêque de Bourges, Renaud de Beaune, assisté de huit commissaires pris parmi les magistrats et les membres de l'Université, de préparer la nouvelle réforme, qui fut, après trois années d’un travail consciencieux, promulguée en 1600 aux Mathurins dans une assemblée générale de l’Université l.

Avant d’entrer dans l'analyse des nouveaux statuts, il est bon de préciser le caractère de cette réforme qui n’était plus, comme au xme, au xive ou même au xve siècle, l’œuvre de la papauté ou de ses représentants2, mais le fait de l’autorité royale, reconnaissant que l'instruction et l’éducation sont un des grands intérêts de l'État, et que la puissance tempo-

1. Les commissaires de l’Université étaient : Ed. Richer, — N. Ellain, — Cl. Minos, — J. Galland, — J. Morel; les magistrats : A. de Thou et Achille de Harlay.

2. Innocent III, — Urbain V, — le cardinal d’Estouteville, légat de Nicolas Y.

relie n’est durable qu’aulant qu’elle a pour garanties ces deux auxiliaires de toute souveraineté.

Cette importance de l’éducation qui fait le bonheur de tous les royaumes, de tous les peuples, et le salut d'un état chrétien, est mentionnée avant tout le reste dans les statuts de la Faculté des Arts1; la piété chez les maîtres et le respect d’eux-mêmes, l’obéissance au roi, aux lois et aux magistrats sont les premières prescriptions du législateur; viennent ensuite les règlements concernant la discipline, le programme des classes et les exercices des écoliers ; c’est sur eux, de préférence, que nous voulons insister.

La Discipline. — Sans entrer dans tous les détails qui oilt pour objet l’organisation intérieure des collèges, disons seulement qu'une fermeté aussi éloignée des pratiques brutales des anciens temps que d’une indulgence excessive, est recommandée aux maîtres; ainsi qu’aux élèves une entière soumission 2. Peutêtre faut-il reconnaître dans ces mesures plus douces une satisfaction tardive accordée aux protestations

1. (Art. 1, 2, G.) Roliin cite ce premier article des statuts de 1600, qui définit nettement le triple but que doit se proposer l’Universilé dans l’éducation de la jeunesse : « La félicité des Royaumes et des peuples, et surtout d’un état chrétien, dépend de l’éducation de la jeunesse, où l’on a pour but de cultiver par l’étude des sciences l’esprit encore brut des jeunes gens; de les disposer ainsi à remplir dignement les différentes places qui leur sont destinées...; enfin de leur apprendre le culte religieux et sincère que Dieu exige d’eux, l’attachement inviolable qu’ils doivent à leurs pères et mères et à leur patrie, le respect et l’obéissance qu’ils sont obligés de rendre aux princes et aux magistrats. » (Traité des Études , lre partie. Discours préliminaire.

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