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Exemple

« Morcere, ni grave sit, cunctis mysteria prodam,

Occultura tuo quæ reor esse libro ;

Non modo namque docet primâ quæ fronte videtur;

Clam tegit at quidquid sanctius orbis habet.

Exprimât ut Triàdem , ternos capit ecce libellos;

COLLÈGES DE L’UNIVERSITÉ

l’ouvrage lui-même, il se distingue par une facture élégante, qui nous montre comment les maîtres d’alors savaient joindre l’exemple aux préceptes. Mais l’agrément de la forme, n’est pas, à nos yeux, son plus grand mérite : ce qui nous le rend précieux, ce sont les renseignements qu’il nous fournit sur l’état des classes au milieu du xvne siècle, à l’avènement du règne de Louis XIV. Sans vouloir attribuer à cette œuvre modeste trop d’importance, du moins considérons-la un instant. L’auteur sans doute n’a rien qui annonce un précurseur du P. Jouvency ou de Rollin ; et ce n’est point un « Traité des Études » qu’il nous donne, c’est seulement le Manuel du parfait élève, je dirais volontiers, du parfait Rhétoricien. Avec quel respect N. Mercier nous introduit dans cette classe, où l’enfant n’est déjà plus un écolier, et quelle haute opinion il lui donne de sa personne et de ses devoirs!

« Rhetora non classis facit, at doetrina; putabo Rhetora, qui nescit cum ratione loqui?

Rhetora, num credam, spreto qui taudis amore,

In solis tempus collocat omne jocis 1 ! »

Unus ut est, unum sic probat esse Deum.

Ut terni æquales sunt libri ; æqualia cuncta Sic in personis indicat esse tribus.

Septeno ternos capite unumquemque videmus

Quod constare librum, non temere esse puto : Sacramenta monent septem esse ; charismata septem , Septenum cordis et miserantis opus.

Quis, precor. insignem stupeat satis ergo libellum,

Qui sic innumeras continet unus opes ?

Muscæ alas quondam tectas nunc credo quadrigas,

Inclusam [liadem credo fuisse nuce. »

Petrus de Foreignan, Lectoras, Logicus Navarricus. 1. De officiis scholast., p. 27,

LE LATIN DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIe S. 55

Aussi quels soins et quelle complaisance pour enseigner au futur orateur le nom et la pratique de toutes ces figures qu’il doit employer, et qui sont comme la décoration du discours!

« Insuper exornet variis sua dicta figuris :

Illud enim proprium rhetoris esse reor.

Hic roget; hic dubitet; nunc pratermiltere fingat Quæ faciet cunctis nota monendo tamen.

Nunc sibi responsum reddat subjectio; nuncque Plurima sub verbis emphasis apta tegat;

Suspensas teneat modo sustentatio mentes,

Greber et expoliat verba subinde tropus;

Illusa intexto vestis decoratur ut auro,

Sic vario ornatus lumine sermo nitet l. »

J’ai cité ces vers à dessein; ils nous montrent quelle importance on attachait alors à la connaissance des figures de Rhétorique; on regardait cette étude comme indispensable; on la déclare inutile de nos jours : à coup sûr elle n’est pas nuisible, et nous ne saurions faire à notre auteur le reproche d’avoir été de son temps; louons-le plutôt de ne s'être pas contenté de remplir son traité de ces conseils minutieux, et de n’avoir pas songé seulement à la Rhétorique et aux Belles-Lettres. Le sous-titre même de l’ouvrage, « De recta ratione proficiendi in litteris, virtute, et moribus », nous indique que N. Mercier se montre aussi soigneux de former le cœur des jeunes gens, que d’orner leur esprit; il s’applique à leur faire aimer la religion et les bonnes mœurs; on voit qu’il n’a pas oublié le premier article

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