De ofjîciis scholast., p
i COLLÈGES DE l’üNIVERSITÉ.
des statuts prescrits par Henri IV, et qu’il regarde comme le plus important des devoirs pour un maître, d’inspirer à ses élèves la piété et la vertu.
A tous ces titres, le De officiis scholasticorum méritait de nous arrêter; l'auteur nous représente toute une génération de ces professeurs émérites, qui, selon l’expression de G. Hermant, « après avoir vieilli dans l’enseignement, redoublent la force de leur zèle dans la faiblesse de l’âge, pour achever le reste de leur course dans la pratique d’une parfaite doctrine, et dans l’exercice d’une vertu consommée »; quant au livre lui-même, il nous permet de constater le progrès qui s’était accompli depuis cinquante ans dans ' l’enseignement des collèges. Toutes les prescriptions imposées par l’édit de Réforme de 1600, soit pour la lecture, soit pour l’imitation des auteurs, sont désormais appliquées : les Devoirs écrits ont pris plus d'importance; les cahiers d’expressions, et les corrigés dictés par le professeur se répandent dans les collèges : les exercices de style, en prose ou en vers, sont cultivés avec plus de soin, et plus de succès qu’autrefois.
Mais, malgré ces améliorations inévitables, l’Université a-t-elle fait un grand pas depuis un demi-siècle? Est-elle à la hauteur de la mission qu'une nouvelle société lui prépare? Il est permis d’en douter : tandis que tout s’est rajeuni autour d’elle, elle est demeurée étroitement attachée au passé; elle a conservé trop fidèlement des traditions surannées et ses méthodes d’autrefois. Elle persiste à ne vouloir enseigner le
LE LATIN DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIe S. 57
latin qu’en lalin; elle proscrit le français; elle trouve que c’est une honte de parler la langue maternelle :
« Flagitiumque putat nativo idiomate fari. »
Étrange aveuglement, si l’on songe qu’à l’époque où N. Mercier avait écrit ce vers, depuis plus de vingt ans déjà le Discours cle ta Méthode avait paru, Corneille nous avait donné ses immortels chefs-d’œuvre, et l’Académie française était fondée!
Peut-être encore, si l’Université avait été seule à instruire la jeunesse française, se fut-on contenté de son enseignement; mais, en dehors d’elle, et sans son consentement, on enseignait autre part, et d’une façon bien différente : depuis dix ans déjà, une pépinière d’hommes illustres travaillait à diriger dans une tout autre voie quelques enfants privilégiés, qu’on avait remis à leurs soins : chez eux, le français loin d’être proscrit, était l’hôte privilégié; il avait la première place, il prêtait son aide à l’étude du latin, qui lui devenait ensuite un précieux auxiliaire; chez eux la grammaire était claire et facile, la rhétorique ne se bornait plus à l’étude des figures, et l’on traduisait Cicéron plutôt qu’on ne limitait; là les thèmes, les amplifications et les vers n’apparaissaient que discrètement; bref tout tendait à faire de l’étude un jeu et un divertissement1.
Ailleurs encore on s’était préoccupé de donner à la jeunesse une éducation vraiment nationale; et là