Port-Royal
COLLÈGES DE l’üNIVERSITÉ.
aussi, du moins jusqu’en quatrième., le français avait dans les classes le droit de cité : l’abbaye de Juilly érigée en 1636 en académie royale destinée à l’éducation de la jeune noblesse1, avait admis comme fond d une solide culture intellectuelle, l’étude des langues anciennes, mais sans rejeter absolument la langue maternelle; elle avait adopté, elle aussi, comme base des études classiques l’enseignement de la grammaire, mais elle avait cherché à rendre cet enseignement plus accessible en le donnant en français, et en le rajeunissant par de nouvelles méthodes; elle avait accepté le thème et tous les exercices de style en latin, mais elle les subordonnait à la traduction; elle cultivait le latin et le grec, mais elle ne restait étrangère ni à l’histoire, ni aux sciences, ni aux langues vivantes; bref elle avait cherché à répondre au dessein de son fondateur en se tenant également éloignée d’une éducation trop superficielle ou d’un savoir pédantesque.
Ce double contraste éveillait l’attention et les plaintes, et l’Université paraissait plus barbare encore, quand on la comparait à Port-Royal ou à Juilly; il semblait que ses Régents, tout hérissés de Grec et de Latin, fussent des gens du temps passé;