Taies nobilibus natos a patribus, ipse
Sic voluit Lodoix cura studioque magistri Assiduo instituant, et cerea pectora flecti In vitium. forment, fingant et ad optima quæque;
Ut stadio egressi, simul atque adoleverit ætas,
Illi se, et patriam Claris virtutibus ornent.
Vers cités par Ch. Hamel, Histoire de l'abbaye et du collège de Juilly. Paris, Douniol, 1868.
LE LATIN DANS, LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIIe S. o9
les hommes du monde devaient les premiers se détourner d’une secte qui vivait dans l’antiquité, sans se mettre en peine de ses contemporains : ce fut le latin qui en souffrit; on ne voulut plus l’apprendre parce que ceux qui l’enseignaient s’obstinaient à bannir le français.
« Il n’y a presque plus que les docteurs qui sachent « bien le latin », écrit le chevalier de Méré. Ce divorce fâcheux entre les gens de qualité et les docteurs, entre le collège et la société, frappait tous les hommes de bon sens, les savants, comme les autres; et nulle part cet état de choses n’est relevé avec plus de force et plus d’amertume, que dans une lettre de Tanneguy Lefèvre à Claude Sarrau1. L’auteur de la Méthode pour étudier « les humanités grecques et latines » poursuit avec une verve mordante ce qu’il appelle la barbarie et la rusticité des collèges. Les parents ne sont guère mieux traités que les régents dans cette brusque invective, qui s’attaque à la folle indulgence des uns et à la basse condescendance des autres ; mais c’est surtout l’ignorance, et l’abandon des glorieuses traditions du temps passé, qu'il gourmande avec une verve digne du xvie siècle : on ne lit plus les auteurs et on ne les sait plus lire; ce n’est pas ainsi qu’enseignaient les Turnèbe et les Passerat ; il est grand temps de se remettre à suivre leurs traces2; c’est en les prenant pour modèles qu’on
1. Ep. XLII, Cl. Sarravio : De ratione studiorum, qualis in scholas et facile et magna cum juventutis utilitate introduci possit.