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livre accompli

CRITIQUES DE L’ORATOIRE

ragent pas en semant dans un temps où la terre ne peut produire aucun fruit, ainsi, en travaillant à l’éducation des enfants, on ne doit pas se rebuter du peu de profit qu'on leur voit faire : « dabunt fructum in tempore opportuno. » Outre la douceur on a besoin de prudence; car enfin il faut une espèce de politique pour gouverner ce petit peuple, pour le prendre dans ses inclinations, pour prévoir l'effet des récompenses et des châtiments, et les employer suivant leur usage.... Ainsi entendu, jamais emploi ne paraît plus doux que celui de maître, car n'est-il pas aussi agréable de semer la vérité dans une âme, que des graines dans un jardin, de cultiver des esprits que des fleurs? Il est vrai que la plante ne se révolte jamais contre le jardinier, comme font les hommes contre ceux qui les instruisent : mais outre que dans ces petits troubles de collège souvent les maîtres sont plus coupables que les disciples, quand on a de la douceur, qu'on aime les enfants, on les trouve doux, on en est aimé, surtout si on sait leur inspirer la crainte de Dieu ; car on les retient pas ce lien et on en fait tout ce qu’on veut. »

Ne croirait-on pas que cette page a été écrite à Port-Royal par un de ces excellents maîtres si dévoués à l'enfance? J'ai parlé de Lancelot, mais il en est un autre parmi les « saints » de l’enseignement qui pratiquera ces touchantes maximes et qui fléchira sous cette douce influence la rude discipline de l'Université : est-il besoin de nommer Rollin, et les lignes qui précèdent ne font-elles pas songer au Traité des

Études, où Ton retrouve plus d’une fois l’inspiration de Port-Royal et de l’Oratoire?

L’abbé Fleury : « Traité du choix et de la méthode des études » (1686). — Mais avant d’en arriver là nous avons encore à compter avec la critique; l’Université a trouvé, dans Lancelot ou dans le père Lamy, des juges qui ont condamné ses méthodes : avec l’abbé Fleury c’est l’organisation même de son enseignement, c’est l’économie générale de son système d’éducation, c’est en un mot ses traditions séculaires qu’elle voit attaquer; le titre que l’auteur a donné à son ouvrage : Du Choix et de la méthode des études , marque nettement quel en est le but et l’intention. L’abbé Fleury, avant de discuter la valeur des méthodes employées dans le cours d’études des collèges, se demande si ce cours d’études lui-même a sa raison d’être, sur quoi il se fonde, quel est son but, quels sont ses résultats.

Critique du système des études en usage dans les écoles publiques. — Il commence par fairel’historique de la question qu’il se propose de traiter : il démontre avec raison que cette organisation des classes adoptée par le xvne siècle, remonte déjà au xvc; il détermine la part qu’a eue la Renaissance dans ce renouvellement des humanités « qui a rendu nos études plus solides et plus agréables, mais aussi plus difficiles », et il trouve que l’application à lire les livres des anciens a produit en plusieurs un respect si aveugle, qu’il ont suivi leurs erreurs plutôt que de se donner la liberté d’en juger; « On a cru* dit-il, que pour

écrire comme eux, il fallait écrire en leur langue^ sans considérer que les Romains écrivaient en latin et non pas en grec, et non pas en égyptien, ni en syriaque.

« On s’est piqué de faire de bons vers en latin et même on en a fait en grec, au hasard de n’être entendu de personne. On a harangué en latin, et on a farci des discours français de passages latins. En un mot on a cru que se servir des anciens, c’était les savoir par cœur, parler des choses dont ils ont parlé et redire leurs propres paroles, au lieu que pour les bien imiter, il fallait choisir les sujets qui nous conviennent, les traiter comme eux d’une manière solide et agréable, et les expliquer aussi bien en notre langue qu'ils les expliquaient en la leur. De cet abus est né le goût des curiosités littéraires qui s'est développé jusqu’à l’exagération, et le travers de se trop arrêter à des études qui ne sont que des instruments pour d’autres études plus simples. C’est ainsi que s’est formé par une longue tradition cet usage adopté dans les écoles publiques d’enseigner la grammaire avec la langue latine, la poétique, c'est-à-dire la structure des vers latins, la rhétorique et par occasion l’histoire et la géographie, puis la philosophie et ensuite la théologie, le droit ou la médecine, suivant les différentes professions.

« Je laisse à ceux qui ont passé par là, conclut notre auteur, à juger si on enseigne ainsi rien que d’utile, et si on enseigne tout ce qui est nécessaire; l’éducation doit être l'apprentissage de votre vie,

vous devez y apprendre à devenir honnête homme1 et habile homme selon la profession que vous embrasserez, or, l’enseignement que vous puisez dans les collèges est-il le plus capable de vous rendre tel? » L’abbé Fleury ne le croit pas : cet enseignement est, selon lui, trop uniforme et trop uniquement occupé à inculquer aux jeunes gens des connaissances, qui ne sont à l’usage que des plus riches, ou des plus intelligents, il s’applique trop à de pures curiosités. N’est-ce pas ainsi qu’il faut appeler la poétique en théorie, et la lecture des poètes anciens? « Les Grecs sans doute sont fort utiles à tous ceux qui veulent bien savoir les humanités, mais pour les lire avec plaisir, il faut savoir si bien leur langue, leur mythologie, leurs mœurs, que l’utilité ou le plaisir qui en revient ne semble pas digne de ce travail, vu le grand nombre de connaissances qui nous sont plus nécessaires. »

Études indispensables a tout le monde, — Les instructions qui sont indispensables à tout le monde, et qui doivent être générales sont : 1° la religion et la morale, 2° la civilité et la politesse, 3° la logique et la métaphysique ; pour cette dernière nous aurions le droit à notre tour de la renvoyer avec la poétique; quant à la logique, nous l’acceptons, puisqu’il s’agit ici de cette logique « solide et effective, que Socrate faisait profession d’enseigner, qui accoutume l’enfant

1. On songe au mot d’Agésilas, « que doivent apprendre les enfants? » Ce qu’ils doivent faire, étant hommes. — Et à cette pensée de Montaigne : « Ma science est d’apprendre à vivre ».

à ne rien dire qu'il n'entende, à n’avoir que des idées claires; qui donne au disciple un esprit droit et net qui lui permette de raisonner sur de grands principes, et de bien arranger ses connaissances ».

Mais cette rectitude de jugement n’est pas le fruit d’une science à part, et ce n’est pas une étude unique qui la donne; elle procède de toutes les connaissances, et ne s'acquiert qu’avec elles; elle est le résultat et comme le couronnement de l’éducation tout entière, et ce n'est pas autre chose que nous poursuivons dans cette série d'exercices par lesquels nous cherchons à assouplir et à développer l’esprit; or, il est reconnu que les études classiques sont, de toutes, celles qui se prêtent le mieux à cette gymnastique intellectuelle. Voilà ce que nous répondons à l’abbé Fleury.

Études du second degré. — Au second degré d’instruction l’auteur attache la grammaire, l'arithmétique, l’économique, la jurisprudence, et il remarque à propos de la grammaire qu'il la faut étudier dans notre langue, de même qu'il faut apprendre à lire dans un livre français; il demande que les préceptes n’en soient pas secs et décharnés; il croit enfin qu’avec peu de théorie et beaucoup de pratique, par des observations intelligentes ou des rédactions d histoires qu'on lui aura contées, un enfant apprendrait en deux ou trois ans autant de grammaire que ceux qui ont passé huit ou dix ans au collège; il recommande la lecture plutôt que la composition et veut que dans l’explication des auteurs on évite par-dessus tout une

curiosité inutile : ce qu’il faut chercher avant tout c’est la droiture de jugement. Pourquoi tant vanter aux écoliers ce brillant et ce feu d’esprit que l’on ne peut donner à ceux qui ne l’ont pas naturellement et qui nuit plus d’ordinaire, qu’il ne sert à ceux qui l'ont? Voilà bien cette voie moyenne tracée par Port-Royal; l’abbé Fleury voudrait y ramener notre éducation, que l’Université et surtout les Jésuites dirigeaient dans un tout autre chemin. Un livre récemment écrit sur l’Instruction publique en France, nous donne le même conseil : M. Bréal nous invite à nous défier de ce dilettantisme littéraire, qui peut convenir au petit nombre, mais qui produit les plus détestables effets sur la majorité des esprits. Faut-il croire que le danger soit aussi grand qu’il le signale? Et de nos jours cette culture trop raffinée, et ce penchant au bel esprit, sont-ils donc tant à redouter? Il nous semble au contraire, que le fruit ordinaire de nos études classiques actuelles, est plutôt la satiété et le dégoût, que cette chaleur d'imagination, et cet amour de l’art, qui font le dilettante.

Etudes du troisième degré. — Nous touchons enfin aux études réservées à ceux qui sont destinés à de grands emplois : Le latin, la rhétorique, l’histoire, l’histoire naturelle, la géométrie, etc.

Or, n’est-ce pas là, du moins en partie, tout ce qu’on enseigne dans les collèges? Mais cet enseignement qui est essentiellement aristocratique devrait-il être celui des Écoles publiques? Fleury ne le veut pas; car une partie de ceux à qui il s’adresse est pcû

propre à le recevoir, et plus tard elle n’en retirera aucun fruit : la majorité de la nation n’est pas destinée en somme à former des magistrats, des prêtres, des médecins et des professeurs ’. Admettons cependant qu’il doive en être ainsi ou qu’il n’en puisse être autrement, que les collèges ne doivent préparer les jeunes gens qu’aux carrières libérales, et que la base d'une haute éducation intellectuelle soit l’étude du latin; les méthodes employées pour arriver à la connaissance de cette langue sont-elles les meilleures, et le français ne doit-il pas avoir sa place à côté du latin, l’histoire à côté du français, ainsi que les sciences auprès de tous les deux? Pour l’étude du latin, telle qu’elle se pratique, Fleury reprend les mêmes défauts que Port-Royal a déjà signalés, et sur lesquels nous ne reviendrons plus; mais ses observations sur la rhétorique en général, et sur les vers latins en particulier, ne doivent pas de nos jours surtout être oubliées :

« Sur la fin des études on apprendra les règles de la plus solide éloquence, mais il faut attendre qu’un jeune homme ait des pensées par lui-même pour lui montrer la manière de les exprimer. On l’exercera non seulement à écrire, mais encore à parler ; et cela toujours en français, quelque bien que l’écolier sût le latin; c’est assez qu’il soit occupé à bien

1. Ces mêmes idées se retrouvent développées plus tard dans le Plan du Président Rolland (1764), et dans le Rapport de La Ghalotais. On ne leur a donné satisfaction que de nos jours, en créant l’Enseignement spécial.

CRITIQUES DE l’aBBÉ FLEURY.

parler, sans l’appliquer encore à une langue qui ne lui est pas naturelle. Il est à craindre qu’il ne force ses pensées, faute de les savoir exprimer assez juste, ou pour ne pas perdre quelque belle période de Cicéron.

« S’il traite un sujet antique, il transcrira peutêtre, sans les entendre, des phrases des auteurs qu'il aura lus; et, si le sujet est moderne, il sera embarrassé d’en parler en latin; car étant accoutumé à ne parler qu’à des Grecs ou à des Romains, il sera tout déconcerté, quand il faudra parler à des hommes portant des chapeaux et des perruques, et traiter des intérêts de la France et de l’Allemagne, où il n’y a ni tribune aux harangues, ni comices, ni consuls; qu’il écrive donc en sa langue1 premièrement des narrations, des lettres et d’autres pièces faciles ; qu’il fasse ensuite quelque éloge d'un grand homme, quelque lieu commun de morale, mais solide , sans galimatias , ni pensées fausses ; qu’il exprime sérieusement ses véritables sentiments 2.

« Quant à la poésie, si votre disciple a un génie extraordinaire, vous pouvez le pousser jusque-là, et, lui indiquant les caractères des différents genres chez les Grecs et chez les Latins, lui montrer com-

1. Voir le même programme dans la Circulaire ministérielle du 27 septembre 1872.

2. « Loin de patronner ces sortes de composition où le masque est en quelque manière de rigueur, nous devrions chercher des sujets invitant et obligeant l’élève à se montrer à visage découvert. » (Id.)

OPINION DE RICHELIEU

ment nous pouvons les imiter. Pour les règles de la versification, c’est une affaire de peu de leçons, et l’exercice seul en donne la facilité. Je ne parle pas ici des vers latins : si l’on en fait ce sera comme un exercice de grammaire , pour apprendre la quantité et pour avoir plus de mots à choisir en composant ; je ne sais si ce profit vaut la peine que donnent les vers latins. »

Cette façon de traiter les vers latins, qui n’est pas ordinaire au xvne siècle, ne nous surprend nullement chez un auteur qui se défie de l’imagination, et qui ne cesse de plaider la cause du bon sens et du jugement dans les études :

« Il n’y a que trop de bel esprit dans le monde; les écoliers ne cherchent que le brillant, les belles pensées, et ne se souciant pas de la droite raison; quant aux parents, ils regardent en général les études, non pas tant comme un moyen de faire qu'un enfant devienne honnête homme et habile homme, que comme une formalité nécessaire pour arriver à diverses professions, ou comme une marque d'homme de condition honnête; on les met presque au rang de certains embarras de cérémonieset d'ornements que la mode rend nécessaires. »

Richelieu précurseur de l’arbé Fleury. — C'est I ainsi que s’exprimait en 1685, non un novateur, ni, comme on le dirait aujourd'hui, un utili- ] taire endurci , mais l’un des esprits les plus élevés du | xviie siècle, un homme que la postérité range à côté de Bossüct et de Fénelon. L'auteur Du Choix et de

OPINION DE RICHELIEU. 185

la méthode des études a été souvent cité de nos jours; et la critique qu’il fait de l’éducation trop littéraire de son époque, se retrouve dans les ouvrages les plus récents; l’abbé Fleury ne pouvait prévoir l’avenir, mais s’il s’était retourné un peu vers le passé, il aurait rencontré d’illustres précurseurs, entre autres un grand ministre dont les idées en matière d’instruction ne s’écartent guère des siennes. Richelieu lui eût sans doute prêté son appui pour faire triompher des réformes, que lui-même avait déjà pressenties. Sollicité de porter remède à l’état de langueur et de dépérissement dont souffrait l’Université, le Cardinal avait ses projets sur l’éducation nationale; ennemi de la trop grande diffusion des lumières et d’une instruction uniforme et toute littéraire, il voulait créer des collèges d’humanités dans les centres principaux, et réduire les autres à trois ou quatre classes, suffisantes pour tirer la jeunesse « d’une ignorance grossière, nuisible à ceux mêmes qui destinent leur vie aux armes, ou qui la veulent employer au trafic ». Ces raisons, fortifiées par l’expérience de deux siècles, sont celles qu’on a invoquées pour créer les Écoles Professionnelles et l’Enseignement Spécial. Il n’est pas sans intérêt, surtout quand il s’agit de Richelieu, de citer les paroles elles-mêmes; et il y a quelque plaisir à retrouver, dans un âge si éloigné du nôtre, des pensées toutes contemporaines, et le germe de créations presque récentes :

« Comme la connaissance des lettres est tout à fait

OPINION DE RICHELIEU

nécessaire en une république, il est certain qu’elles ne doivent pas être enseignées à tout le monde. Ainsi qu’un corps qui aurait des yeux à toutes les parties, serait monstrueux, de même un État le serait-il, si tous ses sujets étaient savants : on y verrait aussi peu d’obéissance que l’orgueil et la présomption y seraient ordinaires. Le commerce des lettres humaines bannirait absolument celui de la marchandise, qui comble les états de richesses, ruinerait l’agriculture, vraie mère nourricière des peuples, et déserterait en peu de temps la pépinière des soldats qui s'élève plutôt dans la rudesse et l'ignorance, que dans la politesse des sciences; enfin, il remplirait la France de chicanes plus propres à ruiner les familles particulières et à troubler le repos public, qu’à procurer aucun bien

aux états Si les lettres étaient profanées à

toutes sortes d’esprits, on verrait plus de gens capables de former des doutes, que de les résoudre, et beaucoup seraient plus propres à s'opposer aux vérités qu'à les défendre e.1

« C’est en cette considération que les politiques veulent, en un état bien réglé, plus de maîtres ès

1. Dans le Mémoire pour un souverain qu’Arnauld d’Andilly avait rédigé en 1643, pour la Régente, on lit également que « le meilleur moyen de retrancher les procès est de diminuer le nombre des collèges, et de faire qu’il y ait seulement autant d’écoles qu’il en sera besoin pour apprendre à lire et à écrire : car les personnes de petite condition, qui savent un peu de latin, dédaignent d'être soldats, laboureurs et marchands, ce qui est la force des états, et ne deviennent pour la plupart que des prêtres ignorants ou des personnes de chicane ».

OPINION DE RICHELIEU

mécaniques, que de maîtres ès arts libéraux pour enseigner les lettres. » ( Testament politique. C.2, S. x.)

Ces vues pratiques, exprimées en un langage décisif, ont regu de nos jours une entière satisfaction : PUniversité d’ailleurs, même à l’époque où elles sont exposées, en comprenait toute la valeur, et entrait dans ces sentiments; car dans une requête qu’elle présente, en 1624, pour obtenir la restitution de son monopole, elle invoque pour principale raison que « si tous les Ordres pouvaient enseigner, et conférer les degrés, on se précipiterait aux écoles au détriment de l’agriculture, du commerce et des autres arts nécessaires à la société. »

Cette digression, sur les origines de l’Enseignement Professionnel, nous a un peu écarté de notre sujet; le plan d’études que Richelieu avait rédigé pour le collège qu’il avait fondé dans sa ville natale, nous y ramène; ce plan calqué sur celui de l’académie de Juilly prescrivait :

1° L’étude approfondie de la langue française;

2° L’enseignement de toutes les matières en cette langue;

3° Une étude du Grec aussi complète que celle du Latin ;

4° L’enseignement combiné des sciences et des lettres;

o° La comparaison des langues grecque, latine, française, italienne, espagnole;

6° L’étude de la chronologie, de l’histoire et de la géographie.

OPINION DE RICHELIEU

C’était là, plus que les meilleurs esprits n’en demandaient; mais pourtant l’opinion publique inclinait en ce sens, et les plaintes qui s’élevaient de toutes parts furent assez fortes pour que Louis XIV lui-même voulût que l’Université examinât si ces plaintes étaient justes : s’il était vrai que les écoliers n'apprenaient dans ses collèges qu’un peu de latin, mais qu'ils ignoraient la grammaire, l'histoire, et la plupart des sciences qui servent dans le commerce de la vie; cependant ces études n'étaient pas sans fruit pour la jeunesse elle-même, et plus tard elles tournaient à la splendeur et à la gloire de l’État. Le roi demandait en ce cas quels étaient les remèdes à employer.

Ces remèdes se trouvent en partie signalés dans les critiqués que nous avons successivement passées en revue; mais Lancelot, le père Lamy. Fleury, en nous exposant le tableau de leur enseignement, ou le fruit de leur expérience personnelle, nous ont offert un système d’études différent de celui qui était en usage dans les collèges, plutôt qu’ils n’ont donné les moyens d’ajuster ce système à leurs vues, et d’y faire entrer leurs réformes. Avec le Règlement des études dans les lettres humaines composé par Arnauld, nous n’avons plus seulement des idées très pratiques sur l’éducation, mais bien tout un programme qui peut être immédiatement appliqué dans les collèges, sans y troubler en rien l'organisation des classes ou l’économie générale de l’enseignement.

RÈGLEMENT D’ARNAULD

Arnauld « Règlement des études

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