Voir ce tableau aux pièces justificatives
RÈGLEMENT d’aRNAULD.
deux dernières années et surtout la seconde; enfin pour que la Rhétorique ne soit pas une étude de mots, il y fait entrer la philosophie morale avec Plutarque et Sénèque, à côté de Cicéron et de Quintilien.
Sa conclusion est celle-ci : ce qu’on gagne par l’exclusion des vers dans les hautes classes.1, des thèmes dans les petites, et enfin des leçons qui ne produisent rien qui vaille, donnera un temps qui sera bien plus agréablement employé à lire pour en rendre compte, et à apprendre par cœur les écrivains indiqués.
Arnauld ne doute pas qu’on ne fasse des objections à son programme; aussi prend-il soin à l'avance de les réfuter.
La principale est celle-ci, que nous avons vu développer de nos jours dans beaucoup d’écrits, et qu'on a même élevée à la hauteur d'une question politique :
« En faisant moins de compositions, on n'apprendra ni à écrire, ni à parler en latin. » Je remarque ici que cette objection avait bien autrement de puissance
1. « La disparition du vers latin, la diminution des exercices de thèmes et de compositions latines et en général de tous les devoirs écrits, la suppression dans les récitations des traités de grammaire et de prosodie, nous laisseront du temps disponible dans les classes et hors des classes....
« On emploiera ce temps dans la classe, à la lecture et à l'explication des auteurs latins et grecs, et à une étude plus sérieuse de la langue et de la littérature française; hors de la classe, à la préparation des auteurs et à la lecture. » — Circulaire du 27 septembre 1872.
RÈGLEMENT d’aRNAULD.
au xvir siècle qu’au nôtre, et cependant Arnauld y répond, comme on le fait aujourd’hui : « Les jeunes gens apprendront plus, en lisant et en parlant beaucoup, qu’en écrivant beaucoup de dictées qui les habituent à mal parler et à mal penser. Au contraire en se remplissant la tête de beaux modèles, ils se formeront le jugement. » Point de réplique à cela, ajoute Rollin.
La deuxième objection est plus singulière : Les régents ne se formeront pas, si on leur ôte la liberté de haranguer. « Qu’ils haranguent, réplique Arnauld, pourvu que ce ne soit pas en classe, où il ne faut pas tant de discours pour montrer la beauté d’un auteur. » Cette habitude de trop parler est donc déjà bien ancienne dans l'Université; de nos jours 1 on ne l’a pas épargnée; si ce défaut date de loin, on voit qu’il a été aussi depuis longtemps signalé par Arnauld et même par Rollin, qui ajoute en matière de conclusion :
« Ce que j’ai trouvé de meilleur après la méthode de faire parler latin sur-le-champ, et toujours d’après un bon modèle, c'est celle d'accoutumer les maîtres à se taire : ce qui ménagera leurs poumons, et leur épargnera du ridicule. » Le meilleur commentaire de ces quelques mots est dans le livre de M. Bréal, et dans quelques passages de la circulaire ministérielle de J. Simon, qui prescrit en maint endroit, à l’Université actuelle, ce qu’Arnauld proposait à l’ancienne