Voir Michel Bréal
RÈGLEMENT DARNAULD.
Université de Paris. Or, qu’était le projet d’Arnauld, sinon un résumé pratique des idées de Nicole, de Lancelot, du P. Lamy, de l’abbé Fleury et de tant d’autres, auxquels nous pouvons ajouter Bossuet, Racine 1 et la Bruyère 2. C'est là qu'il faut chercher la véritable pensée de tous les grands esprits du xviie siècle en matière d’éducation.
L’Université ne devait-elle donc pas trouver dans son sein une élite d'hommes d'un jugement assez ferme pour se dégager des entraves du passé, et pour appliquer résolument ce qu’il y avait dans toutes ces vues d’immédiatement praticable? Arnauld, enfin, ne devait-il pas trouver de disciples, et Rollin fut-il le seul de ses contemporains qui ait pris ses conseils et suivi ses leçons? Non, sans doute, nous avons dû jusqu’ici passer en revue les critiques qui, pendant plus de trente années (1652 à 1686), s’attaquent à la méthode des collèges ; nous allons examiner en quelle mesure l’Université les a mises à profit pour modifier son enseignement et faire fléchir ses anciennes traditions : ce dernier chapitre aura pour conclusion naturelle le Traité des Etudes , qui marque la fin de ce travail.
1. Racine, dans ses lettres, parle sans cesse à son fils de la lecture des auteurs, d’extrails et de versions; mais jamais il ne fait mention de thèmes, de vers, ni d’exercices en langue latine. « Je vous demanderai compte à mon retour, de vos lectures, écrit-il quelque part, et surtout de l’histoire de France dont je vous demanderai à voir vos extraits. »
2. La Bruyère ne recommande-t-il pas dans le plus grand détail et en véritable connaisseur « l’étude des textes »?