‹ ŒuvresChapitre 53 sur 71 · Extrait du rapport du président Rolland · texte numérisé non relu

Extrait du rapport du président Rolland

d’études, étrangers dans notre patrie. Gette variété de connaissances, quelle que soit son étendue, n’est encore que la base de l’éducation que nous devons à la jeunesse. Le goût, ce sentiment délicat qui saisit toujours le véritable beau, est le fruit le plus précieux des études ; tous nos efforts se portent donc à l’inspirer aux disciples qui nous sont confiés. Estimer les choses plus que les mots ; préférer les pensées aux figures qui leur servent d’ornement; trouver dans un jugement sain des ressources contre la dangereuse douceur de ce style recherché qui ne plaît à la jeu- . nesse que parce qu’il est aussi léger qu’elle-même ; rejeter ces vaines lueurs qui frappent sans éclairer; enfin, s’attacher de préférence aux auteurs dont l’expression pure et pleine de vigueur peut faire connaître cette élégance simple, qui est le coloris de la nature; voilà, MM. les impressions que nous travaillons à communiquer à la plus tendre enfanee, en sorte que l’esprit ne semble devoir qu'à lui-même ce qu’il doit à une heureuse habitude, et s’ouvre sans peine à tous les genres de travail qu’on lui destine dans le cours de la vie. C’est le propre en effet, soit des lettres humaines, dqnt je parle ici, soit des arts plus relevés qui y mettent le comble, je veux dire la Philosophie et les Mathématiques, que ces belles connaissances, lors même qu’elles ne se montrent pas à découvert dans le sujet que l’on traite, et qui leur est étranger, agissent néanmoins par une vertu secrète, et se font sentir dans celui qui parle ou qui écrit, de manière que le citoyen dont l’esprit a été

cultivé par des arts si dignes de l'homme, imprime à tout ce qu’il fait une grâce qui le trahit en quelque sorte, et qui fait connaître malgré lui l’éducation qu’il a reçue dans ses premières années1. »

I. Rollin, Discours sur rétablissement de l'instruction gratuite, traduit par M. H. Avocat.

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