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Art

PREAMBULE

civils dans les collèges. Ainsi le Floretus, le Combat de Théodolus les Distiques de Jean Facetus, le traité de Philelphe touchant l’éducation des enfants, et tous ces écrits pleins d’inutilités et de fadaises qui composaient la bibliothèque de Gargantua, tous ces singuliers classiques, cortège ordinaire du Doctrinal et du Grécisme, contre lesquels s’étaient insurgés les meilleurs esprits, disparaissaient après avoir régné pendant trois siècles.

La Philosophie. — Ce même esprit libéral qui présidait à l’étude des langues anciennes, la Réforme le portait dans la philosophie, mais avec plus de timidité peut-être ; et là, les innovations étaient moins franches ; c’est qu'aussi elle rencontrait des traditions plus solidement établies, et qu’en somme la Renaissance, tournée tout entière aux lettres proprement dites, n’avait pas rajeuni cet enseignement.

Le cours de philosophie, qui avait été longtemps le domaine exclusif de la Faculté des Arts, devait durer deux ans consacrés à l’explication des ouvrages d’Aristote.

La première année, dans les classes du matin, on devait interpréter la Logique , en commençant par les Catégories , auxquelles viendront se joindre le Traité de V Interprétation et les cinq premiers chapi-

1. Consulter sur les livres de classe du moyen âge la thèse de D. Rebitté : Guillaume Budé , restaurateur des études grecques en France (Paris, 1846), et surtout l’ouvrage du P. Ch. Daniel : des Études classiques dans la Société chrétienne (Paris, 1853), ainsi que la thèse de Charles Thurot : De Alexandri de Villa-Dei Doctrinali (Paris, 1850).

très des premières Analytiques] ensuite viendront les huit livres des Topiques pour que «. la Matière du raisonnement se rattache immédiatement à la Forme », enfin les deux livres de la Démonstration . Toutes ces explications réclameront beaucoup de soin. Les professeurs parcourront et verront rapidement d’abord les Instituts de Porphyre.

Le soir, ils interpréteront Y Ethique d’Aristote.

La seconde année, le matin, la Physique 1 d’Aristote; le soir, la Métaphysique tout entière si cela est possible; sinon le premier, le quatrième et le onzième livre seront expliqués avec un soin extrême. A six heures du matin, la sphère avec quelques livres d'Euclide.

On étudiera soigneusement les disputes d’Aristote contre les anciens physiciens, où brille la merveilleuse pénétration de son génie, « rejetant les vaines et puériles questions introduites depuis par des auteurs barbares, condamnées ensuite par un siècle plus poli et plus civilisé, et que des esprits durs et baroques ont essayé tout récemment de faire renaître et refleurir ».

L’explication de ces derniers mots se trouve dans les plaintes de Ramus et de Léger Duchesne : « A la place d’Euclide, de Ptolémée, d’Archimède, de Platon, d’Aristote, de Xénophon, on ne nous entretenait, dit ce dernier, que de modalités, de termes, de réduplications; on n’entendait parler que de suppositions,

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