‹ Œuvres historiques inédites. 1Chapitre 10 sur 47 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

dait pas à devenir pape lorsqu'il écrivit cette lettre pleine de l'eu et décourage. Il y combat de front les prétentions de la cour de Komc, qui avaient jeté des lors de profondes racines. On voit même qu'il pressentait le faible des fausses décrétais, quoiqu'il en ignorait la supposition: aussi Baronius, mécontent de toute la teneur de cette lettre, en a profité pour faire sentir à tierbert les effets de sa mauvaise humeur '. Ce cardinal, livré au torrent impétueux de son zèle ultramontain , taxe les sentimenls de ce prélat d'opinions monstrueuses *, et ajoute qu'il avait appris à la cour, à causer, à médire, à flatter et à mentir 3. La critique que liaronius a faite de cette lettre a, sans doute, détourné la plupart des éditeurs des conciles à lui donner place dans leurs recueils.

Jusqu'en ÎM)5, Gcrhcrl fut paisible possesseur de l'archevêché de Hheims. Jean XV envoya alors en France Léon, son légat , qui convoqua un concile à Mouson, le second jour de juin de cette même année. Le grand nombre des prélats invités, refusa de s'y rendre : il ne s'y trouva que quatre évéques allemands, que le pape avait nommés commissaires. Gerbcrl vint y justifier sa conduite, et le concile se sépara sans rien statuer *. Gerbert s'apperçut que Notger, éveque de Liège, qui y était un de ses juges, ne

scriplur. histor. l'iriinntum, tant. 2, \>u\j. ~,'.>S. « Tot.i it.ili.i n»iiia milii visi esl, riMiKiiioniiii mon-* iiiuii>In< |>orJion < M it , in «jiu» mmo *lala llwna rsl , «pii ponlil'wcs cl ilomini vt ru ni simt, oie. »

' Mahonics , AwtuHunt arlssiaslir -i uni , lui». 10, ml ami. 991 et 9!>2.

1 ll.idfin, ail thiiuiin 992, pu y. DO.'i-Uli).

5 lliiilcm, i>(uj. .V\'V. « C.ui iiilis iulrr cur i ik s sic |>infUeri ca|>il, ni jxariulilate, . libellai'', olilot ulioiif, il« Ir i. (iiim-, ailulatinito , auiini ilupli'-ihti* ;nl siiuul.iiiilutii " al»|iu- l'ail, iiilnm Mitutna tlcxtcrihlt? oiiiijtostliis < niinv^ f'ariio aiilei-i-Ht'ivl. »

' Mansi, <!i;ticiii»ni)n , lom. 19, 195. Vojez Iîakonus, Annal, etvlcsiust., tout, to , jiaij. OU et set]. Fleuri , loin. 12, jwj. 295- 299, et Longueval, loin. 7, pay. 37—65.

IIISTOIItE DE L'ÉGLISE

lui était pas favorable *. Wildcrold de Strasbourg, son ami, lui conseilla d'envoyer à Notger un mémoire détaillé pour l'instruction de sa cause; ce que fit Gerbert*. Cependant on indiqua une seconde assemblée pour le juillet 996. Arnoul fut rétabli sur son siège3 et Gerbert , déposé, se retira auprès d'O thon, qui avait toujours conservé pour lui un tendre attachement. Il retrouva à la cour de ce prince Widerold, son ami, et eut avec lui et d'autres évêques de fréquentes conférences sur les matières de la religion. L'empereur passa en Italie sur la fin de l'année 997. Gerbert et Widerold l'accompagnèrent dans ce voyage. L'archevêché de Havenne vaqua peu de temps après; Othon y fît nommer Gerbert, qui obtint, le 28 avril 998, la confirmation du pape, Grégoire V 4. L'estime et l'amitié de l'empereur ne se bornèrent pas à ces bienfaits. La chaire apostolique, où le même prince le fit monter, fut le dernier terme de sa fortune. Grégoire V étant mort, le 8 de février 999, Othon lui donna pour successeur Gerbert, qui fut intronisé le second d'avril de la même année, sous le nom de Sylvestre second. C'est le premier français qui soit monté sur la chaire de Saint-Pierre \

Sylvestre, devenu pape, se montra aussi zélé pour maintenir les droits et l'honneur du Saint-Siège qu'il avait marqué de vivacité pour le combattre, lorsqu'il avait été déposé de l'archevêché de Kheims. L'impératrice Sainte- Hicharde avait fondé en Alsace, et dans le diocèse de Stras-

* Longieval, ibidem, pag. Gî.

* Epistola 3i, apud Duclirxiic, tom. 2, pag. 8-ï7.

* Appemlix Aimoini, apud Labbeum, foin. 9, pag.îoO, el apud Mattst , tom. IV. patj. VJ7.

* I'chei.i.i, ilulitc sacrœ, tom. 2, pag. S'i.t. Hardi'IM s, Coin il., lom.O, paî t. /, pag. 740, et Mansi, tom. 19, pag. 20/.

3 Comme les trois sièges que Gerbert posséda successivement commençaient tous

DE STHASBOUIIG.

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