‹ Œuvres historiques inédites. 1Chapitre 12 sur 47 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

des saints. L'ignorance , maigre les principes purs de la morale chrétienne, avait accrédité parmi le peuple une sorte de système, aussi contraire au bon sens qu'à la religion , sur la part que les habitants du ciel et de Tenter prenaient à l'intérêt temporel des hommes. On se permit de tout imaginer, parce qu'on était sûr de faire tout croire, parce que le merveilleux, quelqu'exlravagant qu'il fût, trouvait plus d'accès que la simple vérité. Ces monstrueuses absurdités humilient la raison : elles affligent ceux qui prennent à la religion l'intérêt qu'ils lui doivent. Elles peuvent, tout au plus, amuser ces esprits prétendus forts, qui, croyant la détruire en l'insultant, feignent de la confondre avec la superstition. En vain cet esprit philosophique, dont notre siècle fait vanité , prétend-il soulever la raison contre la religion. Leurs intérêts sont les mêmes, et, suivant la belle remarque de M. le chancelier d'Aguesseau, la raison n'est que la religion naturelle et la religion n'est qu'une raison surnaturelle *.

Nous sommes plus éclairés que nos pères : le jour qui nous luit a dissipé ces fantômes ténébreux, nés dans le sein de l'ignorance; mais en proscrivant ces erreurs, souvenonsnous qu'il est en tout genre un juste-milieu qu'habitent la vertu, la sagesse et la vérité.

1 Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, tom. 18, puy. 567. Voyez aussi le discours italien sur l'alliance do la philosophie avec la religion , la filosofia alleata drlla religione, prononcé le 8 janvier 1778, par M. l'abbé Amaduzzi , professeur de la langue grecque au collège de la Sapiencc de Rome , dans la séance publique de l'Académie des Arcades.

HISTOIRE

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