DES MONASTÈRES DU DIOCÈSE DE STRASBOURG
AtX
NEUVIÈME, DIXIÈME ET ONZIÈME SIÈCLES (a).
Dans ces siècles grossiers, où tout était en proie aux fureurs de la guerre, où les princes el les grands savaient à peine lire , les temples et les monastères s'élevaient au milieu des ruines. Les lettres , réfugiées à l'ombre des autels et dans le silence des cloîtres , y recueillaient le peu de paix qui restait sur la terre. Les prêtres et les moines étaient les seuls qui les cultivaient, et qui ont eu le bonheur de les sauver d'une entière destruction !. Les
(n) Note de l'éditeur. Nous ne changeons rien à ce litre, bien qu'il ne réponde pas à la réalité, quant à la période dont le texte embrasse l'histoire. On verra, à la lecture, que Grand idier , au lieu de s'arrêter au 12' siècle , comme ce titre l'annonce, et au commencement du 13», comme il l'annonçait dans l'avis qui termine le tome 11, a conduit jusqu'à la Hu du siècle dernier l'hi>loire de plusieurs des établissements ecclésiastiques , dont il va être question.
4 Voyez Leibmtz , epist. t i, ad Maglialtechium , inter ejus operu, tom. 5, pag. 98,
écoles, établies dans la cathédrale de Strasbourg et dans les monastères du diocèse, entretinrent cette précieuse étincelle. Les études qu'on y faisait alors, toutes brutes qu'elles étaient , opposèrent une digue à la barbarie et préparèrent les voies au renouvellement des sciences !. On ne considère ordinairement les moines que comme de saints solitaires, qui ont édifie le monde par leurs vertus. Les détracteurs de l'état monastique croient encore leur accorder beaucoup, en leur laissant ce mérite. On ne s'avise guère de chercher dans leur histoire des objets capables de piquer la curiosité : elle en renferme cependant plusieurs, et pour des yeux impartiaux, les annales monastiques forment un spectacle également varié et intéressant. Une suite de pieux abbés, qui ont gouverné avec une sagesse digne de plus beaux siècles ; un nombre presqu'infini de moines qui se sont fait un devoir de la régularité et du tendre soin des pauvres ; des religieux pleins de zèle pour le salut de leurs compatriotes; des anachorètes, qui ont défriché les forêts et policé les mœurs des peuples qui
* « Habent omnino posteri , quod grata mente accipiant , dit le célèbre jurisconsulte Lcdewiu , Heliquiœ manuscriptorum , lom. 4 , prœf., pag. 48, certissimi iniiumeru ulilis argunienti librorum et di|.loniatum volumina peritura fuisse , niai monachortim et cœnobitaruni mnnibus et descriptionibus ab interritu fuissent vendicala. «
Ce fut dans les monastères , dit un savant auteur anglais , M. Aikin , dans un ouvrage imprimé à Londres, en 1773 , sous le titre de : Miscellaneaus pièce» in prose, i|u'ou déposa les premiers (germes t) de l'érudition et du goùl des anciens. Ce fut dans ces lieux , ajoute le même auteur que nous traduisons ici , qu'Homère et qu'Aristote trouvèrent un asile contre les persécutions de l'ignorance. Ces trésors, qui étaient restés comme enfouis , reparurent avec éclat lors de la renaissance des lettres.
Dom Massiet, prœfalio in tnmum quinlum Annulxum lienediclinurum , dit, en parlant des anciens moines de son ordre : Alii (l'atrum nostrorum) res in suis monasleriis vel in patria sua gestas litteris niandabunt , ut vel sic de suis bene mererent. Quod utinam imitarentur posteri , aut sallem quœ a majoribus scripta sunl
HISTOIRE DE l/ÉGLISE
les habitaient 1 ; d'illustres solitaires, qui ont donne naissance à des bourgs et à des villages considérables 8 ; des écrivains laborieux, attentifs à recueillir les précieux nio-
relegentes , operam suam paulo libentius accommodare vcllcnt iis qui publiât- utililati inservire student. »
* Les moine*, par les travaux d'une utile pénitence, soit en desséchant des marais malfaisants, soit en défrichant des bruyères, ont exécuté ce que l'intérêt des particuliers n'eût jamais tenté , et le voyageur s'étonne encore aujourd'hui de trouver des habitations dans des endroits, que la nature semblait avoir condamnés à une éternelle stérilité. Si Pline a osé érrirc que les champs d'Italie, fiers d'être cultivés par les mains triomphantes des généraux romains, se couvraient de plus abondantes moissons , ne serait-il pas permis de dire qu'arrosée de la sueur de ces pieux solitaires, la terre répondait à leurs vœux avec complaisance?
« Depuis longtemps, dit M. le marquis de Pompignan, on ne voit de domaines supérieurement cultivés, fournis d'habitations convenables et d'habitants laborieux, que les domaines des ordres religieux. «
Rien de plus clair et de plus intéressant que les observations sur l'utilité des sociétés monastiques, surtout dans les campagnes, que M. de Luc, auteur protestant, a données dans le tome i de ses Lettres physiques et morales, édit. de 1779, pag. 71-86. Aucun auteur catholique n'a rendu les mêmes réflexions sur la même matière avec plus de force et d'intérêt. C'est un langage de sensibilité et de conviction, qui subjugue l'esprit en mettant le cœur de la partie.
« On donnait, dit M. Mobeau , Discours sur l'histoire de France, tom. 6, pag. Ht et i/J, aux monastères de grandes terres incultes à défricher ; les moines n'ambitionnaient point le pouvoir, mais la jouissance. Ce n'était pas pour être les maîtres, c'était pour cultiver et faire valoir tranquillement leurs terres, qu'ils avaient sollicité leurs exemptions : mais ces exemptions même avaient enrichi tous ceux , que l'espérance d'un travail utile et sûr avait attirés sur les domaines ecclésiastiques. Il valait mieux souvent être le serf d'un saint , que possesseur libre dans le district d'un comte avide et violent. Tous ceux que l'injustice persécuta, tous ceux qui voulurent se soustraire au joug du pouvoir arbitraire , se réfugièrent sur les terres de l'église. Là, les moindres métairies devinrent des villages : un hospice formé pour les voyageurs, un amas de cabanes, destiné à mettre des travailleurs à l'abri, se changea, par succession de temps, en une ville. » Voilà l'origine des richesses qu'on envie au clergé et aux moines , et dont on cherche à les dépouiller.
* On peut dire, en général, que presque toutes les paroisses, où les religieux sont ou ont été curés, doivent leur origine aux monastères. Mais indépendamment de ces peuplades, combien de hameaux, de villages, de bourgs et même de villes n'ont d'autres fondateurs que ceux de l'abbaye qu'elles environnent.
numents de l'antiquité : tels sont les principaux traits, qui caractérisent l'état monastique en Alsace dans les neuvième et dixième siècles et dans ceux que nous venons de parcourir Tandis que le Saint-Siège était déchiré par les schismes et l'empire par les guerres civiles, la providence de Dieu, qui veille toujours sur son Église, faisait revivre dans une partie des cloîtres une vigoureuse discipline; et l'Alsace vit naître, pendant l'onzième et le douzième siècles, un grand nomhre de nouveaux monastères qui devinrent des asyles ouverts à la piété pour l'édification des peuples et la gloire de la religion 8. Nous ne dissimulerons pas que, dans le cours de ces deux derniers siècles, le relâchement s'était glissé dans quelques-unes de ces maisons religieuses. L'ordre monastique était cependant la partie la plus saine et la plus florissante de l'Église 3.
1 « 0 François, s'écrie M. Moreal', Discours sur l'histoire de France, tom. 4$, p(i<j. 413 , voilà pourtant ces moines, à qui vous enviés quelquefois le bien que leur firent vos ancêtres ! » 0 mes compatriotes, peux-je m'écrier à leur (défenseur?) voilà le portrait de ces moines que vous m'avez cependant accusé de ne pas aimer et de décrier.
• La fondation des monastères est regardée comme le luxe de ces temps. Que ce luxe différait de celui, qui règne aujourd'hui ! Il consistait à doter la vertu.
* Charleraagne , tout à la fois conquérant et législateur, traça au sein des erreurs et des préjugés ce beau plan de réforme générale de l'ordre monastique, qui fut consommé sous son fils et son successeur, par les soins de Benoit d'Aniane qui refluèrent en même temps sur l'Alsace. Ce saint moine pénétré de l'esprit de son état et revêtu de l'autorité, que lui avait donnée Louis-lc-Débonnaire et le concile d'Aix-la-Chapelle, remit en vigueur la règle de Sainl-Benott. Quelque grand que fût son zèle et quelqu'étendue que fût son inspection, le renouvellement ne put être universel. Les principes du relâchement germaient toujours et les anciens abus renaissaient, lorsqu'au milieu des désordres du dixième siècle la réforme de Cluny rétablit la discipline monastique cl offrit de nouveau un spectacle édifiant. Les premiers abbés , aussi distingués par leur vertu que par leur science , firent fleurir l'exacte observance de la règle de Saint-Benoît, l'étude de la religion et la charité envers les pauvres. Cette réforme , qui s'étendit en Allemagne , passa aussi en Alsace, etc. Elle s'y soutint particulièrement, surtout depuis Guillaume, abbé
IIISTOIRE DE i/ÉGLISE
Les services rendus par les moines à la religion, à l'état et à la littérature doivent donc désarmer la critique téméraire de notre siècle, en la rendant moins difficile et plus
d'Hirsauge. Quelque temps après parut Bruno, dont les enfants présentent un exemple unique dam l'histoire des peuples , celui d'une association d'hommes perpétuant, depuis six cents ans, l'esprit de leur père et observant, avec une fidélité entière le genre de vie qu'il leur a tracé. Vint ensuite l'institut de Citeaux , dont Saint-Bernard fut l'ornement, ainsi que celui de l'église. Les mœurs altérées du clergé, qui avaient besoin d'une entière régénération, produisirent et les chanoines réguliers de Saint-Augustin et les l'rémonlrés institués par Saint-Norbert : les uns et les autres furent destinés à unir les rigueurs des monastères aux fonctions de la clérkature. Le même siècle produisit une alliance inconnue à toute l'antiquité et qui devait paraître incompatible, celle de l'état religieux avec la profession des armes. Valeureux et pieux, suivant le génie du temps, nos pères crurent sanctifier leur bravoure en la dirigeant contre les ennemis de la religion et pouvoir observer les trois vœux monastiques au milieu des exercices militaires. Tels furent à Jérusalem les chevaliers tic Saint-Jean , transférés ensuite à Rhodes et fixés aujourd'hui à Malle ; ceux du Temple, dont les crimes peu vraisemblables, quoique constatés par des procédures juridiques , augmentent le nombre des problèmes de l'histoire; ceux de l'ordre leutonique, employés d'abord au service des pauvres malades de la nation allemande, et qui prirent ensuite les armes pour la défense de la Palestine et ceux de Saint-Lazare.
Au treizième siècle parurent en Alsace et ces successeurs des hermites, qui menaient une vie pénitente sur le mont Carmel et ces hermites de Saint-Augustin , qui , rassemblés en une seule observance , embrassèrent la pauvreté absolue , sous la règle de cet évéque d'Hippone. L'hérésie des Vaudois donna aussi naissance à deux nouveaux ordres religieux, destinés à combattre les erreurs et les vices qu'on imputait aux novateurs ; et pareeque les richesses étaient la cause du relâchement et du discrédit des anciens religieux , Saint-François et Saint-Dominique , renchérissant sur la règle de Saint-Benoit , défendirent à leurs disciples toute espèce de propriété, même en commun. Celle mendicité, qu'ils choisirent comme humiliante, et les ravalant au-dessous des derniers rangs de la société, parut en quelque sorte divine. Saint-François renonça d'ailleurs à toute espèce de privilèges et défendit de donner à sa règle aucune interprétation ; c'est le dernier article de son testament. L'esprit de chicane et la corruption des mœurs, qui régnaient au treizième siècle, ne laissèrent pas longtemps subsister une si grande simplicité. Néanmoins, surpassant leurs contem|uirains dans leurs études et forçant leur estime par leurs vertus et leur zèle pour la propagation de la foi , les frères mineurs cl les frères prêcheurs se rendirent chers à l'Église et utiles à la religion.
équitable Peut-être ces maisons consacrées longtemps à la prière, à la pénitence et au bien public n'ont pas toujours été telles qu'on les voyait dans la ferveur de leur origine. Mais on sait que tout dégénère avec les années et que les siècles amènent avec eux des idées, des mœurs et
* Nés dans des temps plus heureux que nos pères , transportons-nous quelquefois au milieu du chaos, qui couvrit si longtemps la face de l'Occident, au milieu dos siècles du système féodal et des longues guerres qu'il enfanta. Suivons le III des événements, dont l'influence a concouru au rétablissement de l'ordre: examinons ce que l'étal de civilisation , où nous sommes arrivés, a coûté de temps et d'efforts : observons quels individus, quelle classe de citoyens ont le plus contribué à cette heureuse révolution. Cette étude, digne d'un philosophe , qui nous fera voir la part, que les ordres religieux ont eue aux progrès de l'esprit humain et de la société en Europe, aura le double mérite de nous faire mieux sentir notre bonheur et de nous acquitter envers ceux qui l'ont préparé.
• On ne peut nier , dit M. de Voltairk, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, chap. 39, qu'il n'y ait eu dans le cloître de très-grandes vertus. Il n'est guères encore de monastère, qui ne renferme des âmes admirables, qui font honneur à la nature humaine. Trop d'écrivains se sont plûs à rechercher les désordres et les vices , dont furent souillés quelquefois ces asiles de la piété. Nul état n'a toujours été pur. »
M. de Mirabeau, dans son livre intitulé: VAtui des hommes , où il a traité particulièrement de la population et des moyens de l'augmenter , prouve combien les établissements des maisons religieuses sont utiles à la population.
Le célibat ecclésiastique, qui voue l'homme à la pratique de toutes les vertus, n'est point à craindre : c'est celui de ces célibataires coupables envers la postérité et corrupteurs de la génération présente , qui sacrifient les nœuds du mariage au luxe et à l'amour de l'indépendance .
« Le religieux , véritablement animé de l'esprit de son état , est un chrétien appelé à la pratique des conseils évangéliques. Effrayé des dangers , dont il avait été environné au milieu du monde , il vit au sein de la retraite. La règle , qu'il a choisie, est comme le creuset, où il épure toutes ses affections. Il combat la eupi.litè et l'égoïsme par la pauvreté et la fidélité à ne rien posséder en propre , l'impureté et l'intempérance par la prière et par le jeûne , la paresse par le travail, la vanité et l'orgueil par la simplicité et l'obéissance : son cœur devient ainsi le sanctuaire des mœurs et de la religion. Aimant les hommes, parce qu'il aime vraiment Dieu, il s'efforce de se rendre utile à l'Eglise et à l'Etat, suivant la destination particulière du corps, dont il est membre. • L'abbé de Bonnefoi et l'abbé de Bernard, De l'état religieux, chap. 4, pag. 39 et 40.
des coutumes nouvelles. Comme la religion, qui fut le motif et la base de ces établissements respectables, ne change point, c'est par elle qu'il faut juger du bien qu'ils procurent à l'Église et à l'État, et de celui qu'il conviendrait d'y faire revivre. Les rois de France surtout n'ont cessé de faire éprouver les effets de leur protection à ceux de leurs sujets qui, animés d'un désir sincère de la perfection , se consacrent à Dieu par des vœux solennels de religion et qui , en renonçant ainsi aux emplois extérieurs de la société civile, ne cessent pas de lui rendre les services les plus importants par l'exemple de leurs vertus, la ferveur de leurs prières et les travaux du ministère, auquel l'Église les a associés. Ce sont les expressions de Louis XV dans son édit du mois de mars 1768. Et quoique , ajoute-t-il , nous ayons la satisfaction de voir dans notre royaume un nombre considérable de religieux offrir le spectacle édifiant d'une vie régulière et laborieuse, il n'en est pas moins de notre devoir d'écarter avec soin tout ce qui pourrait introduire dans les cloîtres le regret et le repentir, y altérer l'esprit primitif des règles, qui y ont été sagement établies , et y amener le relâchement avec tous les malheurs qu'il entraîne.
MAURMOUTIER ET SA1NT-QIURIN
Maurmoutier, fondé sur la lin du sixième siècle vers l'an 595 subsistait encore dans son primitif éclat au commencement du neuvième. Kilo est nommée entre les abbayes royales, qui en 870 échurent en partage à Louisle-(iermanique2. Nous avons fait connaître, dans le premier volume de celle histoire, les noms des abbés qui la gouvernèrent jusqu'en 827. Le nécrologie de Hichenau 3 compte dans ce nombre Linberad, W olerad , Herfrid, Venerand, Maur, Ilardibert et Benoit \ qui paraissent tous avoir vécu avant le neuvième siècle. On y reconnaît surtout Léonard et Maur, dont l'un fut le premier abbé de Maurmoutier et l'autre son restaurateur. Benoit nous parait être le même que le célèbre abbé d'Aniane de ce nom, auquel l'empereur Louis-le-l)ébonnaire accorda en 81 (> 5 l'abbaye de Maurmoutier, et qui y demeura pendant près d'une
' Voyez le tome premier île cet ouvrage, livre w, pn<j. 330— >.>6".
' Pièce* justificatives, hum. 137, pag. cclv, et I><.m Cai.mf.ï , Histoire de Lorraine, tout. 2, preuve*, pwj. c\i.l.
"• f.ité par Dont GtnnERT , in llisloi iù nigrœ Silm\ loin. /, lib. 7, pay. 437.
4 Linbenit abhas , W'oliirut abbus , Herifrid tibias , Y ment h du* tibbas , Mauius abhas, liai dibertus abbus, Kenedicttis nbbas.
' fct nuii en «21, comme l'écrit Dont C.Al.MEl , dans .\t>ti<e </<• lu l.uvrnine , loin. I. pmj. 770. Cette dernière année r«l « elle dr -,i nmi'l.
HISTOIRE DE i/ÉGMSE
nnéc avec quelques-uns de ses disciples1. L'abbé Celse était à la tète de ce monastère, lorsque l'église et les bâtiments furent entièrement brûlés en 827 avec tout ce qu'il y avait de cbarlcs et de monuments anciens. Celse s'adressa au même empereur Louis, qui commit à Drogon, son frère naturel et évèque de Metz, le soin de la rétablir2. Celui-ci y lit construire l'année suivante l'église qui subsiste encore aujourd'hui , et qui est dans son genre une des plus belles et des plus solides de sou temps existante en Alsace. Drogon, pour rendre ce sanctuaire plus recoinmandable, transféra le 7 mai 830 dans la nouvelle église les corps de deux saints éveques de Met/. , ses prédécesseurs, nommés Céleste et Auteur. L'abbé Celse renouvela aussi en 828 la charte de Thierry IV, roi de France, de 72i, qui rappelait les limites de la marche d'Aquilée, ou du territoire de Maurmoutier, et qui avait péri dans l'incendie. La mémoire de ce fait s'est conservée sur une ancienne pierre quarrée, qui contenait une inscription composée de sept cercles, au milieu desquels on voyait la figure du portail et. de l'église3. Cette pierre, qui se trouvait autrefois dans le chœur près du grand autel, fut otée en 1014 et on ne sait ce qu'elle est devenue depuis. Celse mourut en 853. Thierry, son successeur, ne fut élu que trois ans après. Sa mort, arrivée en 8(>5, lit place aux abbés Alexandre et Philippe. Le premier décéda le 31 décembre 806 et le second , le 25 décembre 872. Ceux-ci furent remplaces par André, Vendelin, Conrad, Landelochlet Oswald, qui moururent
' Voyez notre histoire, tom. f, pay. 354. Voyez nos pièces justificative» sous l'an 821.
* Mentisse, Hishitr des évrquex de Met**> liv. ï, /*«{/. im.
* Pièces jiMili.Mlivcs lunf i, hum. Util , />«.'/. M.XXXlx.
en 81)0, 895, 007, 930 et 9<>0 *. On lit dans Dom Calmet 2 et dans l'Histoire générale de Metz 3 et dans la Gallia christiana, t. 13, p. 720, que Vidon, frère de Robert, évêque de cette ville, prend le titre de comte dans un diplôme du roi Arnaul expédie à Mayence, en 889, en faveur de Maurmoutier *. Ce diplôme nous est inconnu et n'existe pas dans les archives de cette abbaye. L'abbé François, qui succéda à Oswald, détacha plusieurs biens, qui formaient la fondation primitive de Maurmootier, et les conféra à des seigneurs voisins ii titre de tiefs, ou, comme on les nommait alors, de bénéfices militaires. Lu peste I enleva au monde en 981. 11 eut pour successeur Landeloch second du nom, qui reçut,
' Nous tinms |»> noms de «es abbés <lu catalogue :nss. de celle abbaye. Nous n'eu garantissons pas entièrement l'authenticité, puisque ce catalogue leur donne •les noms de famille, comme André Colliard, Yeudeliu Bolch, Conrad de Heiligenstein : ce qui était inusité dans les neuvième el dixième siècles. J.c* autres y sonl t designés sons le nom de leur pallie, comme Thierry de Trêves, Landeloch de Cologne, Oswald du Palatinat , François de Paris, etc.
MrUîlt.l.oN, Annal, benvdivl., foin. *, lil>. 30, ptuj.HIH, écrit que Celse succéda en 827 à Pierre el qu'il mourut « n 8.'«3. Il eut pour successeur, après trois années de vacance, Thierry qui mourut en 8G.'i. Ses successeurs furent Alexandre -\ 866, Philippe f 872, André -\ 890 , Wendelin •{• 89 i et Conrad f 907.
Mabili.on, Annal, henedicl., loin. .7, lib. iO , pa<j. SOS, écrit qu'en 900 André, abbé de Maurmoulier, eut pour successeur Wendelm, qui gouverna pendant cinq ans. Le successeur de Wendcliu tut en 90:i Conrad.
Selon M.vhii.i.on, Annal, benrdivt., loin. .7, hh. il , pay. 3iS, Conrad mourut en 907. I.audelorsc I de Cologne, son successeur, fut abbé jusqu'en 930, puis Oswald jusqu'en 960, puis François de Paris jusqu'en 981, puis Landelorse II jusqu'en 1 000, puis Adelon jusqu'en I C i U .
i Histoire de Lorraine, lum. I, tir. 1G , patj. SU.
1 Tome premier, line second, pay. Gii.
1 W idon élait comte de Toul sous l'evcque S. Gauzelin , qui occupa le siège de celte ville depuis 922 jusqu'en 9t>2. comme le rapporte Adson, in Historià episcoporum liillensium , apnd Cai.net. Ilisl. de Lorraine, l»m. I, preuves, p. cxxxv. On iil Si'jnum Widunis vomi lis a la tète des témoins, qui signèrent en 930 la charle du même évéque de Toul puni l'abbaye rie Saint-Kvre. Benoit, Histoire de Toul, prubui, pay. Ui.
niSTOIRE DE L'ÉGLISE
en 0K2, différents bienfaits de Lohnar, ou Yolmar, comte de Sarhourg1 et de Berthe, son épouse2. Landeloch mourul en 1000, à la lin du dixième sièele. Adelon ï poussa sa vie jusqu'à la trente-troisième année du suivant. Il eut pour successeur Cloduaire, nommé aussi (iodin, qui mourut en HH0. Lambert, qui devint ensuite abbé, obtint d' Vdalberon, évoque de Met/, la donation d'une certaine quantité de sel, tirée annuellement des salines de Moyenvic et de Marsal , pour l'usage de l'abbaye. Le décès de Lambert arriva le 23 septembre 1073. Kichwin, ou Heicldin, prélat pieux et vertueux, lut élu à sa place. Il était encore jeune, lorsqu'il devint abbé de Maurmoutier, n'étant mort qu'en M 17. (le fut sous lui que tut fondé, en 1 1 15, le monastère de femmes de Sindelsberg, situé à un quart de lieue de Maurmoutier, sur une colline, qu'avait autrefois babitée le moine Sindene, disciple du bienheureux Leobard , premier abbé de cette
* Heutzog, in chrou. Alsal., Iit>. ô, pay. .î0, et f.atalo«us mss. ubbatuin mauri monaslerii. « Laiidclorsus secundus, seu , ut alii volunl, l.andelocbus multa bona a Yulmaro coinile Sarburgciisi et Bertbà oju-* conjure an. , dono aecepit suit Oltone secundo iuiperatore. »
Croi.lus, Oriy. bipontinœ, pars primo, cap. i , pay. 69, explique Yotmarns, cornes Surburrji , par t omes Sarachune saperions, ou comte du Haul-Sargau.
Wolmanis vomes patji liliesichtjowe est rappelé dans un diplôme de l'empereur Otlion II do l'an 982. Cai.mkt , Hisl. de Lorraine, preuves, tom. i, patj. cc.xi..
Le comilatus Sarubunj est déjà rappelé dans un acte de l'abbaye de Yergaville de l'an 966. Ibidem, tom. 2 , pay. ccxxi. Ce comté est le Sargau.
Croli.ics, pay. 69, croit que ce Foliuar , ronde du Sngau et du Bliesengau, est le inéme que Fnlmar, comte de l.uncvillc.
» Siijuum Folmari comitis se trouve à la Miilc d'un diplôme de l'empereur Otlion pour l'abbaye de Senones de «J19. Cai.mkt, tam. 2, praires, pay. cxr.v. Bertlie, sa femme, lui survécut: elle était sieur de Berenger , eborévéque de l'église de Trêves. Heliyiosa finition domina llertha , riri illuslrift Yolcmari comilis relicla fit en 996 une donation à l'abbaye de Saiiit-Maximiu de Trêves. Hontiu.im, Histor. trerirensis, tom. /, pay. Ôo'S. Folmar I r, comte île l.uneville, fui père de Kolmar II, qui fonda en 999 l'abbaye de Saint-lieini de l.uneville, et d'Ktieuue . qui devint eu 99t évèque de Toul.
DE STKASIMUKi;. I.IVUE lUTHÈME.
abbaye1. Nous aurons lieu d'en parler autre part : nous remarquerons seulement que ce monastère fut établi par Kiehwin, prévôt de Xeuvillers, dans un fond de l'abbaye de Maurmoutier, et cpie l'abbé de cette dernière maison, qui s'appelait aussi Kiclnvin, contribua à cette fondation par les donations qu'il y fit. Le successeur de Hiclnvin fut Heinhnrri *, sous lequel fut terminé, en H 22, un démêlé, qui s'était élevé* entre lui et Hezelin de Turkestein au sujet de la cure de Held dépendante de la prévôté de Saint-Quirin. L'affaire fut portée, à différentes reprises, au tribunal d'Etienne , évèque de Metz. Celui-ci ordonna l'épreuve de l'eau froide3, qui fut décisive en faveur de l'abbaye de Maurmoutier. La paroisse et les dîmes de Held furent adjugées à la prévôté de St.-Quirin, telles (pie Heinbardles avaitacquis de Milon, abbé de Moyenmoutier l. Heinbard décéda peu après et nous trouvons que, dès l'an 1 1 23, Adelon lui avait succédé dans l'abbave de Maurmoutier5. Adelon, second du nom, originaire de THelvétie, fut postulé de l'abbaye de Corze, située dans le diocèse de Metz. Dès qu'il fut élu abbé, il lit bâtir plusieurs édifices extérieurs, tant pour l'entretien de la domestication , que pour la conservation des grains et du bétail °. Dans le même temps, il lit un échange de.quelques biens avec Herthe, supérieure du monastère de Sindelsberg 7. Cet échange fut passé en 1123, en présence
' Coeurs, ut IhujolierUi reije , ihiij.-ïS r/.V.V, et j>iè. ev jiMil'n ative* : cl'. WiiUbTwkin, nue. .sttbs. dijil,, loin. 7, p«y. i.
'■ lleinhiii dus dei gratin nlibua innurimonustei ii , cl non Meinhm dus comme l'écrit lU l.HOMHK, /// Hisl. médium mutins., jnirf. i, pou. .îllS, «Intt* l n liarle »lo 1 1 ti .
' Nous av'Hiis expliqué ri-dosus <<• que c'était l'épreuve de l'eau froide. Sole de l'éditeur : Y. (il. "»S8. \„\£. n:\l.nt <!<■> pièces justif. du i' vol. do l' Histoire d' Aisne? de (.raudi.lii i, ol ri -après : Etal des srieineu rl des lettres uii.r 11- et M* sièrlrs en Alsnre.
' Pièces justificatives, niiin. .7.
• BUCKLIM s , in innnasler. imiter, germon., puy. 2iU. ' Catalogue mss. des abbés de Maurmoutier.
7 11 est nommé dans l'acte d'échange domina» adelv Abba* inuurimnnnsieru.
HISTOIRE DE LÉGMSE
d'Etienne, évêque de Metz, seigneur direct et avoué principal de Maurmoutier1, de Volmar le jeune, avoué de Metz, de Renaud, comte de Bar, frère de l'évêque Etienne, de trois autres comtes et de plusieurs nobles du pays i. Adelon était ami particulier d'Etienne, évèquede Metz, qui lui remit, en 1 125, plusieurs droits dûs à son église pour subvenir aux nécessités de son monastère 3. Cet abbé * assista aussi, le 5 février 1 127, à la dédicace de l'église de la nouvelle abbaye de St.-Jean-des-Cboux laite par l'évéque Etienne \ et il signa6, le27 décembre de la même année, la charte du même prélat portant confirmation du prieuré deMosnier7. Le pape Innocent li confirma aussi, en 1131, à Adelon les donations qu'Etienne de Metzavait faites, en 1 123 et 1 125, à l'abbaye de Maurmoutier. Adelon mourut en 1132 après s'être démis, quelque temps avant sa mort, de l'abbaye8 en faveur de Meinhard I , son prieur 9. Celui-ci ,0, qui fut présent à la dédicace de l'église abbatiale de Baumgartcii, faite le 14 novembre 1 1 33 par (iebebard, évêque de Strasbourg11, ne fut
' Domina» Stephunus, eenerulnlis melleiiMS sertis episropus et principulis miiyister loti nostri.
1 Pièces justificatives; <ï. WùRuTwein, nov. subs. rtipl., loin. 7, puy. î4.
1 Cette charte de l'évêque Ktienue de lli'i, souscrite par Tetiau , ald)é do (iorze, et par Iterlram, abhe de Sainl-Arumil de Metz, e*l rappelée dans Doin Ruixaut , iter litterar. in Alsal. , pmj. i.!}2 , i|iii eu avait vu l'original dans les archives de Maurmoutier.
* Artelo abbas main imoitoslei ii.
" Pièces justificatives, mun. i.
* Artelo abhas maiirimonaslerii.
1 CAI.MET. Histoire rte Lorraine, lt,m. li, preuves, pmj. «.! aiv, el t.ailia .;lu rsl. , lom. /.>. insl. vol. ÏM.
* Catalogne ni**, des abbés de Mauniiiinlier.
* Metjinharrtus lune tempnris pt'tor est rappd«'- dan- la .-JtarJe dechan;"- I ail sur la lin de l'année Uii.
10 Meinharrtus Abbtts rte Muurimouaslei m.
" Pièces justiticatives; « I. WiiBUïWKiN, nue. subs. rtipt.y loin. , pou. 'S.
I>E STHASnorKG. LIVRE HIÏTIÈME. 108
abbé de Maurmoulier que pendant peu (Vannées, puisqu'il eut pour successeur, en Tan 1134, Meinhard II. Ce dernier, que Tritheme1 nomme Ruthard, fut tiré de l'abbaye d'Hirsauge, dont il introduisit les coutumes et la réforme dans celle de Maurmoutier. Zélé pour la discipline régulière, il s'attacha à l'y établir et à l'y soutenir, par ses discours et ses exemples, pendant l'espace de douze ans, qu'il fut à la tête de cette dernière. Nous aurons lieu d'v revenir dans les livres suivants de cette histoire. Nous observerons seulement que l'acte de la consécration de l'église de Sindelsberg faite, en 1137, par le cardinal Theodewin , légat du Saint-Siège en Allemagne *, le compte pour le trentième abbé de Maurmoutier 3.
Meinhard II passa la même année, 1137, avec l'abbesse de liesse un contract d'échange de quelques biens appartenants à la prévoté de Saint-Quirin 4. La prévoté, ou le
' Annal. Hirsaugiensium , lom. I, puy. 277.
* Pièces justificatives ; cf. Wukdtwein, Mur. sul/s. dtpl., lom. 7, ptuj. 4.
5 Royatu iiwbjttz ntcmoriœ douiiui Meinhnrdi xxx. Abbulis. D'autres lisent xxxw.
* Le prieure «le Saint-Quirin est situé dans le diurèse de Met/ , dans un gros village, au pied de? Vosges et à quatre limes au midi de Sarbourg. Les terres dépendantes de ce prieuré furent données, encore incultes, par Louis, comte de Dabo, à l'abbaye de Maurmoutier. Les religieux qu'on y envoya . changèrent bientôt par leurs travaux le va-le et sombre désert que ces lieux présentaient en un séjour agréable et utile, où le corps de SaiiiKfuirin , apporté île punie , attira un grand concours de peuple.
r.c prieuré a été conféré en régale, » n 1 7 G 7 , à M. l'abbé de Saiuliguori , chanoine de 11 cathédrale de Met/ et vicaire général de l'évérhé. Après lui, ce bénéfice sera uni avec tous ses droits au r hapitre royal et noble des chaiioinesses de Saint-Louis de Met/.
Paul François iîe Saiulignon . chanoine et grand chancelier du chapitre de IV glise cathédrale de Metz, vicaire général du diocèse, etc., mourut le 1G octobre 1786.
Luduvicun cornes a Daspurtj , m us S. Lennis nnni papœ , dit Hf.rci i.ani s , rap. 18, pag 198.
La chronique de l'abbaye de Moyeuinouliei , vop. i>5 , upud BEIHOMME , llist.
HISTOIRE 1>F. l/Ér.l.ISE
prieuré de ce nom , est situé dans les Vosges , à 8 lieues de Maurmoutier , dans un vallon presque triangulaire, sur la rivière de Rougeau , qui revoit le nom deSoare, et qui sépare l'Alsace de la France, près du village de Lorquin et de celui d'Abresviler l. Saint-Quirin, situé dans le diocèse de Metz, dépend du bailliage de Vie et ressortit du parlement de Metz pour le temporel *. La prévoté de Saint-Quirin lut fondée par Louis, comte de Dabo ou Dagsbourg3, dont la fille Heihvige, mariée à Hugues M, comte du iSordgau ou de la Basse-Alsace, tut mère du pape Léon IX *. Les anciens manuscrits de Maurmoutier placent cet établissement à Tannée 000 et ils ajoutent (pie le comte Louis soumit cette prévoté à l'abbé François et à ses successeurs, pour la faire desservir par des religieux de son abbave "\ dette union à l'abbave de Maurmoutier fut confirmée en 1049, ou 1050, par Léon IX, pendant son séjour en Alsace, (ieppa, abbesse de Nuys, sœur de ce saint pontife, qui était allé le voir à Rome, en rapporta une
metltani monastci ii, />«</. dit la même chose. ( Soles delarhées , de la tnam de l'abbé Grandidier.)
' Aforesviler, en allemand Elborsvilor , l'ait partie du diocèse de Metz pour lr spirituel. Mais il est situé en Alsace, dans le haillape de Daho.
* Les sires ou seigneurs de Blamont, auxquels Ademar, «venue de Metz, accorda en liel', en 1350, le château et la seigneurie de Turkesteiu , étaient en cette dernière ijualilé avoués du prieuré de Saint-Quirin , voi-in de ce château. Les nobles de Turkestein succédèrent eux-mêmes, au commencement du l'iiinzicmc siècle, aux seigneurs de Blamont. Ils exerçaient à Saint-Quirin , en \erlu de cette advocatie, le droit de sanp, droit iju'a encore aujourd'hui le l'ciio e de Beauvau-Craon , possesseur de la haronie de Turkc-'.eiu.
3 Comme l'écrit Jean de Hayon dans un passape mainiv rit «le sa < hroni«|ue de Moycnmoulier , citée par Dom C.vimft, Histoire de Lorraine, tom. 2 , jmg. / */. et par Dom M.visil.l.ox, in A cl te Sawlortun nrd. S. Ilenalirli , loin, if, pmj. ,fft.
* Voyez le livre précèdent, }t>uj. lli. Sole "V l'éd. : V. aus>i pièces juslif. du i- \o|. de V Histoire d'AIsnn- de Craudidicr, n»U-s i pair, cxiv, </</. pap. suiv. et c pap. oxxvi.
'• ■> Sub Ahhate traie o , ,iu. *. m i » i , <<lh Sam li y.jirini a l.udovico comité de - Dapesburg, avu S. I.eoni* papa» u-nn. liiudalur et monaslerio iucnrporatur.
DE STRASBOI Hr. UVHE HUTIÈME.
partie des reliques de Saint-(,biirin , qu'elle déposa dans ce prieuré 1 , qui portait auparavant le nom de relia Goilo/sailis , et qui prit alors relui de ce Saint-Martyr *. Albert comte de Daim et de Muhu , neveu de Léon IX, lut en 1098 un des bienfaiteurs «le cette maison Kichwin, abbé de Maurmoutier reçut pour elle, au commencement du douzième siècle, la donation de quelques biens situés à Varconville, laite par un noble nommé (limon, qui est qualilié baron dans l'acte de donation l. Wolfram était prévôt de Saint-(Juirin en 1122, sous Keinbard, al)bé de Maurmoutier \ Adelon, successeur de Keinbard, lit consa-
' MAi.UM.kKor, île. CunrcUarib S m lo- liommur kerlrxùr . in vollcvli* Weuvkcri . /»«;/. $78, et île nns illuslribus, njutil IIknimt , Histoire île Tout, pmj. 3f>.ï. Voyez les ailes iln im..i ty («• de Saint-IJuiiin dan* le» Itollandistcs , Ion,. .) nmrtii , l>ay. 811. Un l*iu\ <m|iio particulièrement pour I i guei ïmmi «1 une espet ■<• iI'ccioucIIcn qu'on nomme le mal de Sainl-Ouirin qui, dan- >a n lissame . m- manifeste par une enllure tumeur opiniâtre «lans quelque partie <ln corps, et qui s'ouvrant avec le temps et suppurant par un ou plusieurs trous formes dans la plaie , résiste onlin aircmeut avec tant d'opiniâtreté aux renu des < lut ut piques , «pie plus un y en applique, et plus te m. il s augmente. Ou iTlchrail autrelojs l.i fête de Saint-Oun in h- 30 avril; mais depuis le mandement do M. île Saint-Simon , évéque de Met/ , du l«r décembre 1 7 \ :i , elle a été transférée au dimanche le plus proche du dernier avril.
r MAl.l.lî»! KUOT suppose que ce prieure était déjà dédie en l'honneur de baiut- Ouiriu, avant «pie <»q.pa y ail dépose ses reliques. Mais celle supposition est con- Irain- à l'usage, où l'un était alors de ne consacrer aucune i jflise sous l'invocation d'un Saint, i|iriiii n'en eût aup aravaut quelques parties de sou corps.
* Selon Hi r.u, m Sarne nnlu/iul. iiniuitiiieiilis , lutn. 2 , ftmj. 26'J, nula <l , qui en rappelle le litre donné eu I0!M. Le l\ licuml l'n vin eu parle aussi dans son $itl>]ili!iitent n l'orujine tir lu muisun île /.•nnut,'- , w»n>le imrlie , \huj. (ii; mais il |e plai e à l'an lOli.'l.
4 Alliai rappelée «l ins la i l, ai le p.<| > plique de Mn.Ml.VliH. abbe de M un im-nlier,
•ii 1 1 V V : . ni eellam t.i'di lv.|ih> ipuil Wiileroldi \illaui Iradita e| ..blala
• deinii'i a.- l.ealo m » 1 1 n... a cuiio jiio.laiii milil.- baron.-, pl.. rctue.lio anime s»ie
i< a. parcntiiui mimi uni . Mil. ilomim l'.i> livvino abhale. ..
W'uljritinmis i>t<rjn>silits tci-lesur Un i est noinm.; entre les témoins dans nue charte de 1 1 ii . eu Iteinhanl , ild» - A- M :ou n-aliri , nomme rer/esinm iiu.\irnm S. {Jiiiutii.
HISTOIRE I»K l'éKMSE
rrer, en 1123, cette église par Klienne, évéque de Metz cl par le cardinal Cunon , légat du Saint-Siège '. La prévôté de Saint-Quirin est rappelée dans les anciennes notices de Maurinoutier de 1127 et 1144*, et dans la bulle du pape Alexandre 111 de II71H, entre les possessions et dépendances de cette abbaye l. Frédéric, comte de Linange, accorda, en 1249, à cette prévôté les dîmes du village d'ichscheidt 5. Il lui incorpora aussi en 1200 la paroisse, ou cure de Saint-Quirin. Cette union tut confirmée, le 22 novembre 1278, par Laurent, évéque de Metz. Conrad, un de ses successeurs, renouvela le 31 juillet 1454 tous les biens, revenus, droits, privilèges et appartenances de la prévôté de Saint-Quirin °. Pendant les troubles du luthéranisme, l'abbé de Maurinoutier fut obligé de retirer à prix d'argent une partie des biens de Saint-Quirin , dont les comtes de Linange s'étaient emparés7. Cette prévôté a été dans son origine une prévôté conventuelle. L'acte de consécration de l'église, faite en 1123, par Etienne, évéque
' « Aimo 1123, indietione quinla , Calixlo secundo papauté, Hcnrico <jiia. t'« ïeli- « citer régnante, Steplianus episcupus nieteiisis, rugatu Adclonis soeundi , Abbatis • inaurinionastcriensis, una cuui Ciumnc Oardinalict apostolici- sedis legalo, ecclc- «siamS. Onirini consecravit , » .lit un titre cité par Oom Cai.mkt , Solive de la Lorraine, Hun. t, pag. 23$.
' Cella Godolsadis , ubi Souvins Qiminiis regntrscit, in pmju Smoense.
* Cella beati Quirini marlyris , in si/lvit rnslissima , gtue vusagu.s dicitnr.
4 Elle est nommée rellula S. Quirini dans une charte de Henri, évè«|ue de Strasbourg, de 1181.
5 Iclischcidl n'est aujourd'hui i|ii'uue grande cl épai-se lurét nommée vulgairement le bois de auerelle. Celte donation l'ut ratifiée en i:t:57. par loidefroi , eomle île Linange.
'' CALMKT , notice de la Loi ruine, loin. 2 , pag. 23$. : Histoire générale de Metz, loin. I. ptig.
df. sTKAsnoi m;. — i.ivkk iiutiemk.
de Metz *, deux décrets d'union des années 1278 et 1326 8, attestent l'existence de la conventualilé. Klle v a continué depuis, puisqu'il y a eu de tout temps des lieux réguliers, un sceau particulier, des revenus propres, suffisants pour faire subsister un certain nombre de moines. La communauté y a été plus ou moins nombreuse suivant les circonstances des temps. La prévôté de Saint-yuirin a aussi été toujours, et dès le temps de sa fondation, dans la dépendance et sous la juridiction de l'abbé de Maurmoutier 8. Ce dernier y a nommé, de temps immémorial, les titulaires réguliers, qui prenaient le titre de prieurs ou de prévôts 4. Les abbés ayant place pendant quelque temps des prieurs amovibles dans cette prévôté , M. de Saintignon , grandvicaire de l'évécbé de Metz, s'en tit pourvoir, comme vacant en régale, par brevet du roi du 29 novembre 1707 et en prit possession le 28 janvier suivant. Il y tut confirmé par arrêt du conseil d'Etat du 29 janvier 1769.
' yui atteste l'existence «le la communauté «les religieux par ces mot» : tnunachicœ regulœ frntres, cl qui prend sous sa protection les lieux claustraux et l'église, atrium tl ecelesiam , cum omnibus sibi «ppendentibus mobiiibus et immobilibux.
* Le premier de l'cvéque Laurent, qui a pour objet l inou pmatiou de la cure de Saiut-Quiriu, est adressé prepusita et finir thu* ]>riuratus S. (Juirini. Le second, de 1326, par lequel l'cvèque Louis de Poitiers unit la chapelle de Saint-Ni< olas à la même prévôté, est au>si adressé preposila et fnitnbiis monasterii 5. Qtiirint.
3 Comme le remarque François, abbé de Maurmoutier, dans son acte d'appel a«j Saiiil-Siègo contre les entreprises de boni de lla-souville , qui s'èlail emparé de la prévôté à main armée, en date du novembre Kilt» : « Cella, sive monaslerium «S. Quirini , ima nmi pertiueiitiis univorsis a primeva lundatione pleno jure spec- « lavit ad idem (m un imonastei iij mon istei iiiiu. »
' Non- avons entre les main» un ealal<»jrue presque mm iulei rompu des prévôts un (trieurs de Saint-Ouirin ilepuis Jean , qui obtint la pr< \ôlé, en li*>6, de (indéfini i abbé de Maurmoutier, jusqu'à nos joui-.
SCHl'TTEREN
Nous avons rapporté dans le livre quatrième de celle histoire !, le catalogue des premiers abbés de Selnitteren -, fondé l'an 00,1 dans l'Ortciiau :i el le diocèse de Strasbourg, sous le nom d'Otîonvillers (-elle abbaye doit son origine à un prince anglais, nommé Otïon auquel les modernes donnent le nom de roi. Non-seulement les anciens qualifiaient ainsi les princes du sang royal0; mais les moines, pour relever la gloire des fondateurs de leurs abbayes, accordèrent souvent ce titre à de simples comtes, et même à des gouverneurs, ou à des seigneurs d'un en-
' Tome premier, pay. 557-5 Ht.
1 Dom BKAiNIF.n , Iktueil aeiu-cal des abbayes <ie I '■';•«» tr , imprime ni 17iG, tnm. 2, pan. 10HI , lui donne le nom singulier fnsvliutheia , cl ajoute encore avec erreur celle :tM»ayt* étail aoli elois de l'ordre do Sainl-AngiiMin,
3 Et non ni Al sure, cumin»' l'en il <ju:t:u s, in Dmpjbecla Iteae, cap. S, pua. 7 H, 75 el 7.5, ou dans le Bri^sau, cnnme !«• suppose Boni Pktkis , in Snn id errlesiastmi, pmj. 7 il.
' Schulterni ron>eiva le nom iVOU'uiii ilIt i s ou (t/funsiell jii-ipià l'ioizieinc -ieck-, comme le lemanpie Jean Nio'la» «le Vik.ki . in Sprcimine bibliuthecœ (jcrinaniir nuslriarw, parle, I . Iih. î, pa<j. /*'•>'.
n l.'alini\< rsaiie d'OHmi se ,v|rl>! e solet |!i iik iiI a ScIniMnen (,,us le- .in- au I l
île janvier, ainsi mi'il < >l inai.pi - dan? I- dire- t"irc iuona*ti<pie de la eongrégaliou iM-iiédicline de Strasbourg : nnniiersai unn pio (unduUne imaïaslerii uffune >> ;c nnijlia' elurtjilur eleetuasuna.
* Voyez HitKcoiUK de Tours , Hb. i. cap. 15; hb.it, cap. Ut a Itb. Ut, <up.
BIST. I>E l.'ÉGUSE DE STUASBOIRO. 1.1 V. lll'ITIÈME. KM*
droit K Ofton t>;î(it aussi an commencement du septième siècle, à deux lieues de Schullcren , un château, qui tut appelé de son nom Ofl'onis/fitrifiiHi i. Près de ce château, sVIeva le village ou le bouiy de kinlzdortï3, ainsi nommé parce qu'il était situé* sur les bords de la rivière de Kintzinjr, et qui devint le chef-lieu du comté de l'Orteiiau 4. Dans la suite le château d'Ottenbourj- :' et le bourg de KintzdorfV ne formèrent qu'un seul endroit , qui fut nommé Otîenbourg, et qui parait, dès le milieu du treizième siècle, dans le nombre des villes impériales, comme elle l'est encore aujourd'hui Tolkerne, dont le nom est inscrit
' Comme le remarque L»mn Ikl HOMMK, in htstm to i/ivlhuti monusteni, parte i, pmj. If',7. ('/.M ainsi que le i ontlf Kb.'iii.inl, fondateur de l'abbaye de Mourhach et lils d'Adclbeit, du. d'Alsace, c*l nommé AlrmannUr requins, par ClU su s, Annal, suei ic. , loin. 1, pari. I, lih. Il, png. iS». De même Mason , fondateur de Massevaux et frère d'Kbcrhard . est qualilié roi par k> annalistes et dans l'épitnphe de son fils.
* Voyez Wimimiki in«.i K, île episc. Argentin . , pug. S, Paul Voi.t/ , in rhromeo SiJiutteruno, a pu A liiiilliiiumutu , de episr. Argent., png. 7 i el *<*</., et Cotcus, tu Ihtgoh rto , pug. 7i. Paul Volt/, en parle ainsi : « In Morteuaugiam \enit Offo rex « Aiitfliie el aino'nitale loei eaptus.. . exstruxit liabitationeni in ripa Chiiizingie <t lliivii, quam a sno iiouiine Oll'ouis pyrgiim sive, quod idem csl , Ofl'oiiisburgum « noiuinavit.... llujus pyrgi sittnu fuisse in plateà , qua; est intrà velus palatium
• el portain iiiferiorein , quà ad C.binzintf.ini itur, dum ea plate. i lapidibus sterne-
• relur, majoribiis nostris imiotuit. *
11 kiiiidnrff est rappelé dans les anciens statuts de la ville de Strasbourg, donnés au dixième siècle. Voyez le tome second de cette histoire, pag. 94. Le pape Innocent II, confirma en 1139 à l'abbaye de C.engenbach îles biens, situés à Kimdorff in Morlinaugia.
* L'assemblée des états de l'Orteiiau, sous le comte Kernold, se tint en 946 à hinlzdorir, comme le prouve une notice de l'abbaye d'Ettenheimmunster , donnée la même année sub liermdii» comité , in publiai mail» , in oppidv quod dicitur Chinrihdorf, eorum nmelu fréquentai populi utriusque prorineie tain Mortinaugie quam Hrisiuavte. La charte de Sigefroi pour l'église de Strasbourg de 1070 , donne au pagus morteimvu , le nom de pagus rhiniihdorff.
' ('.aslritm 0/fwhurr est cité dans un titre du monastère île Saint-Pierre, dans la l'.iCét-Noirc , de 1118, upud SrhœpHinum , Mal. Zuringo-Bodena,, loin. S, p. 9t.
* Oll'eubourg est rappelé dans plusieurs litres de 1441 , 1443, 1444 et 1436.
HISTOIRE HE l/EGLISE
dans le nécrologe de Sehutteren au 1 7 mars , fut le premier abbé d'Oft'onvillers. r'rédéric I , qui passe pour le vingt-quatrième, et qui mourut au 17, jour de décembre, vivait au milieu du huitième siècle, lorsque le chor-évèque Saint-Pirmin vint rétablir à Ottbnvillers, vers l'an 13b , la discipline régulière !. Le règlement, <|ue l'empereur Louisle-Débonnaire porta en 817 à rassemblée d'Aix-la-Chapelle, nomme ce monastère entre les abbayes, qui devaient des
Le pape Innocent IV, dans sa bulle do lit», lui donne le nom d'oppidi Oflenburg. Elle est nommée viritas in Offinburvh dans une eliarte du monastère de la Toussaint de I2rit et die Stadl m Offenbury , dans un diplôme de l'empereur Rodolphe pour celui de Gcngenbach de 127.». Ollenhourg est aujourd'hui la dixneuvième ville impériale du cercle de Suabe.
• Gehbkrt , llisforiu Sylva niyra , lom. 1 , pay. 'iH.
TBITMEMK, loin, i , Annal. Ilitsany , pay. 1SI , dit qu'il avait été disciple du bienheureux abbé Maur, ce qu'il ne faut pas entendre du compagnon de Saint- Benoit, mais de Maur, cinquième abbé de Maurmoutier , qui vivait en 724. Le nom de Saiul-Pirniiii se trouve dans les plus anciens martyrologes. Celui du diocèse de Strasbourg, publié par Malhias-Fiédéiie Heck, le rappelle sons le nom de Pirminii. Il est nommé Pirminii episcopi, dans le martyrologe de l'abbaye de Khitiau du dixième siècle, publié par Dom (iCKltKiiT inter monumenta relais lilurgiœ Aleman., part. I , pay. i67. Celui de l'abbaye de llornbach , du neuvième, conservé dans la collégiale de Soleurc, eu lait mention sous le titre de natale S. Perminii cunfessori». Son nom y est écrit en lettres majust ules. Ibidem, pay. 479. On lit dans le martyrologe de Itaban : deposilio S. Perminii confessons. Les reliques de Saint-Pirnun fui eut transportées au dix-septième siècle , par les soins de Schwicard , comte d'HeliTeusteiu , à Inspruck, dans l'église des Jésuites. Dom Martin (ierberl , abbé-prince de Saiul-ltlaise , obtint île l'impératrice-reine Marie-Thérèse Je bras gauche de ce Saint , qui lui fut envoyé d'Inspruck et qu'il déposa solennellement . le 16 juin 1777 , dans son abbaye, pour être placé entre les principales reliques île sa nouvelle église. Nous y avons vu au trésor, au mois de septembre 178i , ce bras dépose dans un reliquaire d'argent , qui porte l'inscription suivante : reliyuiie S. Pirminii episcopi cl cou (essor is e.c munificentia Mariœ-Theresiœ Romanorum imperalricis , Uunyuriœ et Hohemiœ reyinae aposlolicœ œnipnnte ad ma asterium S". Riu.sii translata un. MJjCCI, XXVII . die 15 jutai. C'est le jour où ces reliques arrivèrent à Saint-Biaise. Nous avons fait connaître, dans notre premier volume, tom. I , pay. $99 et suir., le traité de Saint— Pirinin . contenant l'abrégé de toute la morale chrétienne, publié par Dom Mabillon sur nu
dons et le service de guerre *. Beretrich, Wenibert, Madalbert et Pierre, abbés d'Offonvillers, sont nommés entre ceux, qui étaient unis par une sainte communion de prières et de bonnes «vuvres avec l'abbaye de Riehenau, dans le livre de confraternité qui tut écrit vers l'an 830 *. Le même livre rappelle aussi l'abbé Krcbanpert 3, qui est le même qu'Krkenbert nommé dans le nécrologe de Schutteien jiu premier de juillet et qu'Egilbert, qui vivait sous le règne de Louis 111 , roi de Germanie. Il échangea en 881 , ave*' Ralxm, abbé de Saint-Nazaire de Laurisbeim , les biens que possédait son abbaye d'Oflbnvillers à Burckeim, dans le Brisgau, contre ceux de Pez-
uianuscrit de l'abbaye d'Einsidlcn. lu religieux de Saint-Biaise, en a donné, en 1777, une traduction allemande.
* Pièces justificatives, toute 2, num. 90, pmj. ci.xiv.
Ces dons, loin d'être un présent gratuit et volontaire, étaient des espèces de contributions , que les rois de France, à l'exemple dos empereur» romains, exilaient pour subvenir aux frais de la guerre. Dès le cinquième siècle , Salvicu, prêtre de Marseille, trouvait très-ridicule .pie l'on qualifiât de dons, ce qui était un véritable impôt lc\é sur le peuple. « lnsuper, dit-il, de gubern. Dei, lib. 8, ipsi ridiculos mis fascimus : auruiii , quod pendimus, doua vocamus. • Les abbayes exemptes des contributions réelles n'en étaient pas moins obligées à payer les secours extraordinaires, employés à stipendier les troupes du Souverain.
Suie de l'éditeur. Le passage de Salvien , cité par Grammdier, se trouve à la lin du livre 6 du traité de vero judicio et proi identia Dei. Voyez Salviani mats, ep. contundantiœ vpehbus ejus adnexœ studio palrix Uemetiii IlavbuHi. Pisauri, 172:1, i". Le textedonne, d'ailleurs, le mot munem au lieu de doua.
5 Pièces justificatives, loin. 2, num. ilti, poij. ci cxxv. Dom Gehbekt, in llistorià nigrœ Sili ce, loin I, puy. i33, remarque que les deux premiers sont écrits d'une main originale du neuvième siècle, et que |c« deux derniers y ont été ajoutés postérieure lient-
' Erchanpertus abba*.
4 Chronicon cœnobii Schctteram , apud Schanuat, vindem. Utterar. colleet. 1, poij. 18. L'auteur de cette chronique est inconnu : mais il cite souvent les écrits • le Paul Voltz, abbé de Honcourt, qui écrivit, vers l'an 1 537, une chronique de S< hutlereii , dont il avait été religieux.
HISTOIRE HK i/kGUSF,
zingen, situés dans le même district Les frères du monastère de Schutteren sont, sur la tin du neuvième siècle, comptés parmi ceux , qui étaient associés à l'abbaye de Saint-Oal *. Theobald , ou Diepold, dont le nécrologe fait mention au jour de février, gouvernait celle de Schutteren, lorsqu'Eberhard, prévôt de la cathédrale de Strasbourg, vint s'y retirer vers l'an pour quelque temps, avant que de passer à Einsidlen 3. Elle fut brûlée en \)H~ ou 9t38 1 : mais elle fut réparée quelque temps après; et Erchambaud, qui devint évéque de Strasbourg, consacra la nouvelle église au commencement de son épiscopat \ L'abbé de Schutteren assista, selon Tretheme à un concile, que l'empereur Othon-le-tirand doit avoir tenu à Mayence, en ÎMW, pour la réforme du clergé* et de l'état religieux. Mais cette assemblée ecclésiastique, dont il ne reste aucun vestige dans les auteurs du temps, ou dans les collections des conciles, nous paraît d'autant plus douteux, que ce prince était alors absent de la C.ermanie, ayant passé à home et en Italie depuis l'an Mi2 jusqu'en ÎM»5. Ewihard ou Kberbard I, nommé aussi (iuihard, était alors abbé de Schutteren. Il eut vers l'an !>58 une contestation avec les prêtres séculiers, qui desservaient les cures voisines, au sujet de certains droits annuels, que ceux-ci refusaient de lui payer. La chronique de Schutteren 7 ajoute qu'Eberhard porta la cause au pape l.éon VIII, qui dans
' rièocs justilK-ntivi's, tome t, num. HT, pay. CC.LXXI.
' Ihidom , toute 2. nnm. 177 , pay. C.CCXXYI. Voyez TnmiKVK, Annal. Ilirsany., loin. /, pay. !Hi ol sm.ml \..|mnr .!.• .H ouvrage, livre t>, ptiy. 311, note t.
4 Tri THE* K , loin, ri/., pay. 7.V et 7>i , .mi MS; h Ma liii I,'»n, Annal, henr<hrt.% ttnn. 3 . lih. Î3, pay. Î3S, i n 9:*7.
r' WiijPiiF.r.lNfiirs , pay. 3ï ri Schanvat, pay. 19
* Annal. HirsailifNn . t<an. I , pay. KtS.
'■ Apml SùHANNAi, pay. lit.
DE STIlASDOl'RG. M VUE IHITIKME. i\?>
un synode, assemblé à Worms, en présence de l'empereur Othon, prononça en faveur de l'abbaye. Mais il ne nous reste aucune trace d'un synode tenu, en ce temps-là, à Worms. Nous le croyons aussi supposé, puisque Léon VIII, qui tint le siège de Home de 9G3 à 9G5, ne vint jamais en Allemagne. Kberbard mourut le 3 avril 975. Folkerne, troisième du nom, qui lui succéda, fut abbé pendant trente-trois ans. Sous lui, le pape Grégoire V confirma, vers l'an 998, les privilèges de son abbaye !. Folkerne profita aussi du séjour, que l'empereur Othon II faisait en Alsace, pour faire renouveler les diplômes, que les rois, ses prédécesseurs, et surtout Othon b >\ avaient accordés à l'abbaye de Schutteren, qui portait encore le nom d'Offonvillers. Othon était en 975 à Krstein , où il célébrait les fêtes de Noël a. L'impératrice Théophanie , son épouse , Willegise, archevêque de Mayence et Krchambaud, évêque de Strasbourg, appuyèrent la demande de l'abbé Folkerne. Othon se rendit favorable à leurs prières. 11 prit sous sa protection l'abbaye d'Offonvillcrs et il confirma le privilège d'Othon, son père, qui avait accordé à ses religieux la libre élection de leur abbé. L'acte fut expédié à Erstein 3, le 30 décembre de l'an 975 *. Folkerne décéda le 19 mai 1008. Ecbert, qui le remplaça au mois de juin, obtint un pareil privilège de Henri II, roi de Germanie, dont le diplôme est daté de Worms, 3 novembre 1009 5. Henri, qu'on a mis depuis au nombre des saints, et
■ Cocnirs, pug. TH.
* Annalisla saxo, apud Eecuidum> in corn, histor. medii a«vi, loin. 1, pag. 3i8.
5 Kl non ù Eschau , comme iVxrit Schaxnat , pug. 19 ou à Eisheim , comme le dil l'auteur de VAuttria Sflcra, /«i/7. /, lom. 1, pag. ill.
* l>i*Ve» justificatives; cf. WiiRbTWEIN , nov. subs. dipl., loin. .7, pag. HT. s Ibidem; cf. WUuutwkin, nov. subs. dipl., lom. C, p<ty. ICO.
HISTOIRE DE L'ÉGLISE
qu'on honore à Schulteren d'un culte particulier fut un «le ses principaux bienfaiteurs. Ce prince, venant en 1007 <!c Haie à Strasbourg, s arrêta une nuit à cette abbaye. Les pertes qu'elle avait faites et les incendies qu'elle avait essuyés, l'avaient réduite à une extrême pauvreté. Henri la rétablit dans ses droits, lit renouveler ses bâtiments et la soumit en même temps à l'évêché de Bambcrg, qu'il venait d'ériger *. Eberhard, premier évêque de cette ville, s'employa avec zèle au rétablissement d'une abbaye, qui devint ainsi un fief de son église. Il lui procura un grand nombre de biens et de revenus dans les bans de Hciligcnzell, Friescnheim, Plobsbeim, Oberscbopffen, Zuntzweyler, Kûrtzel, Almensclrweiler et Ottenhcim, qu'elle a conservés pour la plus grande partie 3. La charte de donation, faite par l'empereur Henri, est datée dcBamberg, 15 avril 1010 4. Ecbert, abbé de Schuttcren, sous lequel elle avait été faite, mourut le 7 octobre de la même année ",. Sisichon, son successeur assista , avec six évoques et neuf autres abbés, au concile célébré à Selingenstadt , le 12 d'août 1022 7. Ueginbold, déjà abbé de C.engcnbaoh, fut élu à sa
' Le directoire monastique de ln congrégation bénédictine, compte dans le numbre des principales fêtes de Sdiultcrcn, celle de Saint-Henri, 1i julii, ffslum S. Ilenrici imperatoris, duplex tecuntlœ rlassis.
* Coccius, pag. 97 , Tritiif.mh's , loin. 1, pag, 15 1 et 152. Hoffmann, Annalium liambergensis episeopal. , lib. 1 , apuil l.udewig , in scriptnr. rer. episc.
'Itamberg, loin, 1, pag. H.
1 L'abbaye de Schulteren jouit aujourd'hui de toutes les dimes de Fiïcsenhcim, Obersehopflen , Zuntweyler, Kiirtzel , Almcnsrhwciler, Heiligcnzell et de la moitié de celle d'Ottenlinm. L'abbé exerce aussi le droit de patronage dans les quatre premiers villages.
* Pièces justificatives ; cf. Wùrdiwf.ix, nor. subs. dipl.t tom. 6, pag. 175.
* SCHAKNAT, pffff. 19.
* Sisicho abbm Schuchlerensis.
1 Trithcmii s, rhrottit-i Hirsaugiensis , pag. i9 et Annal. Iliisaug. , tom. 1, pug. 164.
DE STRASBOtRC. LIVRE HllTIKME.
place, le 21 octobre 1024. Conrad, roi de Germanie, confirma, sous cet abbé, la concession qu'il avait faite du monastère de Schutteren à Kberhard , évoque de Bamberg , et à son église. Le diplôme, daté du 19 décembre 1024 \ lut expédié à Corbie, ainsi que celui du 21 décembre suivant, par lequel ce même prince confirma à Reginbold les privilèges des rois, ses prédécesseurs4. Depuis ce temps, l'abbaye de Schutteren n'a cessé de dépendre pour le temporel de levéque de Bamberg , dont chaque abbé élu est obligé de prendre l'investiture 3. La mort de Reginbold arriva le 11) juillet 1027 et Ruslen fut élu à sa place, le premier d'août suivant *. Ce dernier décéda le 2 septembre 1034 \ Il fut remplacé par les abbés Folribert, ou Folkerne IV, Landolphe, Robert et Kberhard II n. Celui-ci, qui vivait au commencement du douzième siècle, reçut vers l'an 1127 dos lettres encycliques de St.-Otton, évéque de Bamberg 7. I Iric, qui succéda à Kberhard, est rappelé, dans le nécrologc de Schutteren, au 14 janvier. Après la mort dTlric, Conrad, religieux du monastère de Saint-Michel de Bamberg , fut postulé abbé. Il obtint , le 28 octobre H 30, du pape Innocent II, la confirmation des
' Pièces justificatives ; cf. WiiniatVF.lN , nor. subit, diph, foui. 6, p. 185.
* Coccus, pag. 78 et Sciu.nnat , pag. W.
1 Malricula clicnlclaris vassallorum ccclcsine Rambergcnsi*, apud I.udtwig , in scriplor. rer. rpisc. Bantbergcnsis , loin. 1 , pag. 1t7l.
* Quelques-uns croient que Ruslen était abbé du monasléro tic Marien-Celle , dans la Forêt-Noire. Mai» ce monastère, non de l'ordre de Saint-Benoît, était de l'institut de» chanoines régulier*; et il ne fut fondé qu'en 1120, par Rrunon de llohenberg, prévôt de la cathédrale de Strasbourg, comme l'écrit Pétri s, in Suevià ecrlniasticû , pag. 235.
* Paul Voltz, cité par Schannul, pug. 20.
* Le nécrologe de Schutteren, place la mort de Folkbcrt , au 1" mars, et celle de Landolphe, au 43 mai.
' Adressées vtnerabili frai ri Ebtrhard» sntturensi. Elle* ?e trouvent dans
HISTOIRE DE Ï.'ÉOMSE
biens et droits de son abbaye1. 11 signa, en 1148, une donation faite au monastère de Saint-Pierre dans la Foret- Noire *. La partie intérieure de l'église de Scbutleren fui consumée par le feu en 1153. Elle fut, bientôt après, rétablie et Burchard, évoque de Strasbourg, la consacra en i 155 3. Conrad mourut le 23 ou 27 juillet 1 102 4. Swigger, qui fut élu le 0 août suivant , finit ses jours le 21 mai \ 187 5. Sous lui, Berthold, comte de Nuwenbourg, entra à main armée, en H 09, dans l'abbaye de Scbutteren, brûla une partie des lieux claustraux et mit à feu et à sang les terres qui lui appartenaient0. Dietric, successeur de Swigger, décéda le 2i janvier 1215. Nous terminons ici le catalogue des abbés de Scbutteren , nous réservant de le continuer dans les tomes suivants de cette histoire. Cette abbaye, unie en 1 190 à la congrégation de Bursfelden, en fut séparée en 1017 par Léopold d'Autriche, évoque de Strasbourg, pour former une congrégation particulière avec les autres abbayes de l'ordre de Saint-Benoît, situées
Uuewic, lih. suprù rit. tont. I, pay. Iî2 et tlî\, «•! dans Lu M G , Spivil. ecrlesiast., toit), 5, pay- ■?/.
1 Pièces justificatives; cf. WtinDTWEiX, nor. xubs. dipl. , loin. 7, pay. 92. La bulle est adressée dilecto pliu Conrado ahhali Schutterensi* nionaslerii , quad in epixeopalu Artjenlinensi in /or», qui niorlinungia dicitur, sitnm est.
* Aitdifnle et ridente Conratlo Sciitren eabbate, dit l'acte publié par SauF.rn.ix, Mat. Zarinyo-Dudensi* , tout, S, pny. 92.
' Wispheuxgii s, pay. /// et Dkhi.f.ri s in chmnico ms». fui. 78 attrsu.
4 Le 27 juillet H6i, suivant le nécrologc de Schutlercn , cité par SCHASNAT , pay. 20, ou le 23, suivant le nécrologc du monastère de Saint-Michel de Bamberg, apud Schaunat, in vhidem. litter. col. S, pay. Si, où on lit: « Kal. Augusti , « (.onradus abbas Scuturoc, nostra; congregntionis fraler. »
1 Swigcerls , abbé de .Scbutteren , est nommé dans une requête , présentée en 1181 , au pape Lucc III, dans la cause du prieur de Sainl-l'lric , avec le curé de Bikensol, comme le remarque Philippe-Jacques , abbé de Saint-Pierre, dans sou histoire allemande de ce prieuré, pay. ti!t.
* CM Mi S \nnol, surrir. (../«. /. /„„/. ^, ///,. //, pay. f.ï.7.
DE STUASBOl lw;. UYUE HUTIÈME. 117
dans ce diocèse. Elle ne tait plus aujourd'hui partie de cette dernière, en vertu des ordres de l'empereur Joseph ; mais elle est restée soumise à la jurisdiction immédiate de l'évéque de Strasbourg, en sa qualité de seigneur ordinaire et diocésain. L'église abbatiale est sous l'invocation de la Sainte-Vierge et sous le titre de son assomption. A un quart de lieue de Schutteren, est la chapelle de Notre-Dame, qu'on prétend avoir été l'église primitive. Tous les habitants du village de Schutteren sont hommes propres de l'abbaye, qui est propriétaire de tous les fonds, sous la protection de la maison d'Autriche. L'abbé occupa la troisième place parmi les prélats des états du Ib isgau.
HOHEN BOURG ET MEUERMUNSTER.
Les abbayes de Holienbourg 1 et de Niedermiinster, dont nous avons détaillé l'origine dans le premier volume de cet ouvrage8, ne perdirent rien de leur antique ferveur pendant les siècles que nous parcourons. La sainteté d'Odile, leur fondatrice3, le précieux souvenir de ses vertus', I éclat
' Dom Beaunieii, lom. 2, pay. 1081, dit lloiuboury ou suiulus Odu, au lieu de Hohenbourg. Il ajoute que celle abbaye fui fondée dans l'île de Notent , au confluent de la rivière d'Ill et du Rhin. Il faul que ce Bénédictin ait travaillé sur de? mémoires bien fautifs.
• Livre 4 , pay. 511-506.
3 Ibidem, pay. 530. Le martyrologe do Beda, qui se trouve dans le monastère de Saint-Lambert , et cité par les Pères Hcnsclicnius cl Papebroch in actis SS. . lom. 2, marlii, pay. 59, Tait ainsi mention de Sainte- Odile , au 13 de décembre : Natate S. Odilhe viryinis , quœ cœca nafu , sed a deu curala , et de sucro fonte a tribus episcopis susceplu fuit. Le calendrier de Sainl-Siméon de Trêves du treizième siècle, public par M»' de Houtbeini, in prodromo histur. trevir. part. 1, pag. 407 , rappelle au même jour la fêle Odylix viryitiis.
* Nous avons dit, tom. /, pay. 5i5, que Sainte-Odile fut enlevée et baptisée dans le monastère de l'aime, qui est aujourd'hui l'abbaye de Baume-les-Dames , dans le comté de Bourgogne. C'est là, l'opinion la plus vraisemblable et la mieux prouvée, comme on peut le voir plus amplement dans les vies de cette sainte, écrites par Peltre, />««/. 10 et «»/»>., et par Ai.bkkmit , pay. 18 i et seq. et 49S. Les dames de l'abbaye de Heaume, conservent un voile violet, mêlé de soie et de filets d'or, qu'on prétend avoir été travaillé de sxs mains : elles en font l'office le jour de sa mort sous le rit double. C'c<t eu raison de cela, que Sainte-Odile a eu , de tout temps , un culte particulier dans le diocèse de Besançon , où sa fête est
1IIST. DE i/EGMSE DE STIlASBOrilG. MV. IiriTIEME. HO
continuel (le ses miracles et la mémoire du duc Adalric, son père, l'y conservèrent longtemps. L'empereur Charlesmagne avait pris sous sa protection l'abbaye des chanoinesses de Hohenbourg. On a perdu le diplôme qu'il ht expédier à ce sujet : mais il est rappelé dans celui de Louisle-Débonnaire , son fils, daté d'Aix-la-Chapelle , 9 mars 837 *. Ce prince, à la prière de l'impératrice, son épouse, renouvela les privilèges (pie Charlesmagne avait accordés à cette abbaye. 11 lui confirma l'exemption dont elle jouissait , ainsi que ses biens, dans toutes les terres de ses vastes états. Il la déclara libre de tous droits de péage et de domaine, et il voulut, conformément à la volonté de son père, que tout ce que le fisc royal retirait des biens de cette abbaye lut employé au culte de Dieu et à l'entretien des chanoinesses, afin qu'elles priassent pour le repos de son àme, et pour la tranquillité de l'empire. Hohenbourg est nommé entre les abbayes royales de l'Alsace qui , dans la division des états de Lothairc, roi de Lorraine, faite le 8 lYAut/itstr 870, échurent en partage à Louis-le-Ccrmanique , son oncle *. Les irruptions des Hongrois en Alsace, pendant le cours de l'année 926, furent fatales aux abbayes de Hohenbourg et de Nicdermunster, qui devinrent la proie de ces ennemis impitoyables :K Hclelw igc était abbesse de celle de Nicder-
scmi-doublc. Elle a dans le bréviaire de cette église, publié en 1761 , par ordre du cardinal de Clmb-eul, pars Ihjenutlis , /<«</. une Ic.on propre avec l'oraison suivante :
< Deus, qui sam-t.i' Olbilia- in sanrti baptisinatis susceptione non solum menti», « sed et corporis oculos illuininàsti : d;« nobis illum inatos orulos cordis noslri ut n in veritalis tua* lucc svinpcr unibuleiuiis , per dom. . . »
' Pièces justificatives , loin. ï, nutn. III, patj. ccvitl. Il exislr un autre diplôme du même prince et de la même date. Ibidem , «m/h. 110 , patj. u:v. Mais nous avons fait voir autre pari, tlixsrrtatioii cinquième, patj, 15 17, lu lau<selé de celle pièce.
* Pièces justificatives, tom. S, num. 157, pan. ca.v.
' Aldbecbt, Hisfnnj ro/i Ihh en bourg , patj. 5'JG et 'iH!l.
HISTOIRE l»R l/KGMSE
munster au commencement de l'onzième siècle. Elle obtint de l'empereur Henri II la confirmation des privilèges et des droits de son abbaye, entr'autres celui de la libre élection de l'abbesse et de l'avoué. Le diplôme fut donné à Francfort, le 29 septembre 1017, à la sollicitation de l'abbesse Helelwige et des évôques Yerinhaire, de Strasbourg, et Hetzelin, de Wurtzbourg *. Odile, qui portait le môme nom que la fondatrice de Hobenbourg, gouvernait dans le môme temps cette dernière abbaye, qu'elle illustra par la sainteté de sa vie et de sa mort*. Fille de Herman, ou Hetzelon, comte de Verdun, et de Matbilde, comtesse d'Egisbeim, elle était, par sa mère, nièce du pape St.-Lcon IX, et pur son père, d'Àdalberon H, évôque de Verdun3, de (iodefroi et de Gothelon, successivement ducs de la basse Lorraine. Odile vint , vers l'an 1020, à Verdun, quelques jours avant PiWpies, pour y voir ses parents. Le bienheureux Richard, abbé de Saint- Vannes, de la môme ville, lui ayant annoncé sa mort prochaine, elle reçut à la messe du jeudi saint l'extrême onct ion et le viatique. Les douleurs, qui suivirent cet acte de religion , la firent retourner dans sa chambre , où elle rendit l'âme entre les bras de Richard, couchée sur la cendre et le cilice. Cet abbé la lit enterrer le samedi suivant dans son église de St. -Vannes au pied du tombeau de ses ancêtres*.
' Pièces justificatives; cf. Wurdtweix , nuv. suis. dipt., tout. H, pag. 479.
* PEl.Tne, Vie de Sainte-Odile , chap. 4, pag, 16G.
3 Chronicon Hugonis Abhatis llaviniaccnsis , pari. I , upud I. AlWF.ru , in bihliu- Ihfcn nord manuscriptorum , lum. 4 , pag. IGI, et vu p. I , upud Paperrochu v , »» ficlis SS., toi». 2,junii, pag. 97S. « Habebat Godofiïdus .... filins Adalbero- « iicm virduncnsem episcopum, Herimannum qtioque <omitein nohilissimum . . ,
« Hcrimamis, qui est Hczelo, Malhildoni duxit uxormn , rxqua {•onuit liliam
« Odiliam, qua- fuit Abbatissa aiirillarum t in innnastn io S. Odillitr. »
* l.u déUiil de la mort d'Odile se trouve dans la chronique de Hugues de r'Iavigny, auteur contemporain , lue. cit. upud I.xitiiKU.v, pug. 40 f, et upud PAi'EimoonrJi , ifip. J. pug. 9X.Î, qui la imnimc Odilia virgo mcratixsimu. Elle arriva, après l'an
de sriwsnoi ne.