LIV. HUITIÈME
nom à la postérité 1 : ainsi nous n'y reviendrons plus. Plusieurs savants 2 lui disputent le titre d'abbé de Neuvillers. Il est vrai que ce titre n'est pas bien certain : mais comme ils n'ont pas plus de raisons de le nier, que nous n'en avons peut-être de l'assurer, nous avons cru devoir le revendiquer à notre patrie. Ils n'ont pour eux qu'un argument négatif, qu'ils n'étayent d'aucune preuve, et nous avons, de notre côté, une conjecture qui paraît vraisemblable. Neuvillers, pendant les siècles que nous parcourons, continua de dépendre de la jurisdiction temporelle des évéques de Metz. L'auteur de la vie d'Àdalberon H, qui occupa ce siège depuis le 10 octobre 984 jusqu'au 15 décembre 1005, remarque3 que ce pieux prélat donmt la bénédiction abbatiale à trois abbés du monastère de Saint- Adelphe *. St.-Poppon , abbé de Stavelot , y envoya pour la réformer, au commencement de l'onzième siècle, Thierri, qui en devint abbé5. Hupert fut élu en 1054. 11 acheta de Ditmar, abbé de Fleury , l'église de Hochfelden avec tous
* Tome second , pag. 203-210.
* Dom Mabilloi», Annal, benedicl., tom. 5\ lit. 36, pag. 140 , ainsi que dom. Rivet et dom. Cellier.
' Constantixis , in vitâ Adalberonis Melennis Episeopi, apud Labbei'X in bibliothecti novâ manuscriptorum librorum, tom. 1, pag. G78.
* Ce que dom. Mabillon, Annal, benedict., tom. 4, lib. 52, pag. 180 , et dom. Cai.met, Histoire de Lorraine, tom. 1 , col. 827, entendent mal du monastère des bénédictins de Rcmireinont, où reposait le corps de l'abbé Saint- Adelphe , comme nous l'avons remarqué dans notre premier volume, pag. 417, note i, cl comme l'a reconnu dom Calmet lui-même dans sa notice, tom. 2, pag. 142 et 287. Ce dernier cite aussi , dans son Histoire de Lorraine , tom. 1, col. cit. , un passade du nécrologe de Saint-Mihel, où on lit XI octobris obiit Sotgerus , Abbas S. Adelphi. Le P. Perier, in actis 55., tom. 5, septembris , pag. 821 , croit aussi que ce Notger était un abbé de Neuvillers.
* Eyerhelmis, in vi la Sti. Popponis, cap. 9, apud Bollandcm, in actis 55., tut». 2 , januarii , pag. 646 , et apud Mabillonem, in actitSS. ord. S. Benedicti, tom. 8, sœculi 6 , parte 1, pag. S14.
HISTOlilE DE L'ÉGLISE
ses biens y attachés , pour la somme de deux cent livres d'argent et de cinq livres d'or. Cette vente se fit le 23 juin 10701, à Aix-la-Chapelle, dans le palais de l'empereur Henri IV, en présence de Folmar, comte de Metz, d'Eberhard, avoué de Neuvillers, et de plusieurs autres personnes. L'abbaye de Fleury*, située dans le diocèse d'Orléans, à sept lieues de cette ville , avait obtenu l'église de Hochfelden de la libéralité de l'empereur Henri III et d'Agnès, son épouse ; mais comme cet endroit, placé en Alsace, était trop éloigné de l'abbaye de Fleury , l'abbé Ditmar vendit son église à celle de Neuvillers. Henri IV augmenta l'achat de l'abbé Rupert, en lui cédant pour son abbaye les trois quarts des dîmes de Ilochfelden. Le diplôme de ce prince est daté de Mayence du mois de janvier 1085. Il fut souscrit par Werzelin , archevêque de cette ville , par les évéques Othon de Strasbourg, Rupert de Ramberg et Conrad de Tarcnte, par Frédéric , duc de Souabe et d'Alsace, par Folmar, comte de Metz, avoué de Neuvillers, et les comtes Godefroi et Folmar, ses deux fils, par Gerhard, comte de Vaudemont, et par un grand nombre d'autres comtes et seigneurs de sa cour, dont les noms sont rappelés dans l'acte de donation 3. La collégiale de Neuvillers jouit encore aujourd'hui du droit de patronage et des trois quarts de la dime dans le village de Ilochfelden Vallon
' Piétés justificatives , num. 11.
• L'abbaye <lc Fleury fut l'ondée vers le milieu du septième siècle par LeodeMd , abhè de Saint-Aignan. Elle porte aujourd'hui le nom de Saint-Benoit , sur Loire, et sa man»e abbatiale a élu unie à l'archevêché de Bourses. Voyez la ('.allia christiana , lomo S, pug. /i\58 et seq., dont les auteurs ont oublie de placer Ditmar dans le nombre des abbés de Hcuiy. Voyez Hm.yot , Hislaire des ordres monastique*, tom. S, pag. 89-93.
* Pièces justificatives, num. 12.
4 Ce village appartient aux sieurs d'Ichtersheim qui le possèdent en fief de la maison d'Autriche, depuis l'an 1632. L'empereur Othon I avait accordé, en 968,
était abbé de Neuvillers , au commencement du douzième siècle : il signa en cette qualité la charte qu'Àdalberon, évéque de Metz , donna le 5 mars 1111, en faveur de l'abbaye de Senones *. Il fut remplacé par Henri, qui fut envoyé à Neuvillers, vers l'an 1129, par Volmar, abbé d'Hirsauge *. Henri fut recommandable par ses vertus et sa science : il rétablit la régularité et l'économie dans son abbaye 3. 11 eut pour successeur Richwin, qui, n'étant encore que prévôt, ou prieur de Neuvillers, avait fondé, en 1115, le monastère de Sindelsberg près de Maurmoutier 4, Nous en parlerons autre part plus amplement.
à Adélaïde , son épouse , des biens considérables situés dans cet endroit. L'empereur Henri IV fit présent à Eberhard , comte de Spnnheim , des deux villages de Hochftdden et de Schweighausen. Le diplôme de donation est daté de Guncebourg, 22 mai 1065. Pièces justificatives, num. 43.
' Cette charte a été publiée par dom Calmf.t , Histoire de Lorraine, lotn. 4, pag. 527, prem. èdit., et iom. .», preuves, pag. LXIl , seconde édition. Elle donne expressément le nom de Vallon à l'abbé de Neuvillers. Yailo Abbas Sovillarensis. Cependant les auteurs de la f.aulc chrétienne , tom. S , pag. 854 , et dom Calmet lui-même , Solive de la Lorraine, tom. %, pag. 44%, l'appellent Ascelin , qui était alors non abbé de Neuvillers , mais prieur de Saint-Clément de Metz , comme il parait par cette même charte , où on lit : Acelinus prior sancti démentis , immédiatement après la signature de l'abbé Vallon.
* Volmar fut abbé d'Hirsauge depuis 1120 jusqu'en 1157. 1 Trithème, Annal. Ilirsaugiens., tom. 4, pag. %76.
* A Richwino preposito, postea Sovillarensi Abbate fundatus , dit la notice d« la fondation de ce monastère.
ETTENHEIMMUNSTER.
Ettenheimmùnster, fondé vers l'an 725, par Widegerne, évéque de Strasbourg, et rétablie, en 734, par Heddon, un de ses successeurs est située à l'entrée de la Forét- Noire et sépare l'Ortenau du Brisgau *. Son abbé occupe la sixième place parmi les prélats des états de ce dernier pays et il est membre de Tordre équestre , à cause de la coseigneurie de Riegel 3. Cette abbaye eut, en 830, pour abbé Uthon , qui joignit à sa dignité celle d'évéque *. Il
' Voyez le tome premier, pag. 248, 280 et 419. Bernard Mugg, religieux de l'abbaye d'Ettenheimmiinster, esl auteur d'un ouvrage manuscrit composé en 1702 et intitulé : Antiquitates Alsalicat el Brùgoicœ. Dom Jeàn-Fraxçois rapporte, dans «a bibliothèque générale des écrivains de l'ordre de Saint-Benoit, imprimée en 1777, tom. /, pag. 74, que ce manuscrit se trouve dans la bibliothèque du monastère de Saint-Pierre, en la Forèt-Noire. M. l'abbé d'Etlenheimmunster nous avait certifié la même chose. Nous en écrivîmes à celui de Saint-Pierre , lequel nous marqua, dans sa lettre du 10 octobre 1776, que ni le bibliothécaire, ni l'archiviste n'avaient pu découvrir ce manuscrit.
* Les auteurs de la Gaule chrétienne , tom. 5 , col. 864, et dom Mabh.lon , Annales Dencdictini , tom. 2, pag. 825, se trompent lorsqu'ils placent l'abbaye d'Ettenheimmiinster en Alsace.
* Comme le remarque M. Bùschisg , Géographie universelle, traduite de l'allemand, tom. 7, imprimée en 4775, pages 412 et 122, qui cependant se trompe lorsqu'il ajoute que l'abbaye d'Etlenheimmunster refuse a l'évèque de Strasbourg la supériorité territoriale. Voyez notre tome premier, pag. 420.
* Dom Mabili.on, Annales Benedictini , tom. 2, lib. 22, pag. 146, et les auteurs de la Gaule chrétienne, tom. 5, pag. 865, confondent cet Uton avec l'évèque Heddon , qui vivait près d'un siècle auparavant.
IIIST. DE l,'ÉGM8E DE STRASBOURG. LIV. HUITIÈME, i 1\
est nommé, dans ce temps-là, avec Adalhard, Wolwolt et Munigise, ses religieux, dans la liste des confrères de Richenau *. Les frères d'Ettenbeimmùnster se trouvent aussi, au neuvième siècle, dans le nombre des associes de l'abbaye de Saint-Gai *. Wolfbard était abbé, en 925, lorsque les sujets du monastère de Waldkirch3, situé dans le Brisgau et la Forét-Noire, vinrent ravager le territoire d'Ettenheim appartenant à l'évèché de Strasbourg 4. Les moines d'Ettenheimmûnster souffrirent le plus de ce dégât, parce que leurs terres étaient voisines. Ils s'en plaignirent à Burchard , duc de Souabe , lequel , de concert avec Regilinde , son épouse , répara le tort qu'ils avaient essuyé et fit dresser un acte, qui fixait les limites des deux
1 Pièces justificatives, lom. 2, num. 176, pag. CCCXXV.
* Ibidem , num. 177 , pag. CCCXXV 7.
* Waldkirch est aujourd'hui une petite ville du Brisgau , située à deux lieues de Fribourg, dans une isle formée par l'EItz , où le comte Birthilon fonda , selon Gvii.lima> , Ilabsburg. , lib. 4, cap. 1, pag. ISS, et cap. 2 , pag. 168 , une abbaye de femmes de l'ordre de Saint-Benoit, en l'honneur de la Sainte-Vierge et de S"-Marguer«le. Voy^z Chi sils, in Annal, suevicis, lom. 1, part. 2, lib. ISS, ettom. 2, part. 3, lib. 6, pag. 546, et Peiri, in Sueviâecclesiasticâ.pag. 848. — Burchard II, duc de Suabc, llls de Burchard I , et Hadwigc , sa femme, accordèrent le monastère de Waldkirch au fisc royal , comme le prouvent deux diplômes d'Otton III et de Henri V, de 994 et 1123. Maiuax , Auitria sacra, partis primœ , lorno 2, pag. 262 et 26S. Le même empereur Otton lui accorda aussi , en 994 , la cour de Nicsbach situé dans l'Orlenau et le diocèse de Strasbourg. Cf. Wùrdtwein , nov. subs. dipl., lom. S, pag. 570.
Waldkirch devint , au quatorzième siècle , une abbaye de chanoinesses nobles , qui fui changée, au commencement du quinzième, par le cardinal Julien, légat du Saint-Siège, en Allemagne, dans un chapitre de chanoines séculiers : ce qui fut confirmé , en 1434 , par l'empereur Sigismond. Maria* , lom. 2 cil., pag. 268 et 269. Ce chapitre est aujourd'hui composé de six chanoines , en y comprenant le prévôt , qui est un des membres des états du Brisgau.
Le concile de Basic , par décret du 19 juillet 1437, changea le monastère des bénédictines de Waldkirch en un chapitre d'hommes. Codex dipl. Uist. Nigrœ Sylva*, num. 263, pag. 345.
* Voyez le tome second de cette histoire , lib. 6, pag. 304 el SOS.
172 HISTOIRE DE L'ÉGLISE
couvents de Waldkirch et d'Ettenheimmùnster. Cet acte, fait au commencement de l'année 926 *, fut donné à Kinstorff*, en présence d'un grand nombre de témoins, qui le signèrent, et dans une assemblée générale des peuples du Brisgau et de l'Ortenau. L'abbé Wolfhard eut pour successeurs Eberhard, Herman, Adalberon et Adalbert, qui vécurent sur la fin du dixième siècle , ou au commencement de l'onzième 3. Vers la fin de celui-ci , Brunon fut envoyé de l'abbaye d'Hirsauge pour gouverner celle d'Ettenheimmùnster 4. 11 eut pour successeur Conrad Ie»* du nom, qui assista avec six autres abbés, le 30 juillet 1093, à la consécration de l'église abbatiale de Saint- Pierre, dans la Forêt-Noire, faite par Gebhard, évêque de Constance3. Les troubles du schisme diminuèrent, sous cet abbé, le nombre des religieux d'Ettenheimmùnster. Fondée pour trente, elle se vit réduite, en 1098, à celui de douze. On attribua cette diminution à Otton, évêque de Strasbourg, qui lui enleva plusieurs de ses possessions en faveur des partisans de Henri IV , roi de Germanie fi. Conrad, témoin de ces malheurs, mourut vers l'an 1116. Il fut remplacé par un abbé du même nom , qui lit , en
• Pièce» justificatives ; cf. Wubotweix, nov. sub. »/»>/., /«m. .î, pag. .148.
• KinstortT, nommé dans l'acte Oppidum Chinirhdorff, parait être aujourd'hui la ville d'Oflenbourg., située sur la Kinzig, fondée, dit-on, par un prince anglais, nommé Oflbn.
• Martinus Stephan , in historid de vitd el Martyrio S. Landelini , part. 1. cap. /.
• Bruno mUtitur Abbas ad Etienbeimmunster , dit Trithene , Annal. Hirsaug. lom. 1, in indiculo Abbatum ad alia canobia tnissorum. 11 remarque aussi , in chron. Hirsaug., pag. 86, que l'abbaye d'Ettenheimmùnster était liée de confraternité avec celle d'Hirsauge.
• Chronicon mss. Abbatiœ S. Pétri in Nigrâ Sylvâ et Crusiue, Annal. Suevic, tom. 1, part. 2, lib. 8, pag. 277.
• Winphelinc, de epiteopis Argent, pag. 43 tt iÇ.
DE ST1USB0UKG. LIYKE HUITIÈME. 173
1121 , renouveler la charte de fondation de l'abbaye *. Le décès de Conrad II, dit le Jeune, arriva en 1 124, sans avoir pu rétablir le temporel de son abbaye, qui fut également appauvrie par les aliénations de l'évêque Cunon , successeur d'Otton, lequel accorda une partie de ses biens à des laïcs de son diocèse a.
1 Pièces justificatives , tom. S, num. 55, pag. XCI, nota d. • Wimphelinc , loc. cit., pag. 47.
GENGENBACH (').
Gengenbach ' , qui embrassa , au milieu du huitième siècle , la réforme du chorévôque Saint-Pirmin , abbé de Richenau a, était encore, au neuvième, uni par une sainte communion de prières avec cette dernière abbaye. Germunde, abbé, dit aussi Gerward, est nommé, en 830, avec Sigiramne et Sigefroi, ses religieux, dans le nombre des associés de Richenau3. Les successeurs de Germunde furent Alfram, Landon, Thomas et Adalhelm, rappelés
(o) N. B. Parler ici des comtes de l'Ortcnau.
Note de l'Éditeur. Nous n'avons rien Irouvé dans les manuscrits qui remplisse le but de cette remarque. Pour suppléer à cette lacune , nous renvoyons le lecteur au tome m de Vart de vérifier les dates, pag. SS6, èdit. de 4787. L'article concernant la généalogie des Margraves de Bade , a été rédigé d'après les notes fournies par Grandidier. Il les fait descendre des ducs d'Alsace. On consultera encore avec fruit , pour la succession des Margraves, à partir du commencement du quinzième siècle , Hisloria nigrœ silvœ, tom. 2, pag. 248 , alinéa Furstembergici.
* Dom Bejminier, dont le Recueil général des abbayes de France est singulièrement fautif, dit, pag. 4080, que Gengenbal (c'est ainsi qu'il nomme Gengenbach) a été érigé en église collégiale. Il assure aussi , pag. 4084 , que Schwarlzach, qu'il appelle Inscuvartiach ou Sctaartbach , a été supprimée , au mois de mai 1585 , et fut érigée en un séminaire de clercs.
» Voyez le tome premier, pag. 252 et 529. On en fait la fête dans l'abbaye de Gengenbach, ainsi que dans celle de Schultcren , au trois novembre, sous le rit double de la seconde classe.
» Pièces justificatives, tom, 2, mm». 176, pag. CCCXXV.
également dans le catalogue des associés1. Thomas2 est nommé, au premier de mars, dans un calendrier dyptique de l'abbaye de Kichenau, écrit avant l'an 936 3. Les abbés Emilon et Alfram, qui vivaient avant la fin du neuvième siècle 4 , paraissent dans la liste des confrères de celle de Saint-Gai 5. Nous avons fait connaître, dans le premier volume de cet ouvrage, la liste des autres abbés de Gengenbach, jusqu'au commencement de l'onzième siècle et le nom de son fondateur °. Ce fondateur fut Huthard , qu'on croît avoir été fils de Luitfrid, duc d'Alsace, et qui paraît, en 748 et 763, dans le nombre des comtes du Nordgau et de l'Ortenau7. L'empereur Charlcs-le-Gros , lui attribue aussi cette fondation dans le diplôme , par lequel il confirme les anciens privilèges de cette abbaye, et accorde à ses religieux la libre élection de leur abbé. Ce diplôme fut expédié, vers l'an 885, à la prière de Luitward, évéque de Verceil et chancelier de ce prince8. L'impératrice Sainte-Richarde, son épouse, lui accorda aussi quelques dîmes en vin dans les bans de Kinsheim et de Scherweiler, en Alsace °.
« Alframnus Abba , Lando Abba , Thomas Abba , AdaUielm Abba.
* Thomas Abba.
* Qui se trouve dans la bibliothèque impériale de Vienne , et que Sébastien Dunati publia, en 1753, in appendice de diitici degli Antichi.
* Selon Mabillon, Annal, ord. S. Benedict. , tom. pag. 78 , et la Caule chrétienne, ton*. S, pag. 870.
■ Pièces justificatives, tom. 2, num. 177, pag. CCCXXVI.
* Liv. 4, pag. 421 et suiv.
7 Le nécrologe de Schutteren , place la mort de Ruthard , au 28 janvier et celui d'Eltenheimmunster, au 24 du même mois.
* Pièces justificatives , tom. 2, num. 1S2. pag. CCLXX.
* Le pape Innocent II , dans sa bulle de 1139 , -pour l'abbaye de Gengenbach, lui confirme decimûlionem v'tni ab riegardis quondam illuslri regina eotlatam in Kunegesheim et Scherwilre.
HISTOIRE DE L'ÉGLISE
La bienfaisance des souverains et des seigneurs 1 lit de l'abbaye de Gengenbacb un monastère riche et célèbre. Elle donna origine , sous le roi Amoul , successeur de Charles-le-Gros , à la ville du môme nom *, située sur la Kintzig, qui est depuis devenue une ville libre et impériale 3 , et où l'abbé a conservé les dîmes et le droit de patronage, avec le droit d'en nommer le prêteur impérial. L'abbaye fit partie du domaine royal jusqu'en 1007. Saint- Henri, ayant cette année établi un évéché à Bamberg, accorda, au nouvel évéque Eberhard et à ses successeurs , l'abbaye de Gengenbach, avec toutes ses appartenances et en unit le domaine direct à la manse épiscopale. Le titre d'union est daté de Francfort, du Ie»* novembre 1007 4. Depuis ce temps, cette abbaye a toujours été regardée comme un fief de l'église de Bamberg 5. Chaque nouvel abbé est obligé de prendre de l'évéque l'inve9titure pour le temporel et de lui payer cinq cents florins , en qualité de vassal 7. Conrad, le salique, successeur de Saint-Henri, confirma à Eberhard, évêque de Bamberg, l'union qui
* Bdcelin, Germaniœ sacra, pari. 2, pag. 38, compte en 855 le comte Luilfrid dans le nombre des bienfaiteurs de cette abbaye. On voit par la chronique d'Ebersmiinster , g 17, qu'un noble alsacien , frère d'un nommé Hillewrit , lui accorda, sur la lin du neuvième siècle, les possessions qu'il avait dans le village de Biesheim.
* Lunig , Spicilegii ecclesiastici, part. 3, cap. 6, tom. 4, pag. 289.
* Deux bulles des papes Grégoire IX et Innocent IV, de 1231 et 1848, font voir que la ville de Gengenbacb était un fief de l'évèrhé de Bamberg, accordé à l'empereur Frédéric. Oppidum de Gengenbach, quod Fridericus quondarn imperaior ah ecclesia Bambergensi tenebat in feodum. Elle occupe aujourd'hui la trentième place parmi les villes impériales de Suabe.
4 Pièces justificatives; cf. Wurdtwein, nov. subs. dipL, tom. 6, pag. 164. B Malricula clientaris vassal lor uni ecclesia? Bambergensis , apud Ludewig , in teript. rer. episc. Bamberg, tom. 1, pag. 1271.
* Hoffmann , Annales Bambergensis episc. , lib. 1 , apud Ludewig , tom. cit., pag. 44.
avait été faite à son église. Le diplôme de ce prince fut donné à Corhic, le 19 décembre 1024 Il y renouvela aussi, le 13 janvier suivant, les droits et les possessions de l'abbaye de Gengcnbaeh 2. Reginbold en était pour lors abbé, et il la gouvernait conjointement avec celle de Schutteren 3. 11 mourut le 19 juillet de l'année 1027, et il eut pour successeurs Willon, Bruning et Alberto 4. Bruning décéda en 1065 5 et Albcric en 1074. Le cinquantième abbé de Gengenbacb fut Rupert, déjà abbé du mont Saint- Michel, près de Bamberg et de Hicbenau. Il fut surnommé YArgrntier, parce qu'il avait acheté, en 1071, l'abbaye de Hicbenau de l'empereur Henri IV, pour la somme de mille livres d'argent, et qu'il lui en avait offert autant pour obtenir celle de Fulde. Cette simonie le fit excommunier et déposer en 1072 par Alexandre 11°. Mais Hupert ne s'en inquiéta guère et il méprisa les anathèmes de ce pape et de Grégoire VU , son successeur. 11 obtint l'année suivante, 1073, de l'empereur l'abbaye de (iengenbach, qu'il ne conserva que jusqu'au 12 décembre 1077, qu'il fut tué par quelques vassaux de l'abbaye, dont il voulait usurper les possessions 7. 11 fut remplacé par Poppon, qui mourut le 4 novembre 1003. La discipline régulière souffrit sous ces deux abbés, et le nombre des moines y diminua. Gebhard, abbé d'Hirsauge, envoya, en 1094, à Gerigenbach,
* Pièces justificatives ; cf. Wurdtwein, nov. subs. </»>/., tom. 6. pag. 18S.
* Hoffmann, lib. cit., pag. 57.
* Voyez ci-dessus, pag. 11 4.
* Lunig, opère supra, memor., pag. 290. " Gallia christiana, tom. 5, pag. 870.
* Gallia christiana, tom. S, pag. 988.
' Tritiikmius, in chron. llirsaugiense , operum ejus , tom. 2, pag. 76 vl in Annal. Hirsaugiem., tom. 1, pag. 251, atquc Crusius, Annal, survie. , tom. 1, part. 2, lib. 7, pag 229 et Pktriis, in sueriii écries., p»g. 5i7.
avec douze autres religieux, Marquard, son disciple, pour gouverner et rétablir celte abbaye A la mort de Marquait, on postula pour abbé de Gengenbach, Hugues, aussi religieux d'Hirsauge. Celui-ci établit, vers l'an 1003, une confraternité avec Géron de Frobourg, abbé d'Ensidlen, touchant certaines messes et prières que des religieux des deux monastères devaient dire mutuellement, quand 1 un d'eux viendrait à mourir 2. Ils étaient dans le même temps unis, par une communion de prières, avec l'abbaye de Saint-lMaise , dans la Forét-Noire 3. Hugues fut transféré, en 1 J00, par l'empereur Henri à l'abbaye de Lorch ou I^aurishcim ; mais il ne la conserva qu'une année*, et il mourut peu de temps après, le 10 mars 1100, ayant eu Frédéric pour successeur dans l'abbaye de Gengenbach. L'abbé de Gengenbach est prélat impérial 5 ; il a voix et séance aux diètes de l'empire , au banc des prélats du cercle de Suabe, où il occupe la seizième place.
* Trithemus, Annal, cit., tom. 1, pag. 276, ci Pétris, in suetia cnlesiasl., pag. 5i7.
* Pièces justificatives , tittiii. /-J.
3 Gerrert, in monument, tvter. liturq. Alemunnivœ , pari, 2, pag. l i l.
4 Lamey, in cutlice Laureslitimenxi diplomaliro, loin. 1, pag. 222 tl 225.
5 Kt non sous la proli-rUon de la maison d'Autriche , comme l'écrivent Matv , Dictiomitiire géographique et Moreri, Dictionnaire historique , tom. i, pag. 72.
SCHWARTZACH.
Schwartzach est située, ainsi que les deux abbayes précédentes, de l'autre coté du Rhin. Fondée d'abord en 74G par le comte Ruthard, sous le nom d' Armdfoanga , dans une île, qui faisait partie de l'Alsace ', elle prit au commencement du neuvième siècle celui de Schwartzach, que lui donna Erchangier, comte du Nordgau et de la Basse- Alsace *. Elle est désignée sous ce nom dans le règlement fait par Louis-le-Débonnaire , à rassemblée d'Aix-la- Chapelle, en 817, dans le nombre des abbayes, qui devaient des présents à l'empereur 3. Waldon , abbé de Schwartzach *, fit quelque temps après un échange de plusieurs terres de son abbaye, situées à Zinsweiler avec le comte Erchangier , contre d'autres biens que celui-ci , Rotdrudes, sa mère, Worad, Bernald et Bernard, ses frères, possédaient également en Alsace 5. Ce traité renfermait
* Tome premier, pag. 276 et 424.
* Tome second, pay. 128, note S.
* Pièces justificatives , num. 90, pag. CLXIV.
* Les annales de Fui.de el celles de Saint-Bertin, nomment sous l'an 861 Waldonem abbatem , qui était neveu du duc Ernest. Eckhart, Commenlarii de rébus franciœ orientait* , tom.2, pag. 482, croit que c'est Wallon , abbé de Schwartzach, le môme qui est nommé ainsi dans le nécrologe de Richcnau : VI kal. januarii , Walto, abbas.
* Les biens qu'Erchangier donna , en échange à l'abbé Waldon , étaient situés à
HISTOIRE DE i/ÉGIJSE
aussi un échange do trente-quatre serfs respect ifs, <|ui sont nommés dans i acte Les empereurs Louis-le- Oébonnaire et Lolliaire, son (ils, qui avaient permis eet échange, le confirmèrent par leur diplôme, daté d'Aix-la- Chapelle, du I mars 828 a. Waldon ne survécut pas longtemps à ce traité. Job, son successeur, est nommé avec Àdalhult, Adallocli et Ihitton, ses moines, dans le nombre de ceux qui, vers l'an 830, formaient la confraternité de Kichenau 3.
Widon, qui le remplaça, eut le malheur de voir son abbaye réduite en cendres. Celte circonstance, jointe aux vexations du comte Kuthelin, qui avait succédé à Krchanpier dans le comté du Nordgau, obligea Widon de la rétablir dans un autre endroit voisin, mais situé sur la rive droite et orientale du Hhin et dans le comté de l'Ortenau. liernald, évèque de Strasbourg, seconda cette translation, et Louis-le-l)ébonnaire la confirma par son diplôme de 810*. Nous avons détaillé, autre part 5 , les motifs et les
Griesheim , llllcnheim, Ycndcnheim , Lainperthciin , Teohenheim , Miltcrsen , Kreisto;tt, Zeinhcim et Wangen.
* On a murmure dans tous les séries, et surtout dans relui ci, contre ce grand nombre de serfs, qui appartenaient autrefois aux évèques et aux abbés. . Mais, on « n'a pas fait la réflexion, cimune le reinar<|iie judicieusement M. Mohf.ai (Dis- • cours sur l'Itisluire de France, loin. pu y. qu'il fut un temps où le « peuple, écrasé par la violence, n'avait «pie le choix de ses maîtres et qu'il devait « naturellement choisir les pjus doux, l'e n'était pas seulement par une dévotion « bizarre , c'était par le besoin de trouver des protecteurs justes et humains , que « les habitants des campagnes se consacraient, eux et leur famille, au service d'un m saint ou se rendaient colons et tributaires d'une abbaye. ».
" L'original est dans les archives de l'abbaye d'Amllan. Voyez pièces justificatives, tum. 2, puy.CLXXXYllel CCCXXIX.
* Pièces justificatives, loin. 2. num. 176. puy. CCCXXY.
* Pièces justificatives, loin. 2, num. 98, pay. Cl.XXXIV.
* Tome 2, liv. S, pag. 127-450.
suites de cette translation, que nous avons placée à Tan 82<>, mais ([lie nous croyons avoir été plutôt faite en 840 *. Schwartzach fut par ce moyen transféré dans un terrain franc et libre, qui faisait partie de la seigneurie d'Uni, et qui avait été une des premières donations du comte Ruthard, son fondateur. L'empereur en détacha quelques fonds de terre , situés aux environs de GrefTeren et d'Untzhurst, qu'il destina au rétablissement de l'église. Il ordonna aussi, que l'abbaye continuerait de prendre le nom de Sehwartzaeh. Il remit en vigueur ses privilèges et ceux de ses sujets : il défendit à l'abbé et à ses successeurs d'accorder ou d'aliéner les biens de son monastère. Il confirma aussi la jurisdiction spirituelle, qu'ilavaitsur les religieuses établies alors dans le même endroit2, ou dans remplacement de l'ancien A riwlfoamja.
' Le diplôme de l.ouisle-Délionnaiie, date de Kerolsfeld ou Herolsfeld , n'énonce aucune date certaine. Celle do 8V5 , que lui donne le copiste du livre salique de l'abbaye de Sehwartzaeh, est évidemment fausse. C'est d'après <H ii.i.iman de rpisc. Anjftit., \hkj. 1S0, nue nous l'avons placée à l'an Sifi. Ct liKM S , in st/llotje ret. <lipl»maluin , jhkj. iU!, pense qu'il fut seulement donné -en 810. Nous croyons sa conjecture mieux fondée , puisque l'annaliste Saxo* , apud lltiuquetum , lom f>, pag. 22i, nous apprend que l'empereur Louis vint, le 8 avril 8V0,à Herolsfeld ou Hirsfeld. Ce prince, mourut le 20 juin de la même année.
Plusieurs ( liai les (et relie. île l.ouis-lc-|)ébonnaite me paraît être dans ce cas), n'ont paru vicieuses et supposées, que parce qu'elles ont été mal copiées et parce que leurs dates ont été altérées par des copistes ignorants , qui croyaient leur donner une plus grande authenticité, en supposant des dates et des souscriptions inusitées , dans le temps où elles lurent écrites. L'inlerpolalioti dans les copies ne détruit pas l'authenticité primitive des actes. Tel acte qui nous parait suspect , parce qu'il a été transcrit par un pareil copiste, nous deviendrait vrai et authentique , si l'original se représentait. Nous avons eu souvent celte réflexion à faire, quand nous avons été à même de comparer d'anciennes copies avec l'original même.
1 Quoique le concile d'Ad^e , de .'506 . cul défendu de placer des monastères de tilles près de ceux des hommes praplrr iwfidiax dinholi , il n'était pas rare de -voir autrefois des religieuses attachées à la plupart des abbayes bénédictines d'hommes,
HISTOIRE DE L*ÉGLISE
Tous ces divers règlements se firent du consentement de Bernald, évêque de Strasbourg, qui les avait sollicités, et qui mourut, le 17 avril de la môme année R401. L'abbaye de Schwartzach, possédait, non-seulement des biens
comme le remarque Trithème , in chronico Spankeimensi operum ejut , tom. 2 . pag. 248 et Dom Cerbert, in itinere Alemannico , pag. 60. Cet usage était trèscommun en Alsace. Outre des religieuses du môme ordre , on y voyait des recluses — on appelait les reclus Closener, Quitter, Klausncr, Kleussner, Klotner ou Klusner et les recluses Closnerin, Klausnerin, hleussnerin ou Ktosnerin. Schkr/.ii, Glossarium, tom. 1, col. 246, 217, 795, 796, 798 ci le rcclusoirc Cluse, Klosc ou Mme, ibidem, col. 217, 798 et 800, — ou incluses, des converses et des vouées à Dieu. Les recluses vivaient en solitude dans quelqu'cndroil séparé, sous la conduite des abbés, à la direction desquels elles s'étaient soumises, en se consacrant au service de Dieu. Elles se Taisaient quelquefois enfermer dans une cellule, joignant le mur de l'église. On n'y laissait qu'une petite fenêtre, par où elles pouvaient entendre l'office divin cl recevoir de dehors ce qui était nécessaire à leur subsistance. Les converses étaient occupées dans les busses-cours aux fonctions du ménage ; elles étaient nourries dans les abbayes, qui leur donnaient des prébendes monachalcs. Cet usage subsiste encore dans les maisons de Cluni , où la réforme n'a pas eu lieu. Les vouées à Dieu renonçaient réellement au siècle cl se donnaient eux et leurs biens au monastère. Celte sorte de conversiou leur faisait aussi donner quelquefois le nom de converses. Elles portaient une espèce d'habit religieux , qui tenait le milieu entre celui du monde et celui des moines. Il y avait autrefois des reclus cl des recluses près de Ncuvillers. On trouve dans un tres-aucien rituel de celle abbaye la cérémonie pour faire un reclus. Incipit ordo ad recluxum faciendum. On y voit encore un rcclusoirc près du chœur de l'église collégiale et un autre en pleine campagne, qui en porte aujourd'hui le nom ; ce dernier était pour les femmes. Domina Anna y était recluse au douzième siècle, suivant la noie insérée dans un ancien urbairc. Grinlaic, dans sa règle écrite sur la fin du neuvième siècle, s'étend beaucoup sur les reclus, cap. 15 et 16. On en trouve l'extrait dans Fleuri, tom. 10, liv. 55, pag. 594 et suie, et dans Martexe de antiquis evclesiœ ritibus, lib. 2, pag. 95-96. Le diplôme de l'empereur Frédéric pour le monastère d'Etival , de l'année 1180, fait mention de Hawidis conversa de celle abbaye. Le nécrologe, écrit en 1200, parle souvent des converses et incluses de ce monastère d'hommes. Hurkardus convenu* eccle*ie omnium sanctorum , est rappelé dans une charte du monastère de la Toussaint de l'année 1262. Schannat, in rindem. litlcr. col. f , pag, 145. On a encore vu de nos jours un inclus du couvent de Saint-Mat h ias de Trêves , mort en 1754 , dont parle M. de Homueim , in podromn hist. Trevir. , part. 2, pag. 970.
• Voyez le tome second de cette Histoire , pag. 158. Le calendrier dypliquc de
on Alsace et dans l'Ortenau ; mais elle on avait aussi, qui étaient situés dans différents endroits du duché d'Allemagne Ces biens étant trop éloignés, elle Ht un échange contre des terres voisines, qui appartenaient à l'évêché de Coire. Hartpert, évéque de cette ville, qui profitait également de cet arrangement, lui accorda de son côlé toutes les possessions, qu'il avait à Nevcrshausen, dans le Brisgau et à Diindelingen, dans l'Ortenau *. Le contrat d'échange fut passé en 961 , entre les religieux du monastère de Saint-Pierre, de Sehwartzach et le comte Conrad :l, auquel Othon avait confié la protection et la défense de l'abbaye d'un coté, et entre l'évéque Hartpert de l'autre. Il paraît que le siège abbatial de Sehwartzach était alors vacant ; du moins ce titre ne nomme que les moines et leur avoué.
l'abbaye de Richcnau, écrit au neuvième siècle, in monum. vêler, lilurg. aie manu, part. /, puij. 4S.Ï, place aussi sa mort au 17 avril : on y lit : AT hal. niait, Peritolttis episcopus.
* Ces biens étaient situés à Rlochingou , dans la Forêt-Noire et dans Paru ion comté de Bar, à Kuppingon , dans la préleclure de llerrenberg , à Audeirmgcn , dans la principauté do Kurslemlieig , à Zatenhausen , Mcringcn , Duiinetingen , Brunnenweilpr , Mosheim , Itoutlingen , Abr azhoven , Moos, Griesingen , Ehingen , Berck et Almedingen. Ces quatre derniers endroits sont situés aux environs du Danube.
* Les biens de Ncveishausen et de ft-iindelingeii , avaient d'abord été accordés à Othon, alors duc de Saxe, par Conrad, roi de Germanie, dans une assemblée générale, que ce prince tint à Clofheiin, prés du Necker. Othon, étant devenu lui-même roi , à la mort de Henri , son père , échangea , en 960 , ces biens avec Hartpert , évèquc de Coire, contre ceux que son église possédait en Alsace. Pièces justificative», nuiu. 1!t5.
5 Ce comte Conrad , parait être Chiiuntarfus cornes paiji Morlanowa , rappelé dans deux diplômes des empereurs Othon II et Othon III , de 97 i et 997 , pour l'abbaye de Payerue. ScilOKrn.iM S , Alsal. , tliplom. , tom. i , pay. liî el 140. C'est peut-être le même que Cumin , comte de Hlieiufeldcn , père de liodolphe , duc de Suabc et d'Alsace , qui est aussi nommé Chuono cornes ptifji Morlonowa , dans un autre dipldmc de Henri II, de 1003, pour le même monastère. Hergott, tom. S, pan. 96,
IIISTOUtE DE L'ÉGLISE
Les deux parties contractantes vinrent à la diète de Worms, qu'Othon avait fait assembler, pour y faire reconnaître roi, son fils Othon confirma cet échange par deux diplômes, datés du 17 mai 9(51. Tous les deux originaux existent encore aujourd'hui, l'un dans les archives de l'évêché de Cuire, l'autre dans celles de l'abbave de Schwartzaeh*. Le roi Othon 111, petit-fils d'Othon-le- Grand, fut aussi le bienfaiteur de cette abbaye. Il accorda à l'abbé Wolfold et à ses successeurs , aux sollicitations de Conrad , duc d'Alsace et de Souabe , un privilège particulier, par lequel, en confirmant ses possessions, il leur permet d'établir un marché dans le district de Felderen 3, avec le droit (le monnaie et de péage et avec défense expresse de n'y nommer aucun avoué , que de l'agrément de l'abbé. Le diplôme , donné en conséquence , est daté de Baden du onzième de novembre de l'année 99i l. Le roi Saint-Henri, voulant reconnaître les services que lui avait rendus Werinhairc, éveque de Strasbourg, lui donna à lui et ses successeurs l'abbaye de Schwartzaeh , avec toutes ses dépendances. Le diplôme, est daté de Pavie, 17 jan-
' Sciiannat, in hisluriù epiitcopntûs W'ornmliensis, loin, f, pog. 525.
* Pièces justificatives; cf. Wurdtwein, ni», subs. dipl. , loin. 5, pag. 576 et 578.
3 In villa Yullalor : ce qui comprenait autrefois tout le district , situé entre, le village de Grcflercn et l'abbaye. Il existe encore dans les environs un petit champ o» pré, qui a conservé le nom «le Ycltern.
* On lit dans le nombre des anciens droits île l'abbaye de Schwartzaeh : « Es « liai oucli ein Appt relite zu Slolhofleu in dcinselben fryen hofle dryo vierzehen » Tagc ein eypen muutze zu Slahcn Slrossburger verunge. » Voyez le livre saliquo A, pay. 575 et D, pag. SOU. On a aussi trouvé dans l'ancien hôtel de Schwartzaeh, à Strasbourg , plusieurs monnaies d'argent de cette abbaye , portant l'empreinte «l'une église. Il en existe même qui oui éle frappées, en 1533 , sous l'abbé Jean f.iilbrod, représentant d'un oUé l'efligie de cet abbé et d'un autre ses armes jointes a celles de l'abbaye. — Pièces juidificalives ; cf. WîÏrdtwein , mm», subs. dipl. , loin. 5, pn<j. 507.
vier 101 i *. Werinhaire fut cependant le seul qui conserva cette abbaye. 11 parait mémo qu'il la remit à son ancien état avant son départ pour Conslantinople, puisque l'original de ce diplôme se trouve aujourd'hui dans les archives de l'abbaye; du moins ses successeurs dans l'évéché de Strasbourg le perdirent bientôt. L'empereur Conrad, le Sulique, qui fut un des principaux bienfaiteurs de l'église de Spire , en accorda le domaine propre à Kcginger, évéque de cette ville, par un diplôme, daté de Linlbourg, 20 février 1032*. Henri III et Henri IV, lils et petit-fils de Conrad, confirmèrent à Sigcbodon et à Conrad, évéques de Spire, la donation qui en avait été faite à leur église. Leurs diplômes sont datés de Worms, !<* décembre 1048, et de Spire, 12 octobre 1057 3. Depuis ce temps, l'abbé de Schwartzaeh est obligé de prendre pour le temporel l'investiture de l'évéque de Spire, son seigneur direct. Le relâchement s'étant introduit dans cette abbaye au milieu de l'onzième siècle, l'évéque de Strasbourg pria Guillaume , abbé d'Hirsaugc , d'y envoyer quelques-uns de ses moines , pour y rétablir la régularité *. Guillaume v envoya, vers l'an 1080, Conrad et Hildebert, qui furent successivement abbés de Schwartzaeh. Ils y introduisirent et soutinrent la réforme par leur science et par l'exemple de leurs vertus 5. Hildebert eut pour successeur Lemfrid, dont le nécrologe fait mention au J(> du
* Pièces justificatives ; cf. Wiir.DTWKiji, nov. suhs. dipl., loin G, pmj. 468.
* Pièces justificatives ; cl". Wurdtwkin, nov. suhs. tlipl., htm. i, pmj. 518. Voyez aussi la chronique tics éveques «lu Spire , upml W'urdlnriu . in noiùs subsidiix diphmnlivis, loin, t, pmj. 120.
* Pièces justificatives; cf. WùHoTWKl*, nov. atthx. tlipl. , tom. i, />««/. 519 cl 521. 1 TtUTHEMU's, in chronivo llirxawjictixi, pmj. 8f.
i Idem, Annalittm Uirsamjiensium,, loin. 1, /«»;/. 275.
mois d'Auguste. Celui-ci fut remplacé par Conrad 11, aussi religieux d'Hirsauge , et que Volmar , son abbé, envoya, vers Tan 1133, à Schwartzach, pour être mis à la tôte de cette abbaye ».
• Trithf.mm s, in chronico monasterii Hirsaugiensis, pag. 140.