‹ Œuvres historiques inédites. 2Chapitre 39 sur 44 · Berthold de Geroldseck t · texte numérisé non relu

Berthold de Geroldseck t

Bertold devint ensuite prévôt. Il est nommé Bertoldus de Swanenberc prepo$i- *Uus majoris eccletù dans des chartes de 1183 à 1185.

• Il est nommé Lentfridus Chorepiscopu, Argtntinensis , dans le diplôme d« I empereur Frédéric de 1163.

1 Hesson succéda, vers l'an 119*. à Friecon. dans le grand-doyenné. Baudouin était Custos en 1172

• Eberhard était portier la même année.

• Burchard succéda dans la prévoté, en 1179, à Conrad et vivait encore en 1181-

. b^T00* 8UCCesseur de Louis. dans le doyenné, vivait en 1182 et 11 93. Eberhard devint custos en 1181.

• Il était prévôt ès années 1186 et 1190. 10 II était chantre en 1193.

L'empereur Frédéric était à Saint-Jean-de-Laune , petite ville du diocèse de Besançon , sur la Saône 1 , lorsqu'il y apprit la mort de Burchard , évêque de Strasbourg. Ce prince avait quitté Pavie au mois de juillet H 62, et s'était rendu en Bourgogne , où il passa les mois d'aoust et de septembre en conférence avec Louis VII , roi de France, pour terminer le schisme * , qui devenait tous les jours plus violent. L'assemblée de Saint-Jean-de-Lâune se sépara sans rien conclure, et l'empereur n'en fut que plus attaché à l'antipape Victor. I* siège de Strasbourg resta vacant pendant quelque temps, et ce ne fut qu'au mois de mars ou d'avril de l'année suivante que Frédéric fit élire pour évêque de cette ville 3, Rodolphe \ son chapelain ». Rodolphe était alors chanoine de la cathédrale 6, et prévôt de la collégiale

« L'empereur Frédéric étant à Saint-Jean de Laune , y accorda , le 7 septembre 116*, en présence de l'abbé de Sel* et de plusieurs autres princes de 1 empire deu, diplômes, en faveur d'Arducc, évêque de Genève. Pièces justiucaUves. num. 58.

• Voyez Baronius, Annalium ecclesiasticarum, tom. #*, ad an. H6i, p .591 et sea. Fleuri, Histoire ecclé,ia,t,aue, tom. 15, p. 136-U1 , Longueva. , HnUnrt

H ' OR- „, Rarre Hist. d'Allemagne, tom. 5,

de l'Eglise gallicane, tom. ix, pag. 355-364, et Barre, ntsi. « n v

pag. 141 et suiv.

• « Rodolfus Friderici imperatoris gratia sedem banc consecutus est, . d,t la Gaule chrétienne, tom. 5, pag. 79.

„ - • ln.w„ dinlôme daté du Î3 février 1163, donné, avant

• L'empereur Fredenc, dans son d p.ôme d ^

l'élévation de Rodolphe à l'ép.scopal, le nomme diicciu y , Rodolfus venerand* ecclesiœ beati Thomc m Argent.» pnepos.tus.

• Thnm* . M«rna dans le nombre des chanoines de la

• . Rudolfus custos sanct. Thon* ■ ' »*™ dc Baumgartel, cathédrale la charte de l'évôque Burchard de 153 pour y

Pièce* iuSt,dctive.. Voy. WUrdl., nov. *ub. d.plom., tom. 7, pag.

de Saint-Thomas <. Sa famille nous est inconnue8. Quelques modernes 3 disent qu'il naquit à Rome , et qu'il était fils de Pierre de Léon, comte d'Aventin , descendant de l'illustre maison des Anices. Mais leur système est trop absurde et trop chimérique , pour être relevé sérieusement 4. La charge que Rodolphe exerçait auprès de Frédéric, et la dignité à laquelle il fut élevé, font assez connaître le crédit dont le nouveau prélat jouissait auprès de l'empereur. Aussi suivit - il toujours avec zèle le parti de ce prince. L'auteur de la vie du pape Alexandre III 8 le compte dans le nombre des évéques , qui adhérèrent contre ce pontife au schisme des trois antipapes. Frédéric, après avoir célébré à Worms les fêtes de Pâques de l'année H 63, vint passer quelque temps en Alsace avec Lonrad, son frère, comte palatin du Rhin , accompagné des évéques Rodolphe de Strasbourg et Thierri de Metz; des abbes Hugues de Cluni , Engensalve de Wissembourg

JlTin !*< dipWme dC FrédCriC ,>0Ur ,a C0,,<*ia,e 'lc S»int-ThomaS de Strasbourg «pédié en 1163 à Wiirtzbourg.

' L'évéoue Rodolphe était parcnl de Bernard de Rotweil , comme il le nomme eh.Tr;.", vir ^nardus * Rotweil, consanguineus nosler, » dana s»

" Entr'a P°Ur rabbaye à* Baumgarten. Wiirdtwein, (om. 10, pag. 35.

cité J/rT ATId Wi0n' aUlCUr du 5eizème siécle» de Familia Aniciana, cté par G„,Uima„ de Epicopi, Argent,nensibus , P„g. «7.

ftJT1 !ChœPflin' Ahat' iUUSt' tomi>P°9- *«»et *6I. Selon ces auteurs ÀnfcT Vi lT""e ** UOnS dC5Cendait de "»"o" d«

• Za S T. *° d,'XièmC' 8iède ,C C°mté du Mo"' A-ntin. Pierre I*. fut où n 1, " d<! qUHler R°mC « dc avec se, m, en Allemagne,

aui fui .1 .d'Senl-,S' en raémoir* ^ Mont Aventin, le chAteau d'Avcndsbourg , le Riche n°mmé Hab8b0Hr^ * "on , ajoutent-ils , fut pére d'Albert

«ut cepend00"! , "'^"'S' Cc "J11*""» ""Sulicr, malgré son peu de fondement, trouva enlr'autr^ ^ ICSCmpCrcurs Rodo'P'»e I , Charles-tfuint ,t Léopold . et Vienne. des p,l1iMni dans Lambccius et Nesscl , bibliothécaires de

' APWd Uar°"iUm' A""al- «»». I*. aé annu.n 1,77 , m. m.

et Reginald de Seltz, de Rertold de Zehringen, duc de Bourgogne, de Wetzelt comte d'Eberstein, d'Ulrich de Hurmingen, d'Otton de Geroldseck, d'Egelolphe d'Urselingen et d'un grand nombre d'autres seigneurs de la province. Ce fut en leur présence que Frédéric, prit sous sa protection l'abbaye de Marmoûticr. Le diplôme' est daté de Seltz , 8 juillet H63 ». Ce prince resta plusieurs mois en Alsace, puisqu'il confirma , dans le même endroit, le 24 octobre suivant, les droits et possessions du monastère de Honcourt 3.

Egelolphe d'Urselingen , dont nous venons de parler , issu d'une ancienne famille de Souabe , où elle existait encore au quizième siècle, décorée du titre ducal3 , demeurait alors dans la Haute-Alsace. U s'était fixé au château de Rappolstein ou Ribeaupierre 4, qui avait été bâti au commencement de l'onzième siècle sur le sommet d'une montagne située à trois lieues de Colmar, au-dessus d'un endroit connu dès l'an 768 sous le nom de Rappoltzweiler ou Ribeauvillc \ Ce château avec ses dépen-

' Pièces juslifkativcs. Voij. Wurdtwftn, ,m. diplom. Ion. 9, pag. 390

• Pièces justificatives, Ibidem, tom. 10. pag. 17.

■ On le nom *, H**! Ikr** . 0» Vr^nten m** ta.*» J« »■ »

de MU .1 MM . *f* Wrtimm . AM. *¥«•»•■< '»-»• *•/"'•„*"*".•

• Cet relui qu'on nomme anjeul'hui le Ha». l>appol>lci„ . on "«"■ 11 est le pin, élevé de. troi. châteaux , < Ion. envoi, les ruine, ,ur la montagne on, placé, prenne en forme de triangle, il. offren. un de. a.nee., le, P ta frappant, et le, plu, pittoresque, de la province. On en peu, jnger ,»r In P ,nch dcRibeauvillé, gravée par M Wal.cr , qui fenne la prenuere 'j™"»*-"" p,„or„,„e. -M/,,*, publiée en ,7». Hé*, a au,,, grave ,» P AI.J. m. . ce, iroi, Càtoau, avec Ribeauvillé, lel, . «—

" ' Ra'ppol.^oilcr ou fl.^ parai, tirer ,on «>^.

Soigne,, appelé Ra.ber, ou Rapn." . 1«e Français nomment Rl^""' • 01 ^ para,, avoir eu quelque, habitation, dan, Pendroi. . où fut u t, le «•Mage*» L : car ce ne fut qu'a» trci.iéme siècle que Ribeauvillé obt.nl I. quabnc.Uon

HISTOIRE DE l/ EGLISE

dances avait été accordé par l'empereur Saint Henri à l'église de Basle , à laquelle il fut oté par Henri III '; mais il lui fut rendu par Henri IV, son fils et son successeur, non à titre de restitution , mais comme un bien provenant de la succession de son père *, voulant, comme il le dit lui-même dans son diplôme de i 084 3, reconnaître par cette donation la fidélité queBurchard, évéque de Basle, lui avait témoignée dans toutes les occasions 4. Rodolphe, qui succéda à Burchard , échangea en U15 la terre de Rappolstein avec l'empereur Henri V contre l'Advocatie de l'abbaye de PfefFers 5. Le pape Pascal H , à la demande

ville. En l'an 768, Pépin roi de France confirma à Fuirai! , abbé de Saint-Denis, les donations que le noble Widon lui avait faites, in Ratberlo villare: donations rappelées dans le testament du même abbé Fulrad de 777, tom. î. de celte Histoire, pièces justificatives , num 58 et 71 , pag. c et cxxm. Un autre seigneur Alsacien , nommé Sigefroi, accorda aussi en 768 quelques biens situés, in Ratbaldo vilare, à l'abbaye de Munster. Alsat. diplom., tom i, pag. il. ZwcnliboM roi de Lorraine , le qualifie Ratpoldes wilare dans les lettres qu'il fit expédier en 896 en faveur de ce même monastère ; Douquetus , in Scriptor. rer. Franck. , tom. 9, pag. 376. 11 y a même apparence que cet endroit était habité dès le temps des Romains, puisqu'on y découvrit souvent dans le ban de Ribeauvillc des monnaies anciennes de différents métaux , et entr'aulres , en 1745, une médaille d'or de l'empereur Adrien, très-bien conservée, qui se trouve aujourd'hui à Paris dan» le cabinet de M. de Vaux.

' « Castrum Rappolstein Ecclesia Basilecnsis légitima donatione gloriosissimi

• Imperatoris primi Henrici sibi collatum quieta et justa possessione tenuit,

• donec Henricus tercius a prenominato eodem castro supradictam ecclesiam vio- « lenter sua dominatione nudavit , » dit l'empereur Frédéric dans ses lettres en 1161. Voy. TrouiUat , tom. 1, pag. 342 , num. ÎÎ4.

1 « Prœdium quoddam noraine Rapolslein haîreditario jure ex parte patris nostn , . Impératoris Heinrici ad nos pertinens. » TrouiUat, tom. 1, lit. 137, pog.

' Publié par Dom Hergott , Geneal. Uabsburg., tom. I. num. 189, pag. 1*8 > qui le place mal à l'an 1083, et TrouiUat, ubi supra.

* Nous avons vu ci-dessus , pag. 140 que confinium Raboldislain est rappelé, sur la fin de l'onjième siècle, dans la chronique de Zwifallen écrite en 1138.

• Hergott, tom. cit. num 194, pag. 134. TrouiUat, tom. 1, lit. 158, pag. «»■

de Gewold, abbé de ce monastère, s'opposa à cet échange* . Cette opposition n'empêcha pas Henri de retenir le château de Rappolstein , que ses successeurs dans l'Empire conservèrent jusqu'à Frédéric I. Celui-ci le rendit avec la moitié du village voisin de Rappoltzweyer vers l'an 1162 à Ortlieb , évêque de Basle et à son église a. Comme Egelolphe d'Urselingen vint dans le même temps s'établir en Alsace , nous ne pouvons presque pas douter qu'il obtint de ce Prélat , ou de son successeur le château de Rappolstein à titre de fief, puisque ses descendants , qui en portent le nom , le possédèrent constamment au même titre comme relevant de l'Evêché de Rasle \

C'est de cet Egelolphe , rappelé dans plusieurs chartes du temps de 1163 à 11K5 sous le nom d'Urselingen \ que nous tirons l'origine de l'ancienne et illustre maison des Sires de Rappolstein ou Ribeaupierre 5, qui fut pendant

« Irstisius , in Chromco Ba*ileen»i , lib. 2 , cap. 15 , pag. 110 , et Gulerus ,

Rœtiœ , lib. 9, fol. 126.

• « Caslrum Rappolstein, cum medietate .uhjacenli» ville Rappoliwilre, > comme l'énonce le diplôme de ce prince , apud Hergoît . num 33« , pag. 187. Trouillat,

tom. 1, Ut. 221. pag. 342.

» Le« premières lettres d'investiture connues , sont celles de Jean , évoque de B»le. dat.es de l'an 1311 en faveur dllric et Jean de Rappolstein , apud Schœpftinum, Ahai. dipl., tom 2, pag. 172 ; mais elles en rappellent de plus anciennes. Trouillat, tom. 3, lit. 327, pag. 535.

« Eghlfus de Urseligen est encore nommé comme témoin dans trois autres diplômes de l'empereur Frédéric, l'un de 1166 pour le monastère d'Ilbenstadt , apud Hugo, tn Anr.al Ordinis Protmon*!., tom. 1, col. oclxvh. , et WurJtwtv* in Notitia khlorico-diptomalka de Abhalia tlbenstadt, pag. 45 ; l'autre de 1170 pour l'église de Coire , apud Hergoît , tom. 2, pap. 188 ; et le troisième de 1174 pour l'Abbave de Neubour?. Pièce. juttificaUves. Voy. Wùrdlwem nov. sub. dipl. tom. 10, pag. 50. On trouve le nom d'EgeMphu, de Urseling-n dans les souscriptions de la charte de FrëJéric duc d'Alsace pour le couvent ,1e Trutlenhausen de 1181, ,biiem, Wurdlwein , tom. 10, pag. 110. Rerlhold V , dermer duc de Zehringen, dan» un acte de 1185, compte Egelolfum de Vrselingen dans le nombre de ses Vassaux. Alsal. diplom., loin 1, pag. 281.

» Le plu, ancien titre , où Ton trouve le nom français de R.beaupierre , eal

plusieurs siècles une des plus titrées et des plus distinguées de l'Alsace et qui s'éteignit en 1673 dans la personne de Jean-Jacques , dernier de son nom. C'est la conjecture du savant Historiographe Schœpflin 2 : nous la croyons d'autant plus vraie , qu'elle est fondée sur l'identité des faits et des noms , ainsi que sur la tradition de la plupart des généalogistes, qui donnent une origine commune aux maisons des Urselingen et des Rappolstein \ et qui regardent, pour auteurs de la dernière, Egelolphe et Gertrude, sa femme, comptés, en H 76, dans le nombre des bienfaiteurs de l'abbaye de Pairis4. lis se trompent,

celui d'Ulrich de Rappolstein de 1274 , AUat. diplom., tom. 2, pag. 6, qui commence ainsi : * Jeu Ourris, sire de Rabbapierre. » Anselme , son fils est nommé « Anselmus de Rabaldi petra, • dans des lettres de 1288, et « Anseis de Ribapierre > dans d'autres de 1290 , ibidem , lom. i,pag. 40 et 43.

1 Jean-Jacques Luck de Strasbourg, mort en 1653, composa l'histoire des sires de Ribeaupierre, dont il avait été pendant quelque temps Archivaire et Bailli, depuis l'an 1200 jusqu'en 1623. Elle forme un gros manuscrit in-folio sous le titre d'Annale* BappoUteinente» , qui se trouve dans les archives de la ville de Strasbourg, et dont il existe un exemplaire plus complet dans celles de Rappolstein, déposées au château do Ribeauvillé Le docteur Philippe-Jacques Spener, né a Ribeauvillé en 1635 d'un père qui avait été attaché pendant quarante ans aux mêmes seigneurs en qualité de conseiller et d'Archivaire, parle aussi en détail de cette maison dans son Opus Ueraldicum , imprimé en 1690 , part. S, lib. 2 , pag, 509 et $eq. On trouve aussi dans les archives de Ribeaupierre une table généalogique manuscrite , rédigée par le même Spener , qui représente les différentes alliances de cette famille avec les plus illustres maisons de l'Europe.

• Alsat. illnstr., tom. 2, pag. 613.

» Tels sont Pierre-Herman d'Andlau. de Imperio Rotnano , lip /, cap. 15, Félix Ha?romerlin ou Malleolus, Dtalogodt nobilitateetruttieit. , cap. 44 , pag- M et apud Cnuium in Annal. Suivie, pari. i, lib. € , cap. 8, pag. 96. Henri Pantaléon, de Vint illustribus, lib. S, fol. 48 4 ; Jérôme Henninges, in Tkeatro Gtnenlogico , tom. 3 , part. 1 , pag. 443, etc. etc.

* Pierre Herman d'Andlau , docteur en droit-canon et fameux Jurisconsulte de son siècle, qui devint en 1460 Vice-Chancelier de l'Université de Basle , en 1466, Prévôt du Chapitre de Lutenbach , et qui vivait encore en 1476 , écrivit une chronique allemande d'Alsace. Elle n'existe plus : mais elle était connue de Luck ,

cependant , en les faisant descendre de deux frères issus des ducs de Spolette , qui passèrent les Alpes et vinrent s'établir en Allemagne sous le règne de l'empereur Conradle-Salique. D'autres auteurs encore plus récents1, renchérissant sur cette idée , mettent sur la scène un prétendu duc de Spolette , nommé Roch , de la famille des Ursins , qui, contraint de quitter l'Italie, se retira, vers l'an 1030, en Alsace, où il bâtit, selon eux, le château de Rappolstein *. Enfin , quelques-uns 3 se fondant sur les registres

qui en a extrait tout ce qui concerne la Maison de Rappolstein. Suivant cette chronique, qui donne également à cette maison une origine commune avec celle d'Urselingen , Egenolphe de Rnppolstein et Guta ou Gertrude sa femme , qui vivaient en 1176, eurent pour fils Ulric, qui mourut au commencement du treizième siècle. Ce qui revient au diplôme de l'empereur Frédéric pour le Prieuré de Saint-Pierre de Colmar de l'année 1185 , publié par M. Sehœpflin , Ali. dipl. , tom. I, pag. 28*, où l'on trouve parmi les témoins « dominus Egelolfus de Urselinge et « Olricus Filius cjus. •

' Comme Lazius , de Migrât. Genlium , lib. 3 , p. 109 et lib. 5, p. 515 ; Munster, cotmog. lib. 5, p 134; Zeiler, in Topog. Ah. , p. 43 ; Limmeus, de Jure publico , t. i,p. 529 ; Hœmmerlin. Pan t ait-on, Crusius, Henningea , lue. supra cil. Spener , Opus Heraldicum , pari 2, lib. 2, cap. 72, pag. 510, etc. Ce dernier cite une lettre de Guillaume de Rappolstein , écrite en 1514 aux Conseillers du duc de WUrtemberg , où ce seigneur dit que ses ancêtres descendaient des ducs de Spolette.

'Cela donna lieu à lVtymologic chimérique de Rappolstein, que ces auteurs prétendent être le mol corrompu de Hochi Spolelum , on de Rupes Spoletana. C'est ce qu'exprime aussi le poêle Jean Paul Crusius de Strasbourg dans son Eneomium inclytœ et perillustris alque genorossissimœ domus Hupis Spoletanœ , imprimé à la tète du Sylloge numismatum de Luck, publié en 1020 :

» Sed tamen ut niemorare queant primordia sedis « Et nati natorum , et qui nascentur ab illis , « Rupc super celsa regales construit arces , • Rochspolclin voluit patria quas voce notatas « Rappoltstein noslra solitas a?tate vocari. k tlinc lïiit Alsatitr non Iaus ha?c ultima dudum - L'na rupe très arces posse videri.

« Hie Rochi sedes , hic Rochus stemmatis aulhor. • 1 Enlrautres Hertzog , Elsass. Ckrunick , lib. 5, pag. 103 etRucelin, Operum tom 3, pag. 63.

controuvés des tournois, remontent à un certain Ortholphe baron de Rappolstein, qui assista, en942,àceluideRothembourg 1 , et le font suivre de cinq autres seigneurs de la même famille *, non moins fabuleux que leur auteur. Nous ne nous arrêterons pas à réfuter de pareilles chimères, ainsi que celle 3 qui place, au nombre des Kappolstein, ce fameux Anselme de Ribémont, qui s'acquit tant de gloire à la croisade de 1095 , entreprise par Godefroi de Bouillon $. Nous nous contenterons d'observer que les hommes ont eu, de tout temps, la manie de reculer leur origine, ainsi que celle de leur nation, à des temps fabuleux, et de la rapporter à des familles étrangères d'une antiquité fort reculée \ Les Français faisaient descendre leurs premiers rois de Priam et de Hector, princes de Troye. Les Anglais rapportaient l'origine de leurs monarques à Brutus , prétendu fils d'Ascanius. Les comtes de Habsbourg dérivaient leurs ancêtres , comme nous l'avons déjà remarqué, des

* Apud , Ruxner, Thurnierbuch , fol. 31 , et apud Modiuw , Pandecla triumphales, pug. 20,

f Savoir en 1019 Willepold, en 1080 Guillaume , en 1185 Frédéric, en 1 19" Arnold, el en 1209 Ernbert , tous de Rappolstein , qu'ils font assister aux tournois de Trêves , d'Augsbourg , de Zurich , de Cologne cl de Worms, apud dklot Ruxner, fol. 53 , 65, 76, 92 ef 113, f/ Modium , pag. 33, 40, 47, 57 et 69.

* Adopté par Hertzog , le poète Crusius , Luea? Vrolter-Graffeu-Saal des heil. rumischen Reiehs , pag. 410 , Spencr etc.

* Il est fait mention de cet Anselme dans les historiens de la croisade, Robert llist. Iliernsol. lib. 7 , apud Iîonyarsium , de Grstis Francorum in terra baneta, pag. 73 , Baldcric , lib. 4, pag. 129 , Raymond d'Agiles, pag. 16t, Albert, pag. t0$, 256 , 268 et 270 et Ftileher de Chartres , pug. 271 , qui le nomment de Ribodimonte, de Rabammte, de Ripnmnndi « I de Riburgwuonte. Mais cet Anselme n'était pas de la maison de Ra|i|..>|slein. Celait un soigneur Fiançais qui tirait s»n nom de

l'abbaye de Kibemont , située en Picardie , m mue le remarque Adrien de Valois , '"

Notitia Galliarum , pug 47 0.

" Voyez Limneus de Jure publiro Imperi, Romani, lib. 5, c"Pni:m S el 4.

DE 8TBASB0URG. — LIVRE nmfcME. 453

anciens Perléoniens du mont Aventin 1 ; les anciens ducs de Saxe, les marquis de Brandebourg et les princes d'Anhalt des Ursins, les Hohenlohe des Flaminius, les Zollern des Colonnes*. Il fut un temps, où les premières maisons d'Allemagne tentèrent de tirer leurorigine de Rome, comme d'un autre cheval de ïroye, sans penser qu'il leur était plus glorieux de descendre des Germains et desautres vainqueurs de l'Italie, que de ces vaincus dégénérés, dont la postérité avait confondu les noms avec ceux des esclaves , ou des affranchis. Quoiqu'il en soit, il est assez vraisemblable que Egelolphe d'Urselingen prit le surnom de Spolette du gouvernement de celte ville, qu'il obtint de l'empereur Frédéric, lorsqu'il l'accompagna dans ses expéditions d'Italie*. Herman, marquis de Bade, fut de même surnommé marquis de Vérone1, à cause du marquisat de ce nom , qu'il possédait dès le règne de Conrad 111 ». Egelolphe se trouvait en Alsace , en 1178,

• Didaque Lcquilc 01 imprimer a lnspruck en 1660 ,.n livre intitulé: Domu, Austriaco , una eum Borboniorum prosapia , eadem in radiée Itaia. Sandoval » Historien de Charles-Quint, faisait descendre cet Empereur directement de Japhet. l'un des enfants de Noé : ridicule généalogie agréablement parodiée |*r un plaisant , qui , en tirant son origine du pére de tous les hommes, se trouvait juren de Charles-Quint au deux-millc-quatre-vingtième degré.

< M Radius, dans sa savante dissertation, imprimée en 1745 , de origine , dignitate, juribus et prorogative luilméam Ubutriuimœ comitum, Rappolsteinensiun,, do.nùs , pag. 13 ri se,.. sou,,onne .es seigneurs de Rappo.stein de tirer .eur origine de ce Sigefroi, qui accorda, en 768, a l'abbaye de Munster que.ques biens situés clans le ban de Ribeauvillé : mais il ne donne aucune preuve , qu, puisse légitimer sa conjecture.

1 Schœpflinus, Alsat. illuslr , lom. 2, pag. 6U.

' Idem, Historiœ-Zaringo Badensi*, tom 1, pag.

> M. Sehœpflin, tom. 1, cit., prétend que Herman de Bade ne dev.nl marquis de Vérone que sous l'empereur Frédéric 1, et qu'il paraît pour la première o,s sous ce titre dans un diplôme de 1 158 : mais il a contre lu, et le témoignage de Ou 1laume de Tyr, écrivain contemporain, qui lui donne, Uni., lift. 17, dès 1 an 11*7 ,c nom de marquis de la province de Vérone, et les lettres de ^^^^ accordée, à Ratisbonne en 1151, au monastère de Saint-Nicolas de L.ttore R.voalti,

IUSTOIRE DE L'ÉGLISE

puisque ce fut le 8 novembre 1 de cette année, qu'il eut, près de Logelnheim , un sanglant combat avec Cunon de Horbourg*. Il vivait encore en i 185, qu'il est rappelé dans un diplôme de l'empereur Frédéric, daté de Colmar\ avec Ulric, son fils, et dans les lettres de Henri, évéque de Strasbourg, de la même année \ avec un autre de ses fils, encore enfant, qui était chanoine de la cathédrale \ Ulric d'Urselingen , qui portait encore ce nom en 1180°, prit aussi, du château où il s'était fixé, celui de Rappolstein, qu'il transmit à ses descendants. Il laissa d'Elisabeth, ou Elise, sa femme, deux enfants, Anselme I et Egelolphe II7. Elisabeth paraît avoir été sœur d'Anselme, avoué de la ville de Strasbourg \ Anselme I, son fils aîné, mourut après l'an 1236, sans laisser de postérité de Sigeberte, fille de Sigebert de Werd, landgrave de la Basse- Alsace. Egelolfell, son frère, décédéen 1222, continua, par Ulric II,

apud Magarinum Dutlarii , Cassinenm, tom. 2, pag. 168, dans lesquelles Herimanus Marchio Veronœ, se trouve nommé entre les témoins.

' Suivant le nécrologe de l'abbaye de Zwifalten, cité par Sulger, m Annalibus monasterii Zwifaltensis, parte 1, page 146.

' Fragmentum historicum , pag. 85 : . An. Oom. 1178 facta est rodes magna

* m Langclnhcim Columbariam , Cunone de Uorburg et Egclolfo de Ursclingen

• inter se praeliantihus. »

' Alsatia diplomatica, tom. 1, pag. 284.

| Pièces jusliiicatives. Voy Wiirdt., nov. sub. diplom. tom. 10, p. 138. Les lettres de l'évoque le nomment « puerum quemdam ecclesiœ majoris cano- ■ cum iilium Domini Egelolfl de Irsclingin. » C'est peut-être le même que Hein- , rappc,é dans ,c catalogue des chanoines de cette église en 1181. Ulncus de Vrselmgen, signa, en 1189, le diplôme de Henri VI pour l'église de Mon, Ahat. diphm. , tom. i,png. 293.

' Suivant la chronique manuscrite de Pierre Herman d'Andlau , qui ajoute que . fUl enlCrréc dani ''««'i* ^ Franciscains de Colmar. Du mo.ns |es deux fi|8 d'Elisnb.th . Anskclmu, et Egelolfm milites de llapoi- ««f «>m nommés . ncpo.es Anshelmi advocati Argcntinen.il, . dans les lettres le Henri, evèque de Strasbourg, de 1219.

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