‹ Œuvres historiques inédites. 2Chapitre 5 sur 44 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

épouse, et pour reconnaître les services que lui avait rendus l'évéque de Strasbourg. Le diplôme de concession est daté de Zurich 17 mai 1052 !. Henri III vint à Strasbourg, en 1056, où il confirma le 26 janvier les biens et les possessions du monastère de Lièvre 9. Cette année fut la dernière du règne de cet empereur. Il mourut le 5 octobre à Botfeld , sur les confins de la Saxe et de la Thuringe3. 11 eut pour successeur Henri IV, son fils, qui n'avait pas six ans. L'impératrice Agnès, sa mère, le fit aussitôt reconnaître à Cologne. Elle prit elle-même la régence d'un Empire , où les femmes avaient été jusque alors regardées comme inhabiles à gouverner; et, sans donner le temps aux princes qui pouvaient y prétendre, elle se saisit de toute l'autorité *. Elle en exerça un des principaux actes en faveur de Rodolphe , comte de Rheinfelden , auquel elle conféra le duché de Souabe et d'Alsace , vacant par le décès d'Otton , marquis de Schweinfurt, mort sans enfants le 28 septembre 1057 5. Rodolphe était fils de Cunon II, comte de Rheinfelden 6, et de Rich-

' Pièces justificatives, Hist. a" Ah . tom. 1, lit. l\S,pag. cclxvii. Hetielun est dans le diplôme simplement désigné par la lettre H. C'était un ancien usage de marquer les noms propres par les seules lettres initiales, et cette coutume se maintint en Alsace jusqu'au quinzième siècle.

' Aclum Argentines dans les pièces justificatives, Mit. d'Als., tom. 1, lit. *î«, pag. cclxxi.

* Voyez le I'. Barre, Histoire d'Allemagne, tom. 4, pag. 59 et tuiv.

* Lambertus Schaffnaburgensis , apud Pittorium in teriptor. rer. Germanie, tom. 1, pag. 322.

"C'est la date île Conrad d'Urspcrg, in Chroiiico , pag. 168, et d'Albert de Stade, pag. 235. On la trouve placée à l'an 1058 dans Lambert de Schaffnabourg , pag. 324, et dans la chronique d'Augsbourg, apud Freherum tom. 1 , script, rer. Germ. pag. 498.

4 Selon le généalogiste de Mûri qui porte : « Chouno Cornes de Rinfelden geouit • Kiidolfum regem , et .Ile genuil Agnetem matrem Cuonradi Ducis. » On lit aussi dan» U chronique ms» de Mûri que nous avons déjà citée : « An. 1057 et 1058

32 HISTOIRE DE l'ÉGMSE

waire , comtesse d'Œningen 4, neveu par (iiselle, sa grand'mère, d'Ida , épouse du comte de Radeboton 1 , ainsi que de Gérard d'Alsace, duc de Haute-Lorraine. Giselle, mariée en secondes noces à Gérard , comte et marquis de Lorraine , avait eu pour premier mari Cunon I ou Conrad , comte de Rheinfelden 5, dont le comté tirait son nom du château de Rheinfelden, situé près du Rhin 4. Ce Cunon 5, qui figure parmi les comtes de l'Ortenau sur la fin du dixième siècle et au commencement de l'onzième 6, fut

« Rudolfus cornes de Rinfelden , dux Alemannoruni slatuitur, hojus pater fuit cornes « Chuno comes de Rinfclden, qui frater erat ex maire.... Wernhcri episcopi Stras- . burgensis. . Ce Cunon était réellement beau-frère de Wcrinhaire I", évêque de Strasbourg.

* Richwaire, Richente. ou Richilde était fille de Cunon, comte d'Œningen , comme l'écrit le moine anonyme de Weingarlen, apud Leibnitiium in scriptor. rer. Brunswic. tom. 1, pag. 783 , et apud Hess in script, rer. Guelfic. pag. 11 : . Cuono de OEninge, nobilissimus cornes.... habuit quatuor filias, quarum una... cuidam de Rinveldin, parenti Zaritigiorum , nupsit. • Ce comte de Rheinfelden est nommé parens Zaringiorum , parce que Agnès de Rheinfelden, petite-fille de Cunon, épousa le duc Berthold, dont descend la Maison de Zieringen.

* Comme nous l'avons fait voir ci-dessus, pag. 507.

•Comme le prouve le savant Gerbert, abbé-prince de Saint-Biaise , dans un ouvrage imprimé en 1785 , sous le titre de Rudulfo suevieo, comité de Rhinfelden , duce, Rege, deque ejus inlmtri familia ex Augusta ducum Lutharingia prosapia. cap. 3, pag. 84 et seq.. en comparant ensemble le généalogiste de Munet la notice de la fondation de l'abbaye de Bousonville.

4 Ibidem, cap. 1, pag. 1, et 2.

1 Le même abbé, pag. 87, soupçonne que ce Cunon fut le Cuno Cornes Pallan, nommé, apud Schœpflinum Alsat. diplom., tom. 1. pag. 144, dans un diplôme des Rodolphe 111, roi de Bourgogne, de l'année 1000. Frédéric Lucœ Grafensaal, pag. 4S7, fait mention, sous l'an 935, d'un Conon, comte de Rheinfelden. Mais ce dernier est un être imaginaire, enfanté dans les prétendus registres des tournois-

* . ChuonraduslComes pagi {Mortanow.i . est rappelé dun deux diplômes des empereurs Othon II de 974 et Othon III de 997 pour l'abbaye de Payernc; Schœjr flinut, Alsat. diplom. tom. 1, pag. 124 et 140. Il est le môme que . Chuono « Comes pagi Mortonowa . nommé dans celui de Henri II «le 1003 pour la même abbaye. Hergotl, Geneal. Habsbourg, tom. 2. pag. 96. On lit aussi . Cuno Cornes . mi Morteaowa . dan* des lettres d'Othon III pour le monastère de Waldkircb

tué Tan 1012 *. Il laissa de Giselle une nombreuse postérité9, parmi lesquelles on distingue Cunon II, qui lui succéda dans le comté de Rheinfelden , et Adélaïde , épouse de Luder, comte de Stade *. Cunon II , qu'on croit avoir été enterré dans l'abbaye de S. Biaise \ fut père d'Adalbéron, mort en 1070, évéque de Worms5, et de Rodolphe dont nous parlons. La nomination de ce dernier au duché de Souabe et d'AJsace excita les plaintes de Berthold de Zœhringen, comte du Brisgau et de l'Ortenau 6, auquel le le feu empereur avait donné, en 1052, l'expectat.ve de ce duché du vivant d'Othon de Schweinfurt 7. Ce Berthold

de l'an 999. folles du même prince et de la même année pour l'abbaye de SchwarUach rappellent également le « Comitatus Cunonis Comilis. •

* On lit dan» une chronique m»s. de l'abbaye de Saint-George, écrite au doulième siècle : . An. 1012 Cuno Cornes occiditur in Susenhart. ■ Le» circonstances du temps et du lieu font juger à dom Gerbert, pag. 98 et 94 , que ce Cunon est le même que Cunon de Rheinfelden.

' Qui est rappelée dans la notice de Bousonville , apud Calmelum , Hist. de Lorraine, tom. 1. preuves, pag. 543 et apud Gerberlum append., pag. 161 , aprè» ces moU qui désignent le comte Gérard , beau-père de ces enfants et Giselle . leur propre mère : . Gerardus Cornes, Gttla et illius proies inclyta. . Dans ce nombre w trouvent Cuno et Adelelh.

* Gerbertiis, pag. 90-95, 102 et 1 08. Elle est nommée Adelheithis amita Rudolphi Régis , par Albert de Stade, in Chronieo, pag. 164.

4 Gerbertus, pag. 93. 11 est aussi fait mention de Cunon, comte de Rheinfelden, dans le nécrologe de Mûri .au 14 d'octobre.

* Lambertus Schaffnaburgensis, pag. 885 et 843 ; Trithemius in Chronieo Hirtaugiensi, tom. 1, pag. 209. et Schunnat. Hul. Worm. tom. \,pag. 340.

* « Bertholdus Cornes pagi Motenowa • est rappelé dans trois diplômes des empereurs Conrad II, Henri III et Henri IV des années 1032, 1048 et 1057, pou* l'abbaye de Schwartzach. Pièce* justificatives , Hitt d'Ats., tom. 1. tit. 888. 404 et 423. pag. CCXXXlv, ccli , CCUXiii. Il parait aussi que Berthold possédait alors le comté de Thurgau ; du moins tiouve-t-oii • Bertholdus cornes pagi Dura- • gowe . dans la charte de Huulrid p..ur l'église de Strasbourg de 1044. Ibidem lit. 400, pag. ccxm.

'Conradua Urspergeasis. apud Eccardum . i» corpore hutorico medii au, pag. 489.

était fils du comte Birchtilon, et, par conséquent , neveu de Radeboton1. Mais l'impératrice Agnès, qui voulait marier sa fille Mathilde à Rodolphe », n'écouta pas les représentations du comte Berthold. Les noces de Mathilde furent célébrées en 1059 », et le duc Rodolphe obtint, avec sa main, le rectorat du royaume de Bourgogne4. Il sut se concilier en même temps l'amitié du comte Berthold qu'Agnès apaisa en l'investissant, en 4060, du duché de Carinthie , auquel était alors joint le marquisat de Vérone 5.

Ce fut aussi par l'entremise de l'impératrice régente, que Henri IV, son fils, régla les différends qui étaient survenus entre Hetzelon , évêque de Strasbourg, et Henri comte de la Basse-Alsace, à l'occasion des forêts et de la chasse , que l'un et l'autre avaient dans la Brusche. Ce jeune roi régla les limites de celles qui devaient appartenir a l'église de Strasbourg, en adjugeant les deux-tiers à evêque et le reste au comte. Le diplôme est daté de Spire 5 octobre 1059«. Le même comte Henri fut présent à lacté de concession, par lequel Folmar et Heilicha, sa femme, accordèrent et soumirent l'abbaye de Honcourt à

1 Vojci ci-deuus , pag. lit.

• l-ambenu, Sch.lfnaburg.,»,,, m. m> el „MKiM „mfe,

hutaica Otrmauia anliqua, pag. 713. "'««ni», m«r opéra

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P.*«. ,U...nra„v„, m„. i Al. , tan. „. ^ „„

1 evéque Hetzelon et a l'église de Strasbourg f. La charte orignale des donateurs est daté de l'année 1 001 *2. Hetzelon vivait encore en 1064, lorsque l'archevêque Sigefroi, son métropolitain, vint en Alsace pour y consacrer la chapelle de Castelberg près de l'abbaye d'Andlau. Cette dédicace fut faite le 2 mai par permission et en présence de l'évoque de Strasbourg3. Hetzelon ne survécut pas longtemps à cette cérémonie. Il finit ses jours le 12 janvier4 1065 \ après avoir gouverné l'église de Strasbourg pendant l'espace de dix-sept ans. Il emporta dans le tombeau la gloire de n'avoir pris aucune part, comme plusieurs évêques, ses voisins, dans la faction des prélats de Lombardie qui, mécontents du pape Alexandre II , choisirent à Basle, le 28 octobre 1061 , l'antipape Cadalous6 sous le nom d'Honorius "'. L'Alsace vit naître presque sous ses yeux ce schisme fatal , qui sembla annoncer celui qui devait troubler toute l'église. Hetzelon sut en préserver son diocèse : mais il

* Voyez ci-dessus, pat). 400.

" Pièces justificatives, Ilist. d'Alx. loin. Il, fi/. 463, pag. cxvm. 1 l'ièces justificatives, ibid. lit. 466, pag. cxxit.

' l e P. Lajfuille, Histoire tl'Alsare , part, t , liv. 15 , pag- 1«9 . Mil. in -fui. el tout. 2, pag. 339, èdit. iu-8», place la mort de Hetzelon au 10 janvier; Wimphelinpie, pag. 44 , Gilliman, pag. 197, Hertznjc, les auteurs de la Gaule chrétienne, lom. 5, pag. 795 etc.. au 15 de janvier. Nous préférons la date du nécrologe de la cathédrale el de celui de Saint-Cicrre-le-jeune, qui mettent hdii décès au 14 de janvier. Le nécrologc de Sainl-Arbogaste le fixe au 13 du même mois: . idibus " jinuarii, Helzel, Argeiilinciisis episcopus, fundator hujus ec-lesia?. »

* C'est la date de Lambert d'AscliaflViibiiurg qui place la mort de lévèque Hetzelon à l'année 1065. bile est p;»r conséquent préférable à celle de Wiiiiphelingue . pag. 44. et de Scmr-pflïn, qui la mettent à l'année suivante 1066.

* Cadalous était évèque de Parme. Il fut rmi.lamn* Tannée suivante !27 octobre 106ï) au concile d*Asbor, tenu par Arnon , archevêque de Cologne. (Hartzeim , Concil. germania' , toi», m). \ott: de l'éditeur.

1 Voyez Fleuri, Histoire eerlenKialique , loin. 1 3, //»'. 60, p'ig. «9 et *uh< An.<nymus Zwetiensis, apud Pnium . Anerdot., loin. 1, part. 3, pag. 3SV. .itque Pctniï Damiani, apud Mansi , concil., lom. 19, pag. 5)93.

36 HISTOIKE DE L'ÉGLISE

mourut trop tôt pour pouvoir le garantir des suites funestes, que produisirent les divisions du sacerdoce et de l'Empire. Sa mémoire fut longtemps célèbre dans l'église cathédrale de Strasbourg , où le jour de son anniversaire était celui d'un service plein », et dans l'église collégiale de S.Pierrele-Jeune, où il fut enterré à côté de levêque Guillaume, son prédécesseur *. Son épitaphe , gravée sur une pierre ] est conçue en ces termes 3 :

« Qui velatus erat argentinense thiarâ , « Dùm studet hanc œdem magnificare Dei « Sex quoque praebendis , abiit super œthera felix. < Hetzelonis'humo molliter ossa cubant. » L'épiscopat de Hetzelon fut surtout célèbre par le bonheur qu'eut l'Alsace de donner un grand pape au siège de Rome , et de le posséder même pendant quelque temps. Ce pape fut S. Léon IX , dont la vie est assez connue par le récit des historiens ecclésiastiques \ Nous nous conten-

' Necrologium ceci*, cathedralis Argentine™*, fol. i, « „ idu, Jnnuari, Hezil .p.»copu. obut : de Arcenheim et Seerewilare et Elsenheim plénum servitium. . Necrolog.um, sive liber vit. s. Peiri jun.oris Arge«tinen,i, : . „ Idus janurii - aomversanum Hetxelonis epi,coPi ArgenlinensU , fundatori. sex pr.bendarum

• canomahum hujus ecclesi.. Cantenlur P,e»e VigUi», et ministrabunt canonici in

• muta pro defunctis. »

• Cette pierre porte la date du 1- juin 1066. Cette date marque l'année et le jour auxquels cette inscription a été faite ou gravée,

* U. França,, pourront consulter Ruyr, Antiquités «fc u, Voige, partie 3, /,„. t,

ZaTlqT T\"' pag- m- 557' 566- 576- 584 • 600 « « ».

W len; Benoit P,cart , Histoire ecclésiastique de la ville et du diocèse de

7, ™;w ; Wui,le' HUMn d'AUa«< 1 • ». ™> »* *

Z"?Î\ ^ ' ^ • tAiL m-fttL °aImel' « draine,

loZi\ 'm°n' ^ U8' 153-,6«^' 17«-175, et B.bliotneque

lorrau.e, pag. 569 , Bertnolel , H.sfoire du Juché de Luxembourg, pag. 119 et

^ *" LliWOirt """"" « " <»'»• 7, pag. 4 ji» etsL, etc.. etc.

DE STR\SROrRC. — LIVRE NEUVIEME.

terons donc d'en rapporter ici quelques traits peu connus, qui intéressent particulièrement le diocèse de Strasbourg et la province que nous habitons. Brunon , car tel fut le nom que Léon IX porta jusqu'à son pontificat , prit naissance en Alsace. Sa maison en était originaire , et descendait par Athic , ou Adalric , des anciens ducs de cette province1. Son père, Hugues IV, est nommé comte du Nordgau , ou de la Basse - Alsace , dans des chartes de

Nous avons aussi donné la vie de saint Léon IX dans la nouvelle «t seconde édition des vies des saints traduites de l'anglais de feu M. Alban Butler, publiées par M. l'abbé Godescard, chanoine de Saint-Honoré dit Paris, tom. 3, imprimé en 1743, pag. 489-199. Cette hagiographie , dans laquelle le traducteur a eu la bonté de faire souvent mention de nous, formée de dou«e volumes, réunit le mérite des recherches et de la critique à celui d'une piété éclairée et d'nne onction affectueuse.

1 Nous ferons connaître autre part (en parlant dans le livre suivant du monastère de Colanesberg et de l'abbaye d'AlforfT) les ancêtres du pape saint Léon IX et sa descendance d'Adalric, duc d'Alsace. Wibert. in Vitâ S. Lemis, papas, lib. 1, «op. i. parle ainsi de son origine : « Reverendus Bruno utriusque parentis lineam ade* « retinuit generosam , quat«nus ab ipsis atavis et supra , quicunque ad nostram

• potuerenl pervenire notitiam, aut regni, seu imperfi retentaverunt habenas, aut

• proximas regibus et imperatoribus gestaverunt infulas. Procreatus est au te m in

• dulcis Elisatii finibus, pâtre Hugone, matre vero Heilwide, quorum religiositas

• multorum ora consuerit ad latidem Dei aperire. • Kœnigshoven se trompe quand il dit, in Choronieo Alsatiœ apud Schilterum , rap. 3, pag. 188, que saint Léon était issu de la maison de Brunswick.

La maison du pape saint Léon IX était une des plus illustres de l'empire. L'archidiacre Wibert , qui la connaissait bien . puisqu'il écrivit une partie de la vie de ce saint pontife de son vivant, remarque que les ancêtres de ce grand pape tenaient un rang si éclatant dans le monde qu'il n'y avait que les rois et les empereurs audessus d'eux. Wippon, aumônier de Conrad- le-Salique , qui écrivait la vie de ce prince un peu avant Wibert, dit que les ancêtres de ce saint avaient une origine très-illustre, et qu'on croyait alors qu'ils tiraient leur extraction de ces anciens princes troyens qui s'étaient établis en France, et qui avaient, avec Clovis. reçu le baptême des mains de saint Remy, archevêque de Reims sur la fin du cinquième siècle. . Quorum parentes, ut fertur, de antiquo génère trojanorum regum vénérant. ' qui sub beato Remigio confessore jugo fidei colla supponebant. • Apud Pittorium in scriplor. rtrum Gtrm. tom. 3, pag. 46t. Othon de Frisingen dit : « Oriundus est

• Bruno ex nobili francorum prosapia. » Le pape Victor III dit : « Léo regah génère

MSTOME DE I. 'ÉGLISE

1035 et 1040 '. Il était cousin-germain de l'empereur Unrad-le-Salique », dont il soutint vivement les intérêts de la ligue que Ernest, duc de Souabe et d'Alsace forma en 1027 contre ce prince». Heilwige, mère de Brunon, eta.t hlle unique et héritière de Louis, comte de Dagsbourg, ou Dabo \ qui avait fondé, en 060, le prieuré de

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• Hutronis in n»™ a. . ' î - On trouve aussi le . comitalus

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fait mention de . Hugon,' ZiL '"• ^ (:°nrad' Wi,,p0n ............ . " u&on,s ^«"tis, quieral consaiiRuineus imn^minri. „u

«•■I cousin de l^pereur, e q 7Ad! -T ^neU5 ' Henri, ou Hézilon duc de V " lanlC Palcrn«»«. avait épousé

^ . Héztlon, duc de rrancon.e, dont elle eut Conrad-.e-Saiique pour fils. Voyez ci-dessus, pag. i97.

4 fit non fille d'un comle d«> filh ,„„

la chroniqu,. „«, ,.aMn„ ,. M ""«■ Jea" dt Ba,»n, qui écrivit, en ISSU.

Pé-e du „apt. ,,,.„•,( ' "V"iH-m'M ™ tou» '«l le grand-

« Ludovic us cornes de D.npor | a",l-u,6• ' Bealrix, Lotharingin- ducissa et

wclewa deodalwM rrexcrun. . i' "'T nr",,0,,is ' fjb™«n pulirhi operis ,n — run,. , Jca|l „rrKU(>| w nnhqt)ti va(hs ^ ^

S. Quirin1. Hugues et Heilwige faisaient leur séjour ordinaire dans le château d'Eguisheira , au-dessus de Colraar, dont il ne reste plus que trois tours placées sur une colline-, ou en celui de Dabo, situé dans les Vosges, dans la Basse- Alsace , aux frontières de la Lorraine , sur la pointe d'un très -haut rocher \ fameux par les antiquités

apud Hugo in sacra anliquil. monumenlis, tom. 1, pag. 198, dit aussi que Louis tomte de Dabo était « avus s. Leonis noni papœ. »

' Comme l'assure Jean de Bayon dans un passage manuscrit de sa chronique, cité par dom Cairaet, Hitt de Lorraine, tom. 2, Jtr. 1», pag. 151, et comme le rapportent les anciens manuscrits de l'abbaye de Maurmoutier.où I on lit : « An. 966 cella s. Qui- « rini à Ludovico comité de Dagesburg, avo s. Leonis papa noni fundatur. . On ignore las ancêtres de Louis, comte de Dabo. dom Calmet, tom. 1, distert. pag. clxxxix et notice de la Lorraine, tom. 1, pag. 811, croit qu'il était fils de Herman, comte de Verdun et petit-fils de Godefroi comte des Ardennes. Mais ce sentiment est insoutenable et sans fondement, d'autant plus que le comte Herman, qu'il suppose être le père de Louis, comte de Dabo, ne mourut qu'en 1028. Nous démontrerons ci-après que Herman , loin d'être bisaïeul de saint-Léon IX, épousa au contraire une sœur de re pape.

* C'est ce qu'on nomme le château supérieur d'Egisheim , ou Drei-Egisheim, dont il n'existe que les trois lours , qui penchent ver» leur destruction. Parmi ses ruines on distingue une petite tour ronde , appelée la Tour d'oubli, qui est située dans la partie la plus méridionale. Au-dessous de la colline, que ces trois tourscouronnent. est le bourg d'Egisheim, au milieu duquel on remarque une tour à plusieurs cOtés, qui est celle du château inférieur. M. Schœpflin, Alsat. illustr. tom. 2 . pag. 86. croit que ce dernier est le même château qui fol bâti au commencement du huitième siècle par le comte Eberhard, fils d'Adelbert, duc d'Alsace et fondateur de l'abbaye de Murbach « Dominus Eberhardus in Castro Egeneshcini , quod et ipse n contnixerat, sedem habebat » dit la chronique d'Ebersmunster.

» Les deux châteaux de Dabo, ou Dagsbourg, qu'on prétend avoir ainsi été appelés du nom du roi Dagobert, n'existent plus. L'ancien était situé sur la montagne de Léonsberg à une lieue du nouveau. Mérian in Topogrophia AUaliœ, pag. 13, a fait graver la figure de ce dernier, qui a été autrefois habité par les comtes de Linange- Ce château, élevé de six cents pieds au-dessus du village de Dabo, A trois lieues de Sarrebourg, bâti sur un rocher inaccessible de plusieurs côtés, était très-considérable. Pris en 1677 par les troupes françaises , il fut entièrement rasé et démoli le Î3 novembre 1679, comme le raconte d'ichtersheim , EUatkhe Topograph. pay. 31 et 82. On n'en voit plus aujourd'hui que la place, qui est d'un accès asseï difficile.

HISTOIRE DE i/ÉGIJSE

romaines, quoi) a découvertes aux environs !. Ces deux époux n'étaient pas moins distingués par leurs talents et leur piété , que par leur haute naissance. Us possédaient , l'un et l'autre, la langue romane, aussi parfaitement que la langue allemande : ce qui était extrêmement rare dans te siècle où ils vivaient2. Ils se signalèrent aussi parleurs libéralités envers les monastères de l'Alsace , et ils employèrent une grande partie de leurs biens à les doter. Les abbayes de Lure et d'AJtorff les comptent dans le nombre de leurs bienfaiteurs. Celles de Hesse et de Woffenheim les regardent comme leurs fondateurs 3.

(Sct"*Pnin' ^«<- Olunr. tnm. 1. tabula «„. pag. 5*9. et *ea a f.il des monuments romains qu'i, y découvrit et ^ ^ ^ ^ ^

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par téopold, archiduc d'Arche TT ^ ' f°ndé' «" ,fl2°«

f^ur, dan, .'université de cet* ,i.Ï7 difr6renU* Cha'>e9 dC

d'Œlenberg, ainsi que cHIe d . La jouissance et possession du monastère

collège et à l'université de FriblT * T'""8 ' ^ COnflrmée«

«oût 1774. Fnb°Urff Par ,ettr" Pentes du roi Louis XVI du

DE STRASBOURG. LIVRE NEUVIEME. il

L'abbaye de Hesse est située dans le diocèse de Metz \ entre Sarrebourg et Dabo , près de Haute-Seille et de Lorquin. Les fondateurs * l'établirent dans les terres qui provenaient de la succession de Louis, comte de Dabo, père de Heilwige 3, et y nommèrent pour première abbesse Serberge , leur petite-fille. Brunon , leur fils , devenu pape , en dédia /église le 25 novembre .049, en l'honneur de la Sainte- Vierge, du martyr S. Uurent et de l'évêque S. Martin. Il en confirma les biens et en augmenta les privilèges par sa bulle donnée vers l'an 1050 4. Elle est adressée à l'abbesse Serberge, sa nièce6. Il compte entre les possessions de l'abbaye de Hesse les églises de Waldscheidt etd'Abresviler en Alsace6, des biens situés àDorols-

' El Don dan* celui de Strasbourg, comme le croyent le* auteur» de la Gaule chrétienne ,lom. 5 , pag. 848.

* Richer de Sonones , in Chronico , lib. t , «op. 1 * : • Bcati Brunonis parentes • Hcssam monasterium sanctimonialium pênes Sareborch œdificaveront. * Ce même Richer, /i6. 4, cap. 21 , attribue autre part la fondation de Hesse au seul comte Hugues. Jean de Bayon, cap. 44, apud Belhomme, pag. Î34 , en parle ainsi: . Rrunonis progenitores cornes de Dasporch et Comitissa inter magnifica reliqua gesta « Ryssa sanctimonialium monasterium pênes Sareborch... ex propriis sumplibus . et redditibus ditaverunt et construxerunt. . Wiberl parait attribuer la fondation de Hesse au père du comte Hugues , et non à ce dernier.

1 Ce qui fait que le pape Léon IX dit dans sa bulle : - Pater noster Hugo jnstus « in eisdem bonis advocatus et havres. »

* Elle a été publiée par Martenne, Anecdot. tom. 1, pag. 173 ; Mabillon, i4nno/. benedict., tom. 4, append., pag. 736 ; Laguille. Histoire d'Alsace, preuves, p. «5. et Calmet, Histoire de Lorraine , tom. 4 , pag. 480 , de la première édition , et tome i , pag. ccixxxtii de la seconde. Crandidier, Hist. d'Alsace tom. 1. tit. 411, pag. cclxiii.

• « Ecclesia* in loco, qui dicitur Hesse positff.... et Sebcrg» abbatissie nepti « sua; , et post eam successuris inibi Dei ancillis. •

• • Ecclesia Valscheidt tola , cum conductu et omnibus ad Christianitatem perti- » nenlibus... Ecclesia Elbcrswylre tota cum conductu et omni integritate. > Waldscheidt «>t Abresweiller. ou Elbersweiler, situées en Alsace, dans le baillage de Dabo et le diocèse de Met* , forment aujourd'hui deux cures du patronage du prince de

HISTOIRE DE i/ÊGLISE

heim et à irenheim, l'église inférieure de Rosheim, le droit de patronage et les trois-quarts de la dîme au même endroit ». Henri, évêque de Strasbourg, unit en 1254 les revenus de cette dernière église au monastère de Hesse, ce qui fut confirmé, le 13 juillet 1255, par le pape Alexandre IV 2. L'abbaye de Hesse, après l'extinction des comtes de Dabo en la personne de Gertrude, fille et héritière d'Albert, mort en 1225, échut avec une partie de sa succession à l'église de Strasbourg. L'évéque Berthold 1 accorda , en 1228, en Hef à Simon , comte de Linange , et à ses héritiers mâles. Le prince de Linange possède encore aujourd'hui à Hesse l'advocatie et la haute justice, comme Hef relevant de l'évéché de Strasbourg \ L'observance de S. Benoît se maintint dans cette abbaye jusqu'au quinzième siècle K Elle tomba alors dans le relâchement et la disette :

Linange ; Abreswiller, devenu dans la suite annexe de Waldscheidt, fut de nouveau éngé en cure, le 14 juillet 1738, par décret de Mgr Claude de Saint-Simon, évoque de Metz.

' « Apud Rodesheim très partes decimœ ecclesia? inferioris, et ipsa ecclesia cum « conductu , et omnibus ibidem ad Christianitalem perlinentibus. .

' Sa bulle adressée , dilectis in Christo filiabus abbatisa, et conventui monasterii de Hesse , ordinis s. Benedicti , Metensis diocesis , . confirme l'union faite par leveque de Strasbourg à cette abbaye, « ut ecclesiam de Rodesheim in quajus • patronatus habet monasterium Hissensc , possit in usus proprios retinere, vicario - -n ea perpetuo servituro de ipsius proventibus , porlionc congrua reservata. .

Fredénc Em.chon , comte de Linange, déclara, en 1663, 1666 et 1673, tenir à Lire de fief de levèché de Strasbourg la haute justice au couvent de Hesse, un grand étang au dit endroit , et une collonge à Trenheim, dépendante de l'advocatie de ce monastère ; et qu'en reconnaissance de leur qualité d'avoués, les comtes de Lmange percevaient cent couronnes, évaluées aujourd'hui a douze cents livres

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pa» longtemps, el die8 retournèrent à Hesse quelques années après. On compte,

l'abbesse et les six religieuses, qui y restèrent, vendirent tout ce quelles avaient, et elles se retirèrent dans le diocèse de Strasbourg. Elles remirent en même temps leur monastère, par acte du 8 mai 1442, entre les mains des comtes deLinange, en les suppliant, comme héritiers des fondateurs, de reprendre cette abbaye, et d'y pourvoir comme ils jugeraient à propos. Les comtes de Linange l'unirent au chapitre de S. Etienne de Sarrebourg, qui n'en est éloigné que de deux petites lieues. Conrad, évéque de Metz, confirma cette union par ses lettres du 13 octobre 1447 , ainsi que le cardinal Nicolas , légat du saint-Siége en Allemagne , par celles du 5 mai 1452. Les chanoines de Sarrebourg en prirent possession en 1457. Mais cette union leur devenant à charge, ils rendirent le monastère, en 1465, à George, de Bade , évoque de Metz. Celui-ci accorda liesse, le 6 mars 1 482, aux chanoines réguliers de S. Augustin de la congrégation de Windesheim , qui en prirent possession l'année suivante. Henri Sasse, de Paterborn, qui fut tiré du monastère de Marbach, en fut le premier prieur. Le pape Alexandre VI confirma cette nouvelle union en 1494. La modicité des revenus ne suffisant plus pour l'entretien des chanoines réguliers , ils quittèrent Hesse après le milieu du seizième siècle l. Il fut alors uni et incorporé pour toujours à l'abbaye bernardine de Haute- Seille en Lorraine , qui en possède encore aujourd'hui les

suivant dom Calmet, Histoire de Lorraine, lom. vir, pag. exix, parmi les ahbesses Adélaïde, en 1270, Cunéjronde de Torvil 1er* , élue ci» 1315, Brigitte , en I3i7, Elisabeth, en 1377, etc.

1 Hesse faisait encore partie do la congrégation de Windesheim, en 1">5Î. Le directoire de loflicc divin de cette congrégation, rédigé en la mémo année, et rite par Anbcrl le Mire, Canonieotum HeguUirium ord. ». Augutlini origines ac proqrestus, cap. 13, apud hum, in colUcl. teriptorum rer historieo-monatlico eccletiaxl. , lom. 3, pag. 25, dans le nombre des monastères, qui en dépendaient . Motiasterjum « s. Laurenlii in Hissa, prope Sarburch. »

HISTOIRE DE l'ÊGMSE

revenus1. La bulle d'union du pape Grégoire XIII est datée du 26 juin 1576. Il ne reste plus du monastère de Hesse , que 1 église paroissiale desservie par un religieux de l'abbaye : on y voit encore le tombeau et la figure en relief de Serberge, la première abbesse. C'est en conséquence de cette union , que l'abbé de Haute-Seille jouit dans le diocèse de Strasbourg , du patronage de l'église paroissiale des SS. Pierre et Paul de Rosheim , et de la moitié des dîmes dans tout le ban de cette ville et dans celui du village de Rosheimwiller.

Woffenheim, situé en Alsace, dans le diocèse deBasIe, a une lieue et demie au-dessus de Colmar * et à autant du château d'Egisheim, fut fondé, en 1006 \ par le comte Hugues et Heilwige, son épouse \ On lui donna aussi le nom de monastère de Sainte-Croix, parce qu'il fut consacré

\iJrLÏ\i7Z' " ba,I,agC dC Lunévi,,e' *»l «1 éloignée de sep. ' El non dans le diocèse «5im.k

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à la gloire de la très- sainte croix et qu'il fut enrichi d'un morceau de cetté précieuse relique*. La première abbesse de Woffenheim fut Odile, fille des fondateurs s. Regelwide , qui lui succéda, vivait en 1046 4 . Kuntza devint abbesse en 1049 8. Le pape Grégoire VU, dans la lettre adressée en 1074 aux évêques de Strasbourg et de Baslee, attribue 1 établissement de Woffenheim à S. Léon 1XT. Celui-ci a pu partager avec son père et sa mère le titre de fondateur, en augmentant les fonds et les bâtiments : mais la gloire en est due à Hugues et à Heilwige. L'archidiacre Wibert, dans la vie de S. Léon IX, et ce' pape lui-même,

• « Léo episcopus, servus servorum Dei. 0 sancta el admirabilis crux, in qua

• Jésus Christus , Dominus nosler, pependit ! devictus amore , imo conslriclus « debito, ecclesiam patris mei Hugonis el malris tueœ Heilwigdis.... videlicet jam

• defunctorum... ab eisdem meis parcnlibus fundalam, el suo sludio dedicatam . . mihique jure hœredilario delegatam , preeditus legalis succession!» jure . nostras « apostoiic* sedi subslituo ad subcontinendam perhenniler ac défende ndam , » dil le pape Léon IX dans sa bulle de 1049, Hisl. d'Ali, loi». 1. lit. *06, pag. CCLli.

< * Celte insigne relique a échappé à la ruine du monastère de Woffenheiui : on montre encore dans l'église paroissiale de Sainte-Croix la particule de la vraie / croix qui se replie et se referme en trois. On y conserve aussi le calice de saint Léon IX.

» Dom Calmet, HiH. de Lorraine, tom. 1. pag. 151, fait mention d'une inscription qui se voit a l'entrée du chœur de Sainte-Croix, laquelle porte qu'en 1040 Brunon, frère d'Olhile, abbesse de ce lieu, reçut dans sa maison et même dans»on lit Jésus-Christ sous la forme d'un lépreux ; qu'il fonda et doU ce monastère , el qu'il lui fit présent d'une partie de la sainte croix , d'une cloche , d'un calice et d'autres ornements.

4 Regelwide, abbesse du monastère de Sainte-Croix, Regelwtdu oœnobii tanctœ Crucis abatis$a, fui, au rapport de Wibert , lib. 1. cap. 15, présente à la mort de la comtesse Heilwige arrivée en cette année, comme l'écrit Jean de Bayoo, cap. 50, pag. Î45.

• « Abbatissa Kuentxa, quam per nos ipsi benediximus, • dil Léon IX dans sa bulle de 1040.

• Pièces justificatives. Histoire d'Alsace, tom. u, ttl. 478, pag- c,xXU-

' * Monaslerium sancUe Crucis in terra heredilatis sue a beale memorie Leone « papA fundatuiu ac proprii* opibu» eju» coiutructuin . •

dans sa bulle du 18 novembre 1049 \ le disent en termes exprès. Léon IX soumit le monastère de Woffenheim au samt - siège , en consacra l'église \ et donna à Kuntza la bénédiction abbatiale. Il voulut aussi que l'abbesse envoyât à Rome chaque année une rose d'or du poids de deux onces, pour être bénie par le pape le quatrième dimanche du carême *. Telle est l'origine de la rose d'or, que le pape bénit tous les ans au même jour, et qu'il envoyé à quelque prince ou princesse, pour marque d'estime et de bienveillance * Woflenheim ayant été ruiné par les guerres , les hab,tants s'étabfirent insensiblement autour de l'abbaye :

; Pièces justilïcatives, #/,■„. d Als. fo„u , ? ^ ^ ^

Le domuncain, auteur des Anna.. de Co.mar, fait mention, m. 31, so„s V,x 1298 de la . casu.a senca rufa, carminé hexamètre tcxla , in qua beatus Léo

• «em.tenum monasterii sanct* crucis et ecctesiam consecravit. .

-ci - qu'on lit dans .a bulle de Uo„ .X : . Vro donativo itftur libertaU, u H', UX ,P8° mlidi0r' CUnClj8 "UC P*"*" Pcl- .l—l-

b abbaUssa „«,u, toc, so.vcndam, roSam v.deiice» auream precio duarum roma-

zz:zr aul factam' sicut fleri *°hi> aut «— *«

. 1X1; dr:eeS,7.m,t,Cndam' — die, ante^uam à nobi8 et succeSSorib„« I 1,7 ' ' ,,Uar,a <,Ûminica' elc- - L« «™ de, cens de IT^e

~rr:rr ius- — • •» — —

• sancf,. rn,,« h P' " eP,SC0Palu Basiliensi , monasterium

De la, ce dimanche fut ar,nel,*. r„ i,,!n , J

Le papR Inn:it,„ i ; ar : ir ■• « °- *— • -*

cernent du treizième siècle ,, . P * SUjCt 8crmon au comn,cn- Went dans Martenne, \~ ^ ^ «

l'ordre romain, apud Habillonem l ^ W- ,83' * dan.

I" — ,a vie du pa„ «, T ™' 135' '« « ,7fi-°"

W. M», que ce pape fil le quatrième dimanche de carême 1006 la

ce qui forma au treizième siècle une petite ville connue sous le nom de Sainte - Croix Ursule fut la dernière abbesse de Woffenheim. Après sa mort , l'abbaye fut sécularisée par bulle du pape Pie II du 12 janvier 1461 , et changée en chapitre séculier, composé d'un doyen et de douze chanoines *. Cette collégiale ne subsista pas longtemps. Dès l'an 1502, elle était réduite au seul doyen, qui en percevait les revenus3. Elle fut supprimée en 1524, et changée en une cure-rectorat4, à la collation du magistrat de Colmar. Cette ville qui acheta, en 1536, la

clôture du concile de Tours pour donner la rose d'or a Foulques, comte d'Anjou et de Touraine. — Soif de l'éditeur : On ne trouve Pascha llosata sans désigner le 4« dimanche de Pentecôte , ni dans l'art de vérifier les dates de l'annuaire de la société de l'Histoire de France , an. 1843. Grandidier a peut-être fait une confusion entre Dominica Rosata qui désigne bien le *' dimanche de carême et Pascha Rosarum qui désigne la Pentecôte.

' Kn allemand Heiliy-Kreuli. On lit dans les Annales des dominicains de Colmar, upiid i'rstisium. pag, 7 : .An. 1*49 Cunradus filius Friderici sanctam crucem < oppidum destruxit. « Les historiens du moyen-âge ont cru que la ville de Sainte- Croix existait dès les rois de la première race, et que Dagobert en avait fait présent i l'église de Strasbourg. L'empereur Maximilien 1" en était lui-même parsuadé lors qu'il dit dans son diplôme de 1 512 : Das Schloss und das Stettlin zuin Heiligen-CreuU , « in Obern-Elsass gclegen , durch wyland Kônig Dagoberto» dem hohen StifTt zu

• Strasburg doniert und zugestellt. > Mais c'est une erreur. Sainte-Croix doit l'origine à l'abbaye de ce nom , et ce ne fut qu'après l'extinction de la Maison de Dabo, vers le milieu du treizième siècle, que celte ville parvint à l'évêché de Strasbourg.

* L'original de cette bulle se trouve dans les archives de Colmar. On y lit :

• Monasterium Sanche-Crucis ordinis s. Benidicli, per felicis recordalionis Leoncm « papaui nonum à jurisdictione ordinaria exemptum et sedi apostolice immédiate « subjeclum existit, cujusqu*- abhatissa et conventus ratione exemptionis luijusmodi

• duas uncias auri annis singulis caméra apostolice pro rosa, qunm romani ponti- « fice» fieri Tacerc, cl quolibet anno in medio «uadragesime sccularibus principibus, « sive doiniui» teni|K>ralibus donare soliti sunt , persolvere consuevenint , per « parentes ejusdem Leonis opulenlissime fundatum et dotatum fuit. •

1 Wimphelingius, in Epilome rer. Germon., cap. S6, inter oper histortca Gertnanice anttquœ, pag. 364.

4 Schœpllinus, Alsat. illuttr.. tom 2, pay. 448

HISTOIRE DE l'ÉGLISB

seigneurie de Sainte-Croix, pour 25,417 florins, possède aujourd'hui la plus grande partie des biens de l'ancien monastère de Woffenheim. 11 n'en reste d'autres vestiges qu'une tour et une petite chapelle , qui se trouvent aux portes de la ville de Sainte - Croix , et qu'on nomme l'ermitage de Woffenheim.

Les fondateurs de cette abbaye, Hugues et Heilwige, eurent, outre Brunon, deux (ils, qui naquirent avant lui, et cinq filles Les fils furent les deux comtes Gérard et Hugues, dont nous parlerons ci-après. Les filles furent Mathilde , Bitzela , Odile , Gebba et une cinquième dont on ignore le nom *. Cette dernière fut mariée à Ernest 11 , duc d'Alsace et de Souabe, qui était frère de l'empereur Henri 111 par Gisèle, sa mère*. Mathilde épousa Herman *, comte de Verdun , et fils de Godefroi , comte des Ardennes \ Ce

' Sommier, Histoire de Saint- OU , chap. 5, pag. 67, donne encore i Léon 11 un frère nommé WalUrad , prévôt de Saint-Dié ; mais son opinion n'est fondée que sur une bulle du même pape de 1051 , où il nomme - frater noster ehari*siiiiu* « Wladradus, Prœpositus cœnobii s. Deodati. . Ibidem, pag. 347.

•Wassebourg et Vignier donnent à Léon IX une sœur nommée Adélaïde, qui est peut-être l'anonyme dont nous parlons.

* Il en est parlé dans l'histoire des archevêques de Brème, g il. apud Lindenbrog in Scrtptor. rtr. Germanie, neptentrionaliuin. pag. 88 et 89, qui donne à cette sœur de Léon IX une fille nommée Ida. • Ida nobilis remina de suevia » nala.... fueral filia fratris imperatoris Henrici III , fllia quoque sororis Leonis

• papa*, qui est Bruno.

« Chromcon Hugo cm Flaviniacensis, part. 2, apud Labbeum, in bibtiolheca mva manuscriptorum , tom. 1 . pag. 161 , et apud Papebrochium, in actis ss. tom. t , jumi , pag. 978 : . Habebat Godefridus... fllium. Heriiiianiiuiii cumitum iiobilissi-

• mum . qui est Heielo, Mathildem dexit uxurem. .

* Herman, nommé aussi Heticlon , était, sur la fin du dixième siècle, comte de de Verdun Roussel. Histoire de Verdun , part 3 , pag. 176, 181 et 185. Il obtint en 1019 après la mort de Godefroi, duc de la Bassse-Lorraine. sou frère, le château d'Eiha avec toute la province du Brabant, comme l'écrit Sigchert de Gemblours. Il mourut en 10*8, religieux de l'abbave de Saint-Vannes de Verdun, dont il fut un des principaux bienfaiteur». Trophées du duché de Brabant, hv. 3, pag. 84 et

fut en conséquence de ce mariage que Herman porta le nom de comte de Dabo '. Bitzela fut la femme de Hartwig , comte de Calb a, et mère d'Adelbert, qui rétablit en 1059 le monastère d'Hirsauge \ Odile et Gebba embrassèrent

115, Herman Tut appelé comte de Dabo, parce qu'il épousa la fllle d'Albert, comte de Metz et de Dagsbourg.

1 Ce ne peut être qiren conséquence de son mariage avec une fille de Hugues IV. qu'Albéric de Trois-Fontaines, in Chronico, apud Leibnitiium, accession, historié, tom. 8, pag. 43, lui donne le nom de comte de Dabo, puisque Herman, selon le témoignage de ce môme annaliste, était fils de Godefroi, comte des Ardennes et de Malhilde, comtesse de Saxe « Godcfridi comitis Ardenensis, dit-il, fuit uxor Mathildis

• comitissa saxonia», quœ peperit et episcopum virdunensem Alberonem... Comitem

• de Dasburg Hermannum... et duos duces (Lotharingie) prosapia inclylos. Gode- . fridum et Golhelonem. • Le comte Herman eut deux filles de la sœur de saint Leun IX, Tune appelée Odile, devint abbesse de Hohenbourg en Alsace, l'antre fut mariée à Rainier, dernier comte de Hainaut, comme le dit en termes exprès Balderic. in Ckron. Camerac. lib. 3, cap. 10. Les généalogistes modernes donnent A celle dernière le nom de Mathilde. Rainier, selon Gilles d'Orval, tu gestis episc. Leodicnt. lib. 2, cap. 3, fut père de Richilde, mariée à Baudouin , comte de Flandre, auquel elle apporta en dot le comté de Hainaut, Bertholei , tom. 3, preuve*, pag. 39. Richilde était donc, par sa grand'-mère, petite nièce de Léon IX ; aussi ce pape est nommé . Léo papa avunculus Richildis . dans une ,rès-ancienne généalogie des comtes de Hainaut, recueillie par Baudouin d'Avesnes. apud Martenne, in Thesauro Anecdot, tom. 3, pag. 382 et apud Acheri, Spicileg tom. 3, pag. 287, secundœ edit.

* Martin Cnisius , Oratio de vetustis . Wurtemberg, ducatû* oppido Calva , au. 1395 édita, et récusa à Weyelino in thesauro rer. suevic. tom. 3 , pag. 261 , et Bucelin, Hist, Agitolfingicm , pag. 405. Le même Crusius, Annal, suevic. tom. 1, part. 2, lib. 6, pag. 200 , prétend , mais sans fondement, que le pape Victor II , successeur de Léon IX, était fils des mômes Hartwig et Bittela. Le château de Calb, nommé Castellum Calb in theutonica Francia , dans un diplôme de Henri I\ de 1075, apud Tritkemium, Annal, llirxaug, tom. 1 , pag. 289, donna origine à la ville de Calw, aujourd'hui dans le duché de Wiirtemberg.

» Voyei Trithème, Annal. Hirsaugt tom. 1, pag. 187 et 205, etGrusius, Annal, sueric, lom. 1, cil. pag. 206, 213 et 218. Le comte Adelbert est nommé - Cornes de . Castello Calewo . par Lambert d'Aschaffcnbourg. L'annaliste saxon ad an. 1048 l'ap-

• pellefiliussororiss. Leonis papa?. • Adelbert, comte de Calb, mourut le 22 septembre 1099 ; Berlholdus Constantiensis, apud Urstisium, pag. 378. Il avait épousé trude ou Wilica, fille de Godefroi de Bouillon, duc de la Basse-Lorraine, dont il eut trois fil, et deux filles rappelés dans le diplôme de Henri IV pour l'abbaye

l'état religieux , et furent Tune abbesse de Woffenheim ' et l'autre abbesse de Nuitz «. Brunon naquit le 21 juin de 1 année 1002 3. L'endroit de sa naissance fut, selon les uns le château d'Egisheim «, et selon les autres, le lieu de Woffenheim \ Mais comme Wibert , auteur contem-

ce. ailes fut Utha ou Juduh, morle en 1091, et manée à Herman l« dont descendent

ÏLTT ^ 1W"^JW- 1 • «7 « >ea. Godefroi, fi.s

d Ade.bert, nommé . Gottefridus cornes palatinus de Galewo . dans les .étires de Henn V pour le monastère d'Alpirsbach de H33. apud Crusium. ton. 1, part 2

rnonl- W'r 11/ m°UrUt C" danS CC,Ui d'Hir8aUge' °" " avait monasuque, f„Memiw, lWM. pQ(J. 1M. „ eu, (Jc ^ J ^

TseTnde! err7lha; ",ariée " Premi6re8 n0CCS * Berlh0'd e en secondes à We.fon, duc de Spo.clte. Utha fonda, vers .'an î 193, ,e monastère

de .a Toussamt, s.tué dan, .a Forêt-Noire et .e diocèse de Strasbourg dont nous parlerons autre part plus amplement. * ' Voyez si dessus, pag. 48.

• Mallinckrot de Cancllariis «met», romaw Co„ .

"f;™- - * v;is «~«. * ,„'. ?,7 •

o „7. 7 « 7/ ""° *rmd°- indiC"U"C l"1»1» *— ta» '-m papa, qu, el Bruno, de Castro Eee«esl.eim. „at„, esl . «.p. U, et Joao de Ba,on, rop. 44 „„,,,, Belhomme, pag. 183

. ...."âc^lod T" ? PraClar" ta"" POnlir'Ci• '"<*"• f"»'°' «** „ " ' Mabi"0"' """^ *"*««■• *■ ». »■ ».

• Mm. . Elle a et,'. ,ui,ie |>ar ,,. f * , ' Mt"*te'"> "ral<"

uiuiiviiieque ne Lorraine, ma 5fii) Vnit/.- j / 'om. 1, pno, 306 „i . ... ' ' y J' " ae la Lorraine,

diocèse. P 1U " n;U,u,t da,,s la P^tie alsacienne de ce

* Hi5l0ria ePi«»Porum tullensium, apurf Co/melum //>„» *

porain , assure qu'il vit le jour aux extrémités de l'Alsace1, et que cette expression ne peut convenir à ces deux endroits, nous croyons plutôt qu'il naquit au château de Dabo. C'est la tradition constante du pays : on voit encore près de ce château, dans la paroisse de Waldscheidt, une colline appelée de son nom Leonsberg , et une petite chapelle sous son invocation , où l'on prétend que Brunon fut baptisé *. 11 vint au monde le corps tout couvert et comme stigmatisé de petites croix rouges 3; ce qui fut attribué aux méditations profondes , que sa pieuse mère faisait souvent sur les souffrances et la passion de Jésus-Christ4. Elles

« Sanclus Léo ponlifex , qui ante ponliflcatum vocabatur Bruno.... in hac luce «*t

• fusus apud Wofonegum undecimo Kal. julii, anno scilicet ab humanato Dei Verbo

* « In dulcis Elisalii Anibus. » Caspar Barth , qui écrivait en 1624 , Adversar. commentai, lib. 45, cap. 19, pag. 2012, fait sur ces paroles l'observation suivante : . Provincia rêvera dulcis ; neino enim lam barbarus aut peregrinus in eam « provinciam vcnit , quin abscedens redire eodem desideret. Tanta inibi incolarum ■ probitas et civilitas, magistratuum n*quitas et justicia, lerrarum cœlique uberUi « est et benignitas. • Barth se trompe dans le même passage, lorsqu'il croit que le chftteau d'Egisheim est ou la ville d'Ensisheim ou le bourg de Kinsheiro. D'ailleurs, Wibert, qui fait mention deux fois du château d'Egisheim, n'en dit mot comme étant le lieu de la naissance de Brunon,

* Benoît, Histoire de Toul, pag. 365.

1 Wibertus, lib. 1 , cap. 2 : « Bruno, ubi in hanc lucem fusus est. mirabile « dictu, totum cjus corpusculum invenitur charaxatum quasi crucicularum stigraa-

« tibus. Cujus rei novitate mater permota Preeter suam cotisuetudinem , à nulla

« alia, nisi à se ipsa, pertulit eum sustenUri lactis alimonia. •

4 M. de Buflbn, //ivoire naturelle, tom. 2, èdit. in-4», pag. 399-404, et tom. 4, èdit. in-*-, pag. 113-119, regarde comme une influence imaginaire les impressions des femmes enceintes sur le fœtus, et assure que ce sont des faits que la seule crédulité a rendus merveilleux. Cependant, cette assertion, que le célèbre naturaliste a embellie des charmes de son éloquence ordinaire . n'est qu'un paradoxe. Les effets de l'imagination des mère* sont incontestables : un grand nombre de faits et d'exemples journaliers l'attestent. Feu M. de Haller, Elément, physiolog., tom. 8, pag. 129-143, est aussi du sentiment de M. de Buflbn. Mais on peut lui opposer une autorité bien respectable, celle du célèbre Boerhave, son maître, de Horbi, nervorum.tom. 2, de effectu ima.jimt. in alienum corpus, pag. *58 , qu,

HISTOIRE DE l'ÊGLISE

furent aussi regardées comme un présage de sa sainteté et de son élévation future.

Brunon Ht paraître dès son enfance d'heureuses disposions pour la vertu. Il en suça l'amour avec le lait de sa mère. Heilwige voulut elle-même le nourrir, contre la propre coutume et contre l'usage ordinaire des dames de son rang. Lorsqu'il eut atteint l'âge de cinq ans, ses parents le mirent entre les mains de Berthold , évêque de Toul 1 , prélat pieux et instruit , qui avait un talent particulier pour l'éducation de la jeunesse , et qui l'éleva dans les principes de la religion et la connaissance des lettres 9. Brunon répondit parfaitement aux soins de ses maîtres. Il avait à peine fini ses premières études, que Berthold le nomma à un canonicat de sa cathédrale où il avait rétabli la vie commune 3. Le jeune chanoine y mena la vie la plus

en parle ainsi : • Credulus neutiquam sum , illud lamen paradoxum admittere cogor. • Mais comment, dira-t-on, l'imagination d'une personne enceinte , vivement frappée de quelque idée ou de quelque forte passion, peut-elle imprimer des marques visibles sur les organes d'un enfant? Il est aussi difficile île résoudre ce problème, que de comprendre comment notre àme, par des passions violentes, peut avoir tant d'influence sur l'économie animale de notre propre corps. Au reste, il faut penser sur ce point avec l'élégant auteur du Système physique et moral de la femme, pag. J68, (H. Roussel), . que lorsqu'une chose n'est inexplicable que parce qu'elle • est obscure, et parce que nous ignorons les circonstances qui nou6 en donneraient « la clef, si nous les connaissions, le doute devrait être la ressource la plus digne ■ du sage. •

• Berthold, allemand de naissance, et d'une famille distinguée, devint évéque de Toul en l'an »95. . Nobilissimis alemannorum nalalibu* ortus , « dit Adam, historien des évoques de cette ville, apud Çalmet , tom. 1, col. cevm.

* Brunon y eut pour condisciples les deux Adalnérons, ses parents, l'un fil» de Théodoric, duc de Lorraine, mort en bas-âge, et l'autre, fils de Frédéric, comte de Luxembourg, qui fut en 1047 élevé sur le siège de Met*. Os trois seigneurs y étudièrent, selon Wibert , non seulement les humanités, la rhétorique et la philosophie, mais encore la jurisprudence.

' La Gaule chrétienne, tom. 13, col. 1379. place Brunon, vers l'an 10S5. entre le. prévôts de S. Dié. Benoit Picart, Hist. de Toul, pag. Six.

édifiante. Il partageait tout son temps entre la prière , la lecture des bons livres et l'étude des sciences ecclésiastiques. Après la mort de l'évêque Berthold , arrivée en 1018, il continua de demeurer à Toul auprès de Herman, son successeur. Ordonné diacre, il passa à la cour de l'empereur Conrad , où il s'acquit également l'estime et la confiance de ce prince et l'amour des courtisans. Il y montra une grande capacité pour les affaires : mais il sut en même temps vaquer fidèlement aux exercices de la piété chrétienne. Ce fut dans le même temps qu'il fut nommé à la grariWe prévôté de l'église de S. Dié 1 .

L'évêque Herman étant mort le Ie' avril 1026, le clergé de Toul jeta les yeux sur Brunon , pour lui succéder. 11 fut sacré le 9 septembre de la même année par Poppon, archevêque de Trêves, son métropolitain. « Son mérite « brigua seul pour lui , dit le père Longueval V Ce fut un « des plus grands saints et des plus grands prélats de son « siècle , qui , dans ces temps malheureux , devint une « ressource pour l'Eglise de France , et même pour l'Eglise « universelle. » Il sut, dit Wibert, son principal historien, concilier admirablement la prudence du serpent avec l'innocence de la colombe. Egalement instruit dans les sciences ecclésiastiques et humaines 3, il était particuliè-

' C'est du moins une ancienne tradition établie dans cette église dès le troisième siècle, comme le prouvent de Ruyr, Antiquités de la Votge, pag. 255, et Sommier, Hitt. de l'église de S. Dié, pag. 55 et 56.

' Histoire de l'Eglise gallicane, tom. 7, liv. iO, pag. 224.

' * Sapientia divinarum humanarumque arlium in eo refulgebat amplissima, «dit Wibert, lib. 1, cap. 13. Les auteurs de l'Histoire littéraire de France, tom. 7, pag. 464-472, et dom Ceillier, Histoire des Auteurs sacrés et ecclésiastiques, tom. îO, pag. 345-361, font connaître en détail les écrits du pape Léon IX. Ils se réduisent à quelques lettres dogmatiques, à des lettres familières, à quelques petits traités ou discour» , à des décrets faits eu concile, et à un grand nombre de bulles.

rement habile dans la musique ; il en connaissait si parfaitement la composition , qu'il surpassa en ce point plusieurs des anciens. On parle surtout avec éloge de l'office de S. Grégoire-le-Grand , qu'il composa et mit en musique en faveur de l'abbaye alsacienne de Munster. Il fit aussi et nota des répons pour les monastères d'Altorff et de Hohenbourg en l'honneur de S. Cvriaque et de Ste Odile, auxquels il portait une dévotion particulière*. 11 vînt lui-même à Hohenbourg, dont il consacra l'église en

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Calmet, Bibliothèque Lorraine Mffl\*n *' &8' w 459' ct dom

religieux de Moven.oùlier, q^^^m*^ " î" " Car<,ina' ""^^ «ainu Cvriaque, Colomban Odile r7 ' rtp0n§ C" n,onneur des Brunon , évéque de Toul ' , ' , g°'re' HidU,phe et ^ " « q- ce fut

historien , donne ces pi^ au d * ^ "h e" «* Wibert, son

P dernier, tant pr)Ur ,e fond que ,a

1045, sous l'invocation de la Sainte- Vierge1. Brunonperdit, l'année suivante 1046, Heilwige, sa mère*, qui donna, dans ses derniers moments, les plus grands exemples d'humilité, de charité et de pieté \ Le comte Hugues IV, son époux, ne lui survécut pas longtemps : il n'était plus en vie en l'année 1049 *. Il fut enterré avec Heilwige dans l'église de Sainte-Croix de Woflenheim \

La mort du pape Damase , arrivée le 8 août 1048, laissait le saint-siége vacant. L'Eglise de Rome demandait un pontife qui réunit la naissance au mérite , la prudence au zèle , les bons exemples à la fermeté contre le vice , la connaissance des canons au désir de les faire exécuter.

' Fragmentum historicum, apud Urslistum , pag. 83 : ■ An. Dotn. 1045, dedi- - eatum est monasterium Hohenburg in honore beats Marine virginis i vcnerabi), « Brunonc, leucorum, ici est, Tullcnsium episcopo, postca aposlolico. •

« Jean de Bayon , apud Belhomme , cap. 44 , pa<j. 236 , « vcneranda Helwidis • Donini Brunonis mater an. millcssimo quadragesimo sexto mcmorMmidignumfecil. •

3 Voyez le récit et les circonstances de la mort de Heilwige dans Wibert, lib. 1 . eop. 15, dans le P. Laguille , tom. i, pag. 326 et suit., et dans dom Calmet, Hitt. de Lorraine , tom. i, pag. 152, et dans dom Mabillon , Annal. Benedict., tom. 4, lib. 37, pag. 416, qui place la mort d'Ileilwige à l'an 1037.

* Hugues mourut quelque peu de temps avant que Bru non, son fil» , fut élevé »ur le saint-siège. MnthiM». qui avait épousé Je comte Hugues, son arrière-petitfils , le dit en termes .•xptTs dans un a.te donné à l'abbaye de Woffenheim sur la fin de l'onzième siècle : « Domnus Hugo attavus meus, dum construerct hune locum, « surreptus morte , reliquit filio suo glorioso heredi Leoni ad perficiendum. Ille « vero cathedram beati Pétri ubwdit. • Pièces just., Ilisl. d'Als., tom. II. tit. 502, p. CUI. /'.Voir de l'éditeur /

* C'est ce qu'énoncent et Lcon IX , dans sa bulle de 1049 pour Woflenheim, où il fait mention . meorum parentum in Christ» Domino noslro dormientium , ■ et l'acte de la comtesse Mathilde, dont nous venons de faire mention : • Hec ecclesia « ubi Dominus noster Hugo seipsum et uxorem suam sepelivit. » C'est donc une erreur dans Whnphelingue, de Episv. Argent., pag. 43 et 44, qui dit que Hugues, pére de Léon IX, Tut enterré dans l'église d'Altorff. Il le confond, sans doute, avec Hugues , son grand-père , fondateur de cette dernière abbaye. Sudanus , Baulca sacra, pag. 155 , esl dans une plus grande erreur, lorsqu'il place la sépulture de Hugues, pére de Léon IX, dans l'abbaye de Saint-Trudpert.

56 HISTOIRE DE I.'bOUSE

Toutes ces qualités étaient réunies dans Brunon. (1 refusa d abord de se rendre aux vœux unanimes de ceux qui dans la diète de Worms, lui déférèrent la dignité pontificale. Il ne céda enfin qu'aux vives instances de l'empereur Henri qu, le croyait plus capable que tout autre de remédier aux maux de l'Eglise, et sous la condition qu'on ne 1 obligerait pas à rester pape, s'il n'avait pas le suffrage du clergé et du peuple de Rome. Brunon entra dans cette ville le 2 de février 1049. Il y fut reçu avec de grandes acclamations, et on y ratifia son élection. Il fut intronisé le 2 suivant, et il prit alors le nom de Léon, choisissant !>. Leon-e-Grand pour modèle, et se proposant d'honorer comme lu. la chaire apostolique par sa piété, son zèle

TLTÎ^k"™ d°UCeUr- ' Après *ae VE*lise ro~> d t M. labbc Heur. ', eût gémi cent cinquante ans sous

« plusieurs indignes papes, qui profanèrent le saint-siége ,

« Dieu, jetant un regard favorable sur cette église, lui

• donna Léon IX. , Il était arrivé à la maturité de l'âge ,

et I expérience, qu'il avait acquise pendant vingt-deux ans

relar 6, K,de,1EgHSe Univmel,e' 11 4pliqua sans

dont 1 'a ' SCi,"i,ne 61 à réPrim- ' » •

dont son cœur, sensible aux intérêts de la religion était

v-vement affligé. Ce fut l'objet des conciles qu'il assemb

ÏOW ll Z r 68 °b8taC,eS- " Vint en A»^»«ne en

2SJ n c8 5 deîuni'eTT '" y f °nfirmi" à

l'abbaye de Mo.tbtj, " £ f™* * ,e8 privi,<*es de Mourhach . Pa8sant ensuite à Toul, puis à

• Ob mlervcnlum ano.lolici llnmni i '

"" U°"'W, qui .une tonpori, „obiKum

Rheims, où il célébra le 3 octobre un concile, il se rendit de là à Mayence, où il tint, dans le même mois, un autre concile , où assistèrent quarante-deux évêques en présence de l'empereur, et où le pape s'appliqua à remédier aux désordres qui régnaient parmi le clergé germanique '. De Mayence, Léon passa près de trois mois en Alsace, sa patrie. Il y consacra , au mois de novembre , les églises abbatiales d'Andlau », de Woffenheim3, de Hesse4, d'AltorP, et de Hohenbourg6. 11 parcourut, au mois de décembre , la Haute-Alsace , où il dédia aussi un grand

• fuerat coloniee, • dit cet empereur dans le diplôme original, publié par Laguille, Hist. d'Alsace, preuves, pag. 42 et 43, et par Schœpflin, Alsat. diplomat., lom. 1, pag. 162.

' Adamus Brcmensis, Historia ecclesiastica, lib. 3, cap. ii.apud Lindebrogium, Seriptores rer. Germanie, seplenlrionalium , pag, 41 : « Tune habita est illa . Synodus generalis apud maguntium, présidente domino aposlolico et imperatorc

• Heinrico.... MulU ibidem sancila sunt ad utilitatem ccclesiœ , prœ quibus symo- « niaca hau-esis et nefanda sacerdotum cunjugia holographa synodi manu perpetuo t damnata sunt. » Voyez aussi Trithème, Annales Hirsaug., tom. i,pag. 190 ; et Hartxheim, Conàl. Germaniœ , tom. 3, pag, 112. Le pape Léo» IX rappelle le m(-im concile dans sa bulle accordée le 16 novembre 1049 à l'église de Saint-Dic, apud Sommier, Histoire de Saint- Die. pag- 3*3» ou i! dU : ' Cum redicremur 4 . Synodo Mogunlina, quam pro statu Germanie» et Gallicane ecclesia? disposuimus

• Hebrare. •

* Où il exposa aussi à la vénération des fidèles le corps de l'impératrice sainte Richarde. Voyez le lome second de cette histoire, tom. il , pag. 238, noies x et y el les pièces justificatives. Histoire d'Als., tom. I, M. 409, pag. ceux. Cette dédicace se fit le 1 0 de novembre. On lit dans les anciens calendriers d'Andlau :

• Mil Idus novembris dedicatio monasterii in Andelo. »

* Le 18 novembre 1049.

' Le 25 novembre.

* Le 28 novembre. Il accorda en môme temps à cette abbaye le bras du martyr sainl Cyriaque. Voyez pièces justificative», Histoire d'Alsace, tom. 1, lit. 107, pag.

' Pièces justificatives , Ibidem , litr. , 410 , pag. cclxi.

58 HISTOinE DE l'église

nombre d'églises <, cntr'autres colles dOlhmarsIieim *, de ■S Marc, près de Itouftach \ et d'Oilenberg \ Prenant ensu.te le chemin d'Augshourg et ,1e la Bavière , pour retourner en Italie, il célébra les fêtes de Noël à Vérone. Il retourna dans la Germanie sur la lin de l'an 1050, et il revint a Strasbourg au mois de janvier 1051 ». Il accorda

' L»n IX alla voir Frédéric, cou.lo do M«on, „„ cou.,,,,, ,„i était établi dan. Ha! k ' :""S' ''''K'iM' par°iSSia"! "» S»int-M.rti„ d» ,illa^ d.

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* il consacra, le 13 janv.pr \nii i d'EiCaffen p„', d'Andla . Nans e! „ , "'" ^'^ * «""H»

«Kern-, . NwMe ^,^^7 " ^ ' ^ r-*"*

c Papa Léo m hom.re s. Benedirli u.i, t VoirnoUtiafundaUoni, . *Jà ^ " » Benzol....

à la cathédrale de cette ville plusieurs indulgences et des privilèges particuliers '. Il y consacra la nouvelle église collégiale de S. Pierre - le - Jeune * et les chapelles de S. Michel et de Ste Walburge3. Partout où il passa, il laissa des marques de piété envers les églises et de sa bienveillance envers les abbayes. Il se trouva à Augsbourg le 2 février 1051 , d où il retourna à Rome , où il tint un concile après Pàsque.

Egalement sensible au bien public et aux besoins du peuple, le pape Léon IX fit assembler les seigneurs d'Alsace et les engagea à recevoir la Trêve de Dieu , déjà établie dans d'autres provinces *. Les haines héréditaires qui s'allumaient tant entre les comtes, qu'entre les petits tyrans de campagne , qu'on nommait seigneurs ou châtelains, avaient mis l'Alsace et la plupart des provinces voisines dans un état de guerre habituel. Le pillage , les

pag. lxxh. Voir aussi la noie // de la page i.xxiv, où «iramlidier donne le texte de l'inscription lapidaire commémoralive de cette consécration. (Mole de l'éditeur).

' Schad, Beschreibung des Munsters *u Strasburg, pag. 18

* Voyez ci-dessus, pag. 15.

1 La chapelle de Saint-Michel, où saint Arbogaste, évêque de Strasbourg, avait été enterré, fut démolie en 1766, et on bâtit à sa place une maison qui appartient aux dames religieuses de la congrégation , et où elles tiennent leurs écoles externes. Voyez le tome premier de cette histoire, pag. 218 et 883. Celle de Sainte- Walburge porte aujourd'hui le nom de Sainte-Barbe. L'église du couvent des petits rapucins, rebâtie en 1773 , occupe son emplacement. Kœnigshoven, in Chronico , cap. 3, pag. 189.

' La licence des guerres particulières , qui régnait pendant l'onzième siècle , engagea les évéques de défendre tout acte d'hostilité dans de certains temps sous les peines canoniques. C'est ce qu'on appelait la Trêve de Dieu. On prétend que le premier règlement, qui en existe, fut fait le 19 mai 1027 dans un synode tenu au diocèse d'Elne en Roussillon. Voy. Conciliorum, lom. 9, pag. 1849. Mais les bénédictins, auteurs de Vllist. générale du Languedoc, lom. 8, pag. 608 , ont prouvé qu'il faut lire 1047. Voyez la dissertation de Dominiri de Treuga el Pace , ejusque et utu in bellis prira/ù, imprimée à Paris en 1649, et depuis dans la bibliothèque des livre» rares de Burcard Gotthelf, publiée à léna en 1719.

"° HISTOIRE DE 1,'ÉGI.ISE

enlèvements , les meurtres , les vengeances atroces étaient une suite inévitable de cette indépendance audacieuse et effrénée, qu'on regardait comme l'apanage et le caractère de la souveraineté dans ceux qui s'étaient fait le droit de ne reconnaître presque ni supérieur, ni lois. Les forteresses étaient le repaire du brigandage : tout noble qui avait pu bâtir un château sur un rocher, le fortilier par des tours et l'entourer de fossés , était impunément oppresseur et ravisseur. L'avantage de la taille, la force du corps, l'armure de fer, ne servaient que trop souvent à écraser le laible. La vengeance étant au pouvoir des particuliers, et n ayant d'autre objet que de repousser l'injure , ou de réprimer l'outrage et la violence par une violence plus nuisible et par des outrages plus sanglants, elle ne pouvait servir qu'à multiplier les désordres. La licence armée parcourait les campagnes , ravageait les moissons , enlevait ou égorgeait les troupeaux, et mettait le feu aux cabanes (les colons , quand elle ne pouvait atteindre son ennemi, qui la bravait dans les tours de son château. C'eût été attenter aux privilèges les plus chers et les plus précieux des seigneurs et des nobles, qui s'étaient affermis dans I indépendance, que de leur oter le droit d'attaquer, de

détruire, de repousser la force par la force. Ce fut enfin re ,g,on qUI vint 8.opposer . ces

ment delà trêve de Dieu. On avait précédemment ordonné quon observerait la paix jurée sur les reliques des saints, même! M •««•«raient de se faire justice eux-

mêmes. Mais ces conventions n'avaient servi qu'à faire des parjureg> et à augmenter le mépris des censures

E„r:artre ccux qui ies ^ l- -

,eCOnna,tre 1«. dans ce chaos gLral, lobsenation de cette paix était impossible. Les seigneurs

DE STRASBOURG. — LIVRE NEUVIÈME. 6i

d'Alsace, assemblés en 1051 *, sur les invitations et l'autorité du pape, leur compatriote 4, convinrent de changer cette paix , si mal observée en une trêve , ou suspension d'armes. Il fut d'abord ordonné que dans tous les temps, et de quelque manière que ce fût , on n'attaquerait jamais les églises et les édifices sacrés , les ecclésiastiques et les femmes, les pèlerins, les marchands , les chasseurs et les laboureurs occupés à la culture des terres. On ordonna ensuite que, depuis le mercredi au soir de chaque semaine jusqu'au lundi matin , personne n'attaquerait son ennemi , n'exercerait aucune violence et ne ferait aucun acte d'hostilité ; et qu'on observerait la même chose les jours et les veilles de fêtes , aux Quatre - Temps et depuis l'Avent jusqu'à l'Epiphanie , ainsi que depuis la Septuagésime jusqu'à l'octave de la PentecAte. On statua de plus que celui qui violerait ces règlements , en attaquant son ennemi , le blessant , en entrant de force dans sa maison , payerait une forte amende, s'il est libre, ou serait condamné à perdre la main , s'il est serf. Celui qui , dans ledit temps de trêve, aura volé ou enlevé quelque chose, sera, pour

' Bealus Rlienanus, Rerum Germanie, lib. 2, pag. 97, prima edil. et pay. 183 xecundœ edit. et Goldaxt, Conxtit. impérial. , loin. î, pmj. il, ont publié les statuts «le ht Trêve de Dieu qui y ont été dressés. Ce dernier dit qu'il» le furent dans une «"-emblée tenue à Ha^uenau. Mais Hapuenau n'était pas encore bâti, ci nous verrons dans la suite qu'il ne dut son existence qu'au douzième siècle Cependant le pagusoule canton qui donna le nom A la ville et à la forêt, était connu dès le commencement de l'onzième, puisque le pagun Ifagenowe est rappelé dans une charte de 1 035.

! L'acte qui fut dressé en conséquence , commence ainsi : • Notum sil omnibus « paeem cupientibus , qualitcr Alsalicnses cum suis primatibus subnotàtam pacis • editionem juxta comprovincialium suorum decretum , conjuravere et conjuratam " perpetuo, proùl homini liret, in hune modum conflnnavere. « Voici comme il est terminé : , Et ne tan» utile, tumque sacrosancta? pacis decretum odiose negligatur , » a sacerdotibus diligenter cavealur; et quia Leonis papa? banno sancitum est, ■ candis Dominiris diebus constanter doreatur. • Grandidier a publié les statuts ea ««lier dans le tome 1 de l'Hisl. d'Als. P. just. lit. 413, p. cCLXV. (Xote de l edit.)

HISTOIRE DE i/fcGLlSE

la première fois, fouetté et aura les cheveux arrachés i; pour la seconde , aura la main coupée , et pour la troisième , sera pendu. Lorsque le coupable nie le fait, s'il est libre, il se justifiera par le témoignage de sept hommes de sa condition: s il ne Test pas, ou s'il est d'une basse extraction, il se purgera par l'épreuve de l'eau froide. Léon IX confirma ces statuts, en ordonna l'exécution sous peine d'excommunication, et voulut qu'ils fussent publiés par les prêtres tous les dimanches , et annoncés tous les mercredis soir au son des cloches.

Le pontificat de Léon IX ne fut pas long: mais ses jours ont été si utilement et si saintement remplis , qu'il a égalé en œuvres les pontifes les plus célèbres. « Il fut, disent « les auteurs de l'histoire littéraire de France *, un des « plus grands papes qui aient gouverné l'Eglise dans les « siècles d'ignorance et d'obscurité. » François Pétrarque en fait le plus grand éloge \ Un auteur, qui se plaît à lancer contre les papes les traits de la satyre la plus envenimée, n'a pu s'empêcher de payer à Léon un tribut de louanges 4. Sa mémoire cependant n'a pas été à l'abri des plaisanteries d'un écrivain célèbre , qui malheureusement

' C'est le sens qu'il faut donner à cette expression des statuts : « Corium cum . rapillis perdat. . Voyez le tome second de cette histoire, p. 93, note r. Spelmann, in Gh&tano Archéologie, explique corium perdere par être condamné à la peine du fuuH. Ceux qui la subissaient , étaient en môme temps tondus publiquement, comme on peul le voir dans le glossaire de Schen , tom. 1 , pag. 614 el

• Tom. 7, pag. 459.

' U vite de glimperadori et pontifia romani, pag. 226, edit. 1625 : « Leone nono . I«nnc il pontilkato anni sei, mes. due et du sei. Il quale fu papa di santa et . I.onesta vita : et nclla gralia dici ascheduno movendo , fu sepulto à San Picro. -

' François Bruys, auteur d'une Histoire des papes imprimée à La Haye en 1782, tom. 2, p. 337; compilation odieuse par les mensonges, les calomnies et les déclamations qui y fourmillent.

n'a que trop possédé l'ait de plaire et de séduire , et qui sut le prodiguer habilement dans un ouvrage mis depuis longtemps à sa juste valeur, par ceux qui ne cherchent dans l'histoire que l'exacte vérité et la saine morale « On

• a fait, dit M. de Voltaire *, un saint de ce pape Léon IX; « apparemment qu'il fit pénitence d'avoir fait inutilement « répandre tant de sang, et d'avoir mené tant d'ecclésias- « tiques à la guerre » . C'est dépeindre sous des traits bien ridicules celle qu'il fut obligé d'entreprendre contre les Normands. Léon mourut à Rome, le 19 avril 1054, après un pontificat de cinq ans , deux mois et neuf jours. Il fut enterré avec une grande solennité à Saint -Pierre, près de l'autel de S. Grégoire , devant la porte de l'église. On grava sur son tombeau le distique suivant , qui est court , mais énergique :

Victrix Roma dolet nono viduata Leone , Ex multis talem non 3 habitura patrem.

Rome et l'Eglise perdirent en lui le plus sage et le plus vertueux pontife , qui fût monté sur le saint-siége depuis plus d'un siècle. C'était, dit Victor III, un de ses successeurs dans la papauté ♦, un homme vraiment apostolique, instruit de toute la science ecclésiastique, qui, comme un

' C'eut le jugement que p» rte de l'essai sur l'Histoire générale «le M. de Voltaire, le sajfe et impartial M . Moreau , «l ins ses excellents discours sur l'Histoire de France, Umi. 6 , pag. 278.

'Essai sur l'Histoire générale, tom 1, chap 50, pag. 325, edit . des frères Cramer de 1736, et tome I, chap. 10, pag \28, èdil. de Genève, de 1771. Sous le litre Etsai sur les mœurs et l'esprit des nations.

' D'autres lisent vis.

* Dialogoruin, lib. 3, apud llenschenmm , p. <UH : • l.eo vir per oinnia aposlolicu» .

• rcjçali jjener»» ortus , sapientia pnrriitus , rcliffiono rnnspiruus , omnique .. eccle- ■ «stica doctrina appriine erudilus... à quo omnia ecclesiastica sludia renovata ac

• reslaurata, novaque lux iiiunu» visa est exoriri. •

astre nouveau, parut dans l'univers et en dissipa les ténèbres. Peu de temps après sa mort, il fut mis au nombre des saints , et son nom inscrit dans les martyrologes *. On peut même dire que le jour de ses funérailles fut la première solennité de sa féte *. Ses reliques sont aujourd'hui dans l'église de S. Pierre, sous l'autel de S. Martial 3. On a longtemps conservé son bras , dans l'église de Ste Croix de Woffenheim 4. Son crâne est exposé à la vénération publique dans l'église abbatiale de Lucelle, en Haute-Alsace 5. Le culte de S. Léon IX passa bientôt de l'Italie en France et en Allemagne : dès l'an 109i , Lutolphe, doyen de la cathédrale de Toul, qui y avait été chanoine sous l'épiscopat de Brunon , fit bâtir une église et un monastère hors des murs de cette ville sous l'invocation de ce saint pape °. Les diocèses de

' Henschenius, in Aeti, SS. tom. i, Aprilis , pag. 645 , et Mabillon, in Actit SS. Ord. S, Benedicti, tom. ix, pag. 51.

• « Obiit Léo lanto cum sanctalis odore et miraculorum nomine, ut die* ipsamet • funeiis velut ipsius festivitatis prima dies. . Ce sont les expressions du nouveau bréviaire de Toul, publié en 1748 par l'évèque Scipion-Jérome Begon , et rédigé par M. l'abbé de Cléry, son vicaire général , chantre de l'église cathédrale.

1 De la Lande, Voyage en Italie, tom. 3, pag. 3.

4 LucmtSacci, Descriptio historien suessœ civitatis, cap. 7, cite par Henschenius, pag. 645, écrit que Paul V, ayant fait l'ouverture en 1608 du tombeau de saint Léon IX, trouva qu'un bras manquait au corps. C'est sans doute ce bras qu'on conserva dans l'église de Sainte-Croix de Woffenheiin. Il en fut transporté en 1654 à Colmar dans la chapelle de l'hôtel abbatial de Pairis , comme le remarque Hugo,

cm antiquit. monument., tom. 2, pag. 278. On le conserve aujourd'hui sur l'autel de Saint-Antoine de l'église abbatiale de Pairis , placé dans la nef du côté de l'évangile, ou l'abbé François-Xavier Bourste le fit placer en 1778.

• Les Bernardins de celte abbaye font la féte sub ritu duplici.

* * In honorem beati Leonis papa., Tullensis episcopi . dit Lutolphe dans l'acte de ondat.on de la môme année 1091, publié par Hugo in Monumentis sacrœ Antiqmtalu. tom. î, pag. «96. Voyez le P. Benoit , Histoire de Toul , pag. 368 et «m». Lutolphe est nommé par Berthold de Constance . Lutulfus sanctissimi Leonis papœ fH.us «ncteque Tullensis école** decanus. . Le même acte de fondation * trouve auss, dan, la Gaule chrétienne, tom, 13, instrum., pag. 473.

Basle1 et de Toul * célèbrent sa mémoire sous le rit double au jour de sa mort. Il est assez étonnant de voir son culte inconnu et son nom presque ignoré dans le diocèse de Strasbourg. La vie de Léon IX a été écrite par Wibert, archidiacre de Toul, son ami particulier3. Les bénédictins le mettent dans le nombre des saints de leur ordre 4 ; mais

' Proprium sanctorum diœcesis Basileensis, imprimé en 1697, pag. 85-92, et en 1738, pag. 75 et seq.

* Breviarum Tullense, pars verna, pag. 505-507,

' Wibert a partagé celte vie en deux livres : Je premier, composé du vivant de S. Léon, contient l'histoire de Rrunon depuis sa naissance jusqu'à ce qu'il fut élevé A la papauté ; le second, dans lequel il parle de Victor II et d'Etienne IX, renferme le détail de lout ce qui s'est passé durant le pontificat de Léon IX jusqu'à sa mort. Cette vie, écrite par Wibert, fui tirée de l'obscurité par le I'. Sirmond en 1614; elle a eu depuis différentes éditions données par Duchesne, Preuves de l'histoire des Cardinaux françois, lom. t, pag. 5-21; par Eccard , Oritj. Hubsburg- Austriac. , nutn. 35, pag. 171 et seq. : par Heuscheuius , in Aclis S§., tom. 2, Aprilix, pag. 648-665 ; par Mabillou, in Actis SS. Ord. S. Benedicti, tom. IX, sœculi vi, parte 2, pag. 51-78, et enfin par Muratori, in Scriptor. re.r. Italie, tom. 3, part. 1, pan. 282-299. La vie de Léon IX, par Wibert, se trouve aussi en manuscrit dans la bibliothèque publique de Berne , num. 292. L'écriture de ce manuscrit est de l'onzième siècle : il Unit par ces paroles : • Explicit vita beat» • memoriie Leonis , qui et Bruno dicitur. Pra-sedit primum leuchorum ccclesiie. • On voit en tète une peinture représentant Léon IX bénissant une église que lui présente l'abbé Warin , avec cette épigrappe : « Léo papa , Warinus abbas. » C'est sans doute Warin, abbé de S. Arnoul de Metz, sous lequel Léon dédia cette église, le 1 1 octobre 1049, et auquel « Venerabili Warino abbali, • ce pape adressa la môme année une bulle en faveur de son abbaye. Meumse, Uisloire des èvéques de Meii , pag. 354. Materne Berler, de Rouflach, découvrit une très-ancienne vie de S. Léon dans la bibliothèque du monastère de Marbach , comme il l'assure lui-même dans sa chronique manuscrite, écrite en 1510, fol. 358 : «Ego Maternus Berler Rubca- « quensis veluslis characteribus in bibliolheca monasterii Marbach repperi inultis in •locis depravatum librum comploclentem Leonis IX pap«e viUe scriem, quem in « capita dividens magistro proeceptori meo Hicronymo Gebwilerio, ut suo marte ab « emendis purgatum in lucem prodire sinerct, destinavi. » — La chronique manuscrite de Berler est conservée dans la bibliothèque publique de Strasbourg. Quant au vieux codex de Marbach, découvert par Berler, il n'existiit plus au siècle dernier, et ne Tut jamais publié par Guebwiller. Pièces justillcatives du tome II de Vfiist. d Als. pay «iv. Note a in fine. (Note de l'éditeur)

4 Trithème, Chronici Hirsaugiensts, pag. 5l,«/ Annal. Uirsaug, tom. \,pag. 185 ,

il doit être plutôt regardé comme un des restaurateurs et des défenseurs de la discipline monastique , que comme un religieux de St. Benoît. L'archidiacre VVibert, qui a remarqué fort exactement tous les faits particuliers de l'enfance et de la jeunesse de St. Léon avant son épiscopat , et qui a,t valoir sa dévotion pour S. Benoît, son «de pour la reforme des moines, et son amitié pour les religieux de ».hvre. n ajoute pas qu'il ait embrassé l'état monastique ' • en-constance qu'il n'aurait pas omise, si réellement il en avait porte I habit pendant quelque temps ». Les bulles de

• i*^r .. z. rrr rr-- ins",uii™™ -

avanl s..,, Ji.,',-., . 'r.,i ..„! ' * 'lo " pontife «nel.aies ImurM

«'appliquer à |lt vie aust„v „ r, .."T "l"""7"'* «™ -» plus «Iciulu. dn,,re^"^th*.r^ Vi-«l - -mmun dans 1,

Beriholt, avait fait cn.bra,*r h \i» !• cn;inoinos *J«* Toul, auxquels l'cveque «P. 8, remarque ane rp f(U ^ el Aiimï Wiberi, «A. 1,

l'nua, SOi,s Herman ,]Vl„. ' " ^ * ,M s',ins ,,,, qu'elle cou-

• lH-.ih.imi .,viL,. Pnaomar,vrn,r !,nnn' C,Wn,,hw *'e ' ",,r" -t. trouvent pasuans^^^ ""^ "u« ^

-■•«.on de Henschcniu, p.us correcte cl P|n. ancienne.

Léon IX sont bien écrites pour le temps, et quoiqu'en dise un auteur moderne 1 , qui n'accorde aucune sorte de mérite littéraire aux ouvrages de ce saint pape, elles doivent être regardées autant comme des monuments de la science et de la piété de ce grand pontife , que comme des marques de son amour pour la religion et la discipline de l'église8. Quelques auteurs3 prétendent qu'il fut le premier pape qui se soit servi de l'ère chrétienne dans la date de ses bulles. Mais outre que plusieurs de ses prédécesseurs, et surtout Jean XVI et Sylvestre II, l'ont employée dans le dixième siècle 4, on voit que Léon luimême ne s'en est servi que très-rarement. Ses bulles sont presque toutes datées de l'année de l'indiction et de celle de son pontificat : et dans le nombre de plus de quatrevingts de ses bulles , qui ont vu le jour, à peine en trouve-

pag. 666 et 667, et comme le remarque «loin Mabillon lui-même, ce dernier; Annal. Bmedkl., tom. 4, lih. 53, pag. 227, avoue que Wibert, son principal historien . nullam de Brunonis monachatu disertani nientionem facit. • Do m Guéranger, Kssai sur l'origine, la signification et les privilèges de la médaille de Saint- Benoit , pag. 20-30 , pense qu'il faut rattacher l'origine de cette médaille à un accident que Léon, encore enfant, aurait éprouvé dans le château d'Rgisheim , où il était allé visiter ses parents, et dont il fut guéri miraculeusement par »aint Benûîl qui lui apparut en songe. Cet événement est raconté avec détail au liv. 1. chap. 5, de Wibert. (.Vofe de r éditeur.)

' L'abbé de Longchamps, Tableau historique des yens deletlres, tom. 4. p. 416.

' Léon l\ scellait ses bulles de plomb. On voit d'un coté les létes des apôtres avec un limbe à chacun. S. l»aul , placé à la gauche .le ceux qui regardent, est désigné par ces lettres 8. P. A, r'esl-a-dirc Santlus Paulux. S. Pierre, à la droite des spectateurs, jetant ses yeux sur la croix, est distingué par ces trois sigles S. P. E. , qui signifient Sumtus Peints. Le revers de la bulle ne porte que Léo PP., les deux dernières lettres veulent dire Papa. Telle est la bulle de plomb, attachée à la bulle originale de Léon !\, de 1051, pour l'abbaye de Hohenbourg. qui esl conservée dans les archives de l'évéché à Saverne.

* Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg, tom. 3, pag. 124, et Longueval, Histoire de l'Eglise gollirane, lom. 7, pag. 3 78.

4 Voyez le tome premier de celte histoire. Dissertation quatrième, pag. 102. Les auteurs du Nouveau Traité de la Diplomatique, tom.S, pag. 195, remarquent

t-on une vingtaine qui portent la date de l'Incarnation de Notre-Seigneur.

Léon IX avait, comme nous lavons déjà dit, deux frères , qui furent les comtes Gérard et Hugues. Ce dernier était mort plusieurs années avant l'élévation de Léon au souverain Pontificat'. Léon le regretta comme un frère digne de toute sa tendresse . et qui faisait la plus douce consolation de son cœur*. Hugues, qui fut enterré a l'abbaye de Hesse , laissa deux fils de sa femme, Mathilde, qui lui survécut 3, Henri et Albert , et une fille nommée Spanehilde , épouse de Folmar III , comte de Metz et de Lunéville *. Henri , comte d'Egisheim et de Dabo , succéda vers l'an 1049 à Hugues IV, son grand-

que l-u^e de l'ère chrétienne n'est pas rare, dans les bulles des papes, sur I, fln du d»*n. siècle. Cel.es de Jean XVI , pour le monastère de Se.tz , de 996 , et de Sylvestre l.pourl'abbayed'Andlau.de 999 , sont égalementdatées de l'année de .'Incar-

. w t V°ir "S dCUX bU"CS' P' Ct XXV" el ct»™' dul.del-H.d-A. (N. del ed.) • ri, iih. t, cap. 2, dit expressément que le comte Hugues, frère de Léon IX, u.l mort avant son élévation au souverain pontirtc^l. « Hugo ipsius germanus .an, • dod-m ante ejus ad aposto.atum élection.™ exuerat hominem. . Léon IX, dans

- bule pour l'abbaye de WofTenheim, de l'année 1,4.. fait mention . amborum

- fratrum meorum Gerardi et Hugonis, videlicet jam defunctorum. .

. vixûTr eniT mart;r (Laurentius in abbatia Hi8se"8,> cordis • *™

x, , du.ee solamen fratrem nostrum Hugonem, . d,t le même pape danssabul.e pour le monastère de Hesse, de 1050.

nolméM d?,,.S fralr,S n°Mri HU?°niS ' « ,Uius • ■ »»*

nomme» dans la même bulle

fnuTr""' T"° ''" F"""a'' '"!'C•n•lai, ""«".eu. .l'un .1» en-

uerem le comte du .Wdeaii ct >v>im Aa u i '

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C«r,rd uualifc, des même, ' aU "eu ■» trouve pa, .„ m de

père, dans le comté du Nordgau ou de la Basse-Alsace Il obtint la même année du pape Léon IX , son oncle , l'advocatie du monastère de Woffenheim *. Il vivait encore en 1061 3, et il mourut le 28 juin 4 1064 5, après avoir été également avoué de l'abbaye d'Andlau. Les enfants du comte Henri furent Hugnes V, comte du Nordgau 6 et de Dabo 7, et son successeur dans l'advocatie d'Andlau 8,

* Comitalu» Henrici comitis in pago Alsati*? . est rappelé dan» le diplôme de l'empereur Henri, de 1052, pour la collégiale de S. Pierre-lc-Jeune. Le même comte Henri eut quelque temps après avec lletielon, evèque de Strasbourg, un différent au sujet des forêts, qui Tut termine, en 1059, par l'entremise de Henri IV. « Comitatus predicti Henrici comitis » est également nommé dans les lettres que ce dernier prince fit expédier en conséquence. P.just. Hist. d'Aïs., loin. II, t. 461, p. cxvi.

* • Ipsam advocatiam commisi nepoti meo Henrico castrum Hcgensheim habenti, » dil-il dans sa bulle de 1049, lit. 406, pag. cclii, tom. 1, de l'Hist. d'Alsace.

1 Polmar et Heilika, sa femme, accordèrent, en 1061 , l'abbaye de Honcourt i l'église de Strasbourg • sub presentia Henrici, Alsatiae comitis. . Tom. n, lit. 463 ,pag. cxvm, de l'Hist. d'Als.

4 Le nécrologc d'Altorff en parle ainsi : « iv Kal. Julii, obiit Henricus cornes, « pro quo venerabilis ejus filius Bruno tradidit huic casœ Dei ad sanctum Cyriacum

• unum molendinum. ■

* Henri vivait encore en 1064. Il assista, le 2 mai de cette année, à la dédicace de la chapelle de la Sainte-Trinité du mont Castelberg, près d'Andlau, faite « teste

• Henrico advocato > de l'abbaye de ce nom. Nous verrons ci-après que, dès l'an 1065, le comte Gérard II, son cousin-germain, lui avait succédé dans le comté deNordgiu.

* Hugues V devint comte du Nordgau après la mort de Gérard II. « Cornes Hugo » signa, en 1078 , la charte de Thierri, duc de Lorraine, pour le monastère de Lièvre. Baletcourt , Traité historique et critique sur I origine et généalogie de la mainon de Lorraine, preuve», pag xxxvui. Wallram, de L'nitate ecciesiœ conservanda, lib. î, rap. 36, apud Fre.her, in Scriptor. rer. Germanie, tom. 1, pag. 309, l'appelle • Hug potentisMinus cornes Alsatitn. • Il est qualifié • Cornes de Kgensheim, » par Berthold de Constance, apud Urstifium, pag. 360 et 362.

' Voyez la charte de Ludolphe, doyen de l'église de Toul, de 1091. et celle de Pibon, évêque de celle ville, de la même année, publiées par dom Calmet, Histotre de Lorraine, loin. 3, pag. XVII et XX. Il est nommé, dans la première. - Hugo

• comrs , films comitis Henrici. . On lit dans la seconde , que « Slrenuus cornes

• Hugo de Dasuorc, venerabilis Henrici filius, inlrinsecus bei tactus inspiratione et

• nobilis prosapiae beati Leonis, de qua descendent, ductus dulcedine, • avait fait une donation considérable au monastère de S. Léon de Toul.

* Hugues était avoué d'Andlau, comme le remarque Hugo, in Monumentit tacra

Brunon1, Gertrude et Officia. Brunon embrassa l'état ecclésiastique et devint chanoine-archidiacre de l'église cathédrale de Toul. Il bâtit , au commencement du douzième siècle, la chapelle de Laubenheim près du château de Girbaden , qui appartient aujourd'hui au collège de Molsheim a. Gertrude épousa un comte nommé Albert, et est rappelée dans une charte du comte Hugues son fils de l'an 1 137 \ On ne connaît que le nom d'Officia ». Hugues V, dont nous aurons lieu de parler plus amplement 8, lut tué au mois de septembre 1089, sans laisser d'enfants de Mathilde , fille de Louis , comte de Mouson et de Montbéliard et de Sophie, duchesse de Lorraine 6. Albert, frère

anUqutlaUs, ton,. 8, pag. 269, nota b, qui place sa mort à Tan 1090 au lieu

' Rappelé dans le nécrologe d'Altorff, que nous venons citer.

• On lit dans les lettres d'un comte Hugues, neveu maternel de ce Brunon, par lesquelles ,1 accorde, en 1137, celle chapelle à l'abbaye de Lure : « Avunculus « suus Bruno, archidiaconus Tullensis capellam juxla Girbadum apud Lob.as sitam ■ m honore sancte Dei genilricjs Mari*... aliorumque sanctorum construit. .

« Gerlrud.s Comitissa . sœur de Brunon/ est nommée dans le même acte épouse de défunt . Alberti Comil.s et mère de . Hugonis Comilis. „ Nous croyons que ce comte Albert eut aussi de Gertrude une lillc nommée Mathilde, mariée à Mainard, comte de Morsberg, que dom Calmet, to,n. 1, pag. cxc.u , et tome

5 , preuves pag. <:,,, , mie c, soupçonne avoir été fille d'Albert, comle de Dabo, dont nous parlerons ci-après. Ge comle Mainard céda, en 11*5, à ,'abbaye de I « ? 7 T ^ dépendances qui avaient été usur-

C 2 ' b"U PèrC' mb'en ■ *< "*

uents, preuves, pag. 94.

Officia puella. soror Hugonis Comitis. , ' A l'article d'Ollon , évéque de Strasbourg

' VT/" I,h. mp. M§ npud Belhommr

Zel 11 r r m0r' ^ COmtC HU*UCS' 9"""° S°Ph'* ™ Luéanrvvnmto Z L T"" ré,Jiti°n * *™ * »^» * «* raite sur un manusen,

Mouson et de mII'; -Mos,..anne , mariée à Lou.s comte de

et de Monibehard ; et celle conjecture n'est pas sans vraisemblance Nous

DE STRASBOURG. — LIVRE NEUVIÈME. 7i

de Henri, et également neveu de S. Léon IX, par le comte Hugues son père !, était comte d'Egisheim et de Muha , et avoué de l'abbaye dWltorff. II succéda en 1089 à Hugues V, son neveu, dans le comté de Dabo. Albert fut le premier de sa famille qui posséda le comté de Muha , situé dans le diocèse de Liège, sur les contins du Brabant*. Il fonda en 1096 le prieuré du Mont-saint-Martin , près de Longwy, qu'il soumit à l'abbaye de S. Vannes de Verdun \ Sa mort arriva le 24 août 4 1098 &. II n'eut point

,i\ont d'abord un a< le de Mathilde, femme «le Hugues V, par lequel elle renouvelle le* hiens du monastère, de Sainte-Croix dt YVofl'cnheim , fondée par lingues IV, arnere-gratid-père de son époux, et qu'elle nomme Allants meus. Cet acte où elle se nomme : » Ego Mathildis anrilla ancillarum Chrisli •, est en original dans le* archives de la ville de Colmar. Sous trouvons ensuite entre les enfants de Louis, comte de Mouson et de Sophie , sa femme, une lîlle nommée Mathilde, comme le prouve la charte de la comtesse Ermentrude de 1105, apud Sehcellinum , ÂUal. diphm. ton». 1, /)«;/. 18if dans laquelle on lit: • Pro sainte anima».... I.udovici ,

• Sophia» uxoris ejus... lîliarumque eorum Mathildis, Sophi.r, Beatricis, etc.

' Gomme le prouve une charte que Albert donna en 1093 en faveur du prieuré de •St-Quirin, cité par Hugo, in sucra Antiquil. Monum., tom. 2 , pay. 269, nota d.

f Muha , nommé dans les anciens titres Muha , Moha , Muhnl , Mtrisal ou Mm.««m, est aujourd'hui un bourg ou village, avec un château miné, situé sur la Méhaigne, prés de la ville de Huy, faisant partie de la principauté de l'évèqne de Liège.

• Albertus cornes in Egisheim, dictus de Muisal, » fit vers l'an 1092 une donation au nouveau monastère de Marbach. Pièces justificatives, Mst. d'Als. tom. il , Ut. 507 , pan. avili. Le comté de Muha, après la mort d'Albert, passa aux comtes de Metz et de Dabo, lils de Spanehildc, sa sœur. Le dernier comte de Muha fut Albert, comte de Metz et de Dabo, mort eu 1211, qui, se voyant sans enfants mâles, donna en 1201, son comte de Muha à Hugues, évèque de Liège et à sou église. Chapeauville , Admt. ad .Eqidium Leodienscm . cap. 99. La mesure dont se servent les habitants de Huy qui demeurent dans la partie de cette ville , située en-deça de la Meuse, porte encore aujourd'hui le nom de mesure de Dagsbourg, mensura Daborchia.

5 II prend le nom à' Albertus , eomes de Musau, dans l'acte de fondation publié par dom Calmet, tom. 8, png. xxxviu.

4 Nccrologium s. Vitmii virdunensis, apud Duché me . Ihst. de Luxembourg, preuves, pag. 36 : « IX. Kal. septembris, Albertus cornes Dagsburgensis, qui nobis Cellam s. Martini cum omnibus appendiciis suis dédit »

1 Le comte Albert vivait encore en 1097. Un certain Luitfrid lit, en cette année,

d'enfants d'Ermenson, son épouse, fille de Conrad, comte de Luxembourg. Celle-ci se remaria à Godefroi, comte de Namur , dont elle laissa une nombreuse postérité Folmar III , comte de Metz et de Lunéville, avait épousé Spanehilde », sœur de Henri et d'Albert, dont elle hérita, en 1098, les comtés de Dabo et de Muha. Elle en eut plusieurs enfants, dont les principaux furent Godefroi I et Folmar IV ». Nous verrons dans la suite que Godefroi et ses descendants possédèrent le comté du Nordgau ou de la Basse-Alsace. Folmar IV continua par ses fils la suite des comtes de Metz et de Dabo éteints en 1225 dans la personne de Gertrude.

Revenons à Gérard I ou Gerhard , dit aussi Gerald ou Gerold, qui était le fils aîné de Hugues IV et frère du pape S. Léon IX. Gérard I fut tué en 1038 dans un combat qu'd livra à Reginald ou Renaud «. Gérard avait épousé

une donation à l'abbaye d'Altorff . Per manum comité Alberti advocati. . La comtcwe Ermenson ou Ermensinde, ,a veuve, dans sa charte de confirmation du prieuré du Mont Samt-Martm, en 1101,, a donne « pro senioris mei comitis Alberti pi*

âue Errmenr0mPenSati0ne- " A,bCrt 6tail déjà m°rt d<*Uis ^C

nommé Henn. Berlholet , Mutent <lu Huéké de Luxembourg, tom. 3, preuw pag. xtv„. A.nsi i, faut placer la mort d'A.bert à l'an 1098.

de UxUemboûrPrl ^ *" " ^ ^ to

« . Comes Fo.maru, . fit une donation 4 ^ ^

an ma UX0ri8 suœ Spanchi)dis ^ Cûmes ^ lirent une autre . pro anima natrU ...i f»i

réoiscomf H« i» k Folman. * Ces donations se firent sous

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par les ,a,a6e, ,„•„ ,MMil ,e ^ Le ^ ^

Petronice, fille de Frédéric, duc de la Lorraine Mosellane et de Mathilde de Bourgogne. Celle-ci était fille de Conrad, roi de Bourgogne, et sœur de Rodolphe III Gérard I eut

heim voulant arrêter ses entreprises, osa l'attaquer avec peu de monde. Mais il périt dans le combat, où il donna des marques particulières de bravoure, particulièrement regretté , non-seulement de son frère et de sa famille , mais encore de l'empereur. Jean de Bayon, cap. 48, apud Bclhomme , 2*1 : « Anno autem 1038 Cerardus cornes Ekenisheim castri, frater episcopi Brunonis, dura contra Regnibal- . dum de castello, quod ab ejus nomine Regnibaldi petra dicitur, qui Alemanniam . tune et sœpius populabatur, cum paucis profectus, orto gravi conflictu, insigniter « bellans occisus est. Acrem luctum tam parentibus et fratri, quam cunctœ provinciœ « et ipsi Augusto reliquit. • Nous ignorons ce qu'était ce château, que Jean de Bayon nomme Reginaldi petra. Dom Belhomme, suivi par le P. Laguille, tom. i, lit: 1*. pag. 319, l'explique par Ribeaupierre : c'est une erreur. Ce dernier château était . appelé Rappolti petra ou Rappolstein ; mais jamais Regibaldï petra. Reginald ou Renaud est un nom fort différent de Rappold ou Ribaud. D'ailleurs, le château de Rappolstein tire son nom de Rappoltzweiler, qui est situé au bas de la montagne, et qui existait dès le huitième siècle, longtemps avant ce Reginald, dont nous parlons, comme nous le ferons voir autre part.

' Wibert nous apprend, dans la Vie de S. Léon, lib. 1 , cap. 10, que Gérard, son frère , avait épouse la nièce de Rodolphe III , roi de Bourgogne : « Neptis . Rudolphi régis juvenis (erat) conjux sui germani nomine Gerardi . strenuissimi . atque elegantissimi militis. . Wibert ne nomme pas cette nièce de Rodolphe; mais un passage de Jean de Bayon , cap. 48 , pag. 239 , fait voir que cette nièoe, fille de Mathilde et du duc Frédéric, s'appelait « Petronix, quam, dit-il, «quidam Elisatii princeps uxorem duxit. » La chroniqne du cardinal Hurobert, religieux de Hoyenmoùtier, mort en 1061, donne aussi au duc Frédéric, comte de Bar, trois filles, dont la dernière était Petronille, ou Petronix, quam cornes Elisatii duxit, et que l'empereur Conrad-le-Salique donna, selon lui, en mariage à Gérard, comte d'Alsace. Cette chronique n'existe plus : mais deux de ses passages sont cité» dans un ouvrage de M. Mussey, curé de Longwy, imprimé en 1712, sous le nom de Lorraine ancienne et moderne, pag. 136 et 171; mais Mussey se trompe, lorsqu'au lieu d'entendre par ce comte Gérard celui d'Egishcim, dont nous parlons, il fait, pag. citées et pag. 185 et 188, Petronice, femme de Gérard, comte et marquis de Lorraine, mort en 1046. Petronice était sœur de Sophie, épouse de Louis, comte Mouson, et de Béatrice. Celle-ci fut mariée, en 1039, à Bonifacc, marquis d'Esté. De là vient que Léon IX, dans sa bulle pour l'abbaye de Nonantule, in Felic. contetorit genealog. MathUdis comitissœ, pag. 131, donne à Béatrice le titre de nièce : « Bonifacium marchionem, ejusque conjugem Ducissam nepotem noslram Beatricem. » Celte Béatrice fut mère de la fameuse Mathilde, comtesse de Toscane.

un fils nommé Gérard II et deux filles, Heilwige, héritière du comté d'Egisheim et Serberge , première abbesse de Hesse. Gérard II, auquel le pape Grégoire VII adjugea, en 1074, l'advocatie du monastère de Woft'enheim \ était, dès l'an 1065, comte du Nordgau ou de la Basse-Alsace3. Rigarde , sa femme , ne lui donna point d'enfants \ A sa mort , le comté d'Egisheim passa à Hcilwige sa sœur qui avait épousé Gérard, premier comte de Vaudémont \ fils de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine \ Heilwige survécut a son mari mort en H 08 \ et fut enterrée avec lui dans le prieuré de Belval qu'il avait fondé \ Elle est nommée dans une charte de i 1 18 *, par laquelle elle fait une donation à

' Pièces justificatives, //,„. d-AUm toMm 1( ,„ 47g m { ^%u

* • Comitalus Gerhardi comitis in pag0 Nortgowc . est rappelé dans deux diplômes

••!„ CmTïLUenri ',Un dC , a" 1065 Puur Ebcrhartl' ™* SP0""ei.n, et lautre, de 107., pour rabbave de ^ 5^^, ^ " ^ ^

%' "*> 61 pièceRiusl- d« .. de IHist. d'Als., „7. 177, p. cmi.

dans'lelTr^H'r'1'^ ^ %iS"heim * mafitU8 <*'8 r'erhardus * nommés

Mal 1 ' COmtCd,Egi9hcim' vers Tan 109,, au monastère

Marbach. P.Oces JUS, <lu tome dc ^ „ ^ ^ ^

Albenc, « ^ W*w,7„7 meuhmet hMorkn ,„„ , ,„ :

« S en n * nP:mUS WaUdani ^ dMil dc ^ • -P«-

■ Cel;d ^ ,ellr- dU ~- Albert comptent l.ewidis

" L'empereur Henri IV éricca h,, ion i.. pour Gérard mar' H •. seigneurie de Vaudémont en comte

». ». m ;«uv, .*4« * ^ •

U,l,,Hl' Aon-owir, (on,, i, pag. «27-232.

Jean de Bayon, raj,. 90, p„9 2?8

uiiie'ruccTJ^rci';;1 r:vftr' '"""^ 1 «'« ^ •» «•

autrefois sur leur tombe T C°"'te,i8e "^S** ,<,,le qU Cll<> M ,r°UVail

ieurs ossements, „ 17 JUIn m^ltu" d" ""^ *" R'",Val ' * ^ de S. Léopold de Nancy. transporter, le 25 suivant, dans l'abbaye

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u Aisace, St9, pag. ccxxxii.

l'église de Strasbourg, conjointement avec ses deux fils *, dont l'aîné, nommé Hugues, continua la suite des comtes de Vaudémont éteints en 1416*, et le cadet, appelé Ulric , prit le nom de comte d'Egisheim 3. Ulric fonda, vers l'an 1 130, le monastère de Thierbach 4 et en 1136 l'abbaye dePairis5. Il mourut le 9 septembre 1 1 44 sans postérité, ainsi qu'un autre frère nommé Etienne6, qui passe pour le fondateur de

' . Cum filiis ambnbus laïcis Hugone majore et minore vodalrico. • On lit aussi dans une charte de Henri, évèque de Toul, neveu du comte Gérard, de 11 S*, que

• corne? Gerardus palruus meus et comitissa Helwidis cum filiis suis Hugonc et

• Olderico comitibus » accordèrent le prieuré de Belval à l'abbaye de Moyenmoûlier. Belhomme, in Hittoria mediani monasterii, pag. 318.

■ Hugues, comte de Vaudémont , marié a Anne ou Angéline, fille de Simon I", duc de Lorraine , mourut après l'an 1167. Voyez la liste généalogique de» comte* de Vaudémont dans dom Calmet, tom. 8, pag. I-Xiv.

1 Le diplôme de l'empereur Henri V, pour l'abbaye do Lucelle , fut donne en 1185, . teste Udalrico comité de Egisheim. . Buchinger, in faslis Luceilensibut, pag. 854. Celui de Lothaire , son successeur pour la prévôté de Zurich, de 1130, expédié . rogatn Hulherici comitis de Hegensheim. • Hist. Zaringo-Badensis, tom. 4, pag. 78. On lit encore dans le nom d' . Odalricus cornes de Egensheim, • dans deux diplômes de l'empereur Conrad III, de 1141 et 1144. Hergott, Geneal. Habsburg , tom. 8, pag. 166, et Hartmann . Annal. Ensidlenscs . pag. 806.

• Signum comitis Ulrici . se lit à la lin d'un diplôme du mftne empereuur pour l'abbaye de Remiremont. Calmet, Histoire de Lorraine, tom. 3, preuve», col. cccxviu.

1 Pièces justificatives, Hist. d'Als., tom. il, lit. 680, pag. cclxxx.

" • Cœnobium béate Mario virginis parisiense fundatum ab avunculo meo pie . memorie Udalrico comité île Eginsheim, • dit Louis , comte de Ferettc , son neveu maternel, dans une charte de 1187. Hugr, Antiquités de la Vosge, pag. M. Une chronique manuscrite de l'abbaye de Pairis, citée par le P. Benoit Picart, Histoire de Toul, pag. 366, rapporte qu'elle fut fondée, en 1138, par Ulric, comte d Egisheim , petit - neveu du pape S. Leou IX. Elle ajoute que cet Ulric eut une sœur, mariée à un comte de Ferrette, qui fut mère de Louis. On lit dans le nécrologe de Marbach : « Die IX Septembris, Udalricus cornes. •

• On lit au commencement des Actes de Mûri , publiés par dom Fridolin Kopp :

• Gerhardus dux (Lotharingie) genuit Gcrhardum de Egisheim , patrem Vodelnci

• et Stephani. . Nous ignorons pourquoi M. Schœpnin , Alsat. illustr .. tom. I, pag- ne parle pas de cet Etienne expressément nommé dans le généalogue de Mûri, et lui substitue une Stéphanie ou Etiennetle,

I hôpital de Stephansfelden «. Gérard comte de Vaudémont et Heilwge, son épouse, eurent aussi trois filles, qui lurent Stéphanie, mariée à Frédéric, comte de Ferrette « Oiselle, épouse de Renaud , comte de Bar », et Heilwigé qui était en 11 80 chanoinesse de Hohenbourg

Gérard comte d'Egisheim, frère de Hugues et du pape ». Léon IX, auquel nous n'avons donné que trois enfants, ut pere de cinq autres , si nous nous en rapportons aux Mémoires manuscrits de feu M. de Riva* K Ce savant • valaisan, qui avait fouillé dans les archives du Dauphinc, de la Savoie, de la Maurienne , du duché d'Aoste , du valais et du Faussigny , pour trouver la vraie origine de la maison de Savoie , la découvrit dans celle des anciens ducs d Alsace. Berald ou Bérold, qui est incontestablement la tige des comtes de Maurienne , dits depuis comtes de " avoie, est, selon M. de Rivas, le même que Gérard, dont

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6 «eût 1772, ,aitM en manusc " Va,a S; 1"' «•ourut à Moutier-en-Tnren.aise. I, «reinéme si^lc 0 „ d"^iqu, ,1e la ,-nvalc maison d, Sav*,>

Chritiianu, pag lu \\ PSl S°" é,°*e ,,ans '« loin* xu de In Golha

Lcg.cn Thébéenne,' publié àî^rf "'""j l''Un WM*,,enl m*moire SUr ,C m^n dc

nous parlons, frère aîné du pape S. Léon IX, lequel, comme il le prétend , se forma des établissements dans le royaume de Bourgogne Trans-et Cis-jurane. Il doit avoir prouvé cette descendance par les chartes du temps et le témoignage des auteurs contemporains f. Prévenu , ainsi que Muratori et M. de Saint-Marc , contre l'opinion commune qui la fait descendre de Witekind, duc de Saxe9, il a réfuté le système saxon dans tous ses points , et sous ses différentes faces. Après avoir développé l'origine alsacienne de cette maison , il donne au comte Gérard ou Bérald cinq enfants. Le premier fut Humbert , comte d'Alsace et d'Aoste , héritier des biens que son père possédait dans le royaume de Bourgogne , premier comte de Maurienne , surnommé aux-blanches-mains , mort vers

' Comme l'a observé M. le baron de Zurlaubeu , qui possède, dans sa bibliothèque , la copie des mémoires inss. de M. de Rivaz , sur l'origine alsacienne de la maison de Savoie. Ces mémoires contiennent prés de 300 pag. in -fol. L'original est entre les mains de son fils . M. l'abbé de Rivaz, grand-vicaire de Dijon.

* Cuichenon, Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, lot». I, pag. 176, et Henningea, Geneal. Tabell. secundi et terlii regni pars altéra, pag. S et 77, quoique différents entr'eux pour les filiations, font descendre la maison de Savoie de Witekind. On a encore dix autres systèmes sur l'origine de cette maison. Mais celui de Guichenon , qui doit son existence a une tradition erronée du quinzième siècle , eut le plus généralement adopte et même consacré depuis le milieu du seizième dans les armoiries de la maison de Savoie , comme le remarque M. Pfeflel, Abrégé chronologique de l'Histoire d'Allemagne, lom. 1, pag. 1Î6, edil, in-8; de //tffî. Guichenon a fait des anachronisme» singuliers, et est tombé dans des erreurs considérables. Entr'autrcs , il ne forme jqu'un seul Humbert de cinq Humbert voisins et vivant dans le même temps. II confond surtout Humbert, dit aux-blanches-mains , premier comte de Maurienne , avec Humbert , comte de Belley ; celui-ci eut un fils, nommé Amédéc, qui épousa Adélaïde, soeur du premier. M. de Rivaz a aussi fait voir que les comtes de Genève , sur l'origine desquels Guichenon est également fabuleux, descendaient do Gérold, frère puinéde Humbert, comte de Maurienne. L'auteur d'un roman, imprimé en 167i, qui est devenu rare, sous le titre de Béralde , prince de Savoie , fait descendre la maison de Savoie de Béralde et de Cunégonde, fille d'un roi d'Arles.

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