‹ Œuvres historiques inédites. 2Chapitre 6 sur 44 · H1ST. DE L'ÉGLISE DE STRASBOURG. LIV. NEUVIÈME · texte numérisé non relu

H1ST. DE L'ÉGLISE DE STRASBOURG. LIV. NEUVIÈME

Tan 1060. C'est de lui que descend la maison de Savoie aujourd'hui régnante. I,e second fils de Gérard , nommé Gerold, fut comte de Genève et la tige des anciens comtes de ce nom. Le troisième fut Thibault, et mourut en 1058 évêque de Saint-Jean de Maurienne. Les deux autres enfants furent Hildegarde , mariée à Guillaume VII , duc d'Aquitaine , et Adélaïde , épouse d'Amédée premier du nom, comte de Savoie. Nous ne nous arrêterons pas plus longtemps sur ces filiations: il nous suffît de les avoir indiquées: la table généalogique qui est jointe à ce volume , en fera connaître la suite plus particulièrement. Nous ne pouvons qu'exhorter M. l'abbé de Rivaz , qui a entre les mains les manuscrits originaux de son docte père, à faire connaître au public les preuves qui constatent la descendance de la maison de Savoie de celle des comtes d'Egisheim et de Dabo. Au reste, le lecteur nous pardonnera volontiers la digression que nous venons de faire sur Léon IX et sur la postérité de ses frères. Outre qu'elle éclaircit plusieurs faits, que nous aurons lieu de rappeler dans la suite , elle nous a paru intéresser la gloire de l'Alsace ; et personne ne pourra nous reprocher d'avoir fait connaître à notre patrie un saint pape qui y a pris origine , qui a eu part à plusieurs des événements de son temps , et dont les ancêtres y ont donné longtemps de grands exemples de vertu et de piété. Ils consoleront l'humanité des cruelles guéri es , qui s'allumèrent alors dans Empire , et du malheureux schisme qui désola toute Eghse. Hetzelon , évêque de Strasbourg , comme nous I avons vu, n'y prit aucune part ; Werinhaire, son successeur, ne mérita pas les mêmes éloges.

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o e manuscr.t avait clé communiqué à riom Clément, mais celui du rt.evalicr Raugone, daprè, lequel l'auteur de la Mai*Un de Savoie, serait Herald, comte

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QUARANTE- HIITIÈME EVEOIE- COMTE DE STRASBOURG

L'église de Strasbourg , tranquille et intacte sous ses évêques Werinhaire I, Guillaume et Hetzelon , n'est plus la môme sous leur successeur. Ce funeste changement prit sa source dans les troubles qui désolèrent alors toute l'Allemagne. Le Coq>s germanique se partagea en plusieurs factions opposées , qui conspirèrent à se détruire. La Germanie et l'Italie servirent de théâtre à une guerre sanglante dont tout l'empire fut ébranlé , et qui le mit plus d'une fois en danger d'être enseveli sous ses propres ruines. Rien n'était plus déplorable vers le milieu de l'onzième siècle que l'état de l'Eglise. Les laïcs, adonnés à la guerre , aux tournois et à la chasse *, ne se distinguaient que par l'ignorance, l'usure , les pillages, les violences et les rapines. La voix de la religion était étouffée , et son autorité impuissante. Ses ministres ne rendaient pas ses lois respectables en osant les enfreindre , ni ses menaces

de Mauriennc, second fils .le Lolhairc III, margrave île la marche septentrionale de la Saxe. (Soie de l'éditeur.)

' Voyei le P. Schmiclt, Gwhkhte der lleutschtn, loin. î, lib. 4, cap. 7, pug. 82 e< *eq., et lib. 5, cap. 8, pag. 364 et seq.

efficaces en donnant aux autres l'exemple de les braver «. La corruption des mœurs s'était glissée partout et était portée à un tel point , qu'on se glorifiait publiquement d'être vicieux. Les ecclésiastiques , outre les vices des autres conditions, en avaient encore qui leur étaient propres. Aux mœurs profanes , au luxe et à la dissipation se joignaient la simonie, l'incontinence, l'ambition, l'amour et l'abus des richesses, qui entraînaient l'oubli , la violation et même le mépris des devoirs les plus sacrés. La dépravation était si grande , qu'il semblait que la simonie fut autorisée par une prescription assez longue pour la maintenir contre toutes les lois divines et humaines. Les dignités ecclésiastiques étaient regardées , dit le moine Waber, historien du siècle », comme des marchandises offertes à celui qui en donnerait les plus fortes sommes. Les princes vendaient les évêchés et les abbaves sans scrupule et sans honte. Les titulaires, qui les avaient achetés bien cher, cherchaient à se dédommager en conérant les ordres pour de l'argent et en se faisant payer les consécrations des églises et les autres fonctions de leur ministère. Les bénéfices étaient devenus héréditaires , et plusieurs seigneurs les léguaient à leurs femmes par testament. D autres prélats, suivant Ives de Chartres, se vantaient de n'avoir besoin ni de canons, ni de bons

boursSea't,qU6S ' ParCC q"'ilS aVaîent 101,1 Cek dans ,eur L concubinage des clercs éta it devenu général. L'obli-

, ... «"wriiw, iom. 4, pag. 46.

»*tor.. Ub. 2, cap. 6, apud di.tum DucMsne, pag. M

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galion du célibat pour les prêtres , quoique reconnue de toute l'église d'Occident , depuis les premiers siècles du christianisme , n'en était pas plus sacrée. Les uns entretenaient publiquement des femmes perdues de débauches : les autres avaient chez eux des concubines, ou, comme on parlait alors , des chambrières. Quelques-uns même persuadés qu'il était plus honnête d'avoir des épouses légitimes , se mariaient authentiquement par des contrats civils. Ceux qui s'étaient rendus coupables d'incontinence, formaient le grand nombre dans la plupart des diocèses. Ils bravaient les canons et se fortifiaient, par leur multitude, contre les pasteurs zèles, qui voulaient les ramener au devoir. Ils s'étonnaient des règlements faits dans les conciles pour remédier à ces désordres , et s'indignaient des peines prononcées contre ceux qui refusaient d'y renoncer. Ils les regardaient comme une exaction énorme, et la loi salutaire de la continence devint pour eux un joug insupportable. La nature et l'humanité servaient de prétexte au dérèglement que l'exemple et la coutume semblaient autoriser. Rome profita de ces troubles pour former les prétentions les plus hardies. Les papes secouèrent l'autorité des empereurs, et bientôt après, ils entreprirent de disposer de leurs Etats. Telle était la face de la chrétienté, lorsque Henri IV succéda à son père dans le royaume de Germanie.

Henri annonça de bonne heure le caractère impétueux, l'humeur bouillante et les passions indomptées , qui le dominèrent toujours , et qui causèrent tous les malheurs de sa vie. Dès que ce prince fut parvenu à l'âge où les hommes font connaître ce qu'ils sont , il ne montra que des vices !. Négligeant les précautions que le respect de

* Albertus SUiiensis, »pitd SchilUrimi in tcriptor. rerum Germanicarum pay

82 HISTOIRE DE l/ÊGLISE

son rang et le soin de sa réputation auraient dû lui faire prendre, il se mit au-dessus de toutes les considérations. Il ne connaissait ni délicatesse dans le choix de ses plaisirs , m mesure dajis les excès auxquels il s'abandonnait. Le rapt , la violence et la séduction étaient les moyen» dont il se servait pour satisfaire ses désirs. Wernher comte du Haut-Lahngau -, et du pays de Hesse», duquel descend (ancienne et illustre maison de Nassau \ s'était ms,nue dans la confiance la plus étroite du jeune Henri Il flatta tous les penchants de son maître , et corrompit son cœur par la plus lâche complaisance. Wernher disposait des places de la cour, conjointement avec Adalbert , archevêque «le Brème. Tout se trafiquait sous leur ministère charges, gouvernements, alliances. Ils vendaient les evéches et mettaient les prélatures à l'encan. Le mérite euut mutile s, on ne leur faisait de riches présents. Le omtç Hernher était parent de Werinhaire , chanoine de la cathédrale de Spire», qui devint en .065 évïque de

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DE STRASBOURG

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