CHAPITRE XCYI
Comment le roy anglois moortit an mamait wà il vouloil en personne aUer secourir le dus son bevi» frère , et de la retraicte du daulphin devant Tannée du duc de Bourgoingne.
Leroy angloisdoncquessar le commencement de son mal, mais non cuidant morir, estoit à celle heure à Senlis , quand ces nouvelles lui vindrent. Le quel prestement donna charge à son frère de Bethfort et au comte de Warwyc de mener sa puissance tout droit vers Bourgoingne , où estoit son beau-frère ; et luy-meisme prenant congié du roy Charles , de la royne , et de la royne sa femme qu'oncques depuis ne véit, s*en vint à Meleun, et là se fit mectre en une litiière, sur intencion d'aller à la journée promise. Mais sentant empirer son mal de plus en plus fort, se fit mener au bois de Yincennes , comme pour son derrenier repos , car là s'alita ; et luy donna Dieu sa tcrminacion à la vie et recho • pement à son régner, qui de sa briefveté du terme usa toutesvoies saigement , et en grand préaviscment sur toutes choses monstra fin mémorable. Pendant toutesvoies que le roy anglois se prépara ainsi à la journée , et que les princes de son ost alloient jà battans fé j
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CHRONIQUE DU DUC PHILIPPE
rans en approchement du lieu, messire Jehan de Luxembourg, le seigoeur de Croy , messire HuesdeLaunoy, ensemble tous les capitaines de Picardie , s'avancèrent aussi à tout eObrt pour estre audict lieu ; et passant par emprès Paris, et de là par emprès Troyes, par- Yindrent enBourgoingae, où estoit leur prince, en la ville de Yézelay. Le quel et les princes d'Angleterre et ses propres gens receut là révéramment et à grand chière , et les remerdoit trestous de leur bonne amour en son besoing. Mais voyans tous ensemble le jour estre prochain que la bataille se devoit faire , disposèrent de leur affaire diligemment , ordonnèrent avant- garde, bataille et arrièregarde^ firent une mixtion amiable de trois nacions ensemble , Tung parmy Taultre , par peur de noise qui pourroit sourdre entre eulx, pour Tobtenement du los plus ou moins en la victoire. Et pour ceste cause le duc qui avoit deux nacions siennes contre une d'emprunt, mist celle d'emprunt en égale portion de toute honneur avec les siennes propres ; et en cest estât partant de Yézelay , vindrent jusques au lieu du siège oùledaulphin estoit. Lequel sentant leur venue et leur approchement si redoutable, trouva par conseil d'abandonner le lieu , plustost que de combattre. Et en effect , le duc de Bourgoingne , logié devant luy et tout au plus près pour combattre , au matin le daulphin meisme se deslogea, et se alla retraire en Bourges , ne depuis ne comparu personne en son nom ; en ensuivant sa promesse. Par quoy champ et ville et le tout pour celle heure demeurèrent au duc , et le souffrir en demoura à Théritier de la couronne qui n'cstoit pour lors pas maistre de sa fortune.