‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 118 sur 494 · CHAPITRE C · texte numérisé non relu

CHAPITRE C

Comment nng heimiie Tint, dit-on , prédire ta roj Henry sa mort prochaine , s*il ne renonçoit à set projects sor la France.

De ce roy icy, le roy Henry, entre autres comptes que j'ay oy faire de luy bien grands, m'eâriiéit une fois ung , lequel me fit img hault et noble baron, le seigneur de la Trimouille , et me certiffia avoir esté advenu par effect au roy Henry avant sa mort. Vray est, ce dict , que , environ ung an avant le trespas dudict roy Henry, vint devers lui uqg hermite conmie messagier de Dieu , et le quel quéroitfort à parler à luy , et en fit ses approches et instances par maints moyens, jusques à venir à sa personne ; le quel luy bailla ,escoût et lieu privé pour deviser, jà soit ce que ce fit-il assez à dur. Toutesvoies, venu jusques là, lui commença à dire ainsi : « Sire , nostre Seigneur Dieu , qui ne vous veult perdre , mais préaviser de vostre salut , a envoyé ung sien messaigier vers moy sainct homme, parle* quel il m'a fait révéler aucunes choses pour

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CHRONÏQim M DUC PHILIPPE.

yum dîr^ Ita (p^Heavou» touchent' à Vâme et suiiQQipAi Scm'^diel ioehiis^ioct homme : que j% tWft dMifie le plaim* de Diea est , que desûtmi^ ifMm TOua déporte^ de plus traveiller 9m dMMîea peuple &aDçoi&, deot les cia- QMMtsouW tostre taya» Vont ppovoqaié à pi* tié eMersIny ; car, non^poup estre perséciitiNr. 0% tyraa daa ehi^estieiis , it yous a dMié estéteauMit eè gloire > mais pour gaBredampieii et deffendeorde sa saincle foy, pipr ifmjf fiaire it voiis a donné les vertus ppaptea à ce. Et q«e cecy soit vvay et que Umk myeuU y piussiez adjonter foy, il m*est ^jojoiipt de vous dire, que une fois vous estant aopokea prince deGaltes, et que une secte de héiû^ies se sourdy en Angleterre, laquelle il çonveiûil rabattre par puissance et par bataUlOi Sieu regardanl vostre cuer lors et Tardffur que avies; easa qqereNe, et le où vous expflunatftfriostie oorpsau.pépil et josques à estre btociUék aafront d'ung trak , print teit œil de fixwi! enveirs. ¥0U6 qoe^ pour vous feîre l'ins- Htufteaiaprèadesapuiasancesur tes infidèles. Iwi eacoHtea, et oeqq^ aujourd'hey avez de glpivQ eti de haute r^e^ ce vons^ meute de là ; «t le voua a sonSeol jusques îcy. Mais de per^ séNéfer> avattft ea ces, noyaulrae, il le vous defleed» voua avenissatti que, si' vous enleadM el iodinea à so» mand , ce voustonr- 9Ma k gbiip» et à sahit , et si vous y mectee cotindieiîoB, ce vous ser^ abrègement de vie H inevtsion de son yre. » A ces paroUes se iroum meall esbahy ledict foy, pensant et levant le cas duremeiu fort ; et ne savoit en quel ploy respgndre; car à unglezn'adjoustoit poua de foy en Thennite , pensant que ce n'estoit que uag abuseur et ung Caint peraoui^ûge , et k Taultre lez , pour parolles minatoiresetqui n*avaient ppint d'appreuve, ne se voulait deflEùre ne déporter d*une si hanlte ctûonme , celle de France. Et fin^iUement tintlesparolleade rhermite à gas; et respondy ^ double sens , sans donner ne tollir, jusques à renvoyer son herq^ sans fruict et sans espoir de bien. Lequel à son partir, et quand H vit que point ne le povoit retraire de la vanité temporelle , Iny dict pour toutes fins que , avant que Tan passast en son dernier jour ^ il se perceveroit de la main de Dieu qui le loucherait par courroux y et dont le rapai-

sement ne se foroit que par mort. Et à tant se partit et s'en alla , non sçachant âmo où qu^il devint ne quel chemin print. £t luy party, ledict roy meismes en fit ses contes, et en conta les devises à aulcuns seigneurs d'auprès de luy, qui depuis en virent Teffect véritable ; car, avant que Tan vint à sa fin y comme Tautre lui avoit promis, le mal luy print au fondement dont il morut , aulcuns dient de Sainct Fyacre , aucuns de Sainct Anthoine. Et alors commença soy à repentir du reffos faict, et enquist à tout le monde si on pourroit jamais venir au recouvrement du sainct preud'homme, pour le venir visiter, et affin de pouvoir recouvrer la miséricorde do pieu par ses prières, en évasionde mort; là où chacun, respondît que nul ne savoit voye ni tour pour le recouvrer. Dont il advint ainsi, comme. Dieu le volut , que pendant que ledict roy se regreltoit ainsi, Thermite y survint, car^estoit avisé en Tesperit du cas advenu. Si fut dict au roy, qui en fit grand jo^^e et lé manda venir devant luy, làoèsouspirant con- £tasa son repentir, et deetianda si , par >^ufotr foire ce que aukresfois avoit refusé , il pourroit recouvrer santé et rapaiser Uyre de Dieu sur luy donnée. A quoy le preudlhomùke respondy oonfertamment, que de la ipiséricord^ de Dieu ne se devoît defiier, car tous jours elle est prête au pécheur rçpentapt , et que avec ce il estoit aussi puissant de le faire sain que malade ; mais bien hii desplaisoit , ce disoit, que à teinpa ne Vavoit creu et que si peu avoit acGOuté aux divines menasses. Çor quoy arrière le roy Tinterrogant , luy demanda par exprès et pria qu*4l lui voulsist dire si finablement il pourroit eschapper de mort ou non , et obtenir grâce de Dieu { et Thermite pressé c|t près et constraint de respondre au cas , après toutes fuytes , lui dict précisément : « Certes , Sire , de la grâce de Dieu ne vous desconfortez , car je y ai tout mon. espoir pour vous , mais en la vie du corps n'y mettez point d'attente , car vous estes à vostre fin; si que, avisez de vostre ame. - — fc Or doncques , ce dict le roy lors , puisqu'il plaist à Dieu que ainsi soit, je vous prie doncques que d'une chose m'assagissez devant ma mort , à scavoir, si vous savez on si pourra plaire ù Dieu qu'en mon^Jieo

moy mon Loir pourra régner en France.» Sur quoyie bennite fit responce disant: que à telle chose ne devoît viser en telle extrémité de mort ; mais pour finablement Tassouffire à sa péticion , il lui certiffioit que nenny , et que jamais n'y auroit règne ne durée ; de quoi il a esté trouvé véritable , comme apparu est par tout ce qui en est advenu, tant en son propre royaulme dont il portoit couronne, comme en cely de France dont il clamoit avoir tiltre. Et ainsi parla Thermite à ce roy Henry traveillant à la mort, et luy s'en alla à la conduicte de Dieu.

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