CHAPITRE CIL
Comment le roy Charles s*en alla'de y'ie à trespas en son hostel dedens Paris ; et comment il fdt porté à Sainct- Denis , auprès de ses prédécesseurs.
Ce fut doncques comme en septembre , l'an mil quatre cens vingt deux que morut en Gand ceste dame Michielle , duchesse de Bourgoingne. Dont le dernier d'aoust, le mois précédent , avoit rendu Vame aussi le roy Henry d'Angleterre, au bois de Vin-
cennes. Et maintenant , pour faire sa tierce main, au jnois d'octobre subséquent, la mort s'est venue embattre sur le roy Charles VI , soubs qui en règne , par accident que Dieu lui avoit envoyé en son sens, tant de maulx advindrent que toute la chrestienté s'en sentoit de la playe, quand > veue sa disposition , et que lui meismes n'estoit propre pour gouverner, les haulx membres de ce royaume cheurent en discord pour en avoir Tavance , et en advlndrent piteuses et lamentables occisions , dont jamais à paine en sera amortye la haine qui en est sourse. Or estoit venu Iq temps que Dieu luy voult donner fin en son régner^ mais non pour tant fin de tribulacion au noble royaulme , quant à prismes les matières de douleur se enfélissoient et croissoient , et les personnes qui povoieut donner tribulacion venoient en drtit éage d'orgueil pour Tung l'aultre destruire. G'estoient Charles YII , héritier de la couronne , durement achetée , et le duc Philippe de Bourgoingne , injurié criminellement, dont loisible estoit la vengance; car après la mort de ce roy Charles , commença entrer le dur et le tout aigre de la misère françoise , par guerre entre les deulx dessus dicts ; et de quoy la ruine tant des hommes comme des terres vint à plus grand extrémité d'excès que ne fit oncques , ne sçay à qui salut plus ou moins , mais par apparence du dehors je l'ignorois. Pugnicion divine feust, de chief ou de peuple.
Parlant doncques du roy Charles et de son trespas , il s'estoit alité en son hostel à Saint- Pol,«à Paris, et le vingt-deuxième jour du mois d'octobre , jour des onze mille vier-^ ges , il rendit son esperit à Dieu , petitement accompaingnié pour ung roy de France , car n'avoit que son chambellan , son chancelier, son confesseur, et aulcuns aultres menus officiers emprès luy à son derrenier, là où les haults et grands membres de France dévoient estre affuys tous pour assister sa personne. Or n'y avoit nuls , si non que Parisiens et ceulx du parlement. Semblablement ceulx de l'université l'allèrent visiter mort, par révérence du corps qui prestement fut mis en ung sarcueu de plomb . et jporté solempnellement en la cluqipaP' où il demoura sur terre ^
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GEORGE CHiSTELLilN.
jasques à ceque le' dttc de Bethfort , régent de France , vint de Rouan à Paris , au mois de novembre ensuivant. Durant lesquels vingt jours toujours se faisoit le service en la chappelle , et Toffice du jour tel qu'il se soutoit faire du vivant du roy. Et iceluy service ordinaire fait par ses cbap^Uains, vindrent les mendians et touf colliéges faire le service pour Vame. Pareineroent ccuIk de Tuniversité en firent ung fort solempnel , les quatre nations ung aultre à par eulx, etT toutes les paroches de Paris ensemble ung aultre moult notable aussi , dont la congregacion estoît exquise. Finablement, le dixième de novembre , fut porté de là en Teglise de Nostre-Dame à solempnelle procession de prélats et de gens d'église qui tenoient le lez dextre , et ceux de Tuniversité , recteurs et docteurs qui tenoient le lez senestre, les docteurs aussi prochains du corps comme les prélats. Le corps portoient les escuiers de son escuierie; et le suivoient au lez. dextre les maistres dliostels avec les escuyers, et au lez senestre le prévost de Paris , et des bourgeois et mafchands avec leurs sergans d'armes. Geulx du parlement portoient le drap qui gisoit sur le corps. Alloit son premier chambellan tout plus prochain de son chief , et les aultres après , chacun en son siège et degré, dont les paiges furent les derreniers. Et là, à peu de distance après , vint le duc de Bethfort, régent, qui seul et pour le tout accompaigna le corps du roy, pour prince, à part, tous les princes du royal sang absens à celle heure. D'amiracioii digne et plus encoires lamentable ! Âprès'ce duc icy, syevirent le chancellier de France,
maistres des requestes , seigneirs lies xxnnp^ tes, secrétaires, ndtaîres, booi^gieôtt', >0t te comnmn de Paris, cbantaos^^UB.
Gisoît le corps s«ir une liiiière fùrée "à'mÊf drap d'or versieil , bordé d'anr i teun'Sdft lis d'or \ et avoit sa pourtraiK^urè, coMMiè 4» vive imaige^ chaussée et vetie , cwwwii d'or en tesie^, Uaiics gais u MnMrik^ chausses noires A soiillierl d^izur semés di fleurs de lis ; eC avoit tleftk esc^M w ^ deulx mains , Vvng dV, Wtlitn û^mrgm.
Et en tel estât fut poftéM TégUsede rUM^ Dame , là où le patriarche tie €oft8tiiMûMbli fit le service du jour. lequel faioc, M|Mmé tout d'iing trait à Saînct- Denis , là «I «rHèrt ledict patriarche fit le Service Mfe ISàyt entre deux. £c à lant fat mis en teiti^ «Éh* près ses pères, lors où les officiera ^ iMÉsMéA^ rompirent verges et bastcntt^ les gifltlii'Wit en la fosse ims plorahs. Et |>r«iliMII M faid, «omamiça à crier Benry Wf ^dTiHMI I « Dieu yeulie avoir nercy de l'Mn éè Irti haofc, très excellent et très pfaissallt piMM i Charles, roy de France , sixilfeHie 4è eêlMË^ Mstre naturel et souverain suigÉeuir! wBt 1^ prenant après ces mots noQvètté véit^ S>SèlWt de recUef : « Et Die« dôiâc bwÈm ¥j« à HeUt^ par la grâce de Dieu, roy ésFnnieë el H'AA^ gleterre, noStrè souverain seign^crt^t »Lè^|«èl cry iaict , tous les sei^gaAs rtdressèf^t leult maces ce destonbs en si», èrilfts tous i Une Voix:« Vive le roy l Vive te Ity Beèrf ! • l/k^ quelle chose faicte, to«s fetewièm* à ftrft, là où ou avoit pourveu pendsM 6eÀ MsliNfts contre les entreprinses du daul^ki , seul £^ dn mort , deshérité par cesM t&aâièi^.
(Ici se termine le premier manuscrit d^Aivas » esté a. 7* «^ iatitolé : Svinemcni rht fjMifrêè depuis i4i9 jusqu*en 1422).