CHAPITRE II
GoBunent le duc vtnn deyren le roy, vindreat à \y pla* sieurs princes et barons.
Le duc doncqnes venu maintenant devers le roy, vîndrent devers ly plusieurs barons de France de lez ce nouvel roy; là où moutt feiisoit bon veoir le duc de Bourbon, son nepveu , qui sus toute rien (1) avoit convoitié le veoir et d'eslre venu devers ly, passé a loing-temps et {prans ans, se n*eust esté par peur du roy mort qui en eust esté tout indigné allencontre de ly et en perpétuelle suspection. Dont maintenant, quand se povoit trouver sans peur et sans dan(;ier là où il désiroit à estre, oncques ne se trouva tant aise ne si à sa paix. Et de faict, tout ce que maintenant avoit de solas de joye et de réfection c'estoit la veue , la hantise et la fréquentation de son oncle, que plus chérissoit et prisoit que père ne mère ne feist , meisme ne irère. Et à moy meisme m^en dist bien aultant ce bon noble prince bourbonnois, dont ose bien affermer la vérité de son coraige. Si avoit avecques luy ses quattre frères, beanix prinches; dont les trois toutesvoies estoient de rhMtel et de la nourriture du duc , et le seigneur de Beaiyeu nourriture du duc d*Orléans. Le roy envoya Tévesque de Paris , ensemble ceulx du parlement, i^ire les honneurs et les révérences à son oncle pareilles comme à luy ; et luy meisme leur remonstra et tesmongna que c'estoit son père , son sauve en terre, son salut, sa protection, la potenté de son infortune passée, et le bras dextrc et véritable de toulte sa gloire et puissance à venir , cl que à ly seul après Dieu il estoit tenu de sa vie et de sa félicité. Si allèrent devers le duc lesdicts de l'université et de parlement ; et non pas que de eulx mcismcs ils ne fuissent conscillics et conclus de le faire ainsi , car uppertcnoit bien , et le sçavoient assez; mais encore d'abondant, le roy, affin de meure partie de Thouneur devers ly, leur commanda aussi de le faire. Et comme le roy Tavoit ordonné ainsi, culx aussi le
(I) ^iicn signifie ici chose, dix lalin res.
mirent ainsi en termes affin d'en dmMr m roy ce qu'il y pooit avoir de mérite , et li gloire au duc à qui ils venoient trasmift. Dirett bien que sans commandement y fiiiBBMt ; êl que toute Thonnenr et révérence luy esiûhMH dens, et que tant avott usé de bonté, d^àflioar et de charité en leur nouvel roy et prinoê» que jamais , ne de corps ne de Uiigoe et p» opération, ne pourroient assoufir à loy rHrf^ buer les loenges et les collandatiotis qu'il y avoit desservies. Et parans leurs orMkMn de sentences et de hault savonteux hii^i|pe servant au cas , rextoUèrent Jusqees M eid; et tui attribuoîcnt les loenges ^ les gfôires plus que de mortel homme. Dont ssfgeeiéfic et tout humblement se délsMui qvnml tié vint à respondre ; et remefchiemrél^M de Paris , au nom de l'université , de tt bMM amour et faveur envers ly , se ptf-ellHt 1 feire toute amour et plai^ ^v»A ft laïKcIt université et à ses suppos. Dont à cettli dit parlement , après avoir iiiict leur proposMon appropriée , il respondy tant seelemeet , el encoires à bouche non ghaires riant : « Or, Hee grand merchis ! » Et ayant drct te mot tt>arttl le visage et s'en alla ; car ne les avoit ghaîTe en grâce , et si leur désiroit bien à monstref aussi ; et de très loing temps lui avoient (aidt etcontendu à faire des rudesses et des injures , non portables à ung tel prince comme ly ; et dont , par pluiseurs fois, après soy estre dolu au roy défunct, leur fist bien assavoir que une fois il s'en vengeroit & eulx , et leur feroit bien sentir leur tort et leur malignité envers ly voluntaire. Si leur monstra pour commenchemcnt ce que le cneor lui disoît, non pas qu'il lesha!sfttie les vonlist blâmer par hanliaineté pour avoir fatel justice aulcune contre ly ou contre ses snbgects, mais pour leur vonlenté toute perverse et formée contre luy en haync et envfe , comme il apparut tous les jours et en leurs œuvres et csploix sauvaiges, les quelles il porta à bien dur.