‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 125 sur 494 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

GoMment le doc seç arty de BaiwiKMv aller an àgwmé du roy qai Caisoit son entrée.

Moult y avoit grant peuple en ftahis , et tant de seigneurs eijie nobles hommes pour estre au sacre dn roy qne à dur s'en feroit le conte. Dont maintenant, quand le duc de BourgMigiie y tt¥oit pris «nti^ , «MÎrvîUeoid cImm estoit d'en veoir la presse. Le éac m repesa celle nuyt en Rains, et fisi9lt]gtsmdclirère; et le lendemain , qui estoit vendredy vîgille de Nostf e-Dame en my aoftst , sachM que le roy vonloit faire son entrée en taaim à uk jour, remonta i rheval arrière î I9ËI rtie ^oe vnM, de princes et de nobles avecqtieily.ElURis, armés les aulcuns, anltres en pall», nripMtement attintés sur la guerre, atoientleiirs chevaulx courerSplus richement encoires qve le jour devant , et plains de pompes et -ée be«bans non oncques venes teltai atllevn. Environ trois heures après mîdy, vnîdèreBd 4e la dicte ville et s^allèrent mettre eomme en bataille en my les champs poor en venir î'arrov. Si estoit chose merTillettse 4B» nen racontaUe de la beauté qui là se monslroh en cas de richesse, et des personnes éata le contenement estoit fier ; car n^y avoit hoome qui ne fuist de grand lien et estât, et paissant pour soustenir ung grant faict mi besoing; par quoy compaignons et povres gentils-hommes n'y povoient estre meslés en my les champs avecqnes gens de telle estoffe. Dont , se contint longuement le duc de Bourgongne avecques sa compaignie, stn*atteadant fa venue du roy qui estoit ii Sainct-Thiery, là où estoient thirés devers ly tous tes seignem*s et princes du sang qui estoient venus de France, comme le duc de Bourbon , le comte d'Angoiilcsme , le comte de Dunois , Phîhppe de Savoye , le comte de "Vendosme et pluiseiTS grand barons, qui ions Tattendoîent à Sa nct-Thieri pour raccompaignier et mener en Rains. Si mon(a le roy assez tard à cheval , mais moiili faisoit le jour bel et cler. Et mouvant de Saincl-Thiery vindrent tons en [noble cl belle arroy, et paire à paire ; et commenchèrent à entrer en Rains ^ là où de peuple

[IMl] CHRONIQUE DES DUCS DE BOURGOGNE. — I'^ PART. isli

avoit tant et par met et par fenestres qu'il passoit wHnbre; et en dura la chevauchie grand heure et demie , premier que tout fust pasM. Si ne me veol isserrir à compter distintement les personnes et les manières de leurs affaires , car ne me semble bel en'liystoire de soy tenir longuement en tels comptes mulUplyés par tant de divers noms , et dont les diverses qualités et manières tournent tottttes à une fin : c*est en soy monstrer bel et ricbement , et estre bien en point là où les puissans Tout d'avatatage Snr les moins riches, et les plus haulx en volloîr sur ceult qui sont tenans et n'y acontent. Dont > et pour ce que le bmîct et tout effeci de ce couronnement dépendoit et se mouToîtdu duc de Bourgoingne , comme ayant mené jusques là , pour ceste cause aussi tout ce qu'il y nvoit de gloire , de bruict et de riche appareil en ceste entrée et du surplus de la teste , tout ce tant seullement mouvoît et dépendoit de la maison du duc pour la pins singulière part. Par quoy, et pour ce que les pompes et richesses y furent extrêmes, et les personnes en très grand nombre , et que aussi, par mettre Tung en coslé et laissier Taulttre , je mespenderois envers le laissié , partant je laisse le réciter et le descripre plus avant sur une forme de gloire commune à tous : c'est qu'oncques, ce me dirent josaes et vieux , ne par livres ne par records en lacîrcuicîon du monde ne fut veue ne onye magnificence semblable , ne de tel monstre. Et moy ce meisme je l'afferme; car je y fuis et véis tous les nobles et les bruyans de rttetel du roy . Si y firent bien selon le temps , mes en petit nombre , et tout de blancque et de rouge , les couleurs du roy, drap de soye seullement. Entre les quels y avoit ung nommé Pôncet d^rime , gentil escuyer et homme de grand bmîct , le quel tout armé sans faillir pierre ne boucle , et le plus bel armé qui se souhaidast , vint saluer le duc en Imy les champs à bannière close, monté à Tadvaniage pour s'y monsirer-, son cheval à fjrosses rondes campannes d'argent, couvert de cuevrechief de plaisanche , à quailre pa;jes après lui à samblablcs campannes qui firent grand noise. Dont , pour ce que ceslui se mist eu fachon différente à tous les aultres, je iuy baille son compte à par ly, aussi

pour la singularité du cas; car certes en la manière où il le prist , il le faisoit beau voir. > Le roy aussi, par affection que prist en Iuy, esta au seigneur d'Orval ses cent lances que avoit d'ordonnance et les donna à cestni Poncet , qui meisme estoit de fat compaignîe dudict dPOrval, ce que ledict Poncet refusa; et Iuy sèmbloit que en les pregnant il y averoit charge, car il tenoitraultre, pour son capitaine et maistre, trop plus digne de Testât et meilleur de ly ; car voirement estoit celuy d'Orval ung gentil capitaine de France et des plus à prisier ; mais estoit terrible et redonbtable à passer ordonnance, ca^ féroit de l'espée mortellement. Ne servit audict Poncet toutesvoies point le refus , mais > constraint, il Iuy falut prendre les cent lances, et les conduisit honnorablement depuis. Cestui Poncet avoit esté page du roy Charte trespassé et estoit d'ung troncq dont la famé avoit esté clère longuement ; et estoit cellu^ qui , en unes joustes qui se firent à Bordeaux» diffigura au visage Chariot Blosset , ung aultr^ bien gentil escuyer ; et en fut en péril de mort loing temps ; dont Iuy ledict Poncet prist ung tel déplaisir et annoy en cuer, car Tamoil comme frère, que à paine lui meisme ne s'en desconfortoitcomnie pour mort prendre. Dont il en fut loé depuis de maint hault homme comme de noble couralge , jà soit ce que ce fuist par inconvénient.

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