CHAPITRE X
Cemment le due te ptrty de Raîa^ poor iwakr hk^
hnâwage au Mgr»
I le QA sçaroie que conter mai&'de ceste leste, qife ne fi^ auperflu et que sans escril^e se doibt et poelt ymagmor sans en faire narration; car cto que |e« vieilles ordon* oances et rc^yanlx statut» portent > ce se |M>elt trouver ài repMes divers qui ttMÛours a'entretiengnent eis'ee vonn dimtraia; et ce qui gîst en franqq arfMtr^ge des hommes de l^ire honneurs et cbérémoaie» et de monstre IMHnpes et jolivetés , ce se p^elt et (loibt f^fk^ ser au moins que Ton pueU de parelle^ petv cause que le narrer est enauyetu et que ehascua puelt comprendre en sc^y que les vanités et pompes (|e ce monde sont sans fom et sans rive « 4 qui a pâvcnr de les peestrer. Parq^oy et mpy aussi je les irespasse «i^uhs une glorificatM^Q fénéraUe : c'est que le due de Bourgpnfne ayeiKcques Im siens fit lers ce. que en^ques en reyakae u'aveit esté! montré iusque& à ce jour, au ineins dent Uvre ue escript face* meutiou ; et si n'estoit-ce que eu cootmencbement de l>e'8aiign^ emprèsce que s'eneusieuU après* ie roy party dedictRaina, à basse vespre , le jour que avoit esAé sa^é „ et s'en relia à Sainct - TUery » à giste. \^ dimence et le luedÂ, le duc^ cleoMMira à Kains en séjour ; et Ik festoya tout le sang royal ^ see parens et uepveulx^ en spy monstrant humain sur tous aeîtres ; et leur fist cbière meilleure que n V voient veu eneques. Mais le lundi après la messe y s'en alla audict Sainct-Thiery où estoit le roy^ pour cause de ly faire li<)mmage ; car jà-soit ce que ne fuist pressé de le faire, lui de sa bonté » et d'ardeur qu'il avoît pour estre exemple à tous aultres et pour Itii
basta le plus que povoit^ pensant le gaigner et vaincre et Tobligier envers ly par tout bien faire y posé ores qu*U eust bien différé s'il eust \olu son hommage et sQubs belle couleur ; mais ne voult oncques , et ne pensa point que jamais il peust avoir remors en cueur de s'en estre basté, ne que le roy se peust cbangier ne desvoyer de vraye ami^ tié et recongnoissanche de touttes choses passées que honnoré l'avoit, et servi et assisté de toute léaulté et honneur, telle que père pourroit faire au fils , et fils au père, se meilleur non ; car il y avoit son cuer et son volloir et trop plus avant, se plus eust faict be« seing.
Or s'en vint le duc de Bourgoingne à Sainct- Thiery , là où il arresta assea bonne espace premier que venist à faire son hommage* Et de fakt, à chief de certain temps, le roy» ac- OQippaignié de pluiseurs grans princes et pvéias y et le duc pareillement accempaignié de son fiis le cemte de Charoluis, du duc de CUves , du comte de Kevera» dËstampes , da ses uepveuxL de fieurbon, de messire Adoif de Glèves , de messùe Jacques de Luitembou^ , du seigneur 4e Crey et de seeenSane, du marescal de fiour^eîngne et d aulMs greus barons en grand multitude > se trouvérettt ensemble en une salle, là où, après les heuneura faicies a^itcquea ung peu de devise, l'éveaque de Tout uay ceiuinencba à Caire une proposition eu letiu > siguiflwnt et donnant i eiitendre la cau^e de ladvènement de sea maistre le due de SMrgoingne ; la quelle il Ottvry bien et sérieusement, et fine à l'boaneur et au gré dee oyans. Le roy sur ce appelle aulcuus de son conseil pour faire respense ; ei fut donnée la conunissioa de re»pendre au eomte de Ouneis, basiard d'Orliens, lequel respendy substaniieusement et assea court.
CHAPIT1RB XI.
Comment vindrent noaTettes à Sainct-Thiery de la iFeiiHO du duc dTork cmdtnt troiiTer te roy Charie encoire en iris.
En ces intervalles et pendant le terme que
mmUi^t k^^V tttt:^n«iKic wsw ly> i^ [ le roy Loya ei^teit eim à Aaiiu^, àjSunct*,
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GEORGE CHASTELLAIN
Thieri et là en enthour, \indrent nouvelles en court moult estranges et dignes d'admiration pour cas de fortune. Car estoit vray que, pendant la très malbeurée et confuse fortune qui longuement avoit courue sus au roy Henry d'Angleterre Tydeot et aux siens , et que jà ly et tous ses adhérons se trouvoient expuls, vaincus, deshiretés misérablement dudictroyalme d'Angleterre , .le duc de Sombresset , chief de la partie du roy Henry cuidant recouvrer et amender sa fortune par la main du roy de France , comme oncle de la royne , et le quel tousjours avoit favourisié avecques elle à rencontre des aultres comme Warwick et les siens, secrètement s'estoit mis en mer, et soubs sauf conduit d'ung chevalier baron d'Angleterre, obtenu du roy des Frans, le royCharle, délibéré à venir eu France descongneu , jusques à l'heure que temps seroit de soy faire congnoistre. Gomme proposa ainsi le fist. Et se mist en mer, non sachant rien encoirc de la mort du roy Charic , mais espérant le trouver sain et en vie à son grand eur et proflit. Car voirement estoit tout ce que ly et son party avoient d'atenie et d'espoir pour prévaloir une fois sur leur partie adverse, la quelle favourisoit le duc de Bourgoingne. Or passa la mer cestui duc anglois , et vint prendre havre en la cerche d'eulx. Car n'osoit venir ne repairier en pays du duc de Bourgoingne, doubtant son empeschement , et le quel par avant luy avoit refusé saulf conduit. Or vint arriver à eulx en la ville pour soy aisier ; et là congneu , fut aisé le plus qu*on povoit. Mais prestement envoyèrent devers le roy, à Rains, capitaines et ofliciers de la ville pour sçavoir quelle chose il en estoit bon de faire, nolifliant au roy ce qu'il entendoit de son cas , et comment il estoit venu soubs sauf conduit d^ung chevalier, faintement, comme pour non estre congneu. Si en fut faict response devers le roy : « Que nul sauf conduit, soubs quel liltre que soit faict, ne puelt interpréter prince, s'il n'y est nommé, ne homme de plus grand estât que cely sur qui il est causé; et sembleroit la chose auUrement faulse et abusatoire ; laquelle chose ne se doibt souffrir ne observer en un saulf conduit. »Si fut jugé et ordonné que -la duc de Sombresset demoureroit priionier ea la jnaîa du roy , et que la prise
en estoit juste et léalle. Et ne debvoiC avoir accès en ce royalme, sinon à son grief et péril. Et pourtant ceux qui le teooient ea bonne garde à eulx , ouyrent ces nooYellet ; et le firent prisonier du roy; et luy dirent ce qu'en avoient de charge, qui moult s*eA trouva troublé ; et non sans cause, car véoit à tout la fortune luy conirairer, et toutes impagnations doloureuses luy courir sus et livrer assault, meismes après avoir perdu pays, proppre héritage, parenset amys mors, son roy dechassié par force, et misère et povreté, estre vaincu en bataille deux fois , trois fois , et non avoir maison pour s'en retraire en tout le royaulme anglois si non sur mort; et maintenant lors, au seul refuge que sçavoit au monde sur quoy il se fioit , il s'estoit meu pour venir vers ly, et le trouva mort. Et lui sembloit bien que fortune luy estoit toute autrement felle et parverse, et que ce qu'elle avoit commenchié jusques à là , elle vouloit bien boutter oultre jusques à la fin , et le mener toute confuse. Et vrayement la cause y estoit bien ; et en estoit le cas fort desconfortable pour ung tel prince , qui estoit ung très grand seigneur et ung des beaulx josnes chevaliers qui fust au royaulme anglois. De ceste prise et mal adventure fut durement troublé le comte de Gharolois , lequel de tout son cuer et povoir portoit et fovourisoit à ce duc de Sombresset , et contraire encoires de son père qui peu l'aymoit ; et bien y avoit cause, car de tout son povoir il avoit oontendu, et de loing temps, à luy faire grief et playe à son honneur et en sa personne s'il enst peu ; et estoit le seul qui, joingt avecques la royne, conduisoit le faict du roy Henry en contraire de Warwyc , et lequel à l'enhort des Franchois , qui avoient entendement et conspiration secreite ensemble en contraire de ce duc de Bourgoingne, s'il eust peu et que fortune luy fuist tournée bonne , il eust procuré mescliicf et dommage à sa maison , et eust mcu guerre à Icncontre de luy à l'ung des lez avecques les Anglois, et àTaultre fuissent venus les Franchois ruer de leur costé aussi pour enihièrement le deffaire; et ce à la cause du daulphin maintenant roy , lequel il tint en sa maison contre le gré du père. Si en estoit la conclusion prinse ainsi ; et n'y foilloit
CimONIQUE DES Dl'CS DE BOURGOGNE.—!" PART.
mais, fors que fortune eus! envoyé le plus bel à la royue angloise et ad ce duc de Sombresset Car alors infjilliblement ils eussent mis à elfecl leurs propols. Mais en valu proposèrent , et fortune en disposa tout à rebours. Doni, posé le cas qui semble esire piroyable ensoy.commedeveoiPUDjtroy couronné deboutté et expuls misérablement par ses meismes parens et par ses subgects et vassaulx , destitué de couronne , privé de seignourie, et dommagié , descouj^neu et dejecié des siens, comme non l'avoir oncques veu ne congneu ; toutiesvoies, considérées les malices qui se forgeoient et traictoient soubs la main de la royne ne de ses adjoings, pour venir férir sur le duc de Bourgoingnc sans liltre et sans cause sinon de haynne volunlaire , ilsembleroitque ce qui aultrement en est advenu a esté par jugement de Dieu , lequel a volu conserver clie bon princhc I>ourgoingnon plain et cnthier en foy, et véritable et preud'homme en toutes ses œuvTes, et te quel , soubs lu conKdcnce que avoit en Dieu , congnoissant son cuer, ne crajgnoit malice d'Iiommesans bien s'en oser deffendre.