‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 130 sur 494 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

CommcDI le toy di\Htéia d'envoyer lanches «tr Ici

Liégaiï pouv coDirevuDgc de ce qu'iUle tuidèrent tivrei BU luy soa pire.

Or a esté dicl par ci-devant comment voix courut et famé que les Liégeois, duvivantdii roy Charles , avoient faict compact avecques Icdict roy de prendre et luy livrer son fils le daulpliinen ses mains, avecques pluiseurs aultres articles bien grands, contraires et minaioircs sur le duc deBourgoingne. Comme vray est que ils avoient allianches avecques ledicl roy , et y avoit grand entendement entre ly et eulx. Pour ceste cause iesdicts Liégeois en aulcun nombre saclians que le daulpliin avoit esté adverly de ceslui cas et l'heure que le sçavoient retourner de Ais en Allemaigne, là où il estoit allé pèlerin , vindreut devers ly pour eulx excuser de cesie charge. Dont toutesvoies , comment qu'il ea fust du cas, ou vray ou non , le daulphin n'y acouia ghaires, et les laissa pour tels qu'ils esioient alors pour celle heure. Mais maintenant, quand fortune luy a chaogié son eur et que les choses passées luy cheurent en mémoire comme frescbes, prestement luy souvint de ces Liégeois. Et pensant leur rendre payement du service offert à son père en son grief, délibéra aussi de leur en rendre la courtoisie, et de leur faire sentir que maintenant il estoit roy et non plus daulpliin leur voisin il Genappc , le qnel ils menai

GEORGE CHASTELLAÏN.

de prendre. Et maintenant en effect , ad ce partement de Rains , il ordonna six cens lancbes pour aller au pays de Liège pour y faire guerre et pour y faire tous les maulx et dom-^ mages que pourroient. Si prinrent le chemin là envers les cappitaines, et y tinrent gens d'armes à grand effort : Joacliin Rohault , le seigneur de Gressûl, Poncet de Rivière , Flocquet 6t aultres pluiseurs gens de grand faict , cuidans faire mons et vaulx au dict pays. Et las communes adverties de leur venue se cornmdncbèrent à mouvoir et à rumorer ensemble ; retrayreot leurs biens de plat pays, et se fortiffièrent en leurs bonnes villes. Les ungs en avoient peur , les àultrcs menassoient la bataille et juroient sainct Lambert et le sang que Dieu spita, que ils combateroient les Franchois et le roy ifteismes, s'il y venoit, et ne leur chailloit du roy au fort ne du daulphin , mais que le duc deBourgongnc leur voisin ne s'en meslast ; car aveucques lui ne vouloient que paix et point d'eslor. Aussi, au dire vray,le duc ne se mesloit en rien en ceste question. Si en furent tant plus asseurés. Mais la querelle en estoit seule au roy ; et au roy seul et à par ly en laissoit convenir le duc son oncle. Or e^avisèrent les notables du pays et les nobles avecques les bonnes villes d'envoyer envers le roy pour sçavoir à quelle querelle et tiltre il les vouloit travillier ; dont , et s'il y avoit cause juste et légitime de leur .mouvoir guerre , ils vouldroient réparer leurs offenses et remitiguer son yre. Car ne leur estoit séant d'avoir guerre contre lui , ains leur duisoitpaix, et amour avecqucs sa grâce, comme aultrefois avoient eu avecques son père et à tous ses devanchiers. Et le firent ainsi ; et partirent en belle ambassade pour aller vers ly, là où je les laisse jusques à esté en Paris, là où le compte s'en parfera aveucques aultre matière , car là s'en fist l'apointement.

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