CHAPITRE XIV
Comment le roy parti de Ilains et alla pour se tirer à
Paris.
J'ai mis ces deux cas ichy nou pas tant par manière d'incidence ci d'estran{;e matière , comme pour satisfaire ù la nature des choses
les quelles je désire eslre entendues des lisans. Car en Tung cas et en Tautre a du couvert mistère beaucop et dont la substance est digne d'estre parfondée et plus encoire convegnable d'estre entendue. Si m^en acquitteray, se Dieuplaist, à l'heure que je relevcray le parler. Et maintenant m'en retourne à Rains et à Sainct-Thieri, vous disant que le roy s'en alla le lundi vers Sainct-Marcoul faire ses debvoirs, comme font par coustume lesroys nouvellement sacrés.Et de là, quérant ses gistes par les lieux plus logables , prist son chemin vers M eaux en Brie , auquel lieu il avoit ordonné à son oncle d'estre le vendredi après au plus tard. Lequel oncle, après avoir pris congié à ly à Sainct- Thieri , s'en retourna à Rains conjoyr ei festoyer les princes ses parens dont rassemblée f aûsoit bel veoir aveucques lui , tant en devises que à table. Si ncparty le duc de Bourgongne de Rains jusques à mardy sur l'heuredu disner, là où ceulx ducbappittre cachant son partement vindrent devers ly pour Lui dire adieu et l'attendant jusques après sa messe , qui estoit housse et esporonné et l'espée au cosié. Si , se mirent à genoulx, et firent une belle et solennelle proposition devant ly par la bouche de maistre Jehan chanonne de Rains , qui tellement le déduisoit et furnissoit de termes que se l'honneur et salut , non de France mais du monde , eust dépendu de^ly et que riens en terre n'eust esté loable ne de chierté digne que sa personne, si le glorifioit-il assez; et aveucques ce lui exhiba, de par le chappictre, révérence et services. Et tant en fist d'un amour radical et par Tadveudes assistons ses maistres, que plus il me semble gloire à ly de m'en taire et de non en relever les mots que de les ramener à compte. Car le reciter en polroit estre occasion d'envie allencontre de lui et de le mettre en despris, et moy j'en polroye sembler estre flatteur et tout affecté souffleur parcial de sa renommée; laquelle chose je fuys. Mais se riens y a ou avoit de locnge, il vint du proposant, non de moy. Dont se sa proposition avoye mis ichy, le contenu seroit prouvé du faict non de ma parole. Mais ce bon humble duc, pour gloire ne pour loênge qu'il se veisl attribuer, ne s'en esleva oncques,
ains les imputa à Dieu et à leurs propres
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bontés ; et comme sage et honteux de tel ex haussement , s*en désarma grandement à son bel , aveucques offres et remerchiemens appertenans au cas. Et ce Faict , monta à cheval et s'en alla vers Ghasteau-Thiery pour thirer droit vers Meaulx , acompaignîé tant seuUement des nobles de son hostel , et de ceulx de son sang, le duc de Clèves et les aullres.