‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 143 sur 494 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Se 1b commotion qui fui Taicle h AiMnes pur les gêna du toj porlans badons por la *illB.

Œte chose fut tantost nonchée au duc de Bonrgotignc estant en Pai-îs , car envoyèrent bailiyet eschevios prestement devers messîre Jehan de Croy , et le baîljy de Haj'nnaii son Hls, comme pour avoir advis et conseil sur ce que e«lott advenu et pour en advertir le prinche à cui le cas (oucboit. Pareillement aussi les aultres, doubtans que affaire ne leur en ûdvenisi. envoyiTent devers le roy pour mettre barre aux complaignans , et rompre leur faici par les préveDÏr. Si fut tanlost adverii le duc de Boui^îongno de ccstc haul- (aine fierté en sa ville, qni leprtu enargreUR^ et à bien dur en dissimula ; et eust bien volp'J avoir esté au pays , pour en sanchîr sou couf- 1 roux. Car monlt fort le prist ù dur ; et telle^J ment que à son couchier , celli meismc sofr | qu'ilen avoii la teste plaine, aulcuns le vi pensif luy demandèrent , dts;ms : " Monse gotiur, cumment vous est-il de Paris? commefl YOM yplatst-il i* — Et je ne sçay, che dist lorsi duc. Il m'y platst si bien que j'en vouidroyil 1 esire dehors. — Voii-! cedîstnng auftre. Alur^-l je le pense bitti.eslre à Bruxelles. — Sic loitàBruxelles, che disile duc, si seroye-jcaS- 1 leurs. — Monseignenr, ce dist i'aulire, où voï4- 1 drierTouseslreniieuIx? — Jevouldroyeesiréj' ce disl lors, en Uuynnati. — En Haynnau, cedîît l'aultre; monseigneur, ce scroit doncques à Valenchienaes pour chasser P Ce seroil-il h Mons et lu euihour '' — On m'a dislque les gens du roy viennent faire les haultaines en mon pays de Haynnau , mais se j'y estoye , je les en garderoye bien , et le leur feroyi; comparer chier. « Sy congneureni bien ceulx qui l'araisonnèrent qu'il avoit le cœur esmeu en cestebesoîgne-, et non sans cause, car c'esutit de grand «ulvage , et de malvoJse intenirt-

leo teEORGE CHASTELLAIN.

tition. Le lendettiaiii le duc alla devers le roy , là où ainsi que se trouva en ses devises avecques le roy , lui alla conter ce que advenu esloit de ses {fens, et comment ils avoient commis ung tel ouira^^e en une de ses villes , luy priant qu'il en voulsist faire, à Tappertenir du cas, justice et reparement; car n estoit point accoutumé de souffrir telles choses en ses pays , ne que oncques nuis le feussent venus îbulleren sesseignoriessansen porter pugnition. Et pourtant lui prioit, comme qui riens jn'en vouloit faire sans ly, qu*il en voulsist faire ce qu'il y apperlenoit, ou luy donner et souffrir ce qu'il en feroit luy meisme , car n'estoit d'à- ^ "vis nullement laisser la chose en cest estât. Sy livra le roy escout à cechy , et lui dist : « Beaulx oncle , je vous ois bien; et congnois bien que vous estes fort informé sur les facteurs,, qui «ont à moy . Mais , beau sire , je vous prie, enquerez vous bien de la chose et comment la matière s*est engendrée. Ne croyez point de légier, car les rapports sont aulcune fois périlleux et fort dangereux à y mettre créance. Beaulx sire, beaulx oncle, pensez -y bien, je vous en prie, et vous reposez dessus.» £t alors pensant le duc là où le roy vouloit férir, respondy :» De grand couraige, monseigneur. Je ne feis oncques rapport qui ne fuist véritable; et aymeroye mieulx estre .mort que faire aullremeul ; et de ce je n'amire .homme . » Et a telles parolles, rongant son f rain, jprist congiet du roy, non bien content ; et re- .tourna eu son hustel. Au quel lui veuu là bran- Joit fort son partement de Paris pour retourgaer au pays. Mais le roy , soy avisant la nuytée et congnoissant le grand cuer de son «oncle , au lendemain luy revenu devers ly , luy commencha à dire : » Beaulx oncle , je congnois bien que hier du soir vous n'estiez pas bien content de la response que vous donnoye touchant le faict d' Avesnes nouvellement advenu ; et sçay bien que l'avez à cuer ; et non merveille. Beau sire , je vous prie , faicies en tout voslre plaisir et à vostre disposition; car je m'y accorde avecques vous. Et vous dich bien que , s'ils estoient en la plus belle et meilleur place de ce royalme et à moy apperteifant, premier que n*en eussiez vengance telle que vouldriez, je la vous

corps jusques aux fondéniens. Et moy au besoing vous y ayderoye , premier que ne les eussiez. Et pourtant je vous en mets le cas en vos mains, et n'y quiers riens congnoistre. »Ec le duc lors, adoulchy par cestes parolles pins que n'estoit devant , en merchia le roy, et en dissimula au mieulx qu*il pot, soubs intention touttesvoyes tousjours d'en remédyer et besongnier par manière convegnable , comme au cas séoit , et par si bonne voye que nul auitre après ne venroit plus attempter de foire cas semblable, que ce ne feust a son grand péril et grief. Mais enfin touttesvoyes, après les avoir tenu en prison Tespasse bien de quatire mois , pour l'honneur et rérérence du roy , il les fit délivrer vie sauve; et s'en allèrent.

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