‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 145 sur 494 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Comment on commenchoit à congnoistre les conditions du i*oy Lo}8 et a quel fin il tendoit.

Le roy avoit la fréquentation de ses barons et princes enthour de ly par debvoir; et chascun comme sollicitant son privé faict; et le duc à laulire les avoit par récréation et amour; et meismes faisoient de ly pluiseurs leur pilier envers le roy, comme pensant que

ly seul povoit tout envers ly. Mais ce iemp§

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se changea ; et leperciuipt prestemeni le duc. £t par ainsi , comme il vit che chamb{;ement, se contint et tira sus la bride selong le cas. Car, à dire vray et selon ce que j'en ai trouvé, tant par $es euvres que par record des notables, le roy, prestement luy venu à Paris, descouvry et monstra meurs nouvelles, changea condition et propos , et en beaucop de cas se monstra aultre que pluiseurs n'eussent pensé. Si en convenoit faire son proffit au mieux qu'on povoit, et prendre tout en gré. Le duc touttesvoies tousjours se contint humble et sage, constant et souffrant; et les choses les quelles il ne povoit amender ne muer, il les passoit en faire bonnes chières aveucques sa niepce la duchesse d'Orléans, la quelle tous les jours voyoit, ou ly allant vers elle ou elle venant devers ly ; et là se faisoient les festiemens et les grands chières èsquels portoit part tout ce qui estoit de bel et de bon en Paris de scignorie. Le roy désiroit fort à traire envers ly le comte de Gharolois ; et à ceste cause donna singulière privante et entrée à ung nommé Guillaume Bisscbe , qui estoit ung des singuliers du monde auquel le comte son maistre donnoit plus de crédence ; mais beaucop en contraire du gré du duc. Car ne l'aymoit point , et encores moins le prisoit, pour ce que le sentoit homme de grand péril pour estre d'emprès son fils. Mais pour sa proppre paix et complaire à son Bis, il lui en convint souffrir, et sy en dissimula.

Ce Guillaume monta en telle auctorité aveucques le roy que merveilles seroità'dire. £t avoient les sergens et huissiers d'armes et tous aultres de la chambre exprés commandement duroyque,àtoutte heure, feust nuyt feust jour, feust le roy couchié ou endorroy , on lui ouvrist la chambre sans contredict ; et ainsi en fut faict à plusieurs fois. Le roy et ly allèrent bras à bras par nuyt , telle fois estoit, parmy la ville de Pariis visîcter dammes et damoiselles. Car ledict Guillaume avoit la congnoissance de toutes celles, du temps encorre de Taultre roy, que ledict Guillaume demoura à Paris ad cause de l'indignation que le duc avoit vers ly. Dont le duc de Clèves et messire Philippe Put, lui procurèrent «a

paix 'y qui depuis mal le recoogoeut, ce dirent

aulcuns. Le roy ou ce temps icliy rccommencha à devenir amoureux. Et sur les addresses dudict Guillaume qui sçavoit les lieux, secrettement servit amours; dont je me tais à tant; et viens au duc de Bourbon au quel le roy osta le gouvernement de Guienne , non obstant que c' estoit cely seul du monde qui mieulx y avoit servi le roy mort, et qui on grand seing et labeur de corps vaillamment l'avoit gardé allencontre des ennemis , depuis la seconde reprise de Bourdeaux. Si s'en couroucha amèrement le duc de Bourbon, et arraisonnant le roy pour ceste cause , lui dist : «Monseigneur, vous m'avez esté le gouvernement de Guienne que monseigneur mort, voslre père , me donna , et en le quel je me suis tellement porté que nul blasme n'en est devers moy ne dommage à la couronne. J'ai bien et léallement servi jusques ichy, et suis vosti'e parent; et pleut à monseigneur vostre père moy donner sa fille. Moy ne les miens n'avons desservi vers vous que nous deussiez désapointier. Et me semble que nostre amistié et service vous est bien séant , et que nous sommes bien pour vous servir. Se vous nous voilez tenir tels termes de rudesse et nous estre ainsi dur, vous nous donrez petite occasion de vous aymer et encoire moins de servir. Monseigneur ! monseigneur ! pensez sur ce que je vous dicts et sentez si je vous dicts vray. »'Et alors le roy qui l'avoit souffert parler tout à son ayse et d'une alayne, lui dist : « Dca ! beau frère , qui vous ot , il sembleroit que vous querez la noise; mais quand à là viendroit , on en feroit le mieulx qu'on poiroit. 'Monseigneur, je ne la quiers point , dist celly deBourbon ; mais ce que je vous dicts est vray. Et vous dicts encoire une aultre fois que voun y pensez sus; et je vous donne an et jour d'y penser. » Ces parolles furent haultement dnIi*vées et mises en diveriu^H intf'rpr('*ttttion« , plus en faveur du dur. de BourUin qu^i mit trement , (Kiur cauw5 que lî'nniolt iiN|( ifmn prinche , cem*H, et ijfi{; v;iithint rliiiv(ill**r, i<i des plus apararm du roynUim H p/iur awini ung grand fnUx. Si tUtuimittitl |;nirMl itfii mi roy pluiMfUnt iU*A biiioiit» , M U* ttUmwiUuil couvertem'rfit tUuUtk'dfniiuiifiuinf U I ^muiwm [Kiur y mttiim u Vtnht'uuiit*. mm mm'»mIm ii

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