CHAPITRE XXIX
Comment Géorgie repreiivc avoir faict Tinlroït de ce vr volume tranUre nature que ne trouve par Tingratilude qu'il trocve eu ce roy Loys.
3*avoye espoir grand au commenchemeni de ce sixyesme volume, lorsque j'ay commenchié à traiciier de ce nouvel roy Loys , que mes matières dcs-ormcsseroient joyeuses et de fruict, et que pluiseurs apparences et belles parolles du temps passet sortiroicnl à leurs effecis et conclusions honorables. Mes quand j'oy rutiller les voix des hommes autour de mes oreilles comme mouches estornissans, et que les records à moy faicls portent plus de murmure et doléance que aultremeni, j'ay peur qu'il ne me faille reboutter ma plume arriére en encre de mélancolie, et que ce que j'ay pris pour matière d'espoir et de salut par cy devant, je ne le contourne constraint en toutte contraire dissidence. Car oii je voys que les haultes et glorieuses œuvres ne rendent fruict, que honneurs et léaultés parfondes ne gaignent retribucions , que promesses et haultes parolles deffaillent en leur efficace , cueurs se changent , se renouvellent meurs , se soubtillent voyes estranges , s'oublient bienfaicts, et se tourne faincte simulation longuement portée, au vray et vif descoevrement de sa nature, à fierté, à envye, â descongnoissancbe etingratiiude , quel doncques doibl eslre l'espoir en quoy me;polray fonder, ne quel sera le fondement désormais sur quoy poiray faire joyeulx édidice , quand en front me viennent ferir les choses meismes qui me desconfortent et desquelles je crains aultres povoir ensielvir plus grandes et plus desplaisantes? Certes, comme plus m'aura esté joye mon espérer en nouvelle fortune , tant plus me sera dolleur et playe ,'quand , par Texpéxience des choses, je me viendray à désespé- Tanche; et me tourneront lors mes ris en Viupirs, mes attentes en défiemens , et mes
[1461] fols cuidiers eri payemèhs de meismes ; comme raison voeull que : qui follement cuideet espère follement troeuve. Or comment faire retbour aux Liégois , dont les ambassadeurs maintenoîent , et les députés de par le pays sont venus à Paris , et là pourchassent à savoir la cause de l'indignation que le roy avoit encontre eulx , ensemble et pour parvenir à sa grâce et clémence pour réparer, se riens avoient mcsfais ; pour excuser aussi, se à eulx aulcunes charges estoîent données ; et finablemeut pour eulx meclre et submectre en sa garde et protection comme avecques le roy mort, et de lui offrir service et asslstence toutte ferme et entière. Aux quelles choses quérurcni les moyens à rexpédicnt.du cas et de leurs intentions. Et lesYechupt le roy ses adjoiiigs et ses allyés, aveucques promesses de les garder et dotfendre contre tous et envers tous, et en la meisme manière et comme son père les avoit recheus et tenus sans quelconcque réserve. La quelle chose sembloit csire moult esirange et de malvais espoir à beaucop de gens; et au duc de Boiu*gon{,aie estoit une grand notte de malvaise interprétation qui tant touttesvoies letur avoit lîiicc d'honneur et de service. Semblablement la chose ainsi iiiicte tourna à grand despiaîsir au duc de Bourbon et à ses frères, ad cause de Tung d'iceulx iqui estoit evesque de Liège^ et ne se povoit bonnement chevir des Liégois ses subjecis , ainsi qu'il l'eust bien volu. Si s'en pensoit ledict de Bourbon vengiersur yceulx en faveur de son frère. Dont maintenant, quand le roy les avoit pris en sa main, estoit rompue la maulvaisetié. Mais pourtant ne s'en laissèrent ils point à dolloir et à plaindre et de le porter à bien dur, poset que souffrir leur en convenoir pour celle heure.