CHAPITRE XXX
Comment nostre SainetPère envoya son légat Tévesque d'Arras à Paris pour le voyage de Turquie.
Les fais du monde sont mervilleux. Les ungs rendent fruict et espoir et les aultres désolacion ; icy édiffient et là démolissent; les ungs renoent à ung bout, à Taultre par ung contraire ils deffont et désemparent.
Exemple ycy à Raios là où légierté et com- J duc de Bour{j[on{;ne leur estoit imporiable
et impossible à maintenir , quiconque les \ouldroit encore avdier et soustenir, se ne feusl.le roy de Franche seul. Dont ils sçavoient bien maintenant et entendoient que cestui chy qui do présent Testoit ne feroit jamais sa cause. Et parlant pensèrent à prévenir rindignation de ce duc, comme sages; etse vindrent en sa morchy. Lequel leur promis! de venir visitter son pays de Luxembourg au partir de là , poui' recepvoir de nouvel les obéissanciies et hommages des rebelles et pour mectre tout en bon ploy, comme il fist et comme vous orez quand il sera lieu.
motion du peuple, sans adviset par faulte de provision priose à temps, a esté commencliement d'ung grand esclandre en ce royalme , et cause de mort à pluiseurs povres .créatures qui perdues se sont, ne scevent comment, sinon que povreté de sens et faulte de bon advis , les a menés à confuse fin. Mais comme icy Ton povoit avoir matière maintenant de desplaisir, au couronnement d*ung nouvel roy qui se povoit traire aussi en Paris, le roy séjournant là aveucques son bel oncle, matière vint à Taultre lez de grand consolation et de félicité, quand nostre sainct père le pape envoya là , par manière et en puissancïie de légat. Tévesque d' Arras pour la réintégrationde Téglise de Dieu moult foible et basse, ensemble pour le faict du voyage sur les infidèles, les ennemis de Dieu , dont il avoittant presché et faict solliciter aulcunes fois le roy Charles son père défunct. Et sachant ledict nostre sainct père ledict roy Charles jà estre trespassé, et son fils Loys de présent estre en sa succession de là couronne, prestement envoya vers lui et devers le duc de Bourgongne, pour solliciter ledict voyage ensemble et pour restorer à Téglise ce que si longuement lui avoit détenu son père par puissance, la pragmatique sanction. En quoy ledict roy présent certes s'employa bien et léallement depuis, et la mist hors de ses mains, comme chy après se dira en son lieu. Et rechupt le roy moult revéramment ledict évesque ayant puissance de légat par tous les royalmes de Franche , d'Anf,leterre , d'EscGche , et les terres et seignories du duc de Bourgongne et tous les prinches de Franche; pareillement de par le duc de Bourgongne. Et en ces meismcs jours vindrent à Paris aussi ceulx de Thionville , en toutte humilité et révérence, eulx rendre à la merchy du duc de Bourgongne et lui priant merchy de leur longue rébellion et deforaines voyes que avoient tenus; et lui apportèrent les clefs, lui promettant vraye. et enthière obéissanche , comme à leur signeur, tel qu il se vouldroit nommer. Car eux voyans et considérans la mort du roy qui esioit le nourrisseur de leur querelle et sur qui se fondoient , et que maintenant n'avoient nul recours ne confort à nul , congncurcnt bien que Teslrif contre le