CHAPITRE XXXI
Comment Je roy voloil que le diMî ne tint les treuTes et coiKenanclies qu'il avoit aveucques les AngloU.
Le roy, comme j'ai dict, qui estoit ingénieux et actif en pluiseurs choses et que la vivité de son engien faisoit fantasier maintes besongnes , puelt estre non touttes utilles » poset qu'il les ymaginast telles, un jour s*avisa, ne sçay de quel conseil meu, demander à son bel oncle : comment que feust, ne quelles convenanches qu'il eust eu aveucques lui sur le faict des Anglois, si ne vouloit-il point qu'il tenist trouves aveucques eulx ne quelconques abstinences, mais vouloit qu'il les rompist et anichilast ; car ly de soy n'en vouloit tenir nulles aveucques eulx. Sy fut rapporté cecby au duc, et demotàaultre conté, comme le roy lui mandoit. Mais le duc non content de ce le pristà aigre, et respondy aux envoyés devers ly : «Déa ! je voy bien comment il va. On quiert jà à moy rompre mon voyage. Or bien ! d'ichy à deux ou trois jours je feray response au roy sur cechy , et m'aviseray dessus.»» Et plus root ne dist touchant che ; mais monstra bien par semblant que le coer lui eniloit de despit et qu il u'avoit ghaire talent de ce faire, car il lui toucboit trop près à l'honneur et au salut de ses pays. Aussi ne l'eust faict ne volu faire pour gaignier aussi bon que ung royaulme, entendu que ce qu'il en avoit faict, passé a loings ans , il avoit faict si graciement et par telle délibération que nul ne lui en pot oncques donner blasme,
GEORGE CHASTELLAIN
Meismes et de tout le temps du roy! Charles trespassé,si les tint il fermes et eslables, nonobstant que moult le porta envis ledict roy et murmuroit à rencontre. Mais le duc, par pluiseurs notables ambassades et par diverses fois, sur cest article fist faire tant de belles remonstrances au roy et à son conseil que tousjours , il en perservéra , que envis que Yoluntiers en son entier. Si lui cuisoit tant plus maintenant , à Tentrée de ce nouvel roy, quand on Jui quéroit à luy faire cheste uouvelleté et de faire chose contre son honneur et contre son bien, qui en ceste meisme matère tousjours avoit obtenu et vaincu en sa querelle du temps du père mort, qui n'estoit point moins à craindre que cestuy. Non pas que cecy il faille entendre que le duc feust Anglois ne de leur faveur, maisvray et léal Franchois. Dont fault entendre que ce lui mouvoit d'une raison causée en nécessité publique touchant ses pays qui ne peuvent Vnng sans Taultre, et qui de tout temps anchien ont eu habitude Tung aveucques Faultre en touttes manières de faire et de vi>Te, nonobstant touuesvoies qu'en continuant ces treuves aveucques les Anglois, si ne coroprist le duc, ne voult oncqnes comprendre dedens , nuls de ses subgects de la couronne et qu'ils peussent demorer francs pour aller servir le roy allenconlre desdicts Anglois quand besoing seroit ; et comme en effect ils firent et avoient faict en la conqueste de Guienne et de Normandie , là où Pikars en multitude, meismes aulcuns de Thostel du duc, de son gré et consentement, estoient allé au serviceduroy;etyfirent parler d'eulx, comme la fume attribuée au comte de Sainct-Pol et au seigneur de Saveuse donne assez preuve de ce qui en fut.