‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 149 sur 494 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Comment le duc caida partir hastÎTement de Paris par coaroQx pour la rompture de TaUlance que le roj désiroiX faire.

Mais pour ce que j'ay dict en la personne du duc , là où il feyt sa response aux gens du roy qu il véoit bien, chedisoit il , qu'on qucrpi( àr ly faire rompre son voyage , convientil e qofiUe ^chose il entendoit par ce

voyage et par ceste rompture ; car îcy gîst le droit secret et la rachine pourquoy la rompture des treuves qu'on quéroit à lui faire faire, lui cuisoit en cuer. Si fault entendre que ce duc chy, comme ailleurs et par maintes fois ay parlé, sur tous les désirs que ayoit an monde , seul ung lui restoit que désiroit à accomplir, et soy y employer , se Dieu luy volloit ottroyer sa grâce , et loisibleté d*y povoir entendre ; c'estoit de aller en ce voyage allencontre des Infidèles les ennemis de Dieu , exposer là son corps , employer les vertus de ses nobles et subjects, acquérir mérite etfiruict à son âme et procurer garant au chrestien peuple let salut au monde. Et comme de chechy sont plains tous mes livres, dès le cornmenchement de son regn^, il avoit persévéré en ce voUoir , envoyé visitter les pprs et passages de Suric par ses propres navires et circuir toutte la mer de Levant , soy oiErant aux prinches de delà pour les assister, au pappe pareillement quattre ou chincq(l). . . . . . • sans y varier ; et meismes en son grand avanchié éage, soy transportant meismes jusques la Dunoc (2), àrintentiondeFempereur, pour aller combattre le Turcq. Dont frès et missions merveilleuses, voyages et légations se firent depuis en Behaigne , en Poulaine , en Hongrie , à Rome et ailleiurs par pluiseurs de ses chevalliers et prélats, quérant tousjours à faire ce qu'avoii bien encommenchié et en cuer; cequejàfaicteustpiechà,ne feussent les tribulations et rumeurs qui tousjours s'entreféroient et se nourissoient entre le roy Charles et ly , à cause du daulpbin son fils ; par lesquels , et à bonne cause, il ne se povoit ne voloit absenter de ses pays. Dont maintenant , quand s'estoit veu allegié de ce fardeau que porter soloit du temps de Faultre roy mort, et que présentement il espéroit avoir ung roy de qui se povoit fier et de sa personne et de ses pays , et de Testât de son seul fils son héritier , et que soy sentoit en bonnes sceures trêves aussi et paisibles avecques les Anglois, et certain du roy comme de ly meismes. si comme il pensoit, certes déli-. béra et conclut de mettre à elTect maintenant son loiug viel désir; avcurques ce que tout

(f) Lacune dnns le mnnnsrrit.

(2) Danube , ea allemand Donau,

notoire est qae les princes d'Orient dont cy dessus est faicte mention, avoient leurs ambassateurs envoyé eneoire devers ly en Paris. Pour ceste meisme cause , et par vertu des quels venus de si loingtains pays , et de si deisperses régions , le cuer lui en estoit eneoire plus en grand ardeur et en plus résolu propc». Dont maintenant, à Theure que il perchupt qu'on lui voUoit donner ceste traverse pour luy faire rompre ses trêves et le boutter il guerre aveucques les Anglois , jugea bien et vrayement que ce n estoit que pour luy faire rompre son voyage. Ce sçavoit bien le roy, que jamais ne se bougeroit son oncle de ses pays pour nulle part aller, tant qu'il se sentist sceur et de France et d'Angleterre dont il estoit aumillieu; et par ainsi, ceste difficulté que je vous ay ouverte estoit la cause de la response faicte dessus le mal talent que le duc y prist. £tde faict tant le prist aigre le dict duc, que tout s'appresta ce qu'à lui apparten(bit pour partir de Paris en subit; et ne tint que sur le thour d'une main que ainsi n'en fut faict, se le roy ne l'eust hastivement rappaisé et amolly par pryères.Oont de la rumeur toutte la ville de Paris et toutte l(i seignourie se tro.uvoit esmeue.

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