‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 15 sur 494 · CONTINUATION PAR MOLINEL · texte numérisé non relu

CONTINUATION PAR MOLINEL

J'ay veu ung petit comte , Seigneur dé Gharolois , Qui bailla bien son compte A Loys de Vallois (4), Au Mont-Héry en France Son ost le poursûy , Mais Tung tint place franche Et l'autre l*eu fOy.

J*ay veu la cbandreliére Orgueilleuse Binant^ Ville 9sàet slngnlière , Mais toujours hnttinant ; Pour sa grande arrogance Le lyon très Hardy (2) En print dure vengeance Et en cendre Tardy.

J'ay veu les murs de Liège Destruicts et abbatns , Son perron perdre siège , Ses mutins eombatas , Criant vive Boiirgolgne !

Le roi vint de surcrois , Qui porta sans vergoigiie] De Sainct Andrieu croix.

(4) Balfiille de Montlliéry, pendant la guerre dite du bien public, en 146o. Louis XI fut ballu par les princes réunis.

\1) Dauiiiie ue i^iuiiiiiicry , peiiiiHiii u\ ^uci H bien public, en 146o. Louis XI fut ballu princes réunis.

(2) Le duc de Bourgogne, qui prenait un lion pour emblème.

Tai veu duc magnifique Tant surpris de Gantob Qu*à dur trouva practicqae B'eschapper de leur toicts.

Us furent pris aux pièges , Dont ils furent honteux , Car leurs grands privilléges Déchira devant enix (1).

Panlos sans faulfc iiiiUe (S)^ Qui d'argent eat maint marc »

Fist nouveau scel et buUe En le palais Sainct Marc \ En or et pierrerie Mit son entendement Et en sa trésorie Fina estrangement.

J^ay veu , par forte glaive , Edouard roi Angiois (3), Expulsé , comme esclaive De ses royaulx anglela , En moins d'onze aepmainea , A l'espée tranchant , Recouvrer ses domaines Et son throsne luysant.

J'ay Yen porter sonftirance A\Werviric , qui ciddoit (4) Trouver Angiois soubs France , Et France ^ur son doigt.

Payé fut de ses galles, Car il passa par \k , Et le prince de Galles Oncques puis ne parla (5).

Fortune qui oonoronne Les siens A son franc choit , Donna double couronne D'Anglois et de François A Henry , qui ses resnes Rompit sur le hault roc ;

(1) Les Gantois, d'abord vainqueurs de Philippe, qui ftat sur le point d'être pris, furent ensuite défaits et privés de leurs privilèges, (^oy. le 8» livre de J. Do Clercq.)

(2) Barbo, vénitien, qui succéda à Pie H dans It jfêr pauté, sous le titre de Paul II.

(3) Edouard IV, fait roi, puis battn et emi par Warwick, sortit bientl^t de sa prison à Ptide dcjhic^ de Clarence son frère, et battit A son tdor, èn[ Tarniée de Warwick.

(4) ^arwick fut tué en 1471 k la HataOll et Edouard IV rcsla maître de Vhs^fn^ ^

(5) Le prince de Galles, fils de man ordre d'Edouard IV, à 28 ans, . ■

arïf

SUR SIRE GEORGE CHASTELLAIN

n perdit sed deux régnes (4) Se ne fatroy ne rocK2).

Tay Yen la NormÀndie Du lion trespercer ; Le roy , quoiqa*oil eh die , Ne Toeoit approcher ; L'ung demandoit la gueiirè i L'autre plaisant souias , L*ung Touloit brait acqdérfe , L'autre en estoit fort las.

J'ai ven commette horrible , G)mme verge poindant , Espoentable , terrible , Grande , felle et ardant.

Sur le Riu fera Conloigbe Jectoit son rayant datt , Et le duc de Bonrgoiglie Y mist so^estmdArt.

«Tai rea soulf re i salpêtre , Ensemble bataÎHer , Quand j'ai tcu Fràtre prêtre , Cardinal cordellier , Plein de pompe moadafne Et d^immundicité Et à heure soudaine Estre à la mort cité.

L'empereur d'AllemaigM Dedans TrèTea entra , Charles qui l'aecompaigne Son triomphe y monstra.

Chascun tant ayme et prise Son excellent arroy , Que la journée fut prise Pour le courôoocr roi.

Nus attendit l'espée Du plus fort doc des ducs , Sa rivière coppée , Ses murets pourfendus ^ Près d'ung an assiégé Endura ses travaulx, De secours estrangé , Mengeant chair de cIie?aaU«

J'ay ven un dnc combattre

Le Bommaîn empereur .

Tentes et npeas abattre

Par mortelle terreur ^

SanscraiodriJ

Sans estre

Beioip-*

ij

oi eji'ir

Se^

J'ay veuroy d'Angleterre (1) Amener son grand ost Pour la françoise terre Conquester bref et tost ; Leroy voyant l'affaire , Si bon vin lui donna Que l'autre, sans rien faire.

Content s'en retourna.

J'ay veu Saint Fol en gloire Ravy jusques es cieulx , Puis descendre en bas Loire Mal en grâce des dieux ; Sainct Pierre s*en délivre , Pas ne le respita , Et au prince le livre Qui le descaptta.

Et si fanlt qtie Je dise Ceulx qui ont eu mal an :

Meurdry ftat à Tégllse Le grand doc de Mfllaft (S).

Par user des pins belles Femmes de' son pays , Et mettre sus gabelles , Il fut À mort haïs.

J'ai ven le plus fort prioee Delà chrestienté En turquoise province Fort crainct et redoobté i Surmonter en bataille Par un petit dooqnet; En gens de rode taille On n'y a point d^acquest.

Ainsi donc , lonps saulvaiges Occirent le lion Gardant sdr les rifuges D'aigneanU un million \ Moutons loups et onailles S'accordèrent enfin Pour pillier les oreilles Au renard rouge et fin.

J'ay veu cités et>illes Ensemble mutiner , Ylllains, nieschans, et viles Les nobles hutliuer ; Ce tonrbe que j'alègne Occîst le chaneellier Et le cmnte de Megue De Tordre chevallier.

**Ainiifd IV débarqua en France en iM^\ mais

^âàMk ses principaux ofRcIcrs, et le roi re-

efre sans avoir rien fait.

^ Sfnrce, fils du célèbre François

le 26 décembre 1476, dans Vé*

^BOtan.

NOTICE

En Cueldres qui prospère , J*ay yen grant mesprison \ Le fils tenir le père En obscore prison (1) , S*en fat bonté en selle , Puis monmt champion D*une noble pucelle (2) Comme nng vray Scipion,

Xai Ta dedans Mallines Notable parlement , Pour fanlses gens malines Corriger justement ; Mais comme le prophète Par avant Tannança Le hault bruit de la feste Tout à coup tresbucha.

J^ay Teu grans blés'et paille.

Par les champs rapiner Tons biens à la baspaille , Sans pendre et sans traisoer , Chetifs et misérables Devenir riches gens , Et riches honnorables Mendians indigens.

Xai Yeu Juïb séduire Ung petit enfançon , Le meurdriret destraire Par estrange façon ; Miracles faire à Trente Comme font plusieurs saincis Plus de vingt et de trente £a sont gnéris leurs sains.

Tay Tea un roy de France Accorder aux Angloys Affin que grant souffrance N*ayt France en ses anglets, France franche et non serve , Sinon à ses amys ; Et'durequeTon serve A tous ses ennemys.

J*ay veu homme de guerre Sur cheval bon et fier ,

(d) Adolphe, fils d'Amouit d^Egmondj^duc de Guel<; dres. « Un soir • , dit Comines , « le 10 janvier 1465, comme Amoult se vouloit aller coucher, son fils Tenlève, le mène à cinq lieues à pied, sans chausses, par un temps très-froid, et le met au fond d'une tour où il n*y avoit nulle clarlé que par une bien petite lucarne. » Cinq ans après, le père fut délivré, et le fils emprisonné par l'ordre du duc de Bourgogne.

(2) Les Gantois voulaienl lui faise épouser M rie , comtesse de Flandres, qui depuis, à Tâge de vingt ans, épousa Maximilten, archiduc d* Autriche. .^. «^

En Haspre tenir'qœrre Ung très riche oensier; ^ Le bon sainct de l'abbaye, Aqooite s'en vengea , Le cheval enrabie Et son maistre enraigea.

J'ay vea giant maltitode « De livres imprimés (1) , Poor tirer en estude , Povres mal argentés ; Par ces nouvelles modes Aon maint escoUier Décret , bibles ,'et codes Sans grant argcol bailler.

J'ay vea pocelle tendre, Antbonias eut nom , Tonte science entendre, Logicqae et droit canon , Saige comme Sibille, En l'âge de dix ans, Et de respondre habiUe A tons oontredisans.

J'ay ven gendarmerie Bigarrée à tons lez.

Comme jolfverie, AioUé8,piollés De diverses bigornes , Et d'estranges façons ; Ne restoit que les cornes Pour estre limassons.

J'ay vu Tonmay tonmée En nng mauvais tournant.

Sans estre retournée , Ses voisins bestoumaot; Nos maisons, nos tourelles En cendres oontonmer , Et FUmans entonr dles Durement attoumer.

J'ay vu par ces oraiges Des nobles corumpus, Et des loyaulx couraiges Qui leurs boys ont rompus.

Les villains sans richesse Furent trop plus loyaulx A leur dame et prmcesse Qu'aultres gens desloyaux.

J'ay veu chevalier noble.

Enbruiteten valleur,

(1) L'imprimerie venait d'être inventée , et on voit que déjà, si près de sa naissance, les bons esprits présageaient toute l'influence qu'aurait un jour cette dé* couverte.

SUR SIRE GEORGE CHASTELLAIN

De Terto la vignolUe, De proesse la fleur , Espooser noble femme Et avoir beaalx enfans , De glorieuse famé , En armes tmmphans.

La dame mise en bière Le seigneur de f ertu , Content de pain et bière Pust moyne rerestu, Prestre, abbé portant cbappe, Etévesquesacrèy Fort digne d*estre pape Pour son flnal degré.

Tay ven noble contrée Sans cheb et sans seigneur , Durement rencontrées D'ung terrible enseigneur , Pucelle habandonnée , .

Grant desroy de commun , Et en moins d*une année Avoir deux duex pour ong.

J^ay Teu dedans JPlorenoe Arcevesque pendu , Et fort grant apparence De cardinal perdu ; Trois abbés portans crosse Et ceulx de leur partis Furent par dore approche Mutilés et occis.

Tay veu, chose inconnue!

Ung mort ressusciter , Et sur sa revenue Par milliers achapter ; L'ung dit : il est en vie.

L'autre ; ee n'est que vent Tous bons cueurs sans env je Le regrettent souvent.

J*ay veu duc de Clarence Bouté en une tour Qui qnéroit apparence De régner à son tour ; De mort préad visée Le roy le fist noyer Dedans mallevisée (i) Pour le moins ennuyer (2).

Tny veu , comme il me semble , Ung fort homme d'honneur Lny seul chanter ensemble , Et dessus , et teneur :

(4) Malvoisie.

(2) Edouard lY, son pèr(^, le fil mourir.

Uîj

Elbeken , Alexandre , Jossequin , ne Bugnois Qui sçayyent chants espandre Ne font tels esbannois.

J^ay veu der de viUaige ^ Manger ung gros raton , Une poulie volaige , Ung quartier de mouton « Un pain plein une mance Bouter en ses boyanlx ; .

Ne sçay comme la pance Ne luy jrompt des morceanlx.

Tbj veu en Yallenciennes , Quand droit là me toumaj Ya-tost faire des siennes Et aller à Toumay, En moins d'heure et demie Sans cheval ou jument ; C'estoit chose ennemye , Force, ou grand radement.

Assiéger vindrent Rhodes Plus de cent mille Turcs', Yestus d'estranges modes, Qui percé^rent ses mnrs^ La Yierge glorieuse La cité secourut Qui fut victorieuse , Et le Turc s'en courut (1).

Xay veu felle besoigne Et cas de grant pitié , A Dijon en Bourgogne Plonvoir sang et planté; Au roy Loys de France Fust le sang envoyé.

Doubtant avoir soufflrance , Fut assez ennuyé.

Tay veu cinq personnaigea D'ung triumphant liostel.

En moins de dix lunaiges , Payer tribut mortel ; Marie rendit compte , François son fils le bon , éaint Pol , Chymay le comte.

Et Loys de Bourbon.

Loys d'un coup d'espée Digne évesque et duc grant Eut la gorge coppée Par ung mauvais tyrant ~ Mais Liège en fut pugniej Par glaive et par arsin ,

(1) Les Turs furent repoussés, en 1480, par la valeur

du ^aQdinidtre d'Aubmoo et de fe« cheTaUen.

NOTICE

Et la barbe honnie

Qui brassa ce brassin (i).

Je veis devant Bonlloigne Le fils de Ravestain (2) Mettre gens en besoigne , Cinq mille il est certain; Liégeois plus de dix mille , Par chevallereux faicts Furent , comme une pille , Succombés et deMts.

Liégeois y apportèrent Cinq tonneaols de Hcob , Car pendre 'ils y cuidèrent Bourguignons par les cols ; Mais de dères espées , Picques et gavrelos Eurent gorges coppécs Sans y avoir grand los.

J'ai veu peuple en mes livres , De famihe troublé , Et vendre quatre livres Ung seul niencault de blé ; En ceste propre année Avoir dessus 1*Escault La chance retournée , Ung muy pour ung mcncault ,

Pour chose assez précise, Xay veu en nos tenans , Arras muer franchise , Et changer les manans ; Comme infâmes et viles , Les hoir en débouter , Et gens d*estranges villes Y venir habiter.

Et Cambray changer armes Portans florons royanlx|, • Forger pour les gens d'armes Ciiaisncs de ses joyaulx ^ Megue fut composée Du seigneur MaraPin , Et du roi rembourée Avant'qu'il prensLst fin.

J'ai veu oiseau ramaîge , Nommé maistre Olivier, Voilant par son plumaigc Hault conime un cspervier;

(i) Les Liégeois, à Vinstigation 4les envoyés de Louis XI, liièrcnt leur é\éque et douze chanoines, en d468, pendant que Louis XI était prisonnier de Charlesle-Téniéraire. Liège fut abandonnée au pillage après avoir été prise par le duc de Bourgogne.

{t) Adolphe de Clèvesi seigneur de Raveosteia.

Fort bien sçavoir complaire Au roi; mais je veis qu^on Le feist , pour ton salaire , Percher au Mont-Faucon.

J*ai vea , estrangc oonte l François accompagner De Richemont le comte ^ Pour son régne gaigner; Richard roi d* Angleterre En bataille périr , Et les hoirs de la terre Esloiqier et mourir.

Tm veu la fière barbe , Qui tant se rebarba , Douce com Saincte Bavbe Quant on le desbarba , Son coàvrechief qui buS A trect fut deabarbé De sa barbe bari>ué, Car il vint à jubé.

Je veis Gand qn pMapèra Sur Flamens triumphans , An desplaiair eu pèra Retenir denx enfant; Le père à force d'aimes Les reconquist , s'en fa Gand pourtet grot ^racamee En danger d'ettre en fèn.

Comme paysans viles , Portant flèches et dards , Quirent aux bonnes villet Du vin pour leurs souldars , Maint archer fit son hoste D'autour de Saint Bavon , Porter vivres en hotte Comme povre Esclavon.

Tay veu seignenr des Cordes Aux Flamans accorder Cordellcr grans discordes Pour pays descorder; Flamens se raccordèrent .

Au duc que recordons ; Et les François cordèrent De guerre les cordons.

Aigncmont en Hollande Mena tet Cabillam , Armés d'escaille grande, Dure comme caillaux Faindant grand marchandise Estre en vaisseau frec Prindrent en vaillantise

LatittedeBwdrec.

SUR SIRE GEORGE CHASTELLAIN

Puis onyg , chose anière Pins fière qae deTant !

Au ventre de sa mère Bra}Te un petit enfant , £t au Quesney-le-Comte Tant hauit plaindre et gémir Que la mère , à bref compte , En laissa le donnir.

J'ay yen denx on trois laies <i) Trouvées en mon temps , De chucanes fertilles , Et dont les habitans Sont d'estraoges manières Saulvaiges et velus^ D*or et d^argeot mynières Voit-oo ea ces pallus.

Par mystère fort riche Où Dieu presta les mains Yeizrarcbeduc d*Àutriche £sleu roi des Rommains , A Aix en Allemagne Dignement couronné; Sou père raccompagne Richemeqt atoomé {%).

J*ay Teu une Bommaine Dame de grant renom , Fille humble et fort humaine Du sénateur Zenon ^ Sept cents ans enterrée Fut sans corruption ; An peuple fut monstrée Par admiration.

rai Yen frère Nicdle, Ung Suisse dévot , D'abstinence Vescolle Fort bien tenant son vot , Vingt ans vivre en ce monde , Sans manger peu oo point.

Dieu en sa gloire monde Luy doint viande à point.

J*ay veu vif saas Hemtosme Ung jeusne moysne avoir

(1) D doit être question des tles Açores, découvertes en 1461 par les pilotes du prince Henri de Portugal. Les Canaries avaient été découTertes d^ois 1346 , d'après le témoignage incontestable de P Atlas catalan de 1375 , publié par moi conformément à tm manuscrit inédit de la Bibliotbèque royale. En 1472 les Portugais découvrirei^t les Iles de Saint-Thomas et du Çrince sur les côles d'Afrique, et le cap de Bonne-Espérance en 1486. Le premier voyage de Christophe Colomb est de 1492.

(2) Maximilien, HU de Frédéric III, fat élu roi des Bomains par la diète de Francfort, en 14S6, introaisé à Aeiisée, et couronné à Aix-la- Chapelle.

Membre de femme et d*homme Et enfant concepvoir ^ Par luy seul , en Ii^ mesmet , Engendrer, enfanter, Comme font auKres femmes , Sanâ outils emprunter.

De fort dure fortune Veis Bourgoignons servir , Espéraas de Béthune Les formaiges ravir; En lieu de fins formaiges TroovèreAt fauU barats Gueldres y eut dommaiges Nasso et Lassaras.

Tay veu par mutioage, Bruges mettre les mains Au digne personoaige Roi sacré des Bommains; Ses chcTalliers , ses nobles, Son mignon fort fringans Pis loger qtf en vignobles^ Emprisonnés et Gand.

Les moutons détentèrent En son parc le berger , Les chiens qui le gardèrent Sont constraincts d*esIonger ; Le berger prist figure D'aigneaa , mais ses brebis Dont il avoit la cure Devindrent loups rabis.

Bruges mist i torture Chevalliers et barons Sans raison et droicture , Comme on feroit larrons ; Par gent rude et meschante , Fut lors sur le marché D*nne espée trenchante Maint noble despesché.

Pourquoi Fhnpérialle Majesté accourut, Qui son fils la royalle Dignité secoumt ; La noble Germanie Tellement huttina Que Flandres fat pugnie Et Bruges en saigna.

Tay veu h bas descendre Vng fort jetine éléphant, Coulooré comme cendre, Aspre et fort remonvant; De sa grande narine Fort bien s'esbanoya , Et puis sur la marine Meschamment se noya.

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NOTICE

J'ai teii paimy ung voire François et bourgoignons Ensemble à Cambray boire , Comme bons compagnons ;^ Puis aux champs , hors la Ville , L'nng sur Vautre charger Pour mettre en prison^vile Ou en mortel danger.

Xay Yen haulte princesse BTorck de grant renom ; De Bourgoigne duchesse , Marguerite a?oit nom , Perdre par dures glave Ses frères , son mari , Ses nepveux , Tung esclave L'antre estaint et péri.

A Home ung de Viterbe, Pour ducats amasser, Sceut d'eau et de. viste herbe Plusieurs bulles casser, Faire seconde lettre.

Où la première f u , Mieux que tison enl'estre.

Enfatbmslèenfeu.

Quand Flandreseut souffrance , Je veis ung chauffeteur , Maistre d'hostel en France, Eslevè en hauU heur; Par luy maint coppenolle Au monde fût forgé , S'en eut col et canolle Du hastrel deslogé.

J^ay veu grant yauderie En Arras pulluler (1) Gens pleins de revcrie Par jugement brusler; Trente ans puis ceste affaire , Parlement décreta Qu'à tort , sans raison faire , A mort on les traicta.

Benè duc de Lorraine Eut deux femmes vivans, Mais de la premeraine Ne peult avoir eufans^ La seconde fut digne De lignie assembler ,

(4) rayez, dans les mémoires de J. Du Clcrcq les détails curieux des persécutions de rinquisileur de la foi et de révèque de Bernl contre les prétendus sorciers qui furent brûlés à Arras. La vigueur du parlement de Paris arrêta seule les supplices, et un arrêt solennel justifia ceux qui avaient été condamnés, ûl élargir les détenus et condamna les juges.

Qui en bref se fit royiie De Gecille nommer. *

Xay veu Louvain , Nivelle ,* BruceUes, je m'en crois , Pour chose fort nouvelle Porter la droicte croix \ Brucelles fut humilie Par mort qui rhaherdit.

De gens trente six mille Pour ung an y perdit.

J'ai veu les bonnes villes Achapter larronceaux; Aux paysans servilles Pour pendre aux arbresseaulx ; Trop lestoit la denrée Vendue aux bons marchans Pour estre délivrée Aux corbillotts des champs.

Xay veu louenges acquerre Au grant roy des Rommains Austriche reconquerre , Et Hongrie en tes mains; Vienne , Albe-regalle , Ont sentu les assaulx De majesté regalle Et ses nobles vassaulx.

T%j veu dévotes vierges En dangereux périls Vexées par les verges Des mauvais esperis.

Droit au Quesnoy-le-Comte Advint ce grand malheur; Piteux en est le conte Dieu doinl qu'il soit meilleur!

J*ay veu en Angleterre (1).

XJng grand trésor coeillir , Pour la Françoise terre Conquerre et bataillir ; 11 assiégea Boullongne :

Mais le grant Crevecuènr Lui tourna bride et longue; Sy lui changea le cueur ;

Tay veu fils d'Angleterre Richard d' Yorek nommé , Que l'on disoit en terre Estraint et consommé , Endurer grant souffrance , Et par nobles exploiU

(d) Henri VII mil le siège devant Boulogne en 14. pour arrêter dans sa source l'agrandissement de pc voir que le mariage de Charles VIH avec AnnejM

tière de BreUigne, «Uait doaner àUiwlwo de ïwn

SUR SIRE GEORGE CHASTELLÂIN

Virre en bome €S|ièr«Mse (1) B'estre m/ ém'AJÊffafê. ,

Allemaigne » Angleterre;, Et Bonrgoigtie ont chaigé £ngin par mer et terre; L'Escluse ont atoiègé ; Ceux qui le deffendirent Sonbstinrent TaïUamment ; Mais enfin le fendireiil Par bon appoincteoMDt

Taj ten nn rè^r d'Espaigne Pour la foy augmenter £t luy et sa compaigne Grenade conquester (2) ; Sept ans y tint le siège ; On y fit maint blocus ; Et puis fut pris au siège , Roy et Mores Talnciu.

Mai^erile d*Aostriche (3) Vela-Je royne nommer , fit d« p&fin etdfl tkhe fio France «t piM amar^ Qua d'or une piooU(sne; Mais ce bmit s'accoisa Car VAmie de Bretaigne :

MnTaiiiy eipoosâ.

L'Anne (pii fut pomjntt^ Pour le roy des Rommains (4) , Ai iHipenn Angttie) AiiBam tendit ses

(I) n est sans donte question da juif PeridVt qai ae te pipser pour fils d'Edouard IV, et lot enToy«.prè^ de Chartes Ym. Après a?oir époosé une princesse da la Mison d'York et armé l'fioosse en sa faTear, il fut ciMÎBOimè ^nl492, et plus tard condaouié à mort.

CQ Gtmmde fat conquise en 1492 par Ferdinand ^t UaMle, et la poissance des Maures lut ainsi détmite ao ËqMigiie apiès 800 ans d^étabUasemeat

(3) ËUe fat d'abord fiancée à Chartes TIH, qui U itBTgya pour épouser Anne de Breti^gne, fianoéedeson côté «vec Ifiisiffiflien d'Autriche. En se rendant près de Jean, prince d'Espagne, qui moarot Taonèe de son ■sariaga aiac die, une tempête Tîolente l'assaillit, af , m Tojant près da monrir, elle sa conpoaa cette épitap|iaAl'4gedei7aos:

a-git lùrgot, k genic iàmoUdlÊ^ Qa'evt 4ma marb, et êi moanu paeclle.

. (4) Ame de Bretagne avait été épousée par pracnsatioii, en 14S9, par Maximilien i ipais, malgré cet eogaganaDl,e|ie ^osa Cliarles YIU en 1491, et, en 1498, Louis Xn^ après la mort de Charles VUI.

En Françoisa garUa La couronne parte »

Et nostia MaigwrtU Bonne paix appattiK

Mais le chef de faflhBtca ) RoyBfaximiHaii Espousa dame Hatita S<Bur du|duc de MiUan (1) ; Royne fut conroanéa En triumphant arroty.

D*honneur anTirauiéa La recenpt leinm rojr«

Tâj Ten ea luml artalga Des Cordes la aaignayr, PoTre de son porlaîga Bfais puissant gomreraemr; n tint en sa domaine Des fleurs de lyi lé nendt Puis le temps Gfaarleflttina HoBune si grand bndt iTaat

Les <^seanh s'espaotèrant ; Son corps mis à Testrain, Les fletttas en sanltèrent Hors de leur commtn trafti;^ Les gros Tents tant soofllèrant i TantgrèsiUtaCpiiit, QneYignes Dont fort il noM

EtàPariaamrSai&e; Je vis un Blasmant, 4a fay • Le divin sacreaMati Le sainct sang du calice y ouït pendre et pasteler ; Se fut pour sa malice Condanmé*à Innisler* i

Et au Pont sainct Veirent plusieurs Feu de grant laliqwmca Plouvoir aval lesalianpai Pur grandes, groeses masses Le veirent descharger ^ En ces inéglons baMea * Sans rieni édodunager*

(I) MaiimilisBi aicbidac d'Aotnctei JOi des mains et puis empereur, éffim^ an ,paif4ères nocea Marie de Bourfocsa,, fiUa «lif^s da C^Haa-le-TèBiè* raire, et acquit ainsi laa FiQrHMMiatlaFw^içhe-Comté. n épousa en secondes noces Blanche Sforce, sœnr de Galéas, duc de Milan. A la mort de Marte, en 1478, ses éta^s passèrent à Fhilii^pe-lesBeao, aop f^^.fa ménM dont la ctirienx vpjaye en Eipifoe a M éçmJNQr /i^ toine de ta Laiog.

NOTICE

Auprès de Valleiiciemies ,' Veis ung leune filt bon Qui les bras des mains saines Avoit noirs que charbon ; L*esperit de sa mère Morte TaToit blessé ; S*en fut de peine amère Par son fils despeché.

Jai Ten et len en Unes D'une pierre pesant Deux cents cinquante litres MonUignes traTersant ; Du ciel , par ung tonnoire , Comme il me fut compté Cheut ceste pierre noire En Fercet la comté.

J'ay mis en retenues Ce qui n*adnent soutent :

Homme ravy aux nues Par tourbillon de vent, De Bruges en Zéelande, Droict deTant.Cericsé , En moins d*nne heure grande.

Vif se trouTa Tersé.

Tai Teu Charles huytisme , Boy sacré des François , Pour cause légitime Coeillir gens à son choix; Armes , lances et heaulme Dedans Romme porter, Et d*un train de rojaiUme De Naples conqnester.

Princes qni l'appelèrent En passant, « beau cousin • , Bapassant lui. baillèrent A nmser d*ung cousin (1) ; Venise tint passaige , Milan Fa cmiriiatu ; Mais malgré leur Tîsaige Betouma bien battu.

J*ay Teu; ce qu*il me semble Ung monstre fort nouTCau , Femme teoans ensemble Par ung niesme carneau , Qui deux corps et deux âmes Et deux Toulentés ont.

Non de loingtains royaulmes , mais d'Allemagne sont.

(4) Chartes Vm fut assez mal accueilli , à son retour , de plusieurs souverains qui lai avaient donné de grandes f^es éi son entrée.

J'ay Tea venir en Boddes Le Grand Turc à garant (1); Son frère, un faulx Hérodes, Vouloit estre Turc Grant, Qui donna grant richesse A la chrestientié Pour le tenir sans cesse En grant captivité.

Boddes, quand j'y regarde.

Après luy proufita , Le pape leur en garde Qui bien s'en acquitta, Depuis le roi de France Pria de cueur humain , L'avoir en garde franche (2) ; Se mourut en sa main.

La leçon du manuscrit de M. Kchon fib offre un si grand nombre de variantes, et Gomme je Tai dit, Fesprit français s'y montre en telle opposition avec Tesprit bourgnignon dans la manière de présenter les objets , qœ j'ai cru devoir donner en entier cette pièce intéressante, et dont je ne connais qoe ce seul manuscrit. La voici :

(1) Lorsque Bigazet II, à son retour d'an pâerinage à la Mecque, reprit la couronne qn'il avait d'abord ab* diqiiée en faveur de son fils Corcum, et que cetni-ci lui rendit généreusement, son propre firére Jen « appelé par lès auteurs chrétiens Zizlme, se souleva contre lui et se fit proclamer empereur v mais, balta par Bajazet, il se réfugia d'abord à Rhodes, où le gnndmattre raccueiUit parfoitement, et Veawyti an pape Innocent VIII, qui le recommanda an roi de France Chartes YIII, au moment de son expédition de Naples. Il est possible que le sultan Jem ait promis à Charles Vni, qui venait de se faire céder Tempire nominal de Byzance, occupé en effet par les Turcs, de lai rendre Constantinople s'il voulait appuyer ses prétentions contre Bajazet son frère ^ mais Charles Vm fat repoussé de ritalie, et perdit cette couronne avant d'avoir pu conquérir celle d'Orient. On volt par les expressions de cette Chronique, qne J. M olinet ne doutait pas que Jem ne fi\t, comme il le disait, le véritable sultan, et que Bajazet II ne fût le faulx Hirodêt, qui vouloit estre Turc Grant.

(2) Jem mourut, les uns disent empoisonné à Terracine, au moment où il se rendait, avec Charles VIII à Naples; les autres, assassiné k Naples par le barbîer Mustaplia, envoyé à cet effet par Bajazet, et récompensé de son succès dans cette expédition par rcmplsi de grand-vish*.

SUR SmE GEORGE CHASTELLAIN.

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