PAR
GEORGE CHASTELLAIN
PROESME.
Au commencement jadis du monde, que les TWans d*alor8 véoieot les choses de leur temps diTeraes et merveilleuses et appercevoient les alfoires humains estre conduits par aucune puissance et espoTentable main de là sus , les ungs peut-estre Tattribuant à Dieu , les autres îgnoramment à une souveraineté incogneue, depuis appellée Fortune : lors , comme la diversité des éages faisoit venir diverse et nouvelle régnation, chas cun portoit ce de quo> le temps le servoit et , cuisist ou pleut , si bien , lorsque depuis il flescissoit col et eschine soubs la fortune , de qui les variabletés congneues avec les étrainges évènemens , tous les jours il fault dire que moult leur estoit espovent«ible , et force d'assavourer et corporellenient sentir de sa fortune , fut dure fut doolce , sa portion ; et si bien lorsque depuis flescir leur col et pleyer soubs les obscuretéa terreines durement expérimentées , souverainement à ceulx qui , sans lecture de nulle chose devant eux , sans aucune expérience précédente , se sont trouvés soubs la nieulle de tribulalion et les premiers agousteurs de ceste humaine misère, qui soubdainement ne faisoient que naistre encore et tenir de Tune main le bout du monde commençant et de Tautre les premiers engendrcurs Adam et Eve, dont le premier né tost, pour angois&e sur dolcur à ses parens, devint homicide et rcspandy le sang de son frère Abel ; innocent sang du juste Abel , respandu pour son frère Cayn! parquoy non seuUenient eulx les premiers parens se trouvoient excités à pleurs, mais eulx leurs prouchains successeurs espoventés d*oyr racconter le meurtre. Certes, bien est cas d'espoveutement, quand en si frescbe et nouvelle euvre <1e Dieu , et si tost , povoit escheoir ung tel niesus. Puisque le premier régne des hommes se déclina à tel malice , bon faisoit à entendre que le monde tirant à longs et vieux jours après, se trouveroit enveloppé de tels maulx et meschiefs , comme il est tout notoire àcculx qui ont le naturel et la lettre , et qui ont veu les anciennes récitations de plusieurs livres, comme la Bible ef antres vérilabli*^ histoires , fafsant
mencion depuis la création du inonde jusqnesà cestay dernier temps de grâce dont les choses y coniprinses, les unes de haulte admiration, les autres de grief, autres de ruyne,et les autres de rédemption et de joye,et èsquelles toutes choses la haulte puisance divine a onvréou par justice, ou par couroux, ou par miséricorde, et souvent permis avoir durée et règne aux mauvais, pour battre par eulx et pugnir ses esleus, par mort aucunes fois de glaive, par famine, par oppression de voisins, par crudélité de tirans , par espoventemeot et menasse de fortune, par diverses calamités et opprobres, et aucunes fois par toute entière furieuse exter^ minée malédiction pour le très énorme et horrible devoiement du peuple que droiture divine ne povoit souffrir.
Exemple : premièrement du très espoventable déluge par lequel , en sa foreur provocquée des hommes et par leurs démérites, il mortiffia toute créature vivant en la terre, et en deffermant les bondes des abismes, aglouty les haultessesdes mons , meismes les oiseaulx deTair en la geuUe des fons , donnant seullement espargne à Noë et sa famille pour conserver en estre le gendre humain. Dont certes, se Noë, voyant une telle extrême ire divine et universelle pugnition , s^espoventoit du cas , ne fait à doubter.
Après, en Péage d'Abraham, la terre jà estant repeu* plée, mes retirant arrière à ce parquoy avoitestépugnie par eaue , et par espécial en la région de Sodome et de Gomorre , la divine sentence tramist sur eulx feu et soulfre du ciel, abima leurs cités , perdy les inhabitans , et pour donner exemple aux survivans, donna perpétuelle malédiction à leurs lieux , et lesquels encore aujourd'hui se monstrenten exterminacion vile et ruineuse.
Si furent ces deux jngemens bien horribles à ceulx d*alors et bien cause d'éternel record en toutes générations futures. >
Donc et si par manière d'ung petit abrégié , pour venir à plus clère fin , il loyst réciter autres exemples et prendre recours en autres arandes choses passées ,
GEOIIGI-: CIIASTELLAIN.
là où Bien, non en fonte telle ri^otir roninie dessus . mais en c-hasloy et baltiire , a «loitiii* à soiillVir à son penpie et eorri«riê par ci i\ erses niaiiiùres (le\erueSf il ne fniilt donc^iues qne jeelor les yeux sur les persrru- 1ions(|ue firent jadis les Philistins, les Ydnmieiui et autres nations barbariennes en di\ ers et plusieurs temps, tant du règne des juges eomniedes roixsur les enll'ans d'Israhel, lu où Dieu les a permis tra\eiiler, peut estrc ])0ur leur salut, ou peut eslre aussi pour manifester sa gloire et sa puissance entre leur ennemis , auxcpicls niainles fois les a abandonnés comme s'il dorniist, et denyé main de secoui's, semblant estit: incongneu de leur ennuy ; néantmoins , ailin qne la corne d'orgueil ne s'clevast trop fièrc entre tels peuples, et que par confutatien de sa liaulte majesté, disant leur Dieu les a\oir oubliés , ils ne attribuassent «î eulv meismes la gloire , finablement il a tousjours battu les persécuteurs par les oppressés , el les tiruns longuement vainqueurs par les persécutés.
Si ne sonfllroit de donner exemple, ny ung ny plusieurs, quand bien, par fespace de deux mil ans, Dieu a ainsi traictié les Juifs entre cliault et froil , puisclieus, puis relevés , puis oubliés, puis rapi»el lés, tousjours en hault et singulier mistérc, oïdlre i>ovoir de nature et toute faculté d'tnmiain engien. Et pour vu}dier de <:e peuple su bmis «i Iny , et \enir meisme aux nations harbiirieuues et gentiles , vexés et molestés entre culx de diverses tribulacions, ne fault ipie jirendrc rec^ours que à rSembron qui, premier usur[>ant nom de roy, inféra la première calamité au peuple, dont ceulx de Babilonne où il régna , et Ninus depuis, obtindrent le premier règne en Orient, soubs maintes et longues dominations d'autres tirans que, pour cause d'abbré^ialion, n'est besoing d'éclairer.
Les Carthagiens aussi, qui du temps des juges régnèrent eiiMidy, et jHinr obtenir la gloire de seignourier, ont inféré aux bommes maintes dures foulles en batailles ^ et ne fait oublier de les mettre eu compte avec les autres qui n'ont soullert estre repus en terre nulle part.
Et vindrent depuis en Septentrion du temps des Maeliabées, les Macédoniens qui, usant de vaine présumption terrienne, comme aulres de devant eulx , ont fait aussi de leur part sourdre nouvelle regnalion et acquis ja gloire de greigneur puissance de leur temiis , tousjonrs en grief et travail toutes voies des peuples, çà et là, perplex et espaourés durement en leUes >aines et ambilions de régner par convoi lise, que ruuivei-sr partie dn monde ctnivenoit eslre sert cet truhlée par seulle alfection orgueilleuse ^ et pent-eslre procédant d'ung seul tirant, comme du nousolableralamiteindu monde, Alexandre, qui par multitude de s(n osIs siipjilnnia la terre, buinilia les régions, cspox'iila les peuples, troubla les cités, aux bons domia molcsic et auxoriiueilItMix et puissanssiM'titnle; e( «mi so::slrai.'iiit au moti<l(> sou repnft <les parties orienlalles, eu seulle yoÏK lil Irenililer les Occidens.
Si ne b>>st aus<îi oublier la IroxeiUtO nacion , jadis en bauUes piosjjérités, atterminée en brief, el réduicle i\ confuse et pileuse lin par les C.iecs; lesquels vain-
queurs sont périiliés en pleurs lantosl avec les Taincm, el despouillés de règne et de salut par plus puissant d'enix, ont été trausnmés de seignourie en servitute , connue par les Rommains ^ lesquels attisés aussi derreutérement de convoitise el d'oi^iieil, pour estre en leur temps les aigles du monde et dompteurs , ont en cesie partie d'Occident ficliié et establi le derrenier et le plus seignourieux règne des autres , et par longs ans, en puissance <le cohortes et de légions , avec cruelle effusion de sang humain, ont déprimé privée franchise, et toutes nations diverses su bmiscs à leur monarchie , qne nulles oncques des antres n'obtint si entière. Si planoieiit les montaingnes , trenchoient les roches et fi-oissoient les honnnes, minoientlcspuissansédiffices, et terre et mer remplissident décris et de larmes \ motesteurs se portoient à leurs voisins , cruels aux loin^^tains , ennemis à cliastMui et de nuUuy aymés ; combien que en la baultessede lein-scouraigesct de bcaucopde singulières vertus, il les fait fort à louer et recommander , si bien qne de leur donner blasnie encmdëlitépour cause du réguler. Fidx toutes voies en tel ou tel usaige croissaus et esclarcissans leur seignourie par semblables k eidx ou pires en nature, après très longs tmeamétés, fmnblement Dieu les a fait frébucicr en glatveg sanghns, fondroier en fureur et envahir de crudélitè inhamaine â tons lez et en leur propre cité , comme qoi en eom* passitHi n'avoient donné es[>argiie à nullujr , que joslenient de nullny ne dévoient recevoir pîUé ne mercj. Si ne [)ovoit, pour vengeance de leur orgueil, souffVir de les décorer senllement en batailles, ne de les faire absconser en cavernes, ny de les faire désespérer en kars fors, ny estrc fugitif par champs el forests; aiiis , pour crue de plus amère confusion , constrains estoient de leo/r leurs linulx glorieux palais ruiner, polluer leurs temples, snbverscr leurs murailles, et flannne et fumée vomir des lianix etsouterrainsédiffîces , partout, non une foisseollenicnt , ne trois ne quatre. Mais après Iienncop de reparemens, çà et là toufijoivs ont esté rcnvahis et ramenés, puis leur premier enlamement, h leur continue confusion, sans povoir rapaiscr fortune qu'ils iic soient aies plus et plus à déclin. Car qui en la lurliatlon de plusieurs , non d*nnc seulle région, ont veilliê et tendu tousjours , niéritoircment à plusieurs fois et de diverses mains dévoient estrc traveillés el confus.
Kulx donqnes les derreniers desponilliés et les plus haulx embranchés de gloire et desnués de leur très ancien victorieux règne, sont venus les François , restifs jà longuement paravant et rebelles à leur empire, et es parties d'Knrope, portant sur toutes proviuces le ceptre de cremeur. Les(|uels paravant la foy receue ,et depuis par armes et corporelles valeurs, ont acquis la derreniérc regualioii , et après plusieurs fois avoir concreslé en leur terroir , à tontes roides puissances ont envahy les Dalles, et parle dc»stroit des Alpes horrihies ont meisme espoveuté llommains , saisy couronne împériallc et lliroue de sf)uvcraiue sacrée majesté ; ont aussi partrassé (ouïe la Germanie et submise à leur dltiou-, ployèrent les (irecs, réduirent les Espaingues, donnèrent règle aux terres maritimes , et tout l'enclos d*cntrc les deux mers hnult et bas snbmirenlà loix et obéissance iprulcclcun
CHRONIQUE DU DUC PHILIPPE.— PROESME
estoient ton^^nement des bons, refnge aux désolés, vifporeax et soslentenrs aux feUes, escu aux povres et -înMeRit, tairoir aux vertnenx, rèfjle aux Taillai», baston et fléaa des mtnvais , de tontes tirannies, exactions et de toales hérésies et tontes inhumaines ci-ndélités , «RBoeiomet fnremrsiiopnlatres ; non pas par la manière que tei mtres «voient osé de leur puissance , mais non chiilltnt «le vaine gloire, tendoient seullement à fin «grèiUe h DIen et prouflfitable. Car, entendn que le penpile font k l*environ estoit de sauvaige condicion et féroce À védnive, et que Dieu vonloit en ses parties ey ims fniw florii: et frnctiffier le jardin de sa foy, il be- Mringnoithien d*avoir eultivenrs qui en labeur et vertu && corps tartissent et jectassent les espines et doninassent'aox plantes eslevés lieux etaisance de verdoyer. Certes ainsi firent jadis les princes françois, qui armoyés et enoings par divin mistère et eslcus pour estre proffeneurs du divin nom, en dilligence et aigreur tousjonrs ycy et \h labouroient à meclrc en point leur jardin , et d*en osier en ung endroit les superflnilés inutiles et en Taotre d*y faire naistre et planter provisions nécessaires. Si àn>f^nt '4oosjours leurs espées flamboiant au soleil, qni '«n milieu de leurthrone reconforloit leurs subgects et aux foraines nacions voisines donnoit fraveur. Pai- Bibles vivoienten dedens eulx, fors et cremeus au dehors ; eomprimoient les tirans, domptoient les orgueilleux , plojyoient les robustes et rudes peuples ; establissant foy et bonnes rnein^ en tous leurs confins, corrigeoient les Ytces et mauvaises coustnmes. En eulx avoitDieu aigres et beaUlx champions, le monde confort, et la terre pa- ¥elHeïït chanlx. Estoient brulans en la foi , larges en 'fondation , curieux en don , actirs en bienfait et soigneux en vertu , et à toutes nacions loingtaines ou aHkies oppressées. d*aventnrc et vexées, très ententif et llilligent seconrren lenr besoing ; mais ordinairement et tous les jours h la terre sainte, où ils se rebaptisoient en leur sang, se recuisoicnt en divine amour, se renforehoient en foy et en parf ondes playes données et reoeucs gknrîeuseroent, acquirent couronne de marlir, aucunesfois en victoire sur les pajens , antresfois , par divine perhilssion, en ruynemeisme de leur ost.
Que feroye-je plus de prolixité en mon compte? glorieux et puissans régnèrent par longs ans, vainctieurs de ehascun et ^le nulluy vaincus, conqnerrans sur autrui et nnllny sur eulx , jiisqnes , par changement de leur noble et vertueux ploy ancien , Dieu prévoiant leurs faultcs •ftttin*e8 leur a souffert de longue main préparera deux debnutsde leur clos deux verges , Bordeaux et Calais , pour en estre battus en temps de payement et pugnis de leur niesus, souverainement du péchié d'envye et d'orgueil qui depuis leur a enveloppé les yeulx et estai net la raison , et ingrats envers Dieu et descongneus en yvresse de voluptés et de biens trop habondans, ont tendu et labouré à la désertion de TungTautre et de eulxnieismes dcstniire.
Parquoy maintes fois depuis, en leur droit aveuglement, sont venus comme fiayau de Dieu les Angles, lesquels en descirant la haultesse de leur Ihroneet inférans maintes dures poUucions à la splendeur d*iccllui par armes, ont comprimé leur puissance et renversé par
foolle leur gloire. Et qui premiers souloient estre trem^l Mans en la reluissance de leurs espées , sont venus estre despitenrs de lenrs osis et mortels opprobrieurs de lemrs faces! Souverainement en cestuy derrenier temps, hélas, auquel soubs esclistre de division, voyant les membres d^in corps hajT Tung Vautre ot le corps principal non estre en vertu, comme loups entre les oeilles sans pastenr, sont venus engloutir cestuy très noble et très chrestien royauhne, duquel les bornes pieça violées par leurs mains , sont entrés jusques au nombril de sa valeur, parfaire ce que de long-temps y avoient machiné , ruyner tout et confondre , subverser les nobles anciens soustenneroens, miner leurs pillicrs. aterrer ses haoltesses, vilipendcfr ses fors, noircir ses splendeurs ; et là où leur cniaulté nes*est peu bouler es ri\ièrfs de leur sang, leurs haultes fondacions dédiées avec lenr glorieux palais ont démoly, ycy par feu et \h par maia niise^ tellement qu'en Tabymc de tribulation , du plus petit enfant jusques au plus viel liomme, du plus povre jusques au plus riche, du plus juste jusques au plus mauvais, femmes et fdles, chastes et non chastes, nobles ou autres , dont ne se pourroit réciter ny escriprc la diversité, ont cnsaisy le royal ceplre, le cheur de sou throne occupé, expuls rhérilier, dissipé ses substances, violé son possès , et la plus clère part de sa niagesté longuement applicquée k eulx , jusques h la parfondc miséricorde divine il a pieu autrement y pour^eoir maintenant par pi lié.
Lui a pieu par grâce les délivrer hors de la main de Pharaon et de la captivité en Babîllonnc, par ceulx meismes qui longuement discors ensemble, parens prochains, meus de charité, se sont rejoints en amour soubs divine cremeur : Charles roy de France, septiesme de ce nom, et Philippe duc de Bourgoingne , contemporains et en égualilé d'éage, régnans glorieusement tous deux en ce royaulmc et dehors, à la dure confusion de leurs ennemis et à la grant joyc et félicité de leurs subgects, comme Dieu devant, en la dé<luctiou de mon ouvre feray apparoir largement, selon les temps et lieux et les mérites de chascun.
Ainsi doncques, ayant prins mon recoiu^ sur le principe du monde et tous les temps depuis par succession d'éage, ramené légièrement h celuy d'aujourd'hiiy, combien que sobrement en ay touchié, et que trop dlfFlcilIe chose seroil et ennuyeuse d'y arrester, clèrcment appert que ce monde en soy n*a en jamais que toutes misères , toutes tribulations et chellivclés, pcnlirion d'ames, espoventemenl d'esperils , et que repos n'a en terre aux bons, pour les nwuvais , ne aux ninnvnis stabilité de durée, pour leurs péchiés. Ce que nioy, dolorcnx homme, né en éclipse de ténèbres i's esi)esses bruynes de lamentation, ay bien lar^remcnt cxpmmenlé en cestuy très glorieux royaulme de France , mis en mes jours et 'devant mes yeulx presque en totallc extermination , par la verge que Dieu y a tramis pour le pugnir, et dont j'ay vu l'exécucion , si horrible , hélas! qiic nulle grant chose passée ne s'y compare. Qnehjuc histoires ny escriplures saincles que puis avoir venes ne m'ont fait tant admirer l'espcril que les choses advenues en mon temps m'ont fait abhominer.
GEORGE CHASTEUAIN.
Dont, ets'illafïtnngpeiin-cileretdistingiiErlMpar- Iies, jeili« rlnnqiics:qiie Ile mnjoLirala lerreaesti- loutc cngreiaïée rie uiig liiimnrn el tes arbres retealus ries cort» lerrestrM, lonps uouls <Ie la repeiie d'îceulx, l'iiir pénélrè rie In clnmeiir ries bammeB , Dieu pravotpié à ire en loiiieï lerrea et régions, liagiiUé renient ■■ntre 1m clirestiens où creraeur n'u eu lieu; fiiilselé Il tenu siège et orgaeH son régnai toute descogtioji- MBnce et desre^Innce , toute déception, tjmnnieel rébellion en peuple*, déwbéissBUceèssubjcecte. troirienr entre pfliens, dureté es riches, Tierté es iioires , rupine es nobles, desvergondance es princes, raine gloire es préUls , luxure en l'égline , scismiilique ii tous tel , Imiteiise et dissolue. Si ay-îe len honneur fisire chBMé borsries ro,vtiiiliipNl«is, vérité bRnnyc des ■ièges, justice des royiiiilmes , prenilhommiedesjiifies, Ittiiillé des niesnnigtw , continence , nienç oiigne el tiii- (elé de tons sexes.
UonI , el «e les hommes se sont riesnnturés ic^-hiis . aussi le ciel el les Gmianiens de In sus leur ont nioni^- Ué signes et prodiges; el onl fait «pparoir conieltcs en pUinjour, signes en lune et soleil, pluuvulr sang m nnciines parties , fenrire ninnlaignes , donner trenihlcmeiis â Iji terre el crolcmens èa cités, réanimes IcY^ l'uni! contre l'nutre , gens en nombre contre peuple, rurce contre puissance, (aulx pruphéles en prenclteniens , hérésies en doctrine , ypucrisies es ordres ctnbhominAbles cas en tonica conditions d'hommes.
Elderrenièremenl, qui pif taull, s'est eslevéeci mes jours l'ennemy cruel de Dieu, le grand Turc, ung itoiiveaii Macho ni met , fioleur du criiRitin el de son Eglise , dcspiteur de sa loy. prince de l'armée de Sa tban, lequel levant SA corne d'orgueil, par préauniplloii ■lu sa Icrrenne puissance en qooy se confle , a osié Hiix cresliens lear bastille de Contanllnoble el submise ù sa dilion en confuse el dotoreuse attente cy ■près. El u'n esiè Irouié ung seul prince crestien qui , par ellienibte ny particulier, se soit css.nyé, par pitié rie lel opprobre , y résister, ny par armes ny conseil ; réservé ung seul rie qui présentement ne veul f^iire ment-ion , pour rnison de non aulruy charger ny grever.
Je rioncques , Gbokcr CauTEUiix , panncllier riu très hatill , 1res piiiasnnl et très fameui prince , mon 1res redoubla el souverain seigneur , monseigneur le dnc Philippe de Bourgoingne , fils Jehan , né en l'impérialle conté d'Alost en Flandres . extraicl rie l.i maison de Cavre el de Mamniynes . sobrement inslniit é» leilres , nonny an fleur de jeunesse es armes, cl ru
la h.-inlisc ries cours réalles'IT vertinemenl de* François , enaigri riuremeni es annes et eiercilË soubs longues, annuyeusesci>tilratres for* tunes: aianl relire mes yeult dessus euU et assez incorporé les cas advenus el le vray rapport enlenriu, pour gloire el exaltation de cestiiy très creslira royaulme , clariBîè par bsltiires el souITrance , et mettre cot affaire en slile desservi el requis, el allinquelojers el lillres rie chascun goyenl plus appropriés aux mérilesde leurs fais, el p us voyables que ai extrêmes Ut' soignes ne se lieuveot seutlement Iraicliées cy après simplement par mains peut cstre Imp téglères en cas de poix, ou trop lentes en choses nécessaires; combien que de aïoy nieisinc me répute non digne rie ce «mprendre, toutes voies, an pla.îsir rie mon souverain seigneur. i>on querranl sa privée gloire , mais celle de ta sacrée nuiison rrariçoise . dont il csl party et dont il congtHiit avoir prins loule sa résiittacion et splni'
irdesai
îs.aypj
leilly
devers luoy les escripis des historiographes m rie mon temps , avec ce que de mon coslé y ay veo et congneu , et sur taules les choses escriptes à Sainl Denys , aussi par autres de ce temps , ay Tail cooeorrianceet eiplucemeiis de vérité, osié le superflua, radobé le maniais , non par proppre aiTOg.nce ny par cuiifulacion d'aulrui , mais par donner obéissance à mon prince , aven olfeclion que avoye à le complaire.
Si requiers cl supplie aux lisans . rie quelque jiarly qu'ils soicnl, François, Bourgoingnons ou Angiois, que de sur inoy leur phiise osier toutes |iarlialilM , suspicions et Taveurs , el me juger tel que me proteste i léal François avec mon prince, osant prononcer lérilé contre mon maistie où Itesoiugscra.el non me faiugnant de mêlâmes contre François ny Angtois , desquels la gloire n'est n estaindre pour l'ungparty ny l'autre, mais à chascun garder sa pnrcioii selon l'adven r el fortunes «tes cas.
Si Iraicleray boiiI>s la divine permission , et en- Irepremlray au defflnemenl du iliic Jebao jusqncs tant que permis me sera vivre. Si soii à la gloire et louen^e de Dieu, à la pcrpùtiietle décoration des rois et nobles hommes Iraucois , souver.tinemenl du roy Charles Vll°el diinohleclievnlerrnx prince le duc Philippe. Soit aussi il la louenge de Ions vaillani. hommes ptéscns et Tulurs , eu accroissenieAt de vertu etsaveur.ric doctrine , el sonbs humble invocation de mon qui je prie espace jusques nu parfait. Vecy ci
[140n CHRONIQUE DU DUC PHILIPPE. —INTRODUCTION.
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