CHAPITRE XLV
Comment George met les difficultés qni peuTcnt Tenir de ceste alliance d^Angleterre.
A l'auUre lez, il y povoit aussi avoir une notle de grand difficulté , en ce que ce roy Edouard, dusan[j d'Yorck, estoit parvenu à la couronne par violence, et en avoit deboullé 'hérilier proxismc du sang de Lcnclastre, le
roy Henri le Simple ; en quoy il y avoit des apparences beaucop et des conjectures, que tribulations et gherroiemens, aussi quérimonies grandes, en povolent sourdre en temps advenir, et que la chose ne demoreroit encest estât; car lediet Henri avoit ung hoir masle nommé Édouart aussi , le quel attraieroit à ly tout le sang d'Anjou , et le roy de France meisme, ad cause de sa mère qui fille estoit au roy de Gécille. Parquoy, qui maintenant auroit pris alliance aveucques le roy Édouart régnant, par mariage de niepce ou de fille , auroit acquis question et querellé dont mal pourroit vuidier, sinon par guerre , qui est à fuir à tout saige prince, si n'est que nécessité publicqueleconstrainde. Et par ainsi et jà-soit-il que ce roy Édouart en la vertu du comte Warwicq régnoit maintenant en la haulteroe de fortune, et que la possession feust à ly de la couronne, touttesvoyes, par considération que les choses de fortune sont instables et les voit on naturellement d'incertaine durée , si chéoit à y mettre des doubtes beaucop et des dissimulations beaucop , premier que s'ajomdre à ly par alliance de mariage , quand , par non y estre adjoing , on seroit quitte et sans avoir des noises qui en pourroient ensieuvir. Enquoy toultesvoies, si péril y pooit estre notté pour la régnaiion violente , si pooient aussi bien espérer salut et acquest pour la possession victorieuse; de la quelle ce duc de Bourgoingne tyreroit fruict tant qu'il viveroit et se rasseureroit de force allencontre de tous vivans par telle conjonction. Si est vérité que, selon le cas maintenant advenu , en tout le monde le roy Édouart ne povoit mieulx quérir alliance plus proppre à ly ne mieulx eurée que ceste, considéré encoire une seulle raison qui passe les aultres : c' estoit que par ceste alliance , s'il y parvenoit, il espéroit à rompre une grande potenté que pour le temps advenir avoit Henry son adversaire au comte de Charolois , le quel , en la faveur de Sombreset son coussin yssu de germain ,.portoit la querelle dudict Henri cxpulx.Et par ainsi, quand il averoit obtenu la seur de la comtesse de Charolois , meisme cousine germaine au dict comte, espéroit et lui sembloit bien, que aussilost dcbvcroit il , alors porter sa querelle en faveur de sa cousine germaine et belle seur
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CHAIMTIIK XLVI.
toiiiiiiniil \t^ \(^i{hi vint rnlr«! ha proposition en Valen- ('lil(tiUM*ii (iDvmit liï duc: et ceiik d'Angleterre.
Or iiMoil lo U'ijai du pap» venu à Vallenrliirtuiott tuiNiii dovors l« duc de Hour{;oin{;ney pour là vonir dnvers ly et pour le solliciter l«)UHJuurH Hur le faict de Turquie, et ensemble pour niellrt^ jus la pra(puuti(pie sanxion que Ic^ roy Umtùt ou sa uiaiu , et pour la quelle lodtct U^itat esloil prouiiJ^renuMit arrive'^ devers It) rt»y ù|Paris, It^ duc estant encore là. Mes à cttuso qtu^ sa l(^{;ation duroit par tous les ri^aluH^s tlo Franco , (rAu|jlt»terrc , d*r^coche (i do louuos los soi{;uorics du duc de lU)ur- |)t)lu{pio ol qtu^ maiui«Miaut lo diu* aiteudoit VouiimsHudo d' Vuj^loicrro en la ville de Valti^uclùoiiuo» , UhIici lc(;al . oonsiraiuci priuci- |v^lUnm^MI ou la labour do laiiv moiiro jus lu |MSi{;umlis|Uo »;iu\i\ui « ol pousaui ù salislairo «\l w quo ttWMl \lo clwr^jo ou Au^îlolorro ù rom>i»\io|^vsom»|KU|MV|HVM^r\lo\a«i lanilKis-
due feust tout certaio , Tooloît persuader et monstrer qu*eo la maiu de ces trois gisoit l'effect et tout le faîci pour defleodre la ciireslienoeté , alleocontre de ses ennemis , nouveaux essors , et que partant ils se mainlenissent en paixensamble, sans lever questions privées , aflin de tant mieidx pooîr entendre au service de Dieu qui maintenant requéroit ayde. El y nottafort le roy d'Angleterre, aflin de V\ traire et mener comme un{; des principaulx du monde ; et dcsiroit fort à rimprimer au cœur des ambassadeurs qui pour ouyr sa proposition esioienl venus d'Angleterre , comme ceulx que Ton (|uéroit au nom du roy leur maistre. Dont, pour ce que ils représenloient la personne de leur maistre, le roy des Anglois , le duc leur feist dire que ils feissenl leur responce devant et premiers que ly, car à eulx on parloil comme à ly.Si parlèrent ensemble les trois ambassadeurs, et se levèrent , et à chlef de petite espasse, Tarcliidiacre devant ly se mettant à genoulx prist congié et demanda audict duc grâce de parler et de respondrc sur la proposition du dict légat, en tant qu il en povoit touchier à la part du roy d'Angleterre leur maistre. Si luicom manda à lever et lui donna voix de parler; lors où ledict ai^chidiacre commencba à dire en franchois notablement : que ceste manière ostoit liaulte et de grand poix , et n*avoient |H>int on charge d'y faire nulle response, car n'uvoit esté adverti le rov leur maistre de la venue de ce logat ne de sa propocSiItkHi adivsStv audict roy d'Angleterre ; de qa.Jty
wlo dw iv\ do'i Vw^;Ums, vint «u;; s<ùr à , debwHOUt eslro tant mieulx excusés de res- Ih^wiv do xon^xiv t\ùiv «uo u\^4bto piV|Hxsi-- i |XHi:!iO rendre, et souveraineuienl d'oa-s si
l^>^H dv\>«^l Iv^ sUic ouMnwWoot do\;iia Udtvie .^wdv<\v^<o .Mv:lo^v^. U où ou Lu m «Uogtu
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grand cas ; mais lU avoieul b: :n oay Text*. rtativ'u *juo neutre sainot p^f o a*w: fuirt fiire |vtr >v^a îcvrjti aux pri::::*> cfar'?>.ùî-::> ei nt^îsiUv xjiez: jLur.*vd\\.>;u::n^r v\ j: ■.•f xl:
derrière par leur faulte , disant oultre : que leur roy estoit un prinche vray chreslien ; et espéroient bien , quand il seroit adverti des bonnes voluntés et affections des aultres pi in cbes, souverainement du roy de Franche et du ducdeBourgoingne,queparluinedemoureroit nulle bonne œuvre derrière, ains s'y emploieroitde corps et depovoir libérallement et de grand cœur. Et à tant se teurenl et donnèrent lieu de parler à Tévesque de Tournay, qui pareillement avoit parlé à part aveiicques le duc et le seigneur de Croy, pour sçavoir quelle chose il lui plairoit à faire respondrc sur la proposition faicte. Lequel évesque de Tournay, soy excusant de respondre en tels hauUs et glorieux termes comme avoit parlé le proposant , fonda sa responce en disant en franchois : « Très révérend pore en Dieu et très honoré seigneur , mon très redoubté monseigneur le duc ycy présent m'a commandé et faict dire comment il, jà-soit che que peu il entende latin, si a-il bien livret ascout et soi« gueuse entende à vostre proposition , dont il m'a commandé à résumer ychy les parties au plus près de mon povre et rude entendement.)^ Et de faict en résuma aulcuns princi-^ paux , pour tant mieulx venir à sa responce , lesquels je trespasse-, et dist alors: «Il est assez apparu jà loing temps le liault et bon voUoîr que mon redoubté seigneur a eue en ceste matère ; et que non ayant oncques mis delay en ycelle , d'autant que Dieu lui avoit preste de povoir, n'y a pas volu espargnier son corps , sans soy estre offert en personne et à |son grand péril. Mon très redoubté seigneur , il est celly meismes et tout tel qu'il a esté de tous temps. Il n'est ne ne voolt estre mouveur de gherres envers nuUuy , sy n'est en son corps deffcndre. Il quiert la paix et union des princes chresiiens , et la désire sur toutte rien aultre. Il convoite le service de Dieu et l'exaltation de sa foy. Il affecte fort à soy y employer et que Dieu lui donne la grâce d'y pooir estre. Il en a aulirefois incité l'empereur et quis les voyes diverses pour l'y traire. Pareillement a-il fait le roy Charles nouvellennent defunct; semblablement le roy d'Aragon A'phonse , le roy d'Angleterre et aultres prinches de l'empire, lesquels, quand il plaira à Dieu que
ceulx qui présent vivent se vouldront disposer à y entendre , eulx mettre sus et emprendre l'œuvre , lui , qui oncquos ne s'en est trouvé lent ne en faulte , jà-soit ce que ce soit ung des plus loingtnins de la. chrestienneté , ne se trouvera , quand il sera besoing , en nulle faulte ne recule. Ains, se son corps ne povoit porter le traveil par aulcun accident , que Dieu ne .voelle ! si s'y cmployera-il tellement et d'avoir et de gens, que Dieu espoir ne homme ne lui en donront blasme. Car n'a aultre espoir ne trésor en ce monde, ne chose qui tant lui soit en coer, que de povoir faire service à Dieu en quoy il puist espérer salut. • Et à tant fin sa raison l'évesque de Tournay; et le légat remerchia moult révéramment le duc , lequel estoit assis en ban au dessus de ly. Et alors se levèrent; et furent apportés vin et espices;«ty tint-on longues joyeuses devises, jusques à retraire chascun , là où il devoit , et que le duc aussi se retrahy pour aller souper.