CHAPITRE LYII
Coninient le bastard de Cyppre apposlat de la foy expultade son royaulme le fils du duc de Sçavoye.
Tout ce temps chy et ju longuement par avant , depuis que le souldan donna faveur au bastard de Gyppre et que ycellui bastard avois pris son retbour à ce soldan pour parvenir à la couronne, comme par cy devant a peu apparoir par lettres envoyées à la royne , le bastard ayaut délaissié Thabit de Téglise guerroya durement Loys (ils du duc de Sçavoyo, ayant pris à femme la jeusne royne héritière de Cyppre , relenquic de messire Jehan de Ceyndore prinche d'Anihioce , empoisonné. Et Cant prévalu ycelui bastard que, tant par sens comme par armes , il acquist à ly la grigneur partie du royalme ; et en expulsa ledict Loys de Sçavoyc et sa femme , jusques ù avoir tant seullement une place. Parquoy la royne, du sang de France de par ceulx do Bourbon, et conjoincte à la maison do Svavoye, pensant y trouver secours, constrainoCo se mist en mer pour venir en France ; là oiï on venant en ce navire , d'ung catielan morlollomonl hay do Veniciens ladicie royno fut niiso ;\ saqueman , privée et despouillt'e do tout le sien très confuséement. Mais elle venue à Venise et ses doléances faictes du cas, fut restituée et remise en recou-
pai]
vrance do sien , et 'panny 'celly qui s^estoit roeffjict en elle. Dont après elle prist som escueil et s*en vint en Sçavoye où haaltement fot recheue; et de là manachoit de Tenir veoir le roy de France et le doc de Bourgongne , sur les qnels deolx elle s*aUaBMioit d*ayde et de secours pour le recouvrement de son réaime , tout snbgect et respoodant à loy payenne parce) qoe le bastard qui y régnoit par thyrannie lavoit impétret et obtenu en la vertu du souldan, en grand foulle de la loy de Jésus-Christ. Geste reyne de Cyppre touttesvoies , poset que noovelles couroient qu'elle debvoit venir jusqoes en Franche , n'y vint point de fiiict dont me soit |:ien apparu ; par quoy n'ay cause de plus en escripre pour ceste heure. ,.