CHAPITRE LXVI
De la doUeur qoe mena le comte de Charolois de la maladie de son père le duc.
Moult fut piteuse la court et troublée de ceste aventure. Le comte de Charolois sur tous les aultres en mena dueil non pareil. Et ne seroit à descripre la pitié qui fut vcue en ly à l'heure du desiroit, là où multitude d*bommes eussent doubté qu'il ne s'en deust estre passé à légier^ pour cause de seignorie^ et que aulcuns avoient veu aultres fois aulcunes rumeurs entre son père et ly. Dont ils craignoient que la racliine n'en deust avoir amorti dilection naturelle ; mais touttes oppinions et double démentoient les ymaginations. Filiale amour monstra ses vertus, nature s'acquitta en son debvoir, et raison et nobilité de léal sang s'oâvcriua en léauliô non jamais oubliubh». \\ l'uront Us lanr.os cl torsions do ses n.;iinî> prouves n)agui^o^los
duquel il amoit son engendrev et de q^rlle dolour il estoit attainct f-n sa penfitîon appa* rante , là où la noble ducesse sa mère afoit plus affaire à le rapaisier en ses pleurs qn'oB proppre mal de son manr, gisant près de rextréme. 0 bien eurées larmes i toy, noble comte, par lesquelles tu as reconsolé le caer d*un si vray per, et qui est rostension d*icelles devant ses yen , fenst ment tont content de Dieu et de les avoir perchaes; car ne les eust par adventnre espérées telles en toy , se mort fenst toy absenté. Dont maintenant , quand les a congneoes et de quel fons sont vuydées, jamais ne se déliteront ses entrailles de ton amour; et les tieraies natures ne seront jamais séparées d'en pins près qne la sienne. 0 dignes larmes , A saincte véritables clameurs filialles , qni , au plus noble et vertueux (ils de la terre souppcchonné de froideur, avez faict gaignier sa querelle et son amy% doubler sa gloire et sa loenge, obtenir divine amour , et sa grâce et bénédiction du ciel et de la terre ; et par lesquelles bonne fortune et salut temporels se multiplieront en celly qui les a produictes.