CHAPITRE LXX
De la mort de madame la comtesse de Sainct-Pol. 1
Gonséquemment au mois de mars morut damme de Bar, comtesse de Sainct-Pol et femme à Loys de Luxembourg, comte de Sainct-Pol , de qui devant et après est faicte mention mainte. Geste damme estoit moult
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GEORGE CHASTELLAIN
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{p*and«! tf^rriennc , de par soy , tant en Flan- | parties gist nne comnnicatiûn d'affaires cot-
dres comme en Picardie ; et à celle cause, par le trespas d'elle , ledict comte son mar? perdy le plus bel de son possès; caravoit des enffuns jà venus en éage d'homme qui vouidrent avoir ce qui leur estoit escben de leur mère et non le souffrir désormais en la main de leur père, qui les avoit tenus à re&troit jiisques à là, Parquoy quand le comte se vît en celly dangier, comme de perdre et habandonner la moittié du sien , et ses enffans devenir en righeur telle contre ly, meut ung grand estrif entre le père et les enffans , et une conlroversie toutte formée pour estre possesseur, tellement que roy et duc , et moult d*aultrrs grands prinches et barons, en furent embesoignés depuis pour en faire appointement, qui pointue se trouva sitost. Au boultde deux ans touttesvoies se concordèrent ; et se tint chascun u content du moyen qui y estoit mis ; duquel point je le laisse jusques au lieu que ailleurs la matière du temps le ramenra à mémoire pour plus grand cause.
Envers ctie temps vindrcnt nouvelles des marches d^Occident que le viellart soubdan , qui aultresfois avoit escript au roy Charles par Jacques Cuer et ses gens, et envoyé pluiseurs présens de baulme et aultres choses , estoit allé de vie à trespas, et que ung mammelu s'estoit eslevé en soubdan contre ung aultre à mervilleuse et dure effusion de sang, et prévalut et obtint lieu contre cely sur qui commune oppinion couroit que deust régner, et qui avoit esté le plus hault en auctorité cmprès le mort ; mais comme ne suis ne ne puis estre capable de tant de matières, et que mes yeulx ne puis ruer partout, là où la grande distance el loingtaincté entre deux ensemble et le sobre record des choses me cause ygnorance , me convient doncques déporUT lé{j[ièrcment de cestui soubdan et d'aultrès cas pluiseurs, pour la cause alléghuée,et me rendre aux matières <]ui ont esté près do nioy, et dosquollos j'ay eu le vent, comme t<Mi<*1iani lo fain ih; ce royaulinc et du roy li«»ys vriiu on rqjno el du duc do Bourgoingne IMirli|)|)(\ Ccsini donnincs rsi iioslre malirre. I'*t h*st|U!'ls n»y vi tluc compriMulonl aveucq"'' tMiK U\ Uxici iV \u{\WU'ivo , oi l(\s drux vo)ii qui y sont, bous rauso que outre Icslrojs
tidiens, dontl'nng prend dépendence de Taoltre ; comme maintenant le roy Lots, vers la fia de cest an soixante et un, envoya le seigneur de la Barde en Angleterre , à intention de procurer paix entre le roy Edouart et le roy Hemy^ dont Tung régnoit comme avez oy, etFaultre, qui estoit cousin germain du roy Loys, estoit expuls et en déclin. Si désiroit à mettre cesse en leur guerre , tant par favemr envers son sang , que affin qne tout enthièrement ne succombast enexpulsion, comme aussi que le roy Edouart , qui estoit en règne , recheust de lui amistié , dont après se sentirait tenu de le recongnoistre. Mais enycellui propos le roy Loys ne proffita riens, ne ledict de la Barde de par ly. Ycellui de la Barde de par son maistre requist d'avoir journée assise pour disputer de la difficulté qui estoit entre ces deux roys et pour mettre ycelle en une union et concorde , qui polroit , et à laquelle ledict roy Loys son maistre vonloit , cbe disoit il , labourer de bon cuer affin de ycelle union obtenir, et que comme jà le temps et les affaires du monde demandoient aprester entendement ailleurs, lui ledict roy Loys, ensemble les roys d'Angleterre, se peussent disposer au service de Dieu encontre les Infidèles , et en quoy ly et tous roys chrestiens estoient tenus. Mais ledict de la Barde , qui trouva petitte apprestance ad ce que quéroit , et le cas mal possible à conduire pour venir à union , après avoir faict loing séjour en Angleterre se partit sans grand exploit ; et retenant ce qu'avoît veu et oy, retourna vers son maistre qui son propos depnis de quise paix mua en gherre et en^ennemisté publique,